Google Wave = Email + IM + Wiki + Mashup

C’est donc la veille du WE de Pentecôte que Google a décidé de lancer sa nouvelle « bombe » : Google Wave. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouveau service est tellement novateur qu’en donner une définition fiable est un excercice de haute voltige : Went Walkabout. Brought back Google Wave.

Pour faire simple :

  • Google Wave est ou outil de collaboration qui se situe à mi-chemin entre l’email, la messagerie instantanée et le wiki ;
  • Une wave est à la fois une discussion et un document, elle peut être exportée et peut encapsuler un certain nombre de social widget (au format Open Social) ;
  • C’est une application en ligne, de même qu’une plateforme ouverte et extensible (chacun peut proposer son extension) mais également un protocole (que vous pouvez utiliser librement dans vos services / applications) dont le code source est publié (afin de bénéficier de  l’apport de la communauté).

Voilà pour une première description. Au niveau de l’interface, ça ressemble à un produit Google avec 3 colonnes (la navigation et les contacts, la boîte de réception et la fenêtre de visualisation) :

google_wave_ui

D’un point de vue « technique », il s’agit d’une application en ligne puisque Wave est accessible au travers du navigateur mais qui nécessite tout de même le recours à l’extension Gears pour supporter la fonction de drag & drop (qui n’est pas encore standardisée dans les spécifications de HTML 5).

Google Wave = Email 2.0 ou Wiki 2.0 ?

La première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on découvre l’interface est de se dire que Wave est un système de messagerie amélioré. Par messagerie, j’entends les systèmes modernes comme Gmail qui agrègent les emails en discussions et permettent d’encapsuler divers éléments (photos, vidéos, cartes…). Et effectivement, la boîte de réception présente de forte similitude :

wave_inbox

Mais la comparaison s’arrête là car une Wave est une discussion active que l’on peut faire évoluer librement (il existe un historique avec la fonction Playback). Sur la capture d’écran suivante vous pouvez d’ailleurs voir les réponses qui sont directement insérées dans le texte ainsi que étiquettes de couleur pour indiquer l’auteur et la nature des modifications :

wave_edit

Mais Wave peut faire plus avec notamment la communication en temps réelle façon messagerie instantanée : vous voyez ainsi les contributions s’afficher au fur et à mesure, les fichiers joints apparaîtrent les uns après les autres… c’est très pratique pour accélérer les discussions et préparer les réponses lorsqu’une phrase est en cours de rédaction. Nous avons donc un bon candidat pour venir remplacer l’email (Google Wave: What Might Email Look Like If It Were Invented Today?).

Outre les discussions, Wave permet aussi de travailler sur des documents plus longs et structurés où chacun peut apporter ses corrections, compléments et commentaires. Ces derniers sont insérés au plein coeur du texte mais vous avez la possibilité de ne pas les afficher pour imprimer le document ou de n’afficher que les commentaires pour archiver une discussion. Là encore la communication en temps réel est très utile car elle autorise l’édition simultanée. De ce point de vue, Wave est donc à la fois plus simple et plus puissant qu’un wiki, une prouesse !

Et pour rajouter à la confusion, une Wave peut également être publiée dans un billet de blog (ou n’importe quelle page HTML) où les visiteurs pourront la consulter mais également la modifier. Ils poussent même le vice en intégrant Wave au réseau social « maison » : Orkut.

Gadgets et robots pour améliorer la flexibilité

Le coeur de Wave est donc ce système de communication. Mais pour assurer une capacité d’évolution maximale à ce produit, les équipes ont opté pour un système d’extensions qui repose sur les robots (pour automatiser des tâches comme la découverte automatique de liens ou pour synchroniser Wave et Twitter – ex. Twave) et sur les gadgets (pour encapsuler des éléments « riches » comme une carte ou un sondage) :

wave_map_yes_no_maybe

La communauté des développeurs va donc être au centre de ce projet car c’est sur elle que va reposer à la fois l’écosystème des extensions mais également des logiciels compatibles et des versions mobiles (il existe pour l’instant des prototypes de Wave sur Android et iPhone). Dans la ligne de mire de Google, le formidable écosystème développé autour de Twitter, le service de référence quand il est question de système ouvert.

Pour un aperçu complet des fonctionnalités, je vous recommande cette vidéo, un peu longue mais ça vaut le coup de regarder jusqu’au bout des 1 H 20 :

Google Wave = Lotus Notes 2.0 ?

Tout comme Lotus Notes avait révolutionné la collaboration en entreprise il y a 15 ans, l’ambition de Wave est énorme : faire évoluer durablement les habitudes de travail à l’aide d’un outil issu de la génération « social media« . Hé oui, car c’est bien de cela dont il est question : ne pas reproduire mais proposer un mode de collaboration en net rupture avec les outils traditionnels (Google Wave To Bring Web 2.0 Lifestyle to Work).

De ce point de vue là, Wave propose une alternative très puissante aux logiciels de messagerie qui n’en finissent pas de se ringardiser ou aux mastodontes comme Oracle ou SAP qui engendrent des coûts exorbitants d’intégration. C’est donc la grande souplesse d’utilisation et l’évolutivité de Wave qui peut faire peur, de même que son intégration à des suites applicatives à la sauce SaaS (The enterprise implications of Google Wave).

enterprise_waves

C’est à mon sens là toute la force de Google Wave : il ne remplace pas les systèmes de communication / collaboration existants, il les complète (dans un premier temps). La nature ouverte et extensible de Wave en fait donc un atout redoutable pour assurer une transition en douceur depuis les outils d’ancienne génération (email, bureautique…) vers les outils de l’entreprise 2.0.

Wave peut-il réussir là où bien d’autres ont échoué ? Peut-être car la vision de Google est bien plus novatrice que celle d’autres éditeurs et parce qu’ils comptent bien sur la communauté pour multiplier les domaines d’application possibles de Wave. Mais ceci ne se fera pas en quelques mois, attendez-vous à une longue phase de maturation pour ce produit qui vient à peine de naître.

Dans tous les cas de figure, la prochaine étape logique est l’intégration de Wave dans la suite Google Apps. La grande question est de savoir quelle sera l’étape suivante…

Facebook peut-il réussir son pari ? Peut-être…

Décidément il ne se passe pas une semaine sans que Facebook fasse parler de lui. Dernières actualités en date : le dépassement de la barre symbolique des 300 millions de visiteurs uniques par mois (Facebook Blows Past 300 Million Uniques) et une nouvelle levée de fond qui valorise la société à 10 milliards de $ (Facebook Raises $200M; Now Valued at $10 Billion).

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une audience en progression constante et une valorisation qui se maintient malgré le contexte de crise. C’est donc un véritable tour de force de la part de ce service qui s’impose comme LA star des médias sociaux. Faut-il crier au génie pour autant ? Pas forcément : même si la réussite de Facebook fascine, elle intrigue également beaucoup car force est de constater que cette société est très opaque sur son fonctionnement, ses finances et surtout sa stratégie d’évolution.

Un potentiel toujours intact

Avec plus de 225 millions de membres, Facebook a de quoi en rendre jaloux plus d’un. Si l’on fait exception de marchés très spécifiques comme la Chine (où QQ totalise près de 850 millions d’utilisateurs), le niveau d’audience de Facebook est proche de géants comme Google, Microsoft ou Yahoo! avec des dispositifs pourtant beaucoup plus lourds (portails avec de nombreux services et chaînes thématiques). Non seulement l’audience est élevée mais la croissance ne semble pas faiblir avec de nouveaux marchés / pays qui dopent les chiffres. Au niveau de la récurrence, c’est encore mieux : un utilisateur moyen de Facebook y retourne plusieurs fois par jour.

Autre donnée en hausse constante : le C.A., estimé à 300 millions de $ en 2008, il devrait dépasser les 400 millions de $ en 2009 (Facebook Is Now Underhyped). Différentes sources de revenus viennent ainsi alimenter les caisses de Facebook : sa régie publicitaire, les objets virtuels (virtual gifts)… Mais Facebook n’est pas le seul à gagner de l’argent car il nourrit également tout un écosystème d’éditeurs d’applications qui sont hébergées sur la Facebook Plateform. Certains de ces éditeurs génèrent ainsi des revenus supérieurs à 100 millions de $ (Facebook Platform Payment Providers Report Strong Growth in Q1). Très intéressant, surtout dans la mesure où Facebook est en train de finaliser un système de monnaie virtuelle qu’il pourrait imposer à tous ces éditeurs et capter ainsi de très juteuses commissions (Facebook Begins Testing Payments System).

Et pour couronner le tout, Facebook ambitionne même de s’exporter partout sur le web en ouvrant petit à petit son système d’information pour que les services extérieurs puissent exploiter sa base de membres. Facebook Connect vous permet ainsi de vous authentifier sur un service en utilisant votre compte Facebook, Open Stream API permet de consulter / alimenter votre friend stream depuis un service ou une application tiers… L’ambition de Facebook dans ce domaine est immense : ils veulent devenir une brique essentielle de l’internet d’aujourd’hui et de demain, ils veulent endosser le rôle de Social OS.

Toujours les mêmes lacunes

J’ai déjà eu l’occasion de vous faire partager mon scepticisme vis à vis de Facebook et de sa viabilité (cf. Pourquoi je ne crois plus en Facebook, Facebook toujours dans la tourmente, Comment sortir Facebook de l’impasse, Facebook et le syndrome du canard, Comment expliquer l’échec de Facebook ?…) et je réitère les arguments déjà énumérés car la situation est toujours grosso modo la même, mais avec des dizaines de millions d’utilisateurs en plus.

Si Facebook est ainsi la plus grosse plateforme sociale, elle est mécaniquement celle qui consomme le plus de ressources et engendre le plus de frais. Héberger des milliers d’applications, des millions de vidéos et des milliards de photos demande des ressources colossales… et de gros moyens. J’ai parfois l’impression que Facebook pratique la fuite en avant en déclarant qu’ils préfèrent privilégier la croissance avant la rentabilité. Certes, mais ce n’est pas avec leurs deux data-centers qu’ils vont s’en sortir ! Cette situation est d’autant plus alarmiste que Facebook  n’est pas la première société à pratiquer cette course à la croissance : Souvenez-vous de Spray et de Lycos, ces deux services stars des années 2000 étaient extrêmement populaires et avaient chacun une audience colossale. Nous savons ce qu’ils sont devenus.

Concernant les chiffres, Facebook est très fier de nous annoncer un EBITDA positif sur 5 trimestres consécutifs. OK, mais l’EBITDA est-il un bon indicateur ? Pas sûr dans la mesure où cet indicateur « met en évidence le profit généré par l’activité indépendamment des charges financières, des impôts et taxes, du renouvellement de l’outil d’exploitation (amortissements) et des risques (provisions) » (cf. la définition de Wikipedia). Quel dommage pour une société qui a un constant besoin d’investissements en matériel neuf et en renouvellement. Traduction : parler d’EBITDA est une supercherie qui ne trompe pas les observateurs avisés (Facebook’s $200M Cash Cushion May Be a Lifeline). Au final, et jusqu’à preuve du contraire, Facebook est pour le moment une grosse machine à générer de la dette.

Autre problème récurrent : le système de ciblage comportemental fondé sur le social graph. À défaut de ciblage comportemental (comme peuvent  le pratiquer des acteurs comme Wunderloop), nous devrions plutôt parler de profilage dans la mesure où tout repose sur le profil des membres. Conséquence : la précision du ciblage est fonction de la granularité des informations renseignées dans les profils. Donc dans les faits, le modèle publicitaire de Facebook fonctionne très bien sur du micro-ciblage mais montre ses faiblesses pour des produits de grande consommation. En cherchant dans les commentaires de ce blog, vous trouverez ainsi le témoignage d’un lecteur qui a monté une opération de recrutement pour des produits de défiscalisation auprès des anciens de son école. Une opération à succès dans la mesure où l’âge, l’école… sont des données disponibles. Par contre que peuvent faire des annonceurs comme Renault ou L’Oréal qui commercialisent des produits bien plus génériques avec des logiques de gamme parfois complexes (quel modèle de monospace correspond le mieux à mon profil ?). Pour ces produits-là, le taux de transformation des campagnes sur Facebook dépasse difficilement le 0,1 %. C’est faible, mais cela peut être amélioré avec des dispositifs plus élaborés qui reposent sur des widgets et opérations plus sophistiquées, donc plus coûteuses, donc avec un ROI plus bas. Retour à la case départ.

Puisque la roue tourne, tournera-t-elle pour Facebook ?

Pour le moment Facebook bénéficie encore d’une très forte exposition médiatique, mais cette situation finira par se retourner contre eux car elle engendre beaucoup de jalousie, de tensions et surtout de dérapages. MySpace ne s’est jamais réellement remis des histoires sordides de prédateurs sexuels et autres règlements de compte entre bandes rivales. Avec une aussi forte audience, ces histoires finiront par arriver sur Facebook et entacher sa réputation.

Nous en venons donc logiquement à nous poser la question de savoir qui viendra succéder à Facebook. Plusieurs prétendants sont déjà bien positionnés : Twitter, Ning, Tumblr… Bien évidement nous ne parlons pas ici de services qui rivalisent au niveau de l’audience, mais qui pourraient attirer les annonceurs les plus prestigieux ainsi que les faveurs des médias.

Autre signal alarmant : certaines études qui commencent à démontrer que les utilisateurs de plateformes sociales n’y vont pas pour faire des emplettes ou chercher des informations en vue d’un futur achat mais plutôt pour draguer et s’amuser (Internet users turn to social media to seek one another, not brands or products). Des conclusions dérangeantes dans la mesure où Facebook mise énormément sur la capacité de recommandation de sa communauté comme levier de monétisation. Rajouter à cela les problèmes de pollution / de spam (Is Facebook the New Spam Heaven?) et vous avez une situation qui pourrait rapidement s’envenimer (et des utilisateurs qui seraient tentés de migrer vers une autre plateforme comme ils l’ont fait précédemment).

Bon ceci étant dit, le tableau n’est pas tout à fait noir dans la mesure où Facebook est très bien positionné sur le mobile et occupe une position dominante sur le créneau du social gaming. Bref, ils ont encore de belles cartes en main.

Un pari risqué

Revenons-en à la situation présente de Facebook et à la récente levée de fond. Une très belle réussite dans ce contexte de crise, certes, mais se pose la question des conditions de cette levée de fond : plus la valorisation est élevée et plus les attentes des investisseurs sont élevées, et j’imagine que les attentes de DST sont très élevées : Who are Facebook’s new investors, and more importantly, who’s investing in them? Bien évidemment les fondateurs de Facebook conservent une large part du capital, mais en temps de crise, celui qui est le roi n’est pas celui qui détient le capital mais celui qui a du cash (cf. Levée de Fonds : de la Pertinence de la Valorisation). Traduction : Facebook est pour le moment à l’abri de soucis de trésorerie mais fait rentrer dans son capital des investisseurs n’ayant pas du tout la même vision idyllique que son fondateur. Quand on y réfléchit bien, cette situation n’est pas sans nous rappeler ce que nous avons connu il y a 10 ans : échanger du capital contre des liquidités pour faire face à des dépenses de fonctionnement. Une stratégie risquée qui a démontré ses limites dans une économie tourmentée (l’effondrement de la bulle internet en 2000).

Espérons que cette levée de fond va donner un second souffle aux équipes qui pourraient alors reprendre le leadership sur les plans technologiques et usages. Car si Facebook a révolutionné les médias sociaux avec sa plateforme, force est de constater qu’ils sont passés du statut d’innovateur à celui de suiveur réactif (en copiant des services comme Friendfeed). Souvenons-nous que Facebook reste une « petite » start-up de 800 personnes qui ne possède pas la capacité d’innovation et la force de frappe d’un Google ou la réactivité d’une vraie start-up.

Autre gros chantier pour Facebook : les nouvelles CGU. Suite à plusieurs soulèvements de la communauté des utilisateurs, la direction de Facebook a décidé de tout revoir et de laisser les utilisateurs décider eux-mêmes de ce qui devait figurer dans la future version des Terms & Conditions. OK très bien, mais ceci limite grandement leur marge de manoeuvre, d’autant plus qu’ils n’ont toujours pas dévoilé au grand jour leurs intentions concernant des leviers de monétisation plus… agressifs. Plus en phase avec ce que peuvent pratiquer les plateformes sociales financés par DST (au hasard). Je doute fortement que cette histoire d’écriture collaborative des CGU plaise à leurs nouveaux investisseurs russes, attendez-vous à d’autres parties de bras de fer avec la communauté.

Facebook en 2009 = Second Life en 2007 ?

Pour conclure ce billet je dirais que Facebook se retrouve aujourd’hui quasiment dans la même situation que Second Life en 2007 : un service à très fort potentiel dont la maturation est gênée par une exposition médiatique trop forte. Pour résumer disons que les tensions et les attentes sont trop fortes pour que Facebook évolue et progresse dans de bonnes conditions. Je ne suis pas en train de dire que c’est impossible, mais qu’il y a de grosses conditions pour que Facebook parvienne à surmonter les nombreux défis auxquels il doit faire face.

Encore une fois vous pourriez me dire qu’à l’époque Second Life n’avait pas 225 millions de membres actifs, soit, mais ils n’avaient pas non plus les même frais ni le même niveau d’endettement. De plus nous étions en phase de croissance.

Nous en revenons donc à LA grande question : Facebook peut-il réussir son pari ? Peut-être. En tout cas ça vaut le coup de se poser la question et de ne pas se laisser aveugler par les chiffres d’audience et de croissance qui en ont trompé plus d’un.

Orange à la conquête du web 2.0

Avec une telle position dominante sur l’accès à internet et la mobilité, Orange ne pouvait pas se permettre de se laisser distancer sur les services en ligne (Wanadoo reste une marque encore très présente dans la tête des clients). Il a fallu un certain temps aux équipes pour s’organiser (en témoignent des services peu inspirés comme BubbleTop ou My BE) mais il semblerait qu’Orange ait maintenant atteint une vitesse de croisière confortable avec en moyenne un nouveau service en ligne tous les deux mois (voir plus quand ils sont en forme).

orange_home

Non ceci n’est pas un billet sponsorisé mais plutôt ma modeste contribution pour donner un peu de visibilité à des équipes qui font de gros efforts pour revenir dans la course. Je parle bien de combler un retard, car tous les projets cités plus bas s’inspirent de services existants. Mais c’est tout de même une très bonne chose d’avoir un acteur français avec autant de moyens et d’ambitions.

Mais commençons par le commencement avec une petite clarification sur les différentes entités d’Orange dont sont issus les projets et quelques liens centrés sur l’innovation :

  • Orange Labs qui est en charge de faire de la R&D et de développer des prototypes dans le cadre d’expérimentations (à ne pas confondre avec Lab’Orange) ;
  • L’Explocentre qui est l’incubateur du groupe et qui se charge de monter des projets et d’en tester la viabilité (ils éditent notamment le site BetaExplore) ;
  • Le Technocentre qui intervient dans la phase de finalisation des projets en vue d’un lancement grand public ;
  • Orange Vallée, une filiale qui expérimente, teste et incube également ;
  • Orange Innovation TV, un portail de l’innovation avec différentes chaînes thématiques.

Voilà pour un tour d’horizon rapide de qui fait quoi. Intéressons-nous maintenant aux différents projets avec plus d’une dizaine de services plus ou moins avancés :

  • Djinngo (anciennement Bubbletop) un service de page personnelle accessible sur le web et le mobile avec une fonction de blog intégrée ;

djinngo

  • MaZoneVidéo, un service de partage de vidéos ;mazonevideo
  • Pikeo, un service de partage de photos ;pikeo
  • Katoa, un service de scrapbooking en ligne ;katoa
  • SoundTribes, une communauté musicale qui milite pour la promotion de jeunes talents ;soundtribes
  • WhoseGame, un portail de casual games ;whosegame
  • WorMee, un service de partage de playlists qui est jumelé avec RadioMee ;wormee
  • ComeInMyWorld, un univers virtuel à mi-chemin entre Second Life et Meetic ;cimw
  • HomeLook, un service de surveillance personnelle (pour votre maison) ;homelook
  • 24-24Actu, un moteur de recherche d’actualités multi-support (texte, images, vidéos…) ;
  • Friendize, une plateforme communautaire centrée sur la diffusion d’informations au sein d’espaces privatifs ;
  • Welles, une plateforme de contenus dont on ne connait pas grand chose pour le moment.

Mais ce n’est pas tout puisqu’ils travaillent également sur du hardware :

  • Hello, un ordinateur ultra-simplifié pour les séniors ;

helloorange

  • Tabbee, une tablette PC qui rentre en concurrence avec la TechCrunch Tablet ;orange_tabbee
  • Keanu, une télécommande gestuelle pour manipuler du contenu depuis (en face de) votre télévision.

Ouf ! Voilà donc une belle brochette de projets. Alors oui, vous pourriez me dire qu’ils existent déjà ailleurs (et qu’il ne leur manque plus qu’un service de microblog) mais au risque de me répéter, je pense qu’il n’y a pas 36 façons d’innover : Il faut observer, apprendre, expérimenter et se lancer. D’après ce que j’ai pu voir, les équipes d’Orange sont donc en train de se structurer pour aborder l’innovation de façon industrielle.

Oui c’est moins glamour que le petit génie qui bricole dans sa chambre d’étudiant, mais estimez-vous que nous avons trop d’innovateurs en France pour nous permettre de bouder tous ces efforts ? Bref, pour une fois qu’un industriel français innove à grande échelle dans les services en ligne, ça serait injuste de ne pas en parler. Et en plus ça me change de toujours parler de Google, Facebook et Twitter !

(Merci à Caroline pour m’avoir aidé à préparer ce billet)

Mes trois sites coup de coeur (mai 2009)

Je continue dans ma série de sites « coup de coeur » avec, hasard de mes rencontres, trois sites d’agence.

Il y a tout d’abord le minimaliste site de Built by Buffalo :

buffalo

J’apprécie dans ce site la grille de lecture très marquée, l’uniformité des couleurs et le bandeau de navigation façon Apple (vaguement).

Il y a ensuite le très mignon site de Pixelcraft :

pixelcraft

J’adore cette impression d’espace avec ces grandes zones vides qui renforcent l’attention sur les éléments centraux de la page, la couleur de fond, la typographie des titres et surtout les illustrations tout en rondeur.

Et pour finir nous avons le très stylisé site de For A Beautiful Web :

forabeautifulweb

Comment ne pas tomber sous le charme de ce formidable travail typographique avec cette profondeur quasi palpable des titres ? Bon effectivement ça tranche avec le minimalisme des deux précédents sites mais cela me permet de conclure en beauté.

Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer au sujet des netbooks et du rôle qu’ils vont jouer dans l’émergence de nouveaux usages (cf. Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?). Voilà maintenant plus d’un an qu’Asus a révolutionné le monde de l’informatique en lançant le premier netbook (le EeePC 700). Depuis nous assistons à une course de vitesse entre les constructeurs (Asus, Acer, HP, Samsung…) pour grignoter un maximum de parts de marché sur un segment à très forte croissance (cf. Croissance fulgurante pour le netbook en 2008).

Et pourtant, aussi forte que soient les ventes des netbooks, ce segment n’en reste pas moins très instable du fait du positionnement de ces machines : les constructeurs s’acharnent en effet à nous vendre les netbooks comme de petits ordinateurs. Erreur fatale car si cette stratégie a permis de doper les ventes en phagocytant les achats de renouvellement des ordinateurs traditionnels, elle a surtout générée beaucoup de déception auprès de clients qui ont répondu aux sirènes de l’informatique low cost. Résultat des courses : Une tendance qui s’inverse et des ventes qui s’effondrent faute de trouver un second souffle (cf. Is The Netbook Phenomenon Over? In a Way, Yes).

Les netbooks en pleine crise d’adolescence ?

Il faut bien avouer que vendus en tant que petits ordinateurs, les netbooks ont de quoi décevoir : écrans étriqués (impossible d’afficher du 1024*768), processeurs poussifs (des performances bien inférieures aux Dual Core) et systèmes d’exloitation qui sentent le recyclage à plein nez. Vous avez en effet le choix entre Windows XP qui va bientôt fêter ses 8 ans (n’oubliez pas de mettre à jour les bases anti-virus, anti-spyware, anti-malware…) et différentes distributions de Linux qui laissent perplexes (il faut passer par la console texte pour installer de nouveaux programmes).

Les constructeurs ont bien essayé de rattraper le coup en se lançant dans une course à l’armement (fréquence plus élevée du processeur, plus de capacités de stockage…) mais rien n’y fait : Le concept de netbook s’est perdu en chemin et les constructeurs doivent maintenant jongler avec des gammes à la logique sur-réaliste. Pour vous en convaincre, essayez donc de trouver une définition des netbooks qui fasse l’unanimité (je cherche encore).

Nouveaux usages = Nouvelle interface

Pour résumer un long débat je réitère ma définition de départ : les netbooks sont plus de gros smartphones que de petits ordinateurs. Ils ne présentent un réel intérêt qu’équipés d’une connexion permanente et autorisent alors des usages novateurs qui se situent à mi-chemin entre l’informatique traditionnelle, l’internet en situation de mobilité et les médias sociaux. Médias sociaux ? Oui tout à fait, car face à la déferlante des plateformes sociales et à la généralisation des usages « sociaux », les éditeurs de logiciels commencent à intégrer de façon native différentes fonctions sociales (par exemple dans le futur Firefox), et les éditeurs de systèmes d’exploitation ne seront pas les derniers.

Bref, qui dit nouveaux usages dit nouvelle interface. Le défi des constructeurs de netbook est donc de trouver un système d’exploitation correspondant le mieux à ces nouvelles contraintes :

  • Un tableau de bord plutôt qu’un bureau (façon smartphone) ;
  • Des widgets plutôt que des applications (pour accéder aux fonctionnalités critiques des services en ligne) ;
  • De l’autonomie plutôt que de la puissance (les meilleurs netbooks dépassent les 10 H d’autonomie).

Dans cette recherche de l’interface parfaite, deux acteurs peuvent faire la différence : Moblin et Jolicloud.

Moblin est une initiative lancée en 2007 par Intel (maintenant portée par la Linux Fondation) dont l’objectif est de développer une nouvelle génération de système d’exploitation à destination des netbooks et autres nettops.

La première version de Moblin (à oublier)
La première version de Moblin (à oublier)

Après une première version perfectible, ils viennent juste de sortir une seconde version beaucoup plus convaincante :

La seconde version de Moblin
La seconde version de Moblin

Vous apprécierez sur cette nouvelle interface l’ajout d’éléments caractéristiques du monde de la mobilité (indicateur de charge et de réception en haut à droite, liste des RDV à gauche), l’accès à l’ensemble des outils et fonctionnalités par un système d’onglets (pour éviter le menu « Start« ), l’optimisation du format de l’écran (1024*600) ainsi que les raccourcis en page de démarrage  (baptisée m_zone) :

La page de démarrage de Moblin
La page de démarrage de Moblin

Cette interface permet également d’avoir accès à un certain nombre de fonctionnalités sociales comme le People Panel (façon Skype) ou le Status Panel qui n’est pas sans rappeler Twitter :

La liste d'amis dans Moblin
La liste d'amis dans Moblin
La microblogging façon Moblin
La microblogging façon Moblin

Bref, un effort considérable a été fait au niveau de l’interface et de la prise en main, et c’est une très bonne chose (cf. Linux on a Netbook? Intel thinks its all about the User Interface). Bien évidemment la démarche d’Intel n’est pas tout à fait altruiste, ils cherchent avant tout à vérouiller les constructeurs avec leur OS pour ne pas subir la concurrence d’autres fournisseurs de processeurs (cf. Intel v. ARM: The Battle to Run Your Smartphone and Netbook).

Autre acteur de choix sur ce créneau : Jolicloud, la nouvelle start-up de Tariq Krim (fondateur de Netvibes).

Toujours sur un noyau Linux, Jolicloud marche sur les platebandes d’Ubuntu Netbook Remix en proposant une interface spécifique aux netbooks :

L'interface d'Ubuntu Netbook Remix
L'interface d'Ubuntu Netbook Remix
L'interface de Jolicloud
L'interface de Jolicloud

Vous remarquerez que l’interface de Jolicloud est adaptée aux écrans des netbooks (format 104*600 px) et propose un accès simplifié à un ensemble d’applications. C’est à mon sens à ce niveau là que se situe la grande nouveautés des netbooks : ils n’y a plus de distinguo entre applications et services en ligne.

Ils sont encore en phase intensive de développement et les travaux semblent aller dans la bonne direction. Bien évidemment les équipes de Jolicloud ne disposent pas des moyens d’Intel mais ils présentent l’avantage d’être indépendants donc peuvent potentiellement bénéficier du support des industriels.

La dernière version de Jolicloud
La dernière version de Jolicloud

Deux outsiders : Google et Apple

Comme rien n’est simple dans le monde de l’informatique, attendez-vous à voir prochainement débarquer deux poids lourds qui risquent de changer la donne.

Google tout d’abord avec son système d’exploitation mobile Android qui aimerait bien faire d’une pierre deux coups en proposant une version adaptée aux netbooks : Une équipe d’Asus travaille sur un netbook sous Android.

Un netbook sous Android

Une diversification intéressante surtout lorsque l’on prend en compte l’ensemble des services Google liés à la mobilité. Pour poursuivre cette réflexion : Android Isn’t a Phone OS Because in the Future There Will Be No Phones.

Il y a ensuite Apple qui pourrait bien jouer les trouble-fête avec sa propre machine : Apple Netbook Rumors Gain Momentum Once Again.

Un hypothétique netbook de chez Apple
Un hypothétique netbook de chez Apple

D’après les spécialistes, Apple serait ainsi en train de finaliser une sorte de tablet-PC communicante à mi-chemin entre un gros iPhone et un Kindle. De toute façon Apple ne fait jamais rien comme les autres…

Et Microsoft dans tout ça ?

Je ne pouvais pas achever cet article sans parler de Microsoft. Le géant de Redmond détenant près de 96% du marché, vous vous doutez bien qu’ils ne vont pas rester les bras croisés. Ils prévoient ainsi une version netbooks de leur prochain système d’exploitation : Windows 7 Netbook Edition Confirmed.

Impossible de savoir pour le moment si cette nouvelle mouture de Windows va savoir tenir compte des contraintes spécifiques aux netbooks, mais toujours est-il que Microsoft va jouer un rôle central dans l’évolution des netbooks. Espérons que le rouleau compresseur ne va pas tirer le marché vers le bas…