Tendances du salon E-commerce 2010

Normalement vous devez toutes et tous savoir que le Salon E-commerce Paris se tiendra la semaine prochaine à la Porte de Versailles. En prévision des discussions et rencontres sur-place, je suis allé consulter les fiches des candidatures aux E-commerce Awards et j’y ai trouvé des offres et services plutôt innovants.

Je vous propose ici une petite sélection non-exhaustive :

  • EnvoiMoinsCher.com, un comparateur de prestations de livraison ;
  • e-Fijy, une application de réalité augmentée permettant de tester des produits en situation « réelle » à partir d’une photo ;
  • ShopWithYourFriends, pour faire du co-shopping ;
  • Kontest, pour créer des jeux-concours sur Facebook, web et mobile ;
  • L’Usine à Design et son moteur de personnalisation de meubles ;
  • Ecommerce United, le réseau social des e-commerçants et des professionnels du commerce en ligne ;
  • Assemblive, un environnement de création 3D de salons et showrooms virtuels (entre autre) ;
  • MailForGood, une plateforme de diffusion de campagne en mode développement durable (50% des revenus publicitaires reversé aux associations partenaires) ;
  • SAVdesMarques, un site d’avis consommateurs qui permet de répondre aux questions des consommateurs en un point unique (avec relais en temps réel sur Twitter et Facebook) ;
  • VirtuOz Rapid Adapt, la nouvelle génération d’agents virtuels intelligents auto-apprenants ;
  • HopScore, solution d’affichage d’informations environnementales des produits sur les catalogues e-commerce…

Ceci n’est qu’une sélection hautement subjective, mais il est tout de même possible de dégager des grandes tendances de ces dossiers :

  • Le développement durable, avec des solutions de scoring des produits et marchands. À quand un scoring de la livraison ou un principe de compensation carbone intégré ?
  • La mobilité avec toujours plus de solution miracle pour transformer vote site web en application mobile. En 10 ans de nombreux prestataires s’y sont cassés les dents… Je m’intéresse de plus près aux services de géolocalisation intégrant une composante marchande comme Shopkick ou Hunch Local. Ça bouge également du côté du paiement sans contact (le marché est en attente de ce que va/  peut faire Apple dans ce domaine).
  • Le social shopping avec un début de frémissement de solutions pour intégrer la couche sociale de façon plus fine à votre plateforme marchande et surtout pour industrialiser son exploitation. Je n’entends par contre pas trop parler de plateformes communautaires de « social styling » comme Weardrobe ou Fashism (désolé je n’ai pas de terme français sous la main).
  • La réalité augmentée avec des solutions qui reposent sur les smartphones ou les webcams (nombreux exemples disponibles sur RichCommerce.fr).

J’offre une bière à celui ou celle qui me trouve un service mélangeant ces quatre tendances ! Il y a bien l’application iPhone de Neuvomonde mais on ne peut pas partager sur Facebook (et ils n’ont pas publié leur bilan carbone).

Je m’attarde quelques lignes sur les grands absents de cette liste :

  • Le contenu. Quel dommage que les commerçants investissent tant d’argent dans du référencement payant mais si peu dans du contenu de qualité qui leur permettrait pourtant d’arriver à un résultat quasi-équivalent mais de façon beaucoup plus durable. Bon OK, c’est un raccourci grossier, mais il faut bien avouer qu’à part le magazine en ligne d’Etam (Mode en vogue, tout en Falsh !), c’est le désert…
  • Les terminaux alternatifs. Là encore, si l’on commence à voir quelques applications iPad, les ebooks et smartframes sont encore largement ignorés. Il y a des places à prendre alors ne tardez pas !
  • L’Open Source. La sortie prochaine de Drupal 7 ainsi que du tout nouveau module Drupal Commerce risque de bousculer les éditeurs de solutions payantes, de même que Magento Mobile qui semble très prometteur.

J’espère avoir l’occasion d’en discuter avec vous lors du salon.

Comment les univers virtuels peuvent changer notre façon d’apprendre, de travailler et de socialiser ?

Voilà maintenant près de 3 ans que je rédige ce blog et je dois bien avouer que durant cette période les univers virtuels a beaucoup évolué et surtout gagné en maturité. Quand je vous notamment le chemin parcouru par Second Life (cf. Une seconde naissance pour Second LifeSecond Life toujours en pleine forme) ainsi que la montée en puissance des serious games stimulés par les grandes organisations (IBM lance City One, un serious game de gestion municipaleLa NASA se remet en selle avec un serious game) et le gouvernement (Plan de relance : 48 serious games se partageront 20 millions d’euros), je me dis qu’ils sont bien loin des caricatures d’alors (un refuge pour asociaux et autres arnaqueurs).

Preuve de cette maturité, la Virtual World Conference qui se tiendra le 15 Septembre prochain dans SL et dressera une état de l’art des applications métiers et v-learning des univers virtuels.

La conférence sur les applications BtoB des univers virtuels le 15 Septembre 2010
La conférence sur les applications BtoB des univers virtuels le 15 Septembre 2010

Cette conférence payante sera donc l’occasion de faire le point sur les initiatives dans différents secteurs : Formation, éducation, recherche, santé, gouvernement, industrie, environnement… C’est justement dans un souci de limitation de l’empreinte carbone (et de la création d’une communauté de pratique internationale) que la conférence se déroulera dans SL.

Précisons que c’est déjà la quatrième édition de cette manifestation et qu’il est cautionné par le très sérieux Serious Games Institute.

Social Business Design, le mariage réussi du Web 2.0 et de l’Entreprise 2.0

Voilà plus de 5 ans que l’on parle du Web 2.0 (« Le web en mode lecture/écriture« , « Le web comme une plateforme« ) et 3 ans que l’on parle de l’Entreprise 2.0 (« Les pratiques collaboratives et l’usage de plateformes sociales au sein d’une entreprises« ). Ces deux sujets sont généralement abordés par des personnes différentes pour un public différent. Il est vrai que ces deux sujets sont très vastes, mais rares sont ceux qui ont réussi le très délicat exercice qui consiste à faire le pont entre les deux, c’est à dire à marier les dynamiques 2.0 internes et externes.

Les premiers à avoir su formaliser cette vision unificatrice sont les équipes du Dachis Group avec la théorie du Social Business Design. Cette approche consiste à repenser le marketing d’une marque et la collaboration au sein de ses équipes en s’appuyant sur les médias sociaux. Dans ce modèle, tous les acteurs externes et internes sont connectés et capables de contribuer. Après une année de maturation, le modèle semble viable et d’autres se sont ralliés à cette idée, parfaitement résumée par @MartijnLinssen dan ce tweet : « The more I get familiar with #Social and #E20, the more I’m convinced there will be 2.0, but no more Enterprise« .

Effectivement, si les médias sociaux sont exploités à forte dose au sein d’une organisation alors la frontière entre l’entreprise (représentée par ces collaborateurs), ses partenaires et ses clients devient de plus en plus floue (cf. The Enterprise is Dead. Long Live the Enterprise). Nous ne sommes alors plus très loin de la notion d’écosystème où chacun apporte aux autres. D’autres écrits ont été publiés dans le registre du Social Business avec notamment cette cartographie très complète : The 2010 Social Business Landscape.

Cartographie de l'entreprise sociale
Cartographie de l'entreprise sociale

Intégrer dans une seule et même dynamique les composantes du Web 2.0 et de l’E2.0 génère alors un effet de levier d’autant plus important que les business units collaborent entre-elles. Cette collaboration est notamment caractérisée par 4 composantes essentielles :

  • Ecosystem – Un écosystème au sein duquel l’entreprise évolue, sa cartographie permet d’identifier les acteurs-clés (clients, fournisseurs, partenaires, coopétiteurs…) et les interactions qui les relient ;
  • Hivemind – Une intelligence collective au service de la créativité, à la fois du côté des clients (qui pourraient être mobilisés au travers de plateformes de suggestions collaboratives) et du côté des collaborateurs (en mettant en commun leurs connaissances et savoir-faire pour les enrichir / compléter) ;
  • Metafilter – Des mécanismes de filtrage collaboratifs qui permettent de lutter contre l’infobésité (infos froides) et la sur-stimulation (infos chaudes) pour exploiter de façon plus efficace les données internes (des collaborateurs) et externes (des clients) ;
  • Dynamic Signal – Une écoute en temps réel du marché et de l’organisation (l’entreprise, ses filiales, partenaires…).

C’est cette vision intégrée de la collaboration interne / externe qui permet de dégager un maximum de valeur ajoutée pour l’entreprise, ses partenaires et ses clients (cf. Communicating the Value of Social Business) :

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Vue d'ensemble de l'entreprise sociale

L’entreprise sociale n’est peut-être pas le bon terme (même très certainement) mais je suis persuadé que lac lé du succès repose dans cette approche unificatrice. Et je ne suis pas le seul à le penser car d’autres l’expriment différemment mais adhèrent à la philosophie.

Les équipes de Forrester viennent ainsi de publier Empowered, la suite de Groundwell (un ouvrage de vulgarisation du social marketing), dans lequel il y est question de faire monter en compétences (sociales) les collaborateurs afin d’améliorer la satisfaction client. Traduction : Redéfinir les habitudes de travail et la relation client en y injectant une forte dose de sociale, ça ne vous rappelle rien ? Pour une présentation plus complète de ce livre : Empowered, le manifeste du marketing (voire de l’économie) de service.

De même, Jeremiah Owyang (grand pape du social marketing) nous parle de plus en plus d’intégrer les médias sociaux dans tous les départements et pas seulement le marketing ou les RP. Il développe notamment l’idée d’un modèle d’évaluation de la maturité d’une marque / entreprise : How to tell if your Company is Advanced: 10 Criteria Of Social Business Maturity.

Tout le monde est donc d’accord, mais la réalité n’est pas si simple : Il faut encore déployer des efforts considérables pour convaincre une direction générale de s’intéresser aux médias sociaux ou de commencer à réfléchir à l’évolution des processus et modes de collaboration internes, alors vous imaginez-vous faire les deux en même temps !

Plus sérieusement, rien ne vous empêche d’adopter ces deux pratiques de façon cloisonnée dans un premier temps (social marketing avec les services marketing / communication / client, E2.0 avec la DSI et les métiers) puis de faire la jonction entre les deux pour démultiplier les bénéfices :

  • Accélérer la remontée d’information « terrain » à l’ensemble des services concernés ;
  • Diminuer les coûts opérationnels donc améliorer la performance ;
  • Augmenter la satisfaction client tout en diminuant le risque d’échec de nouvelles offres ;
  • Impliquer, donc fidéliser les clients et collaborateurs…

Encore une fois tout n’est pas si simple et les grosses organisations sont certainement moins à même d’appliquer rapidement et sans trop de douleurs cette philosophie, mais je suis persuadé qu’il existe quantité de PME qui pourraient facilement initier leur transformation vers ce modèle.

Et on reparle de l’emplacement des intitulés de champs de formulaire

Voilà plus de 10 ans que je fais ce métier, et je ne me souviens pas d’une période aussi trouble que celle que nous sommes en train de vivre… Je fais bien évidement référence à LA grande question que tout le monde se pose : Où positionner les intitulés de champs dans un formulaire en ligne ? Cette question peut vous faire sourire, mais le débat est toujours actif, la preuve avec cet article publié par UXMovement  :  Why Users Fill Out Forms Faster With Top Aligned Labels.

Il y est donc question d’une étude de eye-tracking qui met en évidence le nombre de points de fixation et la distance parcourue par l’oeil dans cette comparaison entre les intitulés alignés à gauche et en haut :

Form_visual_fixations

Cette démonstration est équivoque : Les intitulés positionnés au dessus des champs diminuent grandement l’effort de lecture / compréhension. Jusque là tout est logique dans la mesure où ceci confirme les conclusions de cette précédente étude : Web form design guidelines: an eyetracking study.

Par contre, il n’existe toujours pas d’étude de référence pour les formulaires avec les intitulés à l’intérieur des champs (cf. Avons-nous encore besoin des intitulés de champs dans les formulaires), ce qui est bien dommage car l’illustre exemple de l’Apple Store peut nous faire douter… Même si j’aurais tout de même quelques modifications à apporter à ce formulaire (notamment sur la proximité des champs), l’argumentation d’un article lu récemment (In the Details: Form Labels) me semble tout à fait recevable : Positionner les intitulés à l’intérieur des champs n’est pas sans risque car une fois que le curseur est à l’intérieur, l’intitulé disparait. Il ne faut donc pas être distrait entre-temps sinon le seul moyen est de cliquer sur un autre champ et de cliquer à nouveau pour saisir les données :

Contact_Form

Donc vous aurez bien compris que le débat est loin d’être clôt. Le seul élément qui vous permettra de trancher entre l’une de ces solutions est la place dont vous disposez sur la page : Plus vous avez de champs (ou d’éléments sur la page) et plus vous aurez besoin de gagner de la place. La solution sera donc d’économiser des pixels en hauteur (en positionnant les intitulés sur la même ligne que les champs) ou en largeur (en positionnant les intitulés directement dans les champs).

Nouvelle boutique très sobre pour Zara

C’était la grosse nouvelle de la semaine dernière : Après des années de tergiversations, Zara vient d’ouvrir sa boutique en ligne. Rien de révolutionnaire, mais une réalisation très sobre qui préfigure un nouveau standard de qualité pour les boutiques en ligne.

Je ne m’attarderais pas sur la page d’accueil car on n’y trouve rien de très folichon. Par contre, les pages de liste sont plus intéressantes avec un rafraîchissement silencieux de la partie centrale de la page quand vous activez les filtres :

Zara_Liste

Détail je j’apprécie : Lorsque vous cliquez sur « Affichez tout » en bas de page, le reste de la sélection est affichée en dessous sans vous remettre en début de liste, pratique.

Pour la page produit c’est du très sobre également, avec un affichage extrêmement rapide des produits associés (sans rechargement du cadre de la page) :

Zara_Produit

La rubrique Lookbook vous présente des ensembles en pleine largeur (et hauteur) de page :

Zara_Lookbook

Il y a également une rubrique vidéo avec des vidéos plein écran et un menu masqué (qui réapparait au survol du logo) :

Zara_Video

Il y a enfin le catalogue qui propose également un affichage en plein écran et des détails produit au survol de la souris :

Zara_Catalogue

Au final, et au risque de me répéter, il n’y a rien de nouveau dans cette boutique en ligne, juste une réalisation très soignée et des comportements de pages équivalents à ce que l’on peut trouver ailleurs (chez Tati par exemple). Ce qui m’amène donc à penser que cette boutique illustre une forme de « standard » de qualité qu’une boutique en ligne est censée offrir à ses visiteurs. Pas de quoi se démarquer de la concurrence (la boutique d’Uniqlo est sur ce point-là beaucoup plus innovante) mais de quoi proposer une expérience agréable.