Les tablettes pour les enfants débarquent

Normalement vous avez toutes et tous du voir la vidéo A 2.5 Year-Old Has A First Encounter with An iPad. On y voit une petite fille découvrir l’interface de l’iPad à tâtons et le père s’extasier devant la facilité avec laquelle sa progéniture s’approprie l’interface. Celles et ceux qui ont des enfants (et des terminaux de chez Apple) savent à quel point il est dangereux de confier un iPhone ou iPad à un enfant (« Tu peux m’installer d’autres jeux ?« , « Il est où Mario ?« , « Tu as le même, mais avec des BeyBlades ?« …). Bref, tout ça pour dire que la combinaison de l’écran et de l’interface tactile font des touhbooks de parfaits outils d’apprentissage, d’autant plus pour les enfants qui n’ont pas besoin de savoir lire (ou qui n’ont pas envie de lire, comme les miens).

Il n’en fallait pas plus pour les fabricants de jeux ludo-éducatifs pour s’engouffrer sur le créneau. C’est donc LeapFrog qui va se lancer le premier : La LeapPad, la tablette pour les 4 ans et plus arrive cet été aux USA.

 

leappad

Un juste retour aux sources pour cette société qui commercialise depuis 10 ans les LeapPads, des livres électroniques tactiles. Arrêtés en 2008 pour être remplacés par des produits plus proches de la console de jeu portable, les dirigeants de cette société ont dû sauter de joie en voyant le succès de l’iPad. Ils ont donc décidé de ressortir leur LeapPad mais avec une remise au gout du jour : écran tactile de 5″, accéléromètre, stylet et pad central de navigation, webcam… tout y est ! La commercialisation devrait démarrer cet été avec un prix de vente fixé à 99$. Par contre, fabricant reste fidèle à son modèle et impose le système de cartouches (comptez 25$ par cartouche).

Du coup VTech, le concurrent direct, en profite également pour sortir un produit similaire : VTech Debuts Tablet for Kids – InnoPad.

 

InnoPad

Pour ce produit, les spécifications sont sensiblement les mêmes (écran 5″, accéléromètre, micro et webcam), mais présente un modèle plus ouvert avec des ports USB et SDcard. L’interface est également beaucoup plus proche de l’iPad avec ses icônes. Le constructeur s’est également associé à Disney pour proposer un certain nombre de titres et ebooks disponibles au téléchargement sur leur app store (Learning Lodge Navigator). Cette tablette sera commercialisée à la rentrée à 80$ et proposera un mode « parents » pour pouvoir suivre les progrès de l’enfant (et contrôler aussi ce qu’il télécharge).

Voici donc deux tablettes cohérentes qui devraient faire un carton au prochain Noël. Attendez-vous à voir débarquer une avalanche de produits similaires en provenance de Chine ! À quand les touchbooks pour les seniors ?

Est-ce la mode des CV en réalité augmentée ?

La réalité augmentée est un sujet très chaud en ce moment avec de nombreuses expérimentations par des marques, sur l’iPad, pour faire de la traduction, sur des t-shirts et même dans les bibliothèques. Bref, la réalité augmentée se démocratise et les particuliers commencent à s’en servir pour des applications de petite envergure.

Dernièrement j’ai découvert des choses très intéressantes faites avec des CV, notamment par CWJobs qui a créé le premier CV en réalité augmentée : Welcome to the world’s first AR CV.

AR_CW

Pour être plus précis, il s’agit en fait d’une sorte de showreel que l’on déclenche à l’aide d’un marqueur sur une carte de visite :

Le résultat est très impressionnant, d’autant plus que la réalisation est de qualité et que le monsieur en question a un parcours remarquable (David Wood est le co-fondateur de Psion, excusez du peu…). Le making-of de ce CV est d’ailleurs assez explicite sur les moyens employés :

Mais ne vous découragez pas pour autant, car il existe quantité de briques techniques assez simples à exploiter comme FLARToolkit et IN2AR.

Illustration avec le CV créatif de Victor Petit (Cocorico !) : QR Code Resume Makes Your Embossed Paper Look Lame.

Ici l’utilisation de la réalité augmentée repose sur une application iPhone, mais le rendu est particulièrement novateur (et surtout graphiquement cohérent).

Donc je résume : en plus du code 2D pour facilement vous trouver sur la toile, votre CV ou votre carte de visite devra maintenant intégrer un marqueur pour un visionnage augmenté. Hum… ne serait-il pas plus simple d’utiliser le code 2D comme marqueur ?

A quoi ressemble le commerce en ligne en 2011 ?

Le commerce en ligne est un sujet que j’aborde régulièrement sur ce blog (quoi que pas assez). Par contre, je me rends compte que je n’ai jamais eu la tentation de faire dans le sensationnalisme avec un article du type « La révolution du E-commerce 2.0« . Pourquoi ? Tout simplement parce que le commerce en ligne est une discipline très complexe qui a mis des années à atteindre le niveau de maturité que nous connaissons et qu’il ne peut pas y avoir de rupture dans les pratiques de vente en ligne. Au mieux, il y a des évolutions progressives dans les tendances de consommation, mais pas de changement de paradigme (cf. mes réflexions sur ce sujet en 2010 et 2009). Voilà pourquoi je voudrais au travers de cet article faire le point sur la réalité du commerce en ligne en 2011.

Ce qui a changé

Beaucoup de choses ont changé la donne ces deux dernières années… mais finalement pas grand-chose. J’attire ainsi votre attention sur le fait qu’au siècle dernier Amazon et Ebay pratiquaient déjà le commerce en ligne avec une forte dimension communautaire, qu’il était possible de payer avec son téléphone mobile, qu’acheter à plusieurs sur Clust faisait baisser les prix et que Ciao employait déjà plusieurs animateurs de communautés pour gérer les avis client.

Ceci étant dit, plusieurs facteurs sont en train de reconfigurer progressivement les réflexes et habitudes d’achat en ligne :

  • Les médias sociaux. Pour résumer une longue histoire, nous pouvons dire qu’avec les médias sociaux, de nombreuses nouvelles pratiques ce sont développées (cf. Tour d’horizon du social commerce) et que Facebook est devenuune destination privilégiée pour y faire la promotion ou la vente de produits et services (cf. Les pratiques de commerce en ligne sur Facebook gagnent en maturité). Après plusieurs mois d’observation, les premiers retours d’expérience sont plus mitigés (cf. Les pratiques de commerce en ligne sur Facebook ou F-commerce gagnent-elles vraiment en maturité ? et Social shopping : «Il faut arrêter de se focaliser sur les boutiques Facebook»). Nous sommes tous d’accord pour dire que les plateformes sociales offrent de nombreuses opportunités pour les marques (feedback, discussions, co-création…) mais qu’elles ne sont pas le support idéal pour du e-commerce. Malgré tout ce qui a été dit, je reste tout de même persuadé que la vente en ligne peut se faire dans de bonnes conditions sur Facebook (sur la base d’une construction communautaire avec une sélection saisonnière et contextuelle des produits). Je ne m’enliserais pas plus loin dans ce débat, car cela risquerait de polluer la discussion. Toujours est-il que mes convictions sont aujourd’hui plus tournées vers des systèmes experts de recommandations fondés sur l’intérêt déclaré des utilisateurs (de type Hunch ou Pandora) plutôt que sur le graph social (une notion qui commence à prendre du plomb dans l’aile).
  • Les terminaux mobiles. Là encore, je ne vais pas vous refaire un topo sur la montée en puissance de l’iPhone (cf. De la place des smartphones dans notre quotidien), mais plutôt constater que les terminaux mobiles contribuent fortement à modifier nos habitudes en facilitant le partage et la sollicitation de ses amis (envoie de la photo d’un produit), les achats impulsifs (recherche d’un point de vente proche avec disponibilité immédiate) et la comparaison de prix. Bien évidemment, le m-commerce n’ambitionne pas de remplacer le commerce en ligne traditionnel, mais de le compléter. Plusieurs innovations technologiques sont ainsi là pour nous faciliter l’acte d’achat (micro-paiement, réalité augmentée, code à barres 2D…) mais les terminaux mobiles sont aussi des canaux de communication très efficaces pour améliorer le service et la relation client après l’acte d’achat (infos livraison et points de retrait, SAV, conseils d’installation…). Nous n’en sommes qu’au tout début de ce que les terminaux mobiles peuvent apporter dans la vente en ligne et je suis persuadé qu’il existe d’innombrables leviers d’innovation avec les autres terminaux alternatifs (touchbooks, TV connectées…).
  • Les local deals. Normalement je ne devrais pas avoir besoin de vous présenter Groupon, LE phénomène de l’année 2010 qui remet au goût du jour les achats groupés avec une dimension locale et une petite touche de sociale. Avec le recul, nous savons maintenant qu’il y a anguille sous roche (cf. J’ai failli acheter chez Groupon) et quel a concurrence comme a être sacrément rude : Facebook Deals, Google Offers et LivingSocial racheté récemment par Amazon.
  • Les nouvelles contraintes auxquelles doivent faire face les e-commerçants : Il y a tout d’abord cette projet d’harmonisation vis à vis de la législation européenne (cf. Quand l’Europe menace le ecommerce et La mort du ecommerce ? Pas de panique !). Il y a ensuite l’encadrement d’affichage des mentions légales (la police de caractère utilisée doit être de la même taille que celle de description de l’offre). Bref, le législateur est en train d’encadrer de plus en plus fortement le commerce en ligne avec pour ambition de mieux protéger le consommateur. Etant moi-même gros consommateur, je ne prendra is pas parti.
  • Les innovations diverses que l’on commence à voir se généraliser : Retargeting, gamification, 3D… les dernières trouvailles sont nombreuses et la tendance est grande de les implémenter pour compenser un site web en voie de banalisation. Résistez !

Tout ceci est très stimulant, mais ne perdez pas de vue que le commerce en ligne se perfectionne depuis plus de 10 ans et qu’il ne suffit pas d’ouvrir une boutique sur Facebook ou lancer une application iPhone pour démultiplier votre potentiel de vente. Loin de là, la vente en ligne reste un secteur ultra-compétitif où l’expérience et la pertinence de l’offre priment sur l’effet wow.

Ce qui n’a pas changé

Intéressons-nous maintenant aux fondamentaux du commerce en ligne, ce qui fait qu’une boutique en viable sur le long terme. Plus j’y réfléchis, et plus je trouve que les recettes sont les mêmes depuis plus de 10 ans :

  • La marque. Avoir une bonne image de marque est le meilleur moyen de vous différencier de vos concurrents. C’est également le moyen le plus efficace de compenser l’effet néfaste des comparateurs de prix. Amazon et Zappos n’ont pas attendu Facebook ou l’iPhone pour construire une marque solide reposant sur un service infaillible et une confiance inébranlable de leurs clients (ce n’est d’ailleurs pa un hasard si le premier a racheté le deuxième). Ceci est d’autant plus vrai qu’une promotion ne compensera jamais une relation-client défaillante. Rectification : Les promotions vous permettront de prolonger artificiellement la fidélité de vos clients mais biaiseront irrémédiablement la relation.
  • Le référencement. Il est primordial d’avoir une bonne visibilité sur la toile. Les techniques de SEM sont de plus en plus redoutables et la barrière à l’entrée est très élevée. Soit, à vous de faire preuve d’imagination pour ne pas vous attaquer à une niche où l’intensité concurrentielle est trop forte. Dernièrement nous avons pu voir de nombreux services se lancer sur le créneau des gestionnaires de flux vers les marketplaces et comparateurs. Vous pouvez également vous servir des médias sociaux comme d’un bon canal d’apport de trafic et de récurrence (oui ça fonctionne pour celles et ceux qui savent faire preuve de subtilité dans leur approche communautaire). Vous pouvez enfin miser sur le référencement naturel. Oui je sais, avec le temps c’est devenu une notion surannée (euphémisme), mais je tiens néanmoins à vous encourager à investir dans des actions privilégiant le référencement durable (ça me fait une transition pour le point suivant).
  • Les contenus. Que ce soit les descriptions de vos produits, les contenus éditoriaux saisonniers ou les contenus utilisés pour l’animation de vos communautés… le rédactionnel est et sera toujours une valeur sûre. Miser sur les médias sociaux est une démarche intéressante, mais ne vous laissez pas éblouir (Recommandation produits, la blogosphère loin devant Facebook et Twitter).
  • La valorisation des produits. Peut-on envisager une boutique où les clients ne pourrait pas approcher et toucher les vêtements ? Sur le web c’est la même chose : la sensation tactile peux parfaitement être reproduite avec des photos de suffisamment bonne qualité et grande taille (il n’y a pas de limite), de même que des vidéos ou des vues à 360°. Pour mémoire, j’ai commencé à parler de rich commerce il y a près de 8 ans (cf. Après le Rich Media, voici le Rich Commerce), nous sommes en 2011 et la majorité des sites de commerce en ligne proposent encore des visuels d’à peine 300 pixels de large. Une honte !
  • L’utilisabilité. Là encore, il y a beaucoup de progrès à faire : réassurance, persuasion, optimisation du parcours-client… Pourtant les règles sont simples et connues de tous. Il suffit juste de se motiver et d’essayer de relever le niveau (il ne suffit plus de faire au moins aussi bien que votre concurrent direct). Optimiser la lisibilité et le guidage des pages critiques de votre boutique n’est pas un si gros chantier, il faut juste commencer par les améliorations les plus évidentes et lutter contre la fatalité (ex : De l’intérêt de soigner votre page de paiement).

Ouvrir (et animer) une boutique en ligne représente beaucoup de travail, mais je vois encore beaucoup trop de commerçants se perdre en chemin et ne plus savoir gérer les bonnes priorités (« Vite, il faut que je recrute un community manager !« ). Ouvrir et animer une boutique en ligne représente un travail considérable, mais tout est une question de planification et de définir une offre cohérente. Après tout, une boutique en ligne performante se construit dans la durée par améliorations successives, pas sur un coup d’éclat. Certes, les modifications récentes des habitudes des internautes (médias sociaux, mobilité…) forcent les commerçants à accélérer le rythme d’évolution, mais il ne faut pas pour autant négliger les fondamentaux.

Pas de coupure estivale pour les médias sociaux grâce aux terminaux mobiles

Je pense ne rien vous apprendre en disant qu’en France les grandes vacances sont une période « morte ». Les mois de juillet et août sont en effet une période creuse en entreprise. Et il en va de même pour les campagnes : Pourquoi investir sur cette période alors qu’une bonne partie des cibles est en vacances ? Généralement les annonceurs préfèrent concentrer leur budget en amont ou sur les opérations de rentrée.

Est-ce que je généralise de façon abusive ? Oui certainement, mais celles et ceux qui travaillent en agence ou chez l’annonceur pourront témoigner de la difficulté de monter une opération durant cette période (sauf pour les marques de produits ou services à forte saisonnalité). Toujours est-il qu’avec le succès des smartphones et des tablettes, cette période creuse peut générer des belles opportunités.

ipad_beach

Les smartphones de dernière génération exploitant un forfait data illimitées ont ainsi permis le développement de nombreux usages en mobilité pour les plateformes sociales : Facebook, Twitter, Foursquare… mais également partage de photos. Partant du principe que les utilisateurs ne vont pas partir sans leurs appareils (smartphones, touchbooks…) et qu’ils vont avoir beaucoup plus de temps libre, la période des grandes vacances va être propice à de nombreuses interactions sociales par terminaux mobiles interposés. D’autant plus qu’en vacances, vous faites des choses qui sortent de l’ordinaire, vous avez donc encore plus de raison de publier et partager (photos, checkins…).

La période estivale va donc générer de nombreuses opportunités pour les marques en leur permettant d’intensifier leur présence ou de recruter de nouveaux fans avec des opérations saisonnières et/ou locales :

  • Publication de contenus en rapport avec les loisirs de vacance (plage, sports, balades…) ;
  • Sollicitation de la communauté (vos lieux de vacances préférés ?, plage ou piscine ?, montagne ou campagne ?) ;
  • Partage de bonnes adresses ou bons plans (restos ou bars) avec recueil d’avis ou astuces ;
  • Organisation d’animations et d’interactions sociales localisées (en station balnéaire) ;
  • Mise en place de jeux-concours saisonniers (le plus beau look de plage, la meilleure recette à l’huile d’olive)…

Les exemples cités au-dessus sont très basiques, mais je pense que vous avez saisi l’opportunité de développer des interactions sociales reposant sur une thématique fédératrice : les vacances.

De même, cette période et les interactions sociales qui en découlent peuvent être l’occasion pour les marques d’expérimenter de nouveaux services (la géolocalisation avec Foursquare & cie) ou de nouveaux supports (concours de photos avec Instagram ou un équivalent).

La période des vacances et l’afflux de nombreux touristes va enfin être une formidable opportunité pour les éditeurs de service souhaitant séduire des annonceurs locaux : restaurants et bars, hôtels et clubs de vacances, lieux touristiques et prestataires… Une baraque à frite n’a ainsi pas besoin d’un site web, mais pourrait tout à fait capter de nouveaux clients avec une présence sur les plateformes de géolocalisation (Foursqaure, Facebook Places, Google Latitude…).

Bar_du_Port

Les conseils que je pourrais donner aux marques sont donc les suivants :

  • Commencez dès maintenant à engager votre communauté sur la thématique de grandes vacances pour identifier des tendances (durées, lieux et modes de vacances) ;
  • Publiez des contenus relatifs à la préparation des vacances ou ce que vos cibles vont y faire (bien évidemment en rapport avec vos produits ou services) ;
  • Diversifiez la présence de votre marque sur les plateformes sociales avec une forte dominante mobile (les forums sont par exemple à éviter durant cette période) ;
  • Monter une ou des opérations exploitant la dimension locale dans des zones géographiques où vont se concentrer vos clients et prospects (stations balnéaires) ;
  • Restez vigilants quand au contexte d’usage (mauvaise lisibilité de vos contenus sur la plage ou attention dégradée des utilisateurs à l’heure de l’apéro).

Encore une fois, tout ceci est très simpliste, et vous comprendrez bien que je ne souhaite pas rentrer dans les détails d’opérations que je réserve pour mes clients. J’espère néanmoins vous avoir convaincu de la nécessité de préparer dès maintenant une saison estivale qui, grâce aux terminaux mobiles, va vous permettre de maintenir la relation avec vos clients et trouver de nouveaux points de contact ou de nouveaux scénarios d’engagement.

Conclusion : Ne laissez pas vos community managers partir en vacances, vous avez besoin d’eux (déjà qu’ils n’avaient pas le droit de prendre leur dimanche…).

De la maturation des usages du cloud computing

Suite à un premier article (Définition et usages du cloud computing), l’actualité me pousse à aborder de nouveau ce sujet. Le cloud computing est en effet un sujet très chaud en ce moment avec notamment le plantage de la plateforme Amazon Web Services : Inside Amazon’s Cloud Disaster. La plateforme d’Amazon étant très populaire (elle héberge de nombreux services en ligne), cette indisponibilité a fait beaucoup de bruit et soulevée beaucoup de questions sur l’avenir du cloud computing. Le débat ne porte pas tant sur l’informatique distante en elle-même mais plutôt sur la façon dont les entreprises vont déployer leur S.I. sur le cloud. Le plantage d’Amazon nous montre ainsi qu’aucun système informatique n’est parfaitement stable 100% du temps (de toure façon, ce n’est parce que vos équipes gèrent elles-même les machines que vous aurez un meilleur score de disponibilité). Cet incident va par contre pousser les entreprises utilisatrices à adopter une approche plus diversifiée du cloud. Vous noterez au passage que Google en a profité pour faire du lobbying sécuritaire : Google Offers An Unusual Glimpse Inside One Of Its Data Centers.

Le marché est donc en voie de maturation sur les usages du cloud computing. À ce sujet, le dernier rapport de Forrester est assez explicite : De nombreux segments et sous-segments sont en train d’émerger pou r accompagner la croissance. Vous connaissiez déjà le SaaS, PaaS, IaaS, on nous parle maintenant de Business Process as a Service (BPaaS).

CloudComputingTaxonomy

Le rapport (Sizing the Cloud) est d’ailleurs très optimiste sur l’évolution du marché et prévoit un volume d’affaires de plus de 241 MM$ en 2020 (par rapport aux 40MM$ estimé pour 2011). C’est donc un marché considérable qui va forcément beaucoup évoluer pour apporter de la sophistication aux offres et mieux séduire / fidéliser les clients. L’auteur du rapport anticipe ainsi un tassement de la croissance des offres d’IaaS (comme EC2 et Rockspace) et une croissance soutenue pour les offres de SaaS bénéficiant de nouvelles innovations (HTML5 ? cloudbook ?).

En échos au plantage de la plateforme d’Amazon et toujours pour illustrer cette maturité du marché, je vous recommande fortement la lecture de ces deux articles publiés par Louis Naugès : Cloud communautaire : la troisième voie et sa deuxième partie. L’auteur y détail une approche diversifiée du cloud computing reposant sur l’exploitation de différents modèles : clouds publics, privés et communautaires. Cette configuration diversifiée permettrait ainsi de limiter les risques et surtout de réduire la dépendance à un fournisseur.

Cette dépendance est également un sujet de discussion très chaud en ce moment : Choisir une technologie ou une suite applicative était un choix déjà compliqué, mais s’il faut en plus se creuser la tête pour choisir le bon fournisseur de solutions d’hébergement / d’exploitation en cloud, ça devient sacrément compliqué. Certains avancent donc le besoin d’offres de cloud computing parfaitement ouvertes pour faciliter la migration des clients : De l’importance de l’Open Cloud. Dans la continuité de ce qui a été dit plus haut, l’Open Cloud Manifesto est également une autre preuve de la maturation du marché.

Pour finir, signalons également l’initiative Open Compute Project de Facebook qui vise à améliorer l’efficacité des data centers : Building Efficient Data Centers with the Open Compute Project. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en partageant les schémas d’infrastructure de ses centres de données, Facebook met les acteurs du cloud dans une position délicate : Facebook Trumped Google Today  And Embarrassed A Lot Of Other Companies Too.

Donc au final, est-ce que l’incident sur la plateforme d’Amazon aura une incidence négative sur le secteur ? Non pas du tout. Il aura par contre permis de rappeler quelques règles essentielles de prudence en matière d’hébergement d’applications critiques, et de faire progresser les réflexions sur la nécessité de répartir les ressources et données distantes.

La prochaine étape de maturation devrait logiquement concerner le grand public avec notamment le lancement des offres de musique en ligne d’Apple et Google. Une fois que les utilisateurs pourront apprécier à sa juste valeur le cloud (avantages et inconvénients), les usages dans le monde professionnel devraient s’accélérer et se diversifier.