Facebook et Twitter surreprésentés dans les médias sociaux ?

L’année 2009 étant définitivement derrière nous, il est temps de mettre à jour les chiffres de vos pitch et autres présentations avec les dernières statistiques datant de 2010.

Il y a tout d’abord cette très intéressante vague 4 de l’Observatoire des réseaux sociaux de l’IFOP où l’on apprend que Facebook est le réseaux à la plus forte notoriété (ce n’est pas une surprise vu qu’il y a plus de 15 millions de comptes ouverts en France) et que Twitter est celui qui a le plus progressé :

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Facebook est donc en tête avec 97% de notoriété spontanée et est talonné par CopainsDavant avec 93%. Beaucoup plus surprenant, cette étude réalisée sur un échantillon de 1.000 individus nous révèle par contre que CopainsDavant domine en nombre d’utilisateurs :

IFOP_RS2

Heu… je ne sais pas pour vous mais là j’ai comme du mal à comprendre… Première hypothèse : L’échantillon n’est pas représentatif (dans ce cas il faut revoir le principe même d’échantillonnage – improbable). Deuxième hypothèse : Il y a beaucoup de comptes « fantôme » sur Facebook (à vérifier).

Autant vous dire que cette statistique jette un sacré pavé dans la marre et démontre une nouvelle fois que Facebook est surreprésenté dans le paysage des médias sociaux. D’autant plus que certains gros annonceurs US déplorent une fois de plus les très faibles taux de clic : 0,038 % (cf. Facebook Self-Serve Ad Pricing Is Extremely Low – This May Not Be A Huge Business After All). Là encore nous manquons de statistiques détaillées sur le taux de clic moyen des annonceurs français.

(via TheNextWeb)

Sinon il y a aussi les derniers chiffres de Twitter publiés par Sysomos : Exploring the Use of Twitter Around the World. Là encore les chiffres font mal : Seulement 13 millions de tweeteurs actifs dans le monde avec une grosse majorité pour les pays anglophones (plus de 65%). La France se classe à la 13ème position avec moins de 1 % :

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Sil ‘on tient compte de cette répartition, cela nous donne 127.500 utilisateurs actifs de Twitter en France. C’est peu… beaucoup trop peu pour le nombre de fois om l’on en parle et où Twitter est évoqué dans les stratégies de social marketing (cf. 127 500 utilisateurs de Twitter en France).

Conclusion : Ne faites pas l’erreur de ne concentrer votre présence que sur ces deux services. Il existe une multitude de plateformes sociales qui doivent toutes être étudiées / envisagées dans la définition de votre schéma de présence et de votre architecture communautaire.

Tout ceci me donne envie de mettre une nouvelle fois à jour mon panorama des médias sociaux

Raffinement graphique et showroom 3D pour Citroën

Avez-vous le nouveau site de Citroën ? Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a eu comme une montée en gamme avec cette page d’accueil très sophistiquée :

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L’univers graphique est étrangement proche de celui du site d’Axa et l’expérience est aussi déstabilisante que sur le site de la SNCF. Comprenez par là que dans une recherche d’image haut de gamme, ils confrontent les internautes à une parodie d’interfaces Apple (avec reflets et cover flow). Je ne suis pas contre le fait d’apporter de la sophistication aux interfaces web (sinon je ne rédigerais pas ce blog depuis plus de deux ans) mais cela doit se faire avec une certaine retenue pour ne pas trop alourdir la navigation et le parcours client. Le site de Ford Vehicles est ainsi un exemple car les pages sont très rapides à chargées et n’imposent pas aux internautes un temps de chargement trop long (ceci est réservé aux mini-sites).

Au niveau des pages intérieures, le raffinement est toujours de rigueur avec un showroom en 3D pour les véhicules (ici la C1) :

Citroen2

Encore une fois même si la réalisation est exemplaire, il y a comme une impression de déjà vu : Fiat UK et Renault propose des showrooms 3D depuis plusieurs années.

Au final nous avons un très beau site qui aurait plus sa place sur des bornes interactives en concession que dans les navigateurs de Mr et Mme tout-le-monde. Loin de moi l’idée de vouloir comparer, mais le site de Peugeot est tout aussi qualitatif mais moins laborieux à parcourir, vous ne trouvez pas ?

Les jeux Point and Click vont-ils revenir à la mode ?

En ce moment ce sont surtout les social games et les Rich Internet Games qui sont sur le devant de la scène, mais il y a une catégorie de jeux en ligne qui pourrait bien faire un come back fracassant en 2010 : les point and click games. Apparus il y a presque une trentaine d’année sur les ordinateurs 8 bits, la particularité de ces jeux étaient de proposer  une ambiance très immersive et un gameplay avant tout fondé sur l’observation et la manipulation d’objets. Certaines choisissaient de tout miser sur le graphisme (comme le mythique Myst), d’autres sur l’humour (comme le non moins mythique Leasure Suit Larry).

Depuis ces jeux sont passés de mode et se sont fait complètement largués par les simulations sportives, FPS et autres MMORPG. Oui mais voilà, il semblerait que nous ayons atteint un pic de réalisme dans les jeux et que certains joueurs de l’époque (dont je fais parti) aient la nostalgie des jeux privilégiant la qualité de la création artistique (au détriment du réalisme) et de la narration. Mélangez tout cela à de nouveaux canaux de distribution comme l’iPhone et vous obtenez de très bonnes conditions de marché pour donner une seconde vie aux point and click games.

Illustration avec le grand retour de Secrets of Monkey Island sur iPhone :

monkey.island.iphone

 

Il y a aussi des spécialistes comme Big Fish qui proposent tout une série de Hidden Object Games :

DarkTales

Ces jeux peuvent être testés en ligne mais sont limités car la version complète est payante et téléchargeable. Une mécanique bien huilée mais qui manque un peu d’âme (les jeux sont produits à un rythme industriel et se ressemblent tous plus ou moins).

Je vous propose donc de découvrir un jeu beaucoup plus intéressant : Machinarium. Le gameplay est le même mais le travail réalisé sur l’ambiance graphique et sonore ainsi que le story-telling est tout à fait remarquable :

Machinarium1

Il est possible de jouer à la démo en ligne mais la version complète doit être achetée et téléchargée.

Machinarium2

(via Tapahont)

Vous pourriez me dire que les jeux à télécharger n’ont rien de révolutionnaires, et vous auriez bien raison. Par contre se sont les conditions de marché qui ont changées : Avec la déferlante des netbooks, ce sont des millions de machines qui pourraient être ciblées par ces jeux, car ces dernières sont incapables de faire tourner des jeux plus lourds (avec de la 3D en temps réel). bon OK il y a bien eu cette démo technique au dernier CES (Tegra 2 runs Unreal Engine 3, puts high-end console 3D graphics in your pocket), mais ce n’est pas très sérieux de vouloir faire tourner un FPS sur un netbook.

Notez qu’il existe aussi d’autres plug-ins qui pourraient faire tourner des jeux de très bonne facture dans le navigateur, notamment le Unity Player qui propulse les jeux de Lego : Unity Powers 3D Lego Star Wars Browser Game.

Et ce n’est qu’un début puisqu’avec l’Open Screen Project, le lecteur Flash sera disponible sur de nombreux smartphones en 2010 : Flash Player bientôt disponible sur les smartphones Android. Autant de terminaux qui rentrent dans la poche et sont les compagnons de tous les jours de millions de trentenaires et quarantenaires qui ne demandent qu’à replonger dans les mécaniques de jeux de leur enfance, à l’image de ce portage de Maniac Mansion : Maniac Mansion 3D Remake.

ManiacMansion

Démo vidéo disponible ici :

(via Tapahont)

Netbooks, smartphones… il ne manque plus qu’un seul type de terminal à cibler : les touchbooks. Hé oui, car quand vous y réfléchissez bien les jeux en Flash qui fonctionnent sur le principe d’écrans à découvrir en cliquant un peu partout sont les candidats idéals pour venir apporter une dimension ludique aux touchbooks. Pour le moment le marché est embryonnaire, mais nous feront le point dans un mois ou deux quand la tablet d’Apple sera sortie et que le grand public découvrira le potentiel derrière ces machines.

Et tant que nous sommes dans le recyclage des jeux rétro sur des machines de nouvelle génération, nous pourrions-nous pas envisager un retour des jeux d’aventure textuels sur les ebooks ? Pourquoi pas des jeux du type Zork ou Les livres dont vous êtes le héros… Encore une fois je vous propose d’attendre quelques mois que les usages se développent.

Recommandation produits, la blogosphère loin devant Facebook et Twitter

Il parait que dans un avenir très proche les utilisateurs de médias sociaux ne feront plus aucun achat sans avoir auparavant vérifier l’avis de leurs proches au travers de plateformes sociales accessibles en situation de mobilité et en temps réel (sous-entendu Facebook et Twitter). OK… très bien… un bien beau scénario auquel j’adhère, même s’il faut tout de même tempérer ce type d’affirmation tant elle est en décalage complet par rapport à la réalité. D’une part du fait que tous les produits ou services ne sont pas publiquement testés (car les membres de plateformes sociales ne publient que les recommandations de produits qui vont les valoriser – cf. Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs) et d’autre part car l’information sur les produits (les reviews) sont beaucoup plus riches sur la blogosphère ou dans les forums que sur des plateformes comme  Facebook et Twitter où les utilisateurs s’expriment en tweets.

Seuls les produits valorisant sont mentionnés sur Facebook et Twitter

Aviez-vous déjà remarqué à quel point les échanges sur Facebook et Twitter sont caricaturaux ? Si l’on s’en tient à ce qui est relayé (les évènements auxquels les membres participent, les produits qu’ils ont achetés, les services auxquels ils ont recours…) nous pourrions avoir rapidement l’impression que le français lambda passe sont temps à voyager aux 4 coins de la planète, qu’il possède la totalité des produits Apple et qu’il fréquente les meilleurs resto et soirées les plus branchées.

Mais nous savons tous que ceci n’est aucunement le reflet de la réalité, il n’est que la partie visible du quotidien que les membres veulent bien montrer. De ce fait, les produits d’exception ou bénéficiant d’un bon buzz y sont sur-représentés par rapport à des produits du quotidien. Il existe ainsi des centaines de milliers de tweets sur le Nexus One de Google mais très peu sur le téléphone bas de gamme de Nokia. Idem pour les déplacement / voyages, on entend beaucoup plus parlé de Los Angeles ou Las Vegas que de Cergy-Pointoise (avec tout le respect que j’ai pour ses habitants).

Ce phénomène est problématique pour les marques « de milieu de tableau »  ou pour les fabriquant / distributeurs de produits de commodité : on ne parle jamais d’eux. Mais ce n’est pas autant que personne ne consomme ces produits. Il existe ainsi bien plus de mentions des Bucky Balls que fil dentaire.

Les plateformes sociales comme Facebook et Twitter fonctionnent donc comme une chambre de résonance  au grès des derniers buzz ou phénomènes viraux (ex. : les t-shirts 3 wolves moon). Sur des plateformes sociales d’ancienne génération comme les blogs ou les forums la situation est différente car les sujets abordés y sont beaucoup plus vastes et les discussions complètement libérées car les utilisateurs ne sont pas influencés par la pression sociales des pairs (vous seriez très surpris de l’intensité des discussions sur Doctissimo).

Des produits / services bien mieux analysés dans les blogs

Autre phénomène que j’ai pu constater : les mentions de produits sur Facebook ou Twitter sont très superficielles (car limitée en taille) et surtout inhibées par le groupe. À contrario il existe une infinité d’avis très détaillés dans la blogosphère grâce à la fameuse longue traîne.

Illustration avec les écouteurs HiDefDrum d’Atomic Floyd que j’ai acquis très récemment. Une recherche sur Google me remonte trois avis très complets dès la première page issus de blogs plus ou moins spécialisés dans les gadgets technologiques :

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Sur Twitter c’est beaucoup moins riche avec seulement deux ou trois mentions et un avis minimaliste :

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Sur Facebook c’est encore pire puisqu’ils ne sont pas mentionnés (malgré les 350 millions de membres) si ce n’est dans un article sur le web :

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Au final la réalité du marché est que les avis les plus riches (ceux qui seront réellement utiles dans le processus de décision d’achat) sont publiés sur des outils sociaux classiques (blogs, forums) et pas forcément par des personnes qui sont dans votre entourage direct ou indirect. Est-il réellement important que celui qui a rédigé la revue soit proche de mon cercle d’amis ? Après tout mes amis ne sont pas forcément des pros en acoustique (mais je les aime quand même !). De même, la dimension temps-réel n’est pas réellement pertinente : une revue pertinente rédigée il y a quelques semaines représente plus de valeur qu’un avis de 140 caractères rédigé il y a quelques minutes, non ?

Bref, j’ai comme l’impression que Facebook et Twitter sont encore largement sur-vendues en tant qu’outils d’aide à la décision d’achat. L’outil de prédilection des « influenceurs publics » (je déteste ce terme) reste le blog et celui des « influenceurs anonymes » (dont on ne parle pas assez) reste le forum.

Mais bon… en disant ça je prêche pour ma paroisse (étant moi-même un serial blogueur).

Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs

Si vous êtes utilisateur de Facebook (et il y a toutes les chances pour que vous le soyez, comme 15 millions de français) alors il y a deux choses que vous devez savoir :

  1. Vous êtes propriétaire de vos données personnelles mais Facebook se réserve le droit de les utiliser à sa guise (cf. les nouvelles CGU : Facebook’s Great Betrayal) ;
  2. Si vous ne modifiez pas les paramètres de confidentialité, vos données personnelles sont maintenant visibles par tous.

Oui vous avez bien lu : Facebook n’est officiellement plus un réseau social fermé mais une plateforme sociale ouverte où n’importe quel internaute peut parcourir votre profil et les informations qui y sont affichées :

Facebook_Privacy

Tout ceci est la résultante d’un changement de stratégie radical expliqué par le patron de Facebook en personne : Facebook’s Zuckerberg Says The Age of Privacy is Over. Publier des profils et des informations personnelles n’est pas très choquant en soit (après tout c’est ce que font des millions de blogueurs et tweeteurs) mais ce qui est gênant c’est que le service s’est toujours vanté d’être respectueux de la confidentialité des données, et maintenant qu’il a constitué une base de données gigantesque de profils (avec moyens de contact, listes d’amis, photos, vidéos…) il nous informe que tout ceci est librement accessible à moins que vous ne changiez vos paramètres de confidentialité. Les explications données sont de plus très douteuses (soit disant pour respecter le souhait des utilisateurs et refléter les changements sociaux) : Facebook se fout de la gueule du monde.

Encore une fois ce qui me dérange (et visiblement je ne suis pas le seul), c’est que Facebook décide de le faire après coup. Sur Twitter vous pouvez choisir un pseudo et afficher un avatar, ce que vous y publiez est alors de votre responsabilité. Par contre sur Facebook vous n’avez pas d’autre choix que d’utiliser votre vrai nom et ce sont des dizaines (centaines ? milliers ?) de photos / vidéos qui sont maintenant en libre consultation. Tout ceci est d’autant plus regrettable que certaines règles de sécurité ne sont pas respectées (Pourquoi Facebook a crucifié la sécurité) et que de nombreuses irrégularités ont déjà été constatées (Why You Shouldn’t Trust Facebook with Your Data: An Employee’s Revelations).

La confidentialité comme levier de croissance

Nous en venons donc à nous interroger sur le bien fondé de partager des informations sur internet : Est-il illusoire de penser que l’on peut maîtriser son exposition sociale en ligne ? Non et j’en suis persuadé. Même si la majorité des utilisateurs des médias sociaux est avant tout en recherche de visibilité (cf. La vie privée n’est pas ce que l’on croit et Ok You Luddites, Time To Chill Out On Facebook Over Privacy) ce n’est pas une raison pour forcer la publicité des données personnelles (il y a une grosse différence entre un tweet et votre N° de téléphone portable).

À partir du moment où vous vous inscrivez sur une plateforme sociale où l’objectif est clairement affiché (rendre publiques les informations publiées) ça ne pose pas de problème car les utilisateurs agissent en conséquence. Par contre, Facebook a depuis le début affiché une volonté de privatisation des échanges, ce qui a participé à son succès pour en faire le lieu de rencontre et de partage de référence dans le monde. Mais maintenant la donne a changé : Les profils sont devenus publics par défaut et tant pis pour les informations personnelles et photos que vous avez publié il y a plusieurs mois / années.

C’est donc un changement radical dans la façon d’appréhender le service et ses interactions sociales. De ce point de vue là je rejoins l’avis publié sur R/WW (Why Facebook is Wrong: Privacy Is Still Important), la confidentialité est un élément moteur dans la dynamique communautaire, changez les règles et vous changez la façon dont les utilisateurs vont se comporter.

La conséquence directe de ce changement de paramètres de confidentialité sera donc de modifier les rapports entre les membres et surtout la nature des informations et données qu’ils vont partager.

Vous ne serez plus le même sur le nouveau Facebook

Jusqu’à présent, les membres de Facebook bénéficiaient d’un environnement fermé au sein duquel ils pouvaient échanger des photos /vidéos, partager leur quotidien et sociabiliser comme ils le font dans la vie (puisqu’ils sont dans un cercle limité de connaissances). Les changements de paramètres de confidentialité vont venir perturber ce cercle en modifiant par défaut la visibilité des échanges et données. Bien évidemment les utilisateurs peuvent à tout moment rétablir les anciens paramètres mais soyons honnêtes, seule une minorité va penser à le faire.

Nous nous retrouvons donc avec une meta-plateforme de publication qui en voulant enterrer ses concurrents (MySpace, Twitter…) va accélérer un phénomène d’avatarisation des membres.  Comprenez par là que Facebook est maintenant l’endroit pour voir et être vu (un peu comme le café en face du lycée). De ce fait, les membres essayent de mettre en avant la meilleure facette de leur profil en n’exposant que ce qui va participer à l’élaboration d’un double numérique, un avatar. Toutes les informations publiées sont ainsi autant de moyen de façonner un personnage qui vous ressemble et qui va renvoyer l’image que vous avez choisi, une image valorisante et forcément légèrement déformée de la réalité.

Les photos, commentaires, groupes rejoints et autres status updates seront donc les ambassadeurs d’utilisateurs qui veulent paraître jeunes, drôles, dynamiques, branchés… Ce phénomène existait déjà auparavant mais va être très largement amplifié avec les nouvelles règles de confidentialité. Je suis persuadé que 100% des utilisateurs ont mauvaise haleine le matin et achètent du papier toilette (moi le premier) ! Par contre ils choisiront plutôt de raconter leur dernier voyage dans la destination la plus exotique possible (« plein de rencontres merveilleuses« ) ou les achats le plus valorisant (« je viens de recevoir le dernier Nexus One« ).

Rien de très malsain dans cette attitude (nous cherchons tous à montrer la meilleur image de nous-même) mais problématique pour un service qui se vante d’avoir le meilleur système de ciblage comportemental. À partir du moment où vous vous savez exposé aux yeux de tous, vous altérez votre comportement (inhibition…) et brouillez ainsi ce fameux système de ciblage qui va exploiter des données « compromises ».

Le ciblage comportemental d’avatars est-il fiable ?

Nous en revenons donc au phénomène d’avatarisation cité plus haut : Facebook risque petit à petit de se transformer en un Second Life en 2D où se croiseront tout un tas d’avatars plus ou moins loufoques chargés d’assurer la promotion d’utilisateurs en quête du statut social le plus valorisant possible.

À partir de là, comment une marque va-t-elle pouvoir cibler correctement les bons prospects sachant qu’elle s’adresse à des avatars de clients ? Et c’est là où Facebook est face à un gros problème : Du fait de ces nouvelles règles de confidentialité, le comportement des membres de Facebook est faussé par rapport au comportement réel des utilisateurs (réflexes d’achat, motivations / freins…). Un vendeur face à un prospect isolé saura parfaitement cerner ses besoins / contraintes, mais aura beaucoup de mal à le faire si ce prospect est accompagné par tout une bande de potes qui vont venir  inhiber les réactions de ce dernier et perturber fortement le processus de qualification / vente. Sur Facebook le scénario sera le même : les arguments, visuels, accroches et bénéfices mis en avant seront fonction du profil et du comportement constaté chez les membres, mais pas celui des utilisateurs « réels ».

Les mécanismes de ciblage comportemental fondés sur un cookie (Wunderloop) ou sur l’historique de recherche (Google) ne sont pas affectés par ce phénomène de « travestissement » car les internautes n’ont pas l’habitude de tricher dans une situation de surf ou de recherche. Par contre cela risque de nuire à la performance des campagnes ciblées sur Facebook.

Encore une fois il n’est pas impossible de toucher des prospects au travers de leur avatar (Second Life a été un excellent terrain d’expérimentation pour cela) mais le basculement d’une dynamique à une autre sur Facebook risque d’être sacrément perturbant avec un mélange d’utilisateurs « intègres » (qui ne changent rien à leur comportement car ils ont modifié les paramètres de confidentialité et interagissent dans un cercle privé et restreint) et ceux d’utilisateurs « travestis » (qui ont fait le choix de se construire un personnage au travers des photos et statuts publiés, des groupes rejoints…).

L’impact du changement des règles de confidentialité va donc être majeur mais va surtout se faire sentir dans la durée avec une prise de conscience de la part des utilisateurs que les données personnelles sont un actif et que la confidentialité est un business. Le modèle économique de Facebook risque donc de s’aligner avec celui des annuaires téléphoniques : gratuits si vos informations personnelles sont accessibles à tous, sinon payant pour être en liste rouge. Il y a bien sûr la possibilité de se mettre en liste orange (en allant fouiller dans les paramètres de confidentialité) mais j’ai comme l’impression que Facebook ne va pas communiquer de façon très active là-dessus…

J’ai l’intime conviction que 2010 va être une année charnière pour Facebook qui vient de franchir la ligne rouge. L’impact sur les membres et leur rapport au service va profondément modifier la dynamique communautaire, et vous avez tout intérêt à aligner en conséquence votre posture de communication ainsi que votre stratégie de présence (une diversification s’impose).