Seth Godin au secours de Harry Potter

Nous sommes à quelques heures du lancement officiel du dernier tome de Harry Potter. L’excitation est à son comble… sauf que quelques troublions ont décidés de gâcher la fête.

Tout d’abord un petit plaisantin qui s’est amusé à photographier toutes les pages de livre pour les diffuser sur Bit Torrent (lamentable).

Il y a ensuite ces libraires qui ont commencé à vendre des copies sous le manteau depuis mercredi (minable).

Il y a enfin le New York Times qui a publié aujourd’hui une critique du livre avec quelques révélations sur son contenu : An Epic Showdown as Harry Potter Is Initiated Into Adulthood (inacceptable de la part de journalistes professionnels). Non mais qu’est-ce que ça veut dire ? Comment un journal aussi sérieux que le NYT peut-il faire preuve de si peu de respect envers le travail de l’auteur (pourtant un confrère du papier, média condamné à disparaitre dans quelque temps). D’ailleurs J.K. Rowling s’insurge contre ça : Rowling angered as NYT reviews last Potter.

Finalement c’est Seth Godin qui a le bon réflex en proposant une solution contre ces problèmes de piratage : proposer quelques jours avant la sortie officielle une version électronique amputée des 3 derniers chapitres et publier les 3 derniers le jour de la commercialisation de la version papier.

Un commentaire sur “Seth Godin au secours de Harry Potter

  1. Bonjour,

    Je comprends surtout mal comment les fans de cette série peuvent se plier au jeu minable des photos en mauvaise def ou de l’achat à la sauvette avant tout le monde. Attendre le jour J où on aura le fameux livre tout beau tout chaud dans les mains, n’est ce pas partie intégrante du plaisir de lire ?
    Pour moi la meilleure arme contre le piratage c’est le boycott.

    Enfin, concernant le NYT, je suis étonnée que l’éditeur, ayant pourtant pris des mesures de précautions drastiques -comme à son habitude- ne se soit pas assuré du silence des médias les plus sérieux. Surtout avant la date de lancement.

  2. Mmmhhh… Est-ce que Seth ne propose pas plutôt de
    a) publier une version papier SANS les 3 derniers chapitre
    b) publier les 3 derniers chapitres le jour J sur le ne ?

    Si on y ajoute l’envois de la version papier des 3 derniers chapitre ou qqch du genre, pour rendre le bouquin complet, ca pourrait le faire.

  3. Faut arrêter le délire et l’intégrisme avec Harry Potter, des révélations sur la fin des films par exemple y en a toutes les semaines dans les critiques, journeaux, télé, presse, internet, radio, journalistes renommés ou non je vois pas en quoi c’est particulièrement inacceptable sur le principe si les lecteurs sont prévenus à l’avance.

    Je sais que l’attente est à la hauteur de l’évènement, mais il serait bon de relativiser un peu sur ce qui n’est au fond qu’un livre…

  4. Et même que le livre a été diffusé cette nuit en télécahrgement en pdf. Des malins ont retapé TOUT le contenu qui avait été pris en photo.
    Moi perso, je reste à la couture.

  5. Je suis plutôt d’accord avec « Mox Folder ». Est-ce qu’il ne s’agit pas plutôt d’un juste « retour de baton » après avoir communiqué principalement autour des mesures de confidentialité qui entouraient la sortie du livre.

    Les éditeurs ont misé sur le désir que de telles mesures draconiennes suciteraient, il est donc normal que certains s’exercent à découvrir le « secret » avant les autres. Je ne trouve cela ni « lamentable » ni « minable » … C’est le jeu, et c’est l’éditeur qui a mis en place les rêgles …

    Par contre, je suis plutôt choqué que des journaux français entre dans le jeu du marketing mis en place en imprimant les articles révélant quelques éléments de l’histoire à l’envers, à grands renforts de « si vous voulez vous réserver la surprise, ne tournez pas cette page ».

  6. Evidemment si le contenu était open-source ce problème lié au business-plan basé sur l’achat d’une licence pour pouvoir l’intégrer ne serait jamais arrivé.

    Lamentable, minable… arrable, hérable, instable.

    La question n’est pas ici celle de la propriété intéllectuelle.

  7. harry n’a pas de chance à chaque fois la veille de la sortie soit on lui vole son livre soit des « pirates » le publie en ligne… nan il n’a vraiment pas de chance mais sa maman elle, elle sait comment faire parler de lui ;)

  8. J’pense que la proposition de LapinLove n’est pas crétine. Car les fans super-excités et trop impatient qui ont téléchargés le livre ou acheté sous-le manteau ont surement lu en premier la fin… Que tu propose de supprimer en avant-première.

    Bref, j’pense pô que l’idée de Seth Godin résoudra le problème, retour à la case départ :o)))

  9. La question est donc celle de la distribution d’une oeuvre immatérielle. Tant qu’on veut la monnayer sous la forme d’une licence ça ne peut pas fonctionner, surtout quand une information peut tenir en 4 mots genre « xx xxx xxxx xxxx » et que sa valeur tient en son caractère sureprenant.

    Pour aller un peu plus loin dans la réflexion je pense qu’on peut lire Borges (et mais oui, c’est toujours une problématique qui n’a pas été réglée commercialement) et sa nouvelle du Quichotte de Ménard. Non seulement la copie peut être vue comme une oeuvre authentique mais en plus le message est différent sans parler de sa valeur. On pourrait parler aussi de Herbert qui, dans Dune, propose que la propriété est liée au contrôle (et au pouvoir de nuisance, tout le capitalisme, économique, professionnel ou autre, est quand même basé là-dessus, ce n’est donc pas une surprise). Pas de contrôle ? Pas de propriété… Pour contrôler la diffusion d’un scoop il faudrait donc accéder à la mémoire personnelle de chaque personne et gérer ses facultés langagières.

    Je vois donc 2 solutions:
    1) on dépense une énergie folle et l’argent qui va aveec, loin d’un équilibre, à stabiliser une situation (par l’usage d’une force de l’ordre) en attendant qu’un tel contrôle arrive (puce dans le cerveau) et ainsi agir pour l’alliénation de l’homme, ce qui n’est pas sans risque pour ceux qui voudraient un tel contrôle
    2) on repense notre stratégie de pouvoir et de manière pragmatique (c’est à la mode) on invente des stratégies commerciales correctes par rapport à des états de faits et au vu de la nature propre de l’échange d’information qui devient parfois le véritable objet du commerce. Inutile ainsi de matérialiser articiellement quelque chose pour penser la produire de manière industrielle si le modèle industriel n’est pas conforme à l’attente de prestations des clients sous forme de service (c’est vrai pour les livres, le journalisme, la musique mais bien d’autres choses encore et le champ de la demande de servicce ne devrait que croitre: la révolution industrielle est achevée).

  10. En lisant vos réactions je suis en train de me rendre compte que les éditeurs vont bientôt être confrontés au même problèmes que les industriels du disque ou du cinéma : des clients qui veulent consommer différemment et des industriels qui sont incapables de s’adapter.

    /Fred

  11. « (pourtant un confrère du papier, média condamné à disparaitre dans quelque temps) »
    => t’as quand même de bonnes blagues, Fred.

  12. Qu’est-ce que vous pouvez être soupe au lait avec vos « minable », « lamentable » et « inacceptable ».

    Ce n’est qu’un bouquin que diable.
    Même chose pour de la musique ou un film, il y aura toujours du monde pour se la jouer « moi j’aime le feeling du papier », « la qualité du cd est incomparable », « les bonus DVD et le coffret son un fameux plus ».

    Alors franchement, arrêtez !
    Bande de capitalistes.

  13. Effectivement à vouloir tout contrôler, la date de parution, les fuites, il est certain que cela suscite les envies des fans de savoir !

  14. Zack, le problème n’est pas sur le support mais sur la contrefaçon et la diffusion. ça, c’est pour le côté juridique. Côté impact sur ce coup-là, d’abord si on compare les quelques milliers de downloads (par exemple sur piratebay) et les milions de copies qui vont se vendre (prévision pas trop difficile à faire), je crois que les éditeurs et l’auteur ne sont pas encore sur la paille. Ensuite, la diff « sous le manteau » est un signe de bonne santé de la diff globale et ne grève pas les ventes. Dans le domaine du film et de la musique, ce qui impacte les ventes CD et DVD c’est autre chose : prix perçu comme trop élevé par rapport à la viabilité et au service rendu par le support (la location de DVD marche très bien en revanche, à preuve que quand on réajuste le prix au produit, ça roule). De ce côté, il est évident que verrouiller le produit (directive européenne, DADVSI et DRM) au lieu de réfléchir dessus, c’est pas très malin.

    Sur le « piratage », je crois que la meilleure solution pour un éditeur/un auteur (livre, film, série TV) est de faire preuve de bon sens : évaluer qui le fait et quel est le risque financier, quel est la notoriété engendrée et l’impact sur les ventes. Mieux vaut tolérer un peu de copie quand c’est signe que le produit est désiré, non ?

  15. Personne vous oblige à télécharger sur bit torrent, personne vous oblige à lire les articles du NYT.

    Les minables ne seraient-ce pas plutôt ceux qui veulent impose leur façon de voir le choses ???

  16. c’est pas comme s’il s’agissait du premier livre d’un « petit » auteur

    pas de quoi pleurnicher pour les pauvres auteur/éditeur d’Harry Potter qui capitalisent à fond sur le petit Harry (combien de tomes et de films encore à venir ?)

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