Webcom Montréal 2007, Jour J (suite et fin)

La suite des conférences.

Usage et adoption des wikis en entreprise

Sébastien Paquet (SocialText) sur les wikis dans le contexte de l’entreprise :

  • Les wikis sont particulièrement efficaces dans une configuration extranet (ouvert aux partenaires, prestataires et clients)
    • ils remplacent les échanges d’email
    • ils centralisent l’information et permettent de faire de la co-création (de l’édition conjointe)
  • Cas d’étude très intéressant sur la Dredsner Bank :
    • ils utilisaient déjà les blogs, SharePoint et les chats
    • c’était à l’origine un wiki dédié au département IT
    • déploiement par vague (selon les services et départements)
    • chaque wiki est « pré-peuplé » par un leader + propagation de bouches à oreilles (sur plusieurs mois)
    • plusieurs exemples d’utilisation probants : gestion des réunions (liste des participants, ordre du jour, compte-rendu), édition collaborative
    • près de 2.500 utilisateurs
    • avantage perçu : rendre visible les collaborateurs (un outil de marketing personnel)
  • Nous allons vers des organisations wikifiées, c’est une nouvelle révolution de la gestion de l’information en entreprise (après la messagerie)
  • On peut distinguer 4 rôles-types :
    • l’architecte qui créé les pages et les hubs
    • le jardinier qui réorganise et limite les doublons
    • les semeurs qui corrigent et tissent des liens
    • les consommateurs qui lisent le wiki (et c’est déjà bien !)
  • L’adoption doit venir du bas (équipes projet) et du haut (soutien de la direction)
    • il faut trouver au sein de l’organigramme des utilisateurs-clés (évangélistes)
    • les manageurs doivent donner l’exemple
  • Wikipedia a fait énormément de bien pour vulgariser la conception et dédiaboliser les wikis en entreprise (vis-à-vis de la sécurité et de la pertinence)
  • Il n’y a pas d’opposition (une petite équipe d’experts vs. La sagesse des foules) dans le monde de l’entreprise. Le un modèle gagnant c’est une petite équipe d’experts (qui rédige les premières versions) et la sagesse des foules (qui corrigent, annotent, complètent, mettent à jour…)
  • La syntaxe des wikis peut en freiner l’adoption, il faut idéalement proposer deux modes d’édition (syntaxe et rich text)

Les nouvelles responsabilités des marques

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Pascal Beauchesne sur les médias participatifs et leur impact sur les politiques des marques :

  • Nous pouvons constater un passage à vide (remise en question, perte de vitesse) de l’identité des marques vis à vis des consomm’acteurs et consomm’auteurs
  • Montée en puissance de l‘anti (no logo, mouvements alter-mondialistes)
  • Les anciennes marques vont laisser la place à de nouvelles (exploitant la co-création et la prolifération virale)
  • Il faut réinventer la notion de marketing relationnel (comprendre l’intérieur des individus, vers du neuro-marketing ?)
  • Les agences se doivent d’inventer de nouvelles visions, de générer des disruptions (au niveau du positionnement stratégique et de la promesse de marque, du marketing de rupture ?)
  • Les consommateurs sont beaucoup mieux informés (armés ?), les marques doivent être encore plus informées (veille active)
  • Le nouveau branding est fondé sur les émotions et les connexions
  • Conscience sociale en croissance (avec des notions comme le commerce équitable, le développement durable, la responsabilité sociale)
  • Les UGC ne sont que la partie visible de l’iceberg (l’apport, l’impact des consommateurs sur la stratégie des entreprises)
  • Le média de marque doit devenir participatif, il conserve sont rôle de tri et de vérificateur de l’information comme celui d’enquêteur. Il aura demain une grande responsabilité : organiser la conversation, mais aussi éditer, vérifier et valoriser le contenu des utilisateurs

Et voilà, la journée s’achève sur le débat auquel je participais avec Michel Leblanc. Mais ce coup-ci, c’est à son tour de faire le compte-rendu !

Un commentaire sur “Webcom Montréal 2007, Jour J (suite et fin)

  1. Effectivement, on avance un peu sur les wikis, mais j’ai un peu l’impression d’entendre les mêmes constats et promesses. En fait, on est encore en phase amont d’évangélisation, celle des études de cas et des expérimentations prometteuses. Pour le wiki comme pour tous les instruments participatifs, il y a encore du chemin à faire avant que ça rentre dans les moeurs. Passer en mode organisationnel, ce ne sont pas que des outils, ce sont aussi des réformes managériales et des prises de consciences du changement à la tête. C’est plus compliqué que simplement trouver des évangélistes et avoir du soutient à la tête, sinon ça aurait eu lieu depuis longtemps. Quand à ce que tu indiques sur les marques, je partage le constat et l’analyse à 300%, mais ça ne t’étonneras pas. Surtout quand tu évoques la nécessité à dépasser la partie émergée de l’iceberg !

  2. Je suis assez d’accord avec Alexis pour le Wiki. On prêche un wiki révolutionnaire dans l’entreprise sans montrer la partie caché du problème qui consiste à un chamboulement majeur au sein de l’organisation, appliquer une politique de changement au sein d’un entreprise c’est un risque énorme. Dommage que le problème de l’intégration de celui-ci dans l’entreprise n’est pas fait débat. Je pense que sa conférence est plus orientée au niveau du marketing que de l’information objective. Et ça, grâce au lien vers SocialText.

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