Pourquoi le succès de Google+ est assuré

En ce moment la blogosphère est particulièrement agitée et surtout très partagée au sujet de Google+ : il y a ceux qui n’y croient pas, et ceux qui attendent de voir. Il faut dire que depuis le lancement de sa plateforme sociale (Google lance sa plateforme sociale unifiée Google+), Google peine à convaincre, même si les équipes avancent dans la bonne direction. Force est de constater qu’au fil des années, Google s’est éparpillé et qu’ils payent maintenant le retard accumulé sur le volet social. Qu’importe, même si ça n’a pas été officiellement confirmé, Google+ est au coeur de la stratégie de Google et je suis intimement convaincu que son succès est assuré.

GooglePlus

Des avis contradictoires

Il y a eu ces dernières semaines pas mal de bruits autour de la chute de l’audience de Google+ : Google+ Traffic Falls 60% From Post-Launch Highs. Je ne suis pas un spécialiste de la mesure d’audience et ne peux pas juger de la fiabilité de ces données. Toujours est-il, qu’il y a forcément un effet de nouveauté qui a poussé de nombreux curieux à s’inscrire, d’autant plus avec le système d’invitations.

Le service est maintenant ouvert à tous, et bénéficie même d’une promotion sur la page d’accueil de Google, un sacré coup de pouce ! L’audience va-t-elle continuer à baisser ? Je ne saurais le dire, mais je pense qu’en s’intéressant aux chiffres de Google+, vous ne regardez qu’une petite partie du tableau. Comme je l’avais expliqué à l’ouverture, Google+ n’est pas une plateforme sociale isolée, c’est la couche sociale de Google, celle qui relie les services entre eux. Par conséquent, si vous utilisez le moteur de recherche de Google, si vous visionnez des vidéos sur YouTube ou si vous possédez un smartphone Android, vous êtes utilisateur de Google+ sans le savoir : Bradley Horowitz says Google+ is now Google et It’s official: Google+ will be connected to everything.

Tout récemment, il y a également eu cet ingénieur qui s’est emporté contre sa hiérarchie : Google Engineer: “Google+ is a Prime Example of Our Complete Failure to Understand Platforms”. Plutôt qu’un aveu d’échec, j’y vois plutôt l’expression de la frustration d’un employé. Ce qui est reproché à Google+ (l’absence d’APIs d’envergure, l’incapacité de Google de bâtir une plateforme) n’est pas le reflet de la réalité. D’une part les APIs sont en cours de déploiement, mais cela prend beaucoup de temps (Ok, Maybe the Google+ API Was An Afterthought), d’autre part, Google sait bâtir des écosystèmes (comme le prouvent la Google Apps Marketplace et l’Android Market).

Pour bien comprendre le potentiel de Google+, il ne faut pas regarder ce qui est actuellement en ligne, mais ce qui a été récemment mis en ligne, donc la marge de progression. En d’autres termes : Google+ est un chantier ouvert et Google investit énormément d’énergie pour enrichir la plateforme.

Beaucoup de nouveautés et des fonctionnalités plus sophistiquées

L’annonce des résultats de Google cette nuit a justement été l’occasion pour Larry Page de faire le point :

  • Google+ compte maintenant plus de 40 millions d’utilisateurs actifs ;
  • Plus de 100 nouveautés ont été mises en ligne dans les 3 derniers mois ;
  • Près de 3,5 milliards de photos ont déjà été publiées ;
  • Les jeux les plus populaires sont maintenant disponibles, de même que les dernières nouveautés (Zynga’s Mafia Wars 2 Is On Google+)…

Plus de détails ici : Here’s What Larry Page Said On Today’s Earnings Call.

Et ce n’est pas fini, car ils ont également livré cette semaine la recherche en temps réel et les hastags, d’autres choses sont également en préparation (Google + Code Reveals Potential New Features).

Il semble donc que Google s’est réorganisé pour se lancer dans une course à l’armement et prendre de vitesse Facebook, qui du coup fait également évoluer sa plateforme à vitesse grand V (100 Days Since Google + Launch – Facebook’s Lightning Response). La question que je me pose est la suivante : les membres ont leurs habitudes sur Facebook, vont-ils accepter toutes ses nouveautés ?

Sur ce point-là, Google+ bénéficie d’un avantage certain : la plateforme n’a pas d’héritage à gérer, elle peut évoluer plus vite et proposer des fonctionnalités plus sophistiquées. Que se soit le système de publication, de partage, les commentaires ou l’application mobile, force est de constater que sur les fonctionnalités de base, Google+ est nettement plus riche que Facebook. Cette richesse va-t-elle suffire à séduire et fidéliser les utilisateurs ? Je suis bien incapable de le dire, toujours est-il que je constate des interactions beaucoup plus riches sur Google+ que sur Facebook ou Twitter.

L’écosystème identitaire américain qui va pérenniser Google+

Les équipes de Google ne font pas mystère du coeur du système : Google+ Isn’t Just A Social Network, It’s An « Identity Service ». La plateforme sociale de Google est donc très clairement orientée vers de la gestion d’identité en ligne afin de pouvoir tracer tout ce que font les internautes. Un choix tout à fait logique, surtout quand on constate à quel point Google est présent dans notre quotidien numérique (Search, Maps, YouTube, Gmail…).

Là où ça devient intéressant, c’est quand on regarde de plus près l’annonce récente du gouvernement américain qui veut établir un système de gestion identitaire à l’échelle du web américain, la National Strategy for Trusted Identities in Cyberspace (cf. Qu’est-ce que le NSTIC ?). L’objectif du gouvernement est simple : accroitre sa surveillance de l’internet dans la cadre de la lutte antiterrorisme. Dans ce cadre, le gouvernement va mettre en place un framework d’identités fiabilisées (trusted identities). Dans la mesure où le budget de la Defense ne peut pas augmenter (eux aussi ils ont un problème de dette), ils vont donc s’appuyer sur le secteur privé pour déployer ces identités fiabilisées.

Le gouvernement US et Google ont donc un objectif commun : savoir qui fait quoi sur le web. À partir de ce constat, il n’est pas très compliqué de comprendre pourquoi la pérennité de Google+ est assurée : tout simplement parce que les équipes de Google vont bénéficier du soutien du gouvernement US. Cette perspective peut faire peur (Google+ As ‘Identity Service’: Embracing Public Nature Of Internet), mais elle est tellement mutuellement profitable qu’ils ne vont pas se gêner pour la concrétiser.

Les annonceurs n’auront pas le choix

Au-delà de ces aspects Big Brother, il faut également savoir prendre du recul vis-à-vis de cette compétition au sein de la sphère sociale et de la place qu’occupe Google sur le web. Pour résumer une longue histoire : Google est et restera l’interlocuteur privilégié des annonceurs, que ce soit au travers des pages de résultat, de ses offres publicitaires (AdWords, DoubleClick…) ou des offres destinées aux marchands (Trusted Stores, Commerce Search, Shopping…).

Nous ne savons pas encore quelle sera l’offre destinée aux marques dans Google+ (Quelle place pour les annonceurs dans Google+), mais je suis persuadé qu’aucun annonceur ne pourra faire l’impasse. Lorsque mes clients me demandent s’ils doivent commencer à s’intéresser à Google+, ma réponse est invariablement la même : « bien évidemment, vous n’avez pas le choix« .

Cela prendra des mois ou des années, mais Google mettra tout en oeuvre pour forcer à la fois les internautes et les marques à être présents sur sa plateforme. Encore une fois : si vous utilisez les services de Google, alors vous êtes également un utilisateur de Google+, mais vous ne vous en êtes pas encore rendu compte.

Voilà pourquoi je suis persuadé du succès de Google+, pas forcément une éclatante victoire sur ses concurrents (ils se sont lancés bien trop tard), mais une demi-victoire méticuleusement préparée. La grande question est maintenant la suivante : êtes-vous prêt ? La suite est à lire ici : De l’urgence d’anticiper votre présence sur Google+.

34 commentaires sur “Pourquoi le succès de Google+ est assuré

  1. Quelle est la première question posée à une startup qui se lance ? ou qui pitche à un VC ?
    « Quel problème solutionnez vous ? »

    Sans problème à résoudre, point de salut, point d’intérêt pour le public…

    Quel problème G+ résout il ?
    * celui d’avoir des comptes non unifiés entre certains services de Google ?
    * ne pas avoir eu jusqu’à aujourd’hui un contrôle de la diffusion plus poussé sur Facebook ?
    * autre ?

    Bref je ne vois pas à quel problème G+ répond par rapport à la réponse déjà existente (Facebook) et par conséquent je n’y crois pas. Pas de problème, pas de survie !

    Lionel

  2. Ce qui me semble clair et me fait aller dans ton sens, c’est que Google n’a pas le choix car c’est le marché de la pub en ligne qui est en jeu.

  3. bonjour
    je crois moi aussi au succès de Google+,grace aux différents liens croisés (blogger,youtube,last.fm )l’utilisation de chrome,et plus toute cette cohorte de geek qui l’accompgne
    facebook en imposant ses différentes versions perd petit a petit une clientelle simple qui se trouve désorientée par les différents visages de moins en moins accèssible
    la prise en charge de certaines applications abandonnée,sans proposer de solutions de remplacements
    le déshabillage des rextes importés n’a pas non plus fait plaisir aux écrivains
    quant aux nouveaux liens vers les sites de straming comme spotify,ou deezer,il n’y a que le lien ou le résumé de la playlist qui est partagé ,l’acces a la lecture est bien différent
    a bientôt continuez ainsi,j’adore

  4. Bonjour,
    Je pense que Facebook est un endroit fun , pour souvent écrire pour ne rien dire, mais un fourre tout et un lieu de drague hélas—– En plus ce système d’amis à profusion est ridicule!!!! Comment peut-on avoir avoir plusieurs centaines d’amis alors que dans la vie on peine en avoir deux ou trois

    Google plus, plus austère, me semble très sérieux, avec son système de cerclrs et sa sociologie est bien meilleure que celle de son concurrent—-Les professionnels y trouveront leur bonheur—–

    Je vote sans hésitation pour google plus!!!!!!!!!!!!!!!!

  5. Un an plus tard, force est de constater l’échec de Google+.
    C’est drôle la façon dont les professionnels d’un milieu peuvent s’aveugler envers et contre tout, ils ont tellement la tête dans le guidon, qu’ils ne voient pas le tableau d’ensemble, les prédictions de succès de ce blog au sujet de google+ en est l’exemple.
    Bien vu l’aveugle!!

  6. à presque un an de la publication de cet article, pourriez vous faire un petit update. Pour ma part, l’utilisation de Google + me semble toujours aussi absconse et me laisse perplexe, et ce n’est pas faute d’avoir essayé de comprendre le fonctionnement de ce service.

    Merci de votre retour,

  7. @ fred chosson > Pour bien apprécier la situation, il faudrait que l’on s’entende sur le définition de « succès ». Ce que je peux constater est que les usages décollent, mais à l’arrache. Comme précisé dans l’article (ou alors un autre), Google finira par imposer sont Google Plus, mais ça ne sera pas une victoire très glorieuse ou resplendissante, plutôt un succès à la Microsoft. en tout cas je réfléchis à un nouvel article.

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