MySpace : le média dans le média

Je viens de lire un article très intéressant sur le phénomène MySpace : MySpace in the Marketing Mix.

Selon l’auteur, le web en tant que média est en train de vivre le même séisme avec la montée en puissance de MySpace que les médias traditionnels (radio, TV) lors du décollage de l’internet. Comprenez par là que les annonceurs qui pensaient maîtriser un minimum le canal (internet) et les cibles (les internautes) se retrouvent confrontés une population qui échappe complètement à leur contrôle (les ados) et qui interagissent sur un médium qu’ils ne comprennent pas (les réseaux sociaux).

Le phénomène MySpace prend une telle ampleur que l’on arrive à le considérer comme un média à part entière. D’ailleurs il est courant chez les jeunes américains de demander Est-ce que tu as un MySpace ? à la place de Est-ce que tu as un email ?. MySpace a réalisé ainsi en moins de deux ans le tour de force que Yahoo! essaye de réaliser depuis 10 ans : devenir un média dans le média.

Le marché français n’est pas non plus épargné par ce phénomène. N’est-il pas courant d’entendre C’est quoi ton Skyblog ? Tout ceci est d’autant plus promoteur que pour l’instant les Skyblogs sont fonctionnellement très pauvres. Comment tout ceci va-t-il évoluer lorsque ces fameux Skyblogs passeront à la vitesse supérieure et entreront dans l’ère du très haut-débit avec partage de vidéos, livecast et autres prouesses technologiques ?

Et nous alors (les vieux de plus de 20 ans) ? C’est quoi notre place dans ce nouveau paysage ? Est-ce que l’on doit rejoindre ces réseaux sociaux de jeunes au risque de se faire ridiculiser ? Est-ce que l’on doit se rabattre sur des réseaux un peu plus ‘pro’ comme Going On ou Ziki ? Ou sommes-nous cantonnés aux réseaux sociaux orientés business comme LinkedIn ou OpenBC ?

J’ai comme la très désagréable impression de me sentir sur la touche, pas vous ?

Un commentaire sur “MySpace : le média dans le média

  1. Moi, je suis super d’accord avec ‘elucubrations’ : pas de quoi se sentir largué en considérant cet exutoire géant pour ados et pré-ados qu’est le SkyBlog, cette montagne de « rien » dans une interface médiocre et ce language SMS que d’aucun qualifie de « kicoolol ». Il est vrai cependant que la taille de cette communauté d’utilisateurs donne le vertige… Enfin, Mr. Fred, ne vous inquiétez pas, on parle moins de rap dans le skyblog que d’animaux de compagnie, professeurs et autres copains de classe. Note : ma soeur de 16 ans, ‘chate’ beaucoup mais elle trouve que le SkyBlog c’est de la m…. BD

  2. Bon que le contenu soit peut intéressant dans les skyblogs c’est une chose… (ce sera peut-être un effet de mode, peut-être pas, ce n’est pas très important) Je crois que l’intérêt c’est de se poser la question des réseaux de communauté sur Internet qu’on voit arriver un peu partout. Et en quoi cela peut constituer une nouveauté justement. A mon avis aujourd’hui cela ne représente rien parce que les critères identitaires des communautés ne sont pas bien ciblés. Ce n’est que mon avis. Plutôt que d’être dynamiques, basés sur des usages et des point communs « à vivre », il nous est proposé de nous inscrire dans une démarche a priori. Aucun effet réel n’est constaté sur notre navigation sur internet, si ce n’est cette inscription à un comportement et à une limitation du web, aucune influence sur les moteurs de recherche en dehors de l’espace limité, aucune modification des pages visualisées, pas de noeuds dynamiques par rapport à un « torrent » ;)… ce ne sont que des exemples qui à mon avis sont réellement constitutifs de l’idée de communauté sur internet.

  3. Je suis très étonnée que tu restreignes MySpace.com à un phénomène jeune. Les premiers qui m’en ont parlé et expliqué le concept n’étaient pas très vieux (30 ans) mais trouvaient cela pratique pour avoir une vitrine où déposer leurs oeuvres. Et puis, même Björk a un espace sur Myspace.com ! Cela la rend plus accessible pour ses fans qui manient le web. J’ai toujours cru que MySpace était un moyen de promulguer ses oeuvres.

  4. Bonjour à tous, Connaissez vous la plus grande peur des 15-25 ans? réponse: être seul, la solitude, finir seul. Ce sont aussi les plus gros consommateurs de communautés virtuelles qui sont censées en définitive relier les gens entre eux, créer du lien social,non?. Mais au final derrière le discours affiché « créateur de rencontre, se faire de nouveaux amis » n’est-ce pas le contraire qui est en train de se produire: la destruction du lien social, la virtualisation de nos sociétés et la perte de vitalité de nos lieux publics. 25% des américains affirment ne pas avoir d’amis. ça fait beaucoup de paradoxes tout çà. Pour moi toutes ces communautés sont une supercherie pour 95% des utilisateurs. Seul une minorité de personnes savent les utiliser à bon escient et savent passer de l’autre côté de la barrière ou du filet: la vraie vie quoi! Je ne crois pas ou plutôt je ne souhaite pas la réussite des skaaz, yootribe et autre wat qui vont déferler sur la france pour les raisons évoquées ci-dessus. Un communauté n’a d’intérêt que si en définitive elle permet de nouvelles rencontres dans la vraie vie…et pour cela il faut que la communauté s’ancre dans le réel et dans la proximité, que soit ses fondements…amha

  5. Je crois qu’on est déjà un vieux con quand on raisonne « contenu ». Les jeunes américains ne viennent pas s’abreuver en contenu, ils viennent se connecter : « just hanging out » comme ils disent. C’est le hall d’immeuble, c’est la cage d’escalier, c’est le foyer enfumé, le lieu ou les adultes et l’autorité laissent une respiration salutaire. Laissez nous trainer semblent-ils dire. Relisez Maffesoli et ses « communautés émotionnelles » (je crois que l’expression est de Weber), elles sont déjà très perceptibles sur les blogs, et encore plus sur les moblogs (avec l’instant blogging qui renforce cette vibration synchrone).

  6. Je suis tout à fait d’accord avec Jérome et Benoit Rottembourg. Avant les MySpace/Skyblog, publier sur le net demandait un minimum de connaissances, même personnaliser un blog n’était pas à la portée de tous. Beaucoup de jeunes ont pu se sentir exclus du web. MySpace, Skyblog, peut-être WAT, on verra, c’est du prêt-à-publier, c’est « l’appel de la toile » que les jeunes attendaient. Mettre en ligne devient aussi simple que prendre une photo avec son téléphone portable. On peut d’ailleurs s’attendre à de nombreuses dérives. L’analogie avec le foyer enfumé est parfaite, c’est moche, c’est inconfortable, mais personne ne conteste aux ados le droit de l’occuper. Personnellement, je ne me sens pas plus exclue de ces sites que d’un établissement scolaire. Au contraire, je suis bien soulagée que ce ne soit plus ma place et que je puisse naviguer dans les eaux qui me plaisent ! :)

  7. Fred, je reviens sur mon idée d’interopérabilité. J’ai redécouvert le format FOAF que tu avais présenté aussi il y a fort longtemps. Est ce que cela ne peut pas être une base pour un futur format d’échange entre les reseaux sociaux ? Tu l’avais présenté comme tel dans ton article d’il y a deux ans. Tu parlais aussi du format XFN. Ces formats sont-ils adaptés a notre problématique d’interopérabilité ? Pourquoi n’en parles tu plus depuis 1 an ? C’est bon j’ai fini avec mes questions…

  8. Si je ne parle plus de FOAF, c’est que les spécifications semblent au point mort depuis pas de temps. Ors, quand des spécifications n’évoluent plus, elles disparaissent. FOAF est un format avec beaucoup de potentiel mais qui doit encore évoluer. Quand à XFN, c’est un microformat comme un autre : très rapide à intégrer mais un peu léger quand même. /Fred

  9. Hello, J’ai rédigé un petit guide sur l’appropriation de Myspace par/pour les groupes comme vecteur de « diffusion ». J’ai plusieurs comptes MySpace, et depuis le temps que je pratique ce genre de sites, je vois juste que tout ça n’est juste qu’une nouvelle esbrouffe : les djeun’s qui pensent que Myspace est cool sont bien bernés et tombent dans le piège des agences de com’ et tout ce qui va avec le buzz-marketing, le viral marketing and co. Aujourd’hui même Colgate, une société de crédit s’affichent sur Myspace, de façons directe (bannière pub) et indirecte (profil Myspace « sooo coool » avec wallpapers et sonneries de portables à télécharger). Y’a pas à dire, tout ce qui a le moindre petit potentiel est récupéré illico par les financiers. Aujourd’hui le web (2.0 ou pas) c’est surtout une question de fric.

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