Le web sémantique au secours des analystes financiers

Aujourd’hui je tiens à vous présenter le dernier né des langages descripteurs appartenant à la galaxie XML : XBRL (Extensible Business Reporting Language). Ce meta-langage a ainsi pour but de transformer le charabia des rapports annuels et autres publications légales des sociétés cotées en de l’information structurée. Structurée pour quoi ? Et bien tout simplement pour la mettre en forme sur différents supports (pages web, fichier PDF, impression…), pour pouvoir la traiter (génération automatique de graphiques, de tableaux comparatifs…) et pour fluidifier sa circulation (comprenez par là sa diffusion ou plutôt sa récupération par des agents intelligents).

Vous me direz : OK, mais concrètement à quoi ça sert ? Et comme toujours vous auriez bien raison (parce qu’il faut rester pragmatique). Voici donc selon moi les trois promesses du XBRL :

  1. un format unique de reporting. Avec le XBRL, les sociétés côtés disposent d’un format unique pour publier leurs informations légales et financières. Plus besoin de faire une version papier, une version web, une version PDF… l’information n’est stockée qu’une seule fois et elle est ensuite transformée (en HTML via XLST, en PDF via XSL-FO, pourquoi pas en Flash ou en SVG).
  2. une information structurée et disponible. Avec le XBRL, les sociétés rendent leurs informations légales disponibles. Comprenez par là que si un analyste souhaite récupérer une donnée précise (admettons le résultat net de telle filiale en 2003), plus besoin de se palucher le rapport annuel, l’information est à un endroit bien précis.
  3. des possibilités de syndication décuplées. Tout comme les billets de ce blog peuvent être récupérés via le flux RSS, on peut tout à fait imaginer un portail financier récupérant de façon automatisée les données financières des sociétés cotées pour les agréger et en proposer une vision synthétique. Mieux, avec un langage structuré il serait même possible de mettre en oeuvre des agents intelligents (des robots) qui seraient chargés de parcourir les sites des sociétés cotées et de ne rapatrier que les données des sociétés qui correspondent à des critères (toutes les sociétés du secteur agro-alimentaires ayant réalisé un C.A. 2005 supérieur à X avec un résultat supérieur à Y).

Toujours est-il que ce format devrait remporter un vif succès car il s’intègre tout à fait à la politique de transparence de la SEC (l’autorité de régulation des sociétés cotées aux U.S., l’équivalent de notre COB).

Un commentaire sur “Le web sémantique au secours des analystes financiers

  1. Frédéric CAVAZZA se penche sur XBRL Frédéric Cavazza publie un billet dans lequel il présente brièvement le langage XBRL (Extensible Business Reporting Language). Tout en soulignant les qualités pédagogiques de ce billet, je voudrais lui apporter deux précisions…

  2. Bonjour, Vos points de vue m’ont bcp intéressé. Merci. J’aurais une question supplémentaire… Je sais que l’XBRL fait partie intégrante du projet COFINREP (intégration des nouveaux états financiers COREP & FINREP)de la Banque de France.

    
    

    Pouvez vous m’expliquez en quoi l’XBRL « à lui tout seul » permet d’avoir des définitions communes entre des états comptables et des états prudentiels… alors qu’à priori, ils ne traitent pas de la même info ? S’agit il de « Polyhierarchical taxonomy » ? Merci d’avance Cordialement

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