Et on reparle d’Ajax et de l’accessibilité

Mon collègue (et voisin de bureau) Mathieu vient de publier un article sur le JDNet : Ajax et l’ergonomie sont-ils conciliables ?. Un article très intéressant qui relance le débat sur Ajax et l’accessibilité.

Je ne suis pas expert de l’accessibilité, je laisserais donc le soin à d’autres de publier ou de présenter des arguments concrets.

Il n’empêche que cette question est récurrente (voir systématique), dans les commentaires de mes billets ou lors des différentes conférences que j’ai eu l’occasion de donner. Ce à quoi ma réponse est invariable : Ajax n’est à priori pas accessible, et alors ?

Pourquoi venir chercher des poux dans la tête d’une minorité de concepteurs et développeurs web qui essayent d’innover et de faire progresser l’internet. Après tout, 99,99999999999% des sites web de cette planète ne sont pas accessibles. Faut-il pour autant abandonner le HTML ? Débrancher tous les câbles ? Envoyer en prison tout ces fournisseurs de services et de contenus non-accessibles ? Non, bien entendu que non.

Même si de gros efforts ont été faits, les interfaces réalisées en Ajax n’en sont qu’à leurs premiers balbutiements et doivent encore progresser.

Alors vous pouvez aussi poser la question suivante : Est-ce qu’Ajax (et les dérives que nous lui connaissons : problèmes d’utilisabilité, d’accessibilité, de sécurité, de performances…) est un réel progrès pour le web ? Il est encore trop tôt pour le dire. Dans tout les cas de figure, je trouve un peu dommage de faire porter la responsabilité de millions de sites web non-accessible sur les épaules d’une poignée d’innovateurs.

Peut-être que l’avenir nous montrera qu’Ajax n’était pas la meilleure solution (au vue des XHTML 2, CSS 3 et autres Flex 2). En tout cas, c’est que nous avons de mieux en stock en ce moment.

Un commentaire sur “Et on reparle d’Ajax et de l’accessibilité

  1. Laurent n’a pas tord pour les intranets (et je l’ai vécu !). Et il faut bien se dire une chose … les solutions temporaires (ou transitions) sont toujours, par essence, et par expérience, des choses qui malheureusement dure, dure, très trèèèèèèèèss longtemps. J’ai l’impression de revivre l’époque de la « soupe de balise » qu’on faisait à la fois faute de mieux et parce que les spécifications et implémentations n’étaient pas aussi mûr et pas aussi comprises et maitrisées que maintenant. Utiliser ces nouvelles technologies (XForms) dans un environnement contrôlé (intranet de petite ou moyenne taille) permettent à la fois de mettre en place des solutions pérennes et crédibilise d’autant plus l’utilisation de ces technologies. C’est exactement pareil que cette évolution que nous avons vécu de l’époque « soupe de balise » à l’époque « page structuré + CSS ». Je n’aurai pas dit ça sur des technologies qui manqueraient de maturité, mais là, les solutions évoquées par Laurent sont mûres technologiquement, il ne manque plus que la maturité sur son utilisation. Pour moi, c’est Ajax qui là manque de maturité technologique (mais remarque, vue les grands efforts « d’homogénéisation » de grands acteurs sur les frameworks AJAX, cette constatation ne sera pas longtemps valable). Bon, au delà de XForms, je ne pense pas que cette « technologie » puissent remplacer complètement AJAX qui interviens également dans d’autre domaine que les formulaire (au sens large du terme). Mais elle permettra déjà de confiner l’utilisation d’AJAX.

  2. >Laurent: ….Note : accessibilité veut pas dire pour personne handicapé, l’accessibilité conçerne tout le monde……. Très bonne remarque! Car en effet on peux très bien faire du Web2.0 sans passer par de l’Ajax qui n’est pas accessible, ni référencable, tous comme le flash….. Quand a Fred: ….Ajax n’est à priori pas accessible, et alors ?…. Je pense que tu plaisantes ou que tu fais de la provoc… En tant que minorité de concepteurs et développeurs web qui essayent d’innover et de faire progresser l’internet je fais partie de la plus petite partie qui developpe en Web2.0 tout en respectant l’accessibilité à tout le monde! Exemple notre dernier site: http://www.chateaudevilla.ch

  3. Faire accessible, c’est aussi dire « l’utilisateur doit pouvoir accéder aux données même s’il n’utilise pas les frioritures Ajax », et finalement, bien écrire son appli. …en général l’utilisation d’un bon framework bien écrit dans les règles de l’art suffit à rendre le site accessible, le concepteur du site n’est pas forcément obligé de se plonger dans le code… Bien sûr que l’Ajax est l’innovation; bien sûr il permet des choses qu’on ne peut pas faire en HTML et qu’il faut tirer un trait sur le passé qui dit « accessible = sans javascript ». Mais dès que cette innovation « bêta » passe un tant soit peu en production, l’accessibilité, c’est pas si difficile ! Bonne journée !

  4. A ce stade de la discussion, je tiens à préciser deux choses : ce n’est pas parce que vous n’utilisez pas Ajax que votre site sera accessible (il reste encore BEAUCOUP de travail) ; il faut bien des sites en Ajax inaccessibles comme celui de GAP pour faire rêver les grands acteurs et leur expliquer que l’on peut faire encore mieux (même niveau d’interaction mais avec l’accessibilité en prime). Ceux qui sont « sur le terrain » pourront confirmer (ou infirmer) /Fred

  5. {{Le 28 juin 2006 à 22:36, par Ombre D’un point de vue purement cynique et si je me souviens bien, les surfeurs souffrant d’un handicap représentent au moins 10% de la population des internautes. Est-ce que, par exemple, un magasin en ligne est prêt à perdre 10% de clients potentiels?}} Combien de magasin réel sont équipés pour acceuillir les handicapés ? Tu as ta réponse.

  6. Une petite remarque dont la grande partie des utilisateurs ne oublient et que le developpeur doit tenir compte. Il faut toujours respecté les 3 points suivants: l’accessibilité (hardware et software) la validation et conformité (W3C, browser,…) la PÉRÉNITÉ (document, information,….)

  7. J’ai attendu avec impatience l’avis d’un ergonome sur Ajax et ce qui touche le Web 2.0. Je trouve regrettable que la lecture que vous en avez fait, Fred, ne retienne que le terme d’accessibilité. Utilisabilité, utilité et acceptabilité sont passés à la trappe. Mathieu Collet a fait la distinction entre interface riche et interface facilement utilisable. Et je crois que c’est malheureusement l’un des seuls dans le paysage Internet français. Mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Combien de personnes ont-elles déclaré qu’Ajax ou le Web 2.0 permettaient intrinsèquement une meilleure ergonomie de l’interface ? Une écrasante majorité. Combien savent ce qu’est l’ergonomie ? Pas beaucoup. Quant à l’accessibilité, il serait peut-être tant d’en fournir une définition pour éviter nombre de désaccords. Est-ce qu’Ajax est à jeter ? Certainement, non. Voir les recommandations de Mathieu Collet et les quelques interrogations indispensables à toute conception centrée utilisateur.

  8. Fred, Un support de présentation ne peut remplacer tous les propos que vous avez pus tenir au Web Design Festival. C’est assez frustrant. Pour ma part, j’espérais trouver des exemples tirés de tests d’utilisabilité, montrant les problèmes recontrés par des utilisateurs, et plus de recommandations. Dans la littérature ergonomique, nulle étude ne s’est penchée sur cette thématique qu’est le Web 2.0 mais peut-être devrais-je chercher des études portant uniquement sur une caractéristique particulière comme les liens lourds. En tout cas, c’est tout à votre honneur de vous exprimer à ce sujet. En revanche, je me permets de relever un détail, à mon sens, très significatif. Vous avez parlé de révolution ergonomique. Je me demande s’il est bien sage de désigner ces « nouveaux » modes d’interaction ainsi ? L’utilisation du terme ergonomique me paraît impropre. L’interface Web change mais les problématiques concernant l’ergonomie restent inchangés. Vous me semblez, dans une certaine mesure, plus proche du domaine des IHM. Domaine lui-même très proche de l’ergonomie, mais différent.
    Marie-A.

  9. Très juste, il s’agit plus d’une révolution des IHM web qu’une révolution ergonomique. Mais bon… c’était juste histoire de théâtraliser ma conférence. Je confirme également qu’à part Jared Spool, aucun des barons de l’ergonomie ne s’est encore exprimé sur l’ergonomie des interfaces riches. Je recommande vivement le travail de Luke Wroblewski sur les Design Patterns des interfaces riches, une mine d’or. /Fred

  10. Bonjour, Je suis toujours surpris des oppositions entre les défenseurs du tout accessible avec qui le web serait d’une tristesse absolue, et les autres qui se moquent éperdument de l’accessibilité des pages, par égoïsme et étroitesse d’esprit époustouflante. Vous noterez que je suis ici un peu dans la provocation, c’est pas la peine de me lyncher si vous vous sentez visés ;-) Développeur et graphiste web depuis 10 ans, je pense avoir résolu le problème. Lorsque je développe un site à l’aide d’une technologie imperméable à l’accessibilité, (Flash, applets javas, Ajax), je propose systématiquement et sans surcoût une version accessible. Et cela ne me prend pas (ou si peu) de temps supplémentaire. Pourquoi ? Parce que d’une part, la version accessible est une version sans graphisme, et que, d’autre part, les contenus alimentant les 2 versions sont les mêmes. Pour prendre l’exemple du Flash, tout y est externalisé, en xhtml. Et c’est ce même contenu, xhtml, qui est utilisé pour la version accessible. La mise à jour d’un simple texte se répercute sur les 2 versions de site. La version accessible sert également au référencement du site. Cette façon de travailler prends en réalité moins de temps que celle qui consiste à créer l’exploit de réaliser un site attrayant, riche et animé, tout en étant accessible. C’est un casse-tête qui débouche souvent sur des solutions non pérennes (hacks, par exemple). Et surtout, il ne s’agit en fait jamais d’un exploit, car il y a toujours des compromis, graphiques ou en accessibilité. A+

  11. Bravo Yannick, Il faut croire que tu as une longueur d’avance. Tu appliques les bons reflexes (séparation du fond et de la forme) et c’est une très bonne chose car cela te fais économiser du temps. Merci pour ce témoignage. /Fre

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