MySpace + Habbo Hotel + Second Life = Kaneva

Décidément il ne se passe pas un jour sans que je découvre un nouvel univers virtuel. Cependant, je crois bien être tombé sur une perle : Virtual World of Kaneva.

Kaneva_logo

Pourquoi une perle ? Tout simplement parce que cet univers regroupe les meilleurs aspects des différents univers et même des réseaux sociaux :

  • une plateforme socials à la MySpace (avec profils, liste d’amis, groupes, partage de photos et vidéos…) mais en moins moche ;
  • un univers en 3D à la Second Life avec le même niveau de réalisme mais la fluidité en plus (et de remarquables effets de lumière) ;
  • une prise en main très aisée à la Virtual Laguna Beach (à peine 5 minutes) et une aide en ligne très bien réalisée ;
  • la possibilité de modifier et décorer son appartement comme dans Habbo Hotel, de même que de restreindre son accès à votre liste d’ami(e)s ou d’envoyer des invitations ;
  • des boutiques de fringues pour changer le look de votre avatar (même fonctionnement que Virtual Laguna Beach) ou des boutiques d’ameublement pour votre appartement ;
  • des agences immobilières auprès desquelles il est possible d’acheter des espaces pour construire un showroom, une boîte de nuit…

Bref, c’est un pot-pourri de ce qui se fait de mieux. Le site est extrêment bien conçu et l’ergonomie du processus d’inscription remarquable. Visite guidée :

Les avatars sont fidèlement reproduits :

Kaneva_avatar

Les appartements peuvent être aménagés à souhaits :

Kaneva_FloorPlan

La galerie marchande officielle est plutôt vaste mais il reste quelques emplacements libres :

Kaneva_Shopping

Et en plus, il y a de l’animation dans les bars :

Kaneva_Bar

Passé le première impression (plutôt agréable), on manipule et on explore plus en profondeur et l’on peut découvrir des choses tout à fait intéressantes :

Il y a un vendeur dans chaque boutique et le processus d’achat est très simple et agréable (il suffit de cliquer dessus et une fenêtre dédiée apparait) :

Kaneva_Shopping2

Il est possible d’écouter de la musique, de regarder des vidéos ou même de jouer à de petits jeux au sein de l’univers (nombreuses possibilité à prévoir) :

Kaneva2

Toutes les images et vidéos utilisées sont également disponibles dans la communauté (la photo accrochée sur mon mur ainsi que la vidéo qui tourne dans la télé sont disponible sur mon profil, d’où une très forte viralité) :

Kaneva3

Et il y a bien évidement une banque où l’on peut changer ses $ :

Kaneva_bank

Bref, le potentiel est là. En fait Kaneva est à la base une plateforme de développement de jeux en 3D : Kaneva Game Platform, ce qui explique que la mécanique soit si bien huilée (il existe à ce sujet un forum en français). Pour en savoir plus, je vous recommande l’article suivant : Kaneva Aims For Social Media Consumption.

Au final, ce n’est pas tant à Second Life qu’à There qu’il faut comparer Kaneva. L’univers est encore restreint et sous-peuplé. Il n’y a pas la même impression de liberté que dans Second life, mais le potentiel est gigantesque pour ceux qui veulent faire une exploitation des univers 3D comme le fait MTV (exploiter une plateforme générique pour immerger les avatars dans un univers de marque 3D parfaitement maitrisé).

A suivre…

Google se lance des les applications en ligne déconnectées

Grosse actualité ce matin pour Google qui vient d’annoncer le lancement de Google Gears, un environnement permettant de faire tourner des applications en ligne en mode déconnecté. Quel intérêt ? De pouvoir consulter vos messages sur Gmail ou lire vos billets de Google Reader dans l’avion. Par contre, je doute que cet environnement permettent d’accéder à des fichiers stockés sur le disque dur…

J’avais déjà eu l’occasion de vous parler de ces applications en ligne déconnectées dans un précédent billet, mais cette annonce met la blogosphère en feu :

Bref, c’est chaud, c’est même super-chaud. Et je ne vous parle même pas de Google Mashup Editor, la réponse de Google aux outils de re-sémantisation comme Yahoo! Pipes, Microsoft Popfly et autres Coghead (un billet à venir sur ce sujet).

Microsoft sort sa technologie de table interactive (avec du WPF dedans)

Oui oui, je parle bien d’une table interactive et non d’une tablette interactive : Microsoft Surface. J’ai déjà eu l’occasion de parler de ces projets de surfaces de travail réactives où il est possible de manipuler des objets (photos, fichiers…) à l’aide de vos doigts.

MSsurface

Ce projet me semble différent dans la mesure où :

  • il est possible d’interagir avec des terminaux (appareils photos, smartphone…) pour importer, manipuler, transférer des photos ou fichiers ;
  • il y a une dimension sociale avec cette table car une nouvelle forme d’interaction s’orchestre avec les personnes assises autour.

Bref, le plus simple est que vous visionnez cette vidéo de démonstration :

http://admin.brightcove.com/destination/player/player.swf

Plus surprenant, on apprend que cette table tourne sous Windows Vista et que l’interface est réalisé avec WPF (d’où de nombreuses applications riches possibles) :

Après les Rich Desktop Applications, les Rich Mobile Applications, voici les Rich Table Applications ? Vivement que cette technologie soit implémentée dans un bar sur Paris ! (merci à Peric pour le lien)

L’invasion des moteurs de recherche verticaux

Souvenez-vous, il y a quelque années vous aviez le choix entre de nombreux moteurs de recherche (mais si, je vous assure !). Bon depuis la situation a beaucoup évoluée et nous sommes dans une configuration de marché très particulière avec un mastodonte (dont je ne citerais pas le nom dans ce billet) qui domine largement les autres.

Sauf que… sauf que… nous commençons à voir apparaitre un certain nombre d’initiatives de moteurs de recherche verticaux tout à fait intéressantes. Pourquoi sont-elles intéressantes, parce qu’elles contextualisent la recherche et fondent leur algorithme de pertinence sur des critères spécifiques au domaine traité.

Je suis ainsi tombé sur plusieurs exemples :

  • GameSkoot, un moteur de recherche dédié aux jeux vidéo ;
  • Sputtr, un moteur spécialisé dans les sites collaboratifs ;
  • SimpleWeather, un moteur de recherche météorologique.

Page d'accueil de SimpleWeather

Ces exemples sont intéressants, à la fois pour les utilisateurs (qui peuvent trouver ainsi une interface et des options plus adaptées à leur contexte de recherche) et les annonceurs (qui peuvent cibler de façon encore plus fine). Bref, il y a de l’avenir dans les niches, et quand on y réfléchi bien, des sites comme Keljob ou encore Technorati pourraient également rentrer dans la catégorie moteurs de recherche verticaux.

Mais bon… ne nous emballons pas, Google (et merde, je ne devais pas prononcer son nom !) nous a déjà démontré qu’il savait aussi contextualiser les recherches au sein des chaînes verticales de Google Base (cf. mon précédent billet : Google Base à l’assaut des marchés de l’immobilier et de l’automobile d’occasion).

Vers un Second Life 2.0 ?

Second Life, figure emblématique des univers virtuels. Encensé par les médias, décrié par d’autres (dont moi et de nombreuses autres personnes dans les commentaires de ce billet : Pourquoi je ne crois plus en Second Life). Son potentiel est proportionnel à ses lacunes mais l’univers de Second Life évolue : implémentation prochaine de la voix pour remplacer le système de chat, présence notable de nombreux géants de l’informatique (IBM, Sun, Dell, Microsoft…) qui pourraient bien aider à sa mutation (ex. le projet de mainframes dédiés aux univers virtuels).

C’est dans ce contexte que je vous propose de lire cet article intéressant sur une hypothétique itération : Towards Second Life 2.0. Outre les limitations technologiques (montée en charge, faiblesse du moteur 3D…), l’auteur s’interroge sur les composantes faisant défaut à Second Life. Il prend comme référence le modèle social et collaboratif du web 2.0. Et je suis bien d’accord avec lui !

Que manque-t-il à Second Life ?

1/ Une réelle dimension sociale avec des outils communautaires et de réseautage social. L’auteur considère ainsi que World Of Warcraft n’est pas tant un MMORPG qu’un réseau social gigantesque où il est possible de compléter des quêtes et de farcir des dragons. En ce sens, il rejoint l’avis d’Elisabeth Lane Lawley que j’ai eu l’occasion d’écouter au Webcom de Montréal. Force est de constater que les résidents de Second Life sociabilisent assez peu (combien d’avatars renseignent l’onglet 1st Life de leur profil ?). Peut-être manque-t-il un Warcraft Social Networks à Second Life ?

De même, les environnements de collaboration sont inexistants. Ceux qui souhaitent animer une communauté ou faire des affaires au sein d’une place de marché (ou l’équivalent) doivent s’en remettre à des outils externes (blog, wiki, groups, SLBoutique…). N’y aurait-il pas une possibilité de les intégrer de façon élégante ? Après tout, il est bien possible de consulter un site web dans Virtual Laguna Beach !

2/ Plus d’ouverture vers les standards technologiques actuels. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le parcours très difficile du nouveau venu dans Second Life (il faut entre 20 et 30 minutes pour s’immerger dans l’univers). Pourquoi ne pas simplifier la création d’un compte et faire de la délégation d’authentification via OpenID ? Cela permettrait de raccourcir le processus (et il en aurait bien besoin !).

De même, ne pensez-vous pas qu’il serait intéressant de proposer un ensemble d’API pour pouvoir réaliser un certain nombre de tâches depuis l’extérieur (consulter le solde de crédits, gérer son inventaire…) ou interagir avec des applications externes (exporter son avatar à la manière des Yahoo! Avatars, communiquer depuis ou vers son compte de messagerie instantanée, son mobile ou même Twitter…).

3/ Plus de garanties et surtout les moyens de maîtriser son image. Si les marques sont si réticentes à sauter le pas, c’est très certainement parce qu’elles ont peur de ne pas pouvoir maîtriser leur présence dans cet univers : face aux nombreux ralentissements et opérations de maintenance de l’éditeur (qui nuisent à la qualité de service) ; face à la difficulté de trouver du personnel fiable et bon marché ; face aux problèmes de vandalisme et d’escroqueries (arnaques, contrefaçons, virtual-squatting…) ; face au vides juridiques (quid de la notion de propriété ?) et fiscaux (quid des bénéfices engendrés ?).

Lien de moi l’idée de vouloir tout règlementer dans un univers qui doit son succès à sa très (trop ?) grande liberté, mais au vue des tarifs pratiqués pour pouvoir s’implanter, les annonceurs sont en droit d’exiger des garanties. Et l’éditeur (Linden Lab) a bien du mal à les fournir.

Conclusion

Ce ne sont là que des pistes de réflexion, et il en existe surement de nombreuses autres. Rassurez-vous, je ne suis pas en train de vous expliquer que Second Life va disparaitre, cet univers continuera certainement à passionner de nombreux fans. Le message que je souhaite faire passer est plutôt le suivant : si Second Life souhaite garder les faveurs du public, des médias et des annonceurs, l’univers doit impérativement évoluer (et évoluer au plus vite).

Alors bien évidement vous pourriez me répondre que Second Life n’a pas besoin des grandes marques pour continuer à exister et que ses nombreux résidents seront toujours là pour assurer sa croissance et que dans 5 ans, 80 % des internautes seront des utilisateurs des univers virtuels. Oui, vous pouvez continuer à vous mentir. Mais par expérience je connais la nature volatile des internautes et je peux vous assurer que leur patience à des limites.

Les sucess stories éclairs comme celles de Second Life attirent de nombreux opportunistes qui rêvent de lui voler la vedette : start-up ambitieuses (comme Entropia Universe) ou plutôt discrètes mais extrêmement lucratives (comme Habbo Hotel), géant des médias (comme Sony Home) ou des jouets (comme Barbie Girls)… la liste est longue, et les enjeux colossaux. Si Second Life ne corrige pas au plus vite ses lacunes, les utilisateurs et annonceurs pourraient bien vite se reporter sur d’autres univers virtuels plus prometteurs.