Les facteurs limitant du web 2.0

Jeremy Chone du site Bits and Buzz vient de publier un très bon billet sur celui-dont-on-ne-doit-pas-citer-le-nom : Web 0.x to Web 2.0 Simplified. Ce billet est très bon pour deux choses, la première est un schéma qui résume parfaitement le paradigme entre web 1.0 et web 2.0 :

L’auteur définit ainsi l’ère du web 2.0 comme une ère où les producteurs de contenu (notamment au travers des blogs, wikis, album photos en ligne…) vont prendre une place de plus en plus importante par rapport aux consommateurs de contenu (les visiteurs).

L’autre point important de ce billet est l’identification de 3 facteurs limitant du web 2.0 :

  1. les communautés isolées d’utilisateurs, c’est à dire le caractère exclusif de certaines communautés qui ne s’ouvrent pas à l’extérieur et qui forcent les utilisateurs à adhérer à différentes communautés de façon indépendante et parallèle (à quand une identité universelle voir du SSO en ligne ?) ;
  2. le manque d’interopérabilité entre les différents services en ligne (on en revient à la notion de portabilité décrite dans un précédent billet) ;
  3. les limitations liées à l’architecture de l’internet qui force la grande majorité des services en ligne à fonctionner en mode client-serveur (il faudrait chercher un début de réponse dans l’intégration de modules P2P aux navigateurs à l’instar d’Opera qui intègre un client BitTorrent ou de l’extension AllPeers pour Firefox).

Et vous, vous voyez d’autres facteurs limitant ?

Un commentaire sur “Les facteurs limitant du web 2.0

  1. JB : je ne partage pas ton argument… La Rumeur en est le parfait contrexemple. Et la seule façon de contrer ce phénomène est l’identification des sources : on retombe dans le facteur n°1 cité ci-dessus, l’isolation des communautés. Et même dans ce cas, comment être sûr de la légitimité de l’émetteur de l’information ? Cela fait appel à l’esprit critique que nous sommes tous loin d’avoir. Lorsque j’étais étudiant en audiovisuel, le simple fait de se ballader avec une caméra dans la rue faisait de nous des journalistes de la TV : nous aurions pu demander presque tout aux gens que nous rencontrions. Si demain je fais un blog sur la vie des Pygmées en Afrique, qui remettra en cause ma crédibilité ? Pourtant, mes articles sortiront très sérieusement et automatiquement sur Google News, et seront repris par tous les bloggeurs du domaine… et je peux le faire à des fins lucratives, ou de manipulation, aucune loi de m’en empêche…

  2. Et voilà, on tourne en rond. La clé de la confiance et de la crédibilité des informations c’est un système de réputation unifié. Un peu comme sur eBay mais avec une API qui est exploitée par plusieurs applications et services en ligne. /Fred

  3. Il me semble d’ailleurs que Wikipedia passe ou veut passer à un mode de mise à jour qui ne sera possible que par les utilisateurs identifiés ce qui leur permettra de mieux controler l’origine des articles…

  4. Il ne faut pas prendre le problème de la crédibilité des sources, source par source, mais de manière globale : 1- cette multiplicité des sources oblige le lecteur à repérer des acteurs de confiance. Cette attribution de confiance est soumise à un phénomène communautaire : les recommandations se propageant d’un lecteur/acteur à un autre. 2- notre expérience des blogs nous montrent bien au quotidien que « la sagesse des foules » fonctionne : le buzz créé par la blogobulle sur un sujet amène à le populariser mais aussi et à le creuser, le débattre, l’approfondir (les buzz web 2.0 ou ajax en sont d’excellents exemples). 3- les moteurs de recherche se font l’echo du filtre créé par la blogobulle dans un second temps : la sagesse engrangée sur un sujet par la communauté est donc directement pérennisée et indexée. Le filtre de crédibilisation de l’information existe donc déjà : c’est la blogobulle, c’est le buzz, c’est nous ou pour reprendre une expression célèbre « we, the media ».

  5. Paradigmes du web 1.0 vers le web 2.0 et les facteurs limitant du web 2.0 Voici un billet intitulé "Les facteurs limitant du web 2.0" [fr] de Fred Cavazza [fr]. Il présente le texte Web 0.x to Web 2.0 Simplified [en] de Jeremy Chone [en] . Voici un schéma représentant l’&eacute…

  6. C’est vrai qu’il y a des pièges mais il est possible de les éviter. Il est donc faux de dire de ces pièges que ce sont des facteurs limitant. J’ai mis en place sur mon portail un service Associations et communes>> http://www.orvinfait.fr/association.html . Pour chaque commune de France, les internautes peuvent mettre et voir des informations et des liens. (sur les communes, les associations, les restaurants, les lieux touristiques, les hôtels, les chambres d’hôtes, les locations de vacance, les spectacles, les loisirs…) Pour éviter au maximum que certains mettent n’importent quoi j’ai mis en place un système qui permet, au cas où, l’identification d’un auteur par la justice. De plus j’ai mis en place un contrat. Ceux qui mettent de l’information sur le portail acceptent les clauses de ce contrat. Si l’un d’entre venait à rompre les clauses de ce contrat j’ai les éléments pour le poursuivre. Je peux évidemment effacer le texte qui poserait problème mais j’estime que ceux qui veulent faire perdre du temps aux autres leur portent préjudice. Ils doivent donc payer une réparation pour le préjudice qu’ils causent. Ceci permet de construire une source crédible. En ce qui concerne l’interopérabilité, les pages faites par les internautes sont en xhtml standard avec l’extension html, donc facilement indexables par les moteurs de recherche. Il existe un fichier RSS. Avec ce que je propose il n’y a pas de communauté fermée puisqu’il est possible de mettre des liens vers l’extérieur et chacun peut mettre un lien vers mon portail. En ce qui concerne l’utilisation du service par les internautes elle est faible par rapport au nombre de visiteurs du portail mais elle progresse.

  7. Pour moi le principal facteur limitant est le temps. Proposer des tas de services collaboratifs, à valeur ajoutée est génial. Maintenant, je ne suis pas sûr que la plupart des internautes prennent le temps de les utiliser. Quand je vois mes difficultés à mettre à jour mon blog, je me vois mal en plus utiliser tous les services web 2.0. Utiliser entre autres les fonctionnalités collaboratives de divers services prend un temps énorme dont tout le monde ne dispose pas. N’existe t-il pas là un biais de la part des promoteurs du web 2.0 ? Estiment t-ils vraiment les besoins des consommateurs ? Je me pose la question…

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