De l’intérêt des boutons de partage

Aviez-vous remarqué que j’avais retiré les boutons de partage en bas de page ? Alors que ces boutons ne sont présents sur mes blogs que depuis quelques mois, j’envisage déjà de les retirer, car ils apportent plus d’inconvénients que d’avantages. Loin de moi l’idée de lancer une nouvelle polémique, car le sujet n’est pas neuf : Small, Painful Buttons: Why Social Media Buttons Might be Killing Your Mobile Site.

Le principal argument en défaveur des boutons de partage est le surplus de temps de chargement. L’auteur du précédent article a ainsi pu constater que pour trois boutons, ce ne sont pas moins de 22 requêtes qui sont envoyées, soit autant de temps perdu avant l’affichage complet de la page.

Les ressources consommées pour l’affichage des boutons de partage

Vous pourriez me dire que l’affichage de ces boutons n’est pas gênant, car pendant ce temps-là les utilisateurs peuvent commencer à lire le texte. Soit, mais la réalité est tout autre : l’affichage de ces boutons de partage ralentit considérablement le navigateur et perturbe notamment le défilement de la page ou toute autre tâche. Essayez ainsi d’ouvrir 4 ou 5 pages de blog en même temps en tâche de fond et vous vous rendrez compte à quel point ces petits boutons sont gourmands en ressource (généralement votre navigateur est bloqué pendant 4 à 5 secondes).

Le principal argument en faveur des boutons de partage est qu’ils favorisent… le partage. Là encore, la réalité n’est pas tout à fait comme on le pense, car ils sont loin d’être systématiquement utilisés. Une étude a ainsi été menée par le Lieman Journalism Lab à ce sujet : How important are all those ugly Tweet Buttons to news sites?. Les résultats sont surprenants car en moyenne, ils ne sont utilisé que moins d’une fois sur 5 :

Classement du taux d’utilisation du bouton de partage par site

Ceci étant dit, ce qui me gène le plus avec ces boutons est qu’ils véhiculent un sentiment d’auto-satisfaction, comme un bon élève qui est fier de montrer son bulletin de notes (« regardez comme j’ai bien travaillé« ). Non seulement le fait d’afficher le nombre de partages par plateforme sociale n’apporte aucune valeur à l’article, mais cela peut influer l’appréciation de l’article lui-même ou la décision de le lire (« s’il a été partagé, c’est qu’il est forcément intéressant« ). Bref, j’ai l’intime conviction que ces boutons de partage biaisent le contrat de lecture.

Les boutons de partage flattent l’égo du rédacteur, mais après ?

À partir de là, faut-il sacrifier la viralité au profit de l’expérience de lecture ? Oui, je pense, car les lecteurs ayant apprécié un article trouvent toujours le moyen de le partager. Je n’ai ainsi pas vraiment constaté d’augmentation notable du nombre de partages après avoir installé ces boutons. Je pense que la raison est simple : les veilleurs réellement actifs utilisent leurs propres boutons et outils.

Le dernier point que je souhaite développer est le suivant : des boutons de partage les plus performants ou incitatifs ne compenseront jamais un contenu à moindre valeur ajoutée. Comprenez par là que l’important est de se construire une audience, pas de faire la chasse aux clics. Comme le dit fort justement Olivier Reichstein dans son article Sweep the Sleaze : « Social Media Buttons are not a Social Media Strategy« . Les lecteurs ayant apprécié l’article récompenseront l’effort de l’auteur en copiant l’URL et pour le partager.

Comme toujours, il existe des alternatives. Vous pouvez ainsi proposer une fonction de partage plus sophistiquée, qui justifierait les temps de chargement plus longs, comme le propose TheNextWeb avec une URL courte et des raccourcis vers d’autres services comme Pocket ou Instapaper :

L’interface de partage enrichi de TheNextWeb

Pour le moment j’ai donc désactivé les boutons, je me laisse encore quelque temps pour réfléchir à cette fonction et la réintroduire sous une autre forme. Un compromis intéressant serait de ne proposer que les boutons de partage, sans les compteurs. Ceci permettrait de conserver la fonction tout en limitant le surplus de temps de chargement. De plus cette solution permettrait également de conserver le système d’analytics sur les clics. Je n’ai pas fait de recherche approfondie, mais si vous avez connaissance d’une fonction d’un plugin de ce type pour WordPress, je suis preneur.

24 commentaires sur “De l’intérêt des boutons de partage

  1. Pour les boutons de partage Facebook Twitter et Google+ il existe des versions asynchrones et iframe.
    En version iframe on fait bosser le navigateur davantage mais on ne perturbe pas du tout l’affichage de la page
    En version asynchrone on ne déclenche le chargement des boutons que quand tout le reste (ou presque) est déjà chargé et donc les requêtes ne sont pas simultanées
    Dans les 2 cas on ne perturbe pas l’expérience de navigation, je ne comprends donc pas trop la démarche consistant à les enlever.
    Pour ce qui est de rajouter des boutons de partage sans compteur le plus simple reste de mettre de bêtes images avec un lien intégré à la main (je le fais par exemple pour le partage d’articles sur Viadeo, le bouton officiel étant trop lourd à mon gout)

  2. Je suis d’accord avec vous les bouton e partage alourdis la page il suffit de tester votre page avant et après utilisation de ces boutons pour constater la différence.Je pense aussi que pour ceux qui optent pour leur utilisation de réduire au minimum le nombre de ces bouton.

  3. Lequel est meilleur pour le partage entre facebook et twitter ? je vois aussi Pinterst maitenant , est ce que c’est utilise pour les articles avec beaucoup de text

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