Du danger de se noyer dans les cas particuliers

Il y a deux façons de concevoir une interface : soit vous vous placez du point de vue de l’utilisateur et vous essayez de privilégier la simplicité d’utilisation ; soit vous vous placez du point de vue du système informatique et vous passez en revue TOUS les cas de figure possibles, puis vous créez une interface qui puissent les prendre en charge.

Je vous propose à ce sujet un très bon article paru sur le site de Gerry McGovern : Do you make this obvious web design mistake? L’erreur dont il y est question concerne ces fameux cas de figures, ou plutôt l’ensemble des cas particuliers. Bien évidemment, vous vous devez de les étudier et de les envisager, sans cela votre application n’aurait pas de valeur. Là où ces cas particuliers peuvent représenter une menace, c’est quand ils viennent polluer une interface. N’avez-vous jamais été impliqué dans un projet où l’on vous imposait ici des cases à cocher, là des menus déroulant, bref un certain nombre de détails qui viennent alourdir un écran pour prendre en compte les cas particuliers ? Moi, toujours ! Et à chaque fois je m’efforce d’appliquer la même règle : ne pas compliquer un écran avec des fonctionnalités qui ne concernent qu’une minorité d’utilisateurs. C’est également le cheval de bataille d’Alan Cooper pour qui 20% des fonctionnalités couvrent 80% des besoins des utilisateurs.

Premier exemple : pensez-vous que Google occuperait la position dominante qu’il occupe s’il avait affiché sur sa page d’accueil l’ensemble des fonctionnalités de recherche avancée ? Non, et pourtant ces fonctionnalités avancées représentent une forte valeur ajoutée… mais dans un autre écran.

Deuxième exemple : lorsque vous remplissez votre déclaration d’impôts, n’avez-vous jamais été effrayé par le nombre de cases qui couvrent les 4 pages de la feuille de déclaration ? Moi oui, surtout que je n’en utilise qu’une ou deux.

Voici ma conclusion : identifier les fonctionnalités qui présentent le plus d’intérêt puis organisez-les sur l’écran principal, regroupez ensuite les fonctionnalités secondaire et celle qui concernent les cas particuliers dans un écran secondaire. Comme cela, vous faites gagnez du temps à la majorité des utilisateurs qui ne se servent que des fonctionnalités principales sans pour autant laisser les autres utilisateurs.

Un commentaire sur “Du danger de se noyer dans les cas particuliers

  1. J’aime bien ce billet, mais je me demande si dans un sens ça ne va pas à l’encontre de la fameuse règle de 4 niveaux de profondeur (que, personnellement, je trouve stupide) ? Car si on ne met que les fonctionnalités principales sur une page, c’est qu’on crée un niveau supplémentaire pour les autres, et ainsi de suite.

  2. Comment comment ??? qu’est-ce que c’est que cette règle des 4 niveaux de profondeur ? J’espère que ce n’est pas un recyclage de la règle des 3 clics ? Peux-tu donner plus de précisions STP Emeric ? /Fred

  3. Billet vraiment intéressant. Je connaissais non plus cette règles des 4 niveaux de profondeurs. Sinon question interface, le client nous oblige parfois à des prouesses extravagantes qu’on cacherait volontier à nos collègues ^^

  4. La règle des 4 niveaux c’est exactement celle des 3 clics, reformulées. C’est une des nombreuses erreurs qu’on enseigne encore dans les formations en ergo ou multimédia… "Tu ne créera pas plus de 4 niveaux de profondeurs dans l’arborescence de ton site !". Voila, c’est le commandement. C’est pas que ce soit idiot : je reconnais volontier qu’il vaut mieux éviter d’enfouir une info au fin fond du web. Mais c’est cette manière catégorique de présenter les choses qui est ridicule. Je suis très partisant de la vision "Kurgesque" : tant qu’on sait parfaitement où on va, et qu’on est confiant, la profondeur n’a presque pas d’importance. Par contre, dès lors qu’on est perdu, 1 seul clic est de trop. Donc je faisais remarquer que le concept d’épuration des fonctionnalités présenté par ton billet contredit un peu cette règle, mais je suis bien d’accord avec ça.

  5. Désolé pour les fautes, je poste entre deux grains de raisins à midi (et deux sessions de tests ut. ^^’), et je me relis pas… J’essairais de me forcer. Il fallait lire "kruguesque", en référence à Steve Krug (Don’t make me Think)

  6. Oui, regardez aussi l’exemple de minilien.com On laisse l’essentiel sur la page. Et je trouve que c’est vraiment efficace. Maintenant il est certain que pour certains types de sites/ou de logiciels il est bon d’avoir tout (ou presque) à dispo dès le premier écran. Moi qui bosse dans l’industrie il m’arrive de faire de la consultance en interface homme-machine pour piloter un laminoir. Pour vous situer l’engin disons que ça développe la puissance du paquebot France et ça consomme l’équivalent de la ville de Lyon en électricité (hors industrie). Et je peux vous dire que ya des écrans plus que chargés mais les gars ont besoin de voir des dizaines de param’ en simultané. Il ne s’agit pas d’une appli grand public ou web.

  7. Houlala Emeric, pas de précipitation, je ne suis pas en train de dire que ce principe de 20/80 est un tueur de règle des 3 clics. Cette règle est fondée sur une bonne intention, dans certains cas, elle est interprétée à tort, voilà tout. Concernant les interfaces "industrielle", il faut bien comprendre Vincent que nous sommes dans une logique complètement différente. L’industrie est gouvernée par des impératifs de productivité et les utilisateurs d’applications industrielles sont des gens compétents et qualifiés (comprenez par là formés aux outils qu’ils exploitent au quotidien). Comme tu le dis, ça n’a pas grand chose à voir. Heu… j’ai pas compris moi non plus à quoi servait Minilien… il est vrai que la page d’accueil est d’une simplicité googlesque mais bon… 2 ou 3 explications sur ce à quoi sert ce service ne ferait pas de mal… /Fred

  8. Minilien sert à créer une adresse courte à partir d’une adresse longue (souvent coupée par les logiciels de messagerie). Exemple : pour envoyer un itinéraire mappy (adresse souvent trop longue et qui ne fonctionne pas chez le destinataire)on copie l’adresse dans la fenêtre et minilien en crée une beaucoup plus courte, facile à noter sur un papier ou à envoyer à un destinataire. Malin.

  9. Fred > No prob, je suis d’accord (sur le fond) avec la règle du 20/80 : privilégier les fonctionalités principales de l’application et reléguer les secondaires ailleurs, pour les cas particuliers, afin d’aérer/simplifier l’interface principale. Et je ne dis pas non plus que ça contredit complétement la règle des 3 clics (qui de toutes façons est stupide), c’était juste une association d’idées une peu farfelue.

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