Yahoo! Pipes + Photoshop Express = Aviary Peacock

Connaissez-vous la toute dernière suite d’applications en ligne d’Aviary ? Il s’agit d’un ensemble d’outils de création exclusivement disponibles dans la fenêtre de votre navigateur : Aviary Tools. On trouve un peu de tout dans cette suite : création vectorielle, retouche d’image, blender de couleurs, édition vidéo / sonore / 3D…

Mais ce qui m’impressionne le plus est cet incroyable outil d’expérimentations visuelles (« visual laboratory« ) qui permet de créer des images à partir de générateurs et de filtres : Aviary Peacock.

Pour faire simple : vous choisissez un générateur (formes, fractales, nuages, courbes…), vous lui appliquez des effets (floutage, saturation, granulation…), des filtres (couleurs…) et vous jouez ensuite avec les différents paramètres pour modifier le rendu.

L’interface me fait à la fois penser à Yahoo! Pipes (avec une série de briques qui sont autant de générateurs, filtres, effets et un grand panneau de paramètres) et à Photoshop Express (avec ce fond noir et cet aspect neutre) :

aviary_peacock

C’est en tout cas une très bonne source d’inspiration visuelle et une superbe interface dont vous trouverez une visite guidée ici : A video of Peacock in action.

(via Mashable)

Microsoft se lance dans le cloud computing avec Azure

La nouvelle est tombée hier : Microsoft poursuit sa transformation et vient de lancer son offre de cloud computing : Azure Services Platform. Pour faire simple, Azure est une plateforme de service qui permet d’héberger des applications (ou des briques applicatives) afin de les rendre disponibles en interne pour les besoins de votre entreprise ou en externe pour vos partenaires / sous-traitants / clients… Tous les détails ici : Microsoft Unveils Windows Azure at Professional Developers Conference.

azure

 

Pour faire simple, cette offre vous permet de remplacer votre infrastructure technique (matériel et logiciels) pour pouvoir développer et faire tourner vos applications sans avoir à vous soucier de l’achat de serveurs, licences ou de la maintenance. Pour rester fidèle à leur vision de Software + Service, cette plateforme est bien évidement hautement compatible avec un ensemble d’applications maison comme ses suites logiciels de développement ou de collaboration :

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Nous somme donc en présence d’une très complète offre de cloud OS… ou de Platform as a Service… ou peut-être même de Platform and a Service je ne sais plus trop (lire à ce sujet Cloud Computing & SaaS, Software as a Service : différences, complémentarités). Pour une description détaillée et commentée, ça se passe ici : Microsoft’s Azure cloud platform: A guide for the perplexed.

La réponse de Microsoft à Amazon et Google (et Long Jump, SourceForge, Adobe, Oracle, IBM, Sales Force, Zoho, Yahoo!…)

Microsoft vient donc de mettre sur la marché une offre en concurrence directe avec Amazon Web Services et Google App Engine. Mais sont-ils les seuls sur ce créneau ? Non pas tout à fait, car il faut aussi compter avec des offres plus intimistes de PaaS comme LongJump ou encore SourceForge (cf. LongJump Further Enhances Its PaaS Offering to Enterprise Customers et SourceForge Announces Hosted Applications). Notez également que Google vient tout juste d’ouvrir sa plateform Google Apps aux développeurs tiers : Google Launches Google Apps Labs, Third Party Developers Welcome.

Mais ce n’est pas tout, car d’autres acteurs traditionnels de l’informatique sont en embuscade, notamment Oracle (Oracle Moves into the Cloud with the Help of Amazon), Adobe (avec des offres comme Genesis) ou encore IBM (avec son tout nouveau BlueHouse).

Rajoutez à cela des nouveaux entrants très agressifs comme SalesForce (avec son AppExchange) ou Zoho (cf. Zoho Marketplace, after 3 weeks…).

Pour Yahoo! c’est différent car ils ont choisis une autre approche avec leur Yahoo! Open Strategy (quoi que… il y a aussi Zimbra : Zimbra Heads Into the Cloud).

Bref, il y a beaucoup de monde pour un marché très prometteur mais encore en voie de structuration (cf. Who owns the keys to the clouds?) qui souffre encore d’un déficit d’évangélisation (cf. Stallman on cloud computing: Run, it’s a trap!).

Et Windows dans tout ça ?

N’allez pas imaginer que ce cloud OS va remplacer votre système d’exploitation Windows, bien au contraire ! Ce Azure Services Platform est conçu pour s’imbriquer finement avec les autres projets en préparation de Microsoft : Windows 7 et Live Mesh. D’ailleurs Ray Ozzie (le Chief Architect) a présenté lors du PDC2008 la future version de sa suite bureautique incluant une version web (Office Web Application) et une version mobile.

C’est donc un schéma bien complexe que les équipes de Microsoft nous préparent (cf. Microsoft Azure Aims to Re-define the OS), une offre à la proposition de valeur très floue qui va demander des mois (des années) d’explications avant de convaincre les décideurs informatiques. La tâche est gigantesque, mais avec les efforts combinés de tous ces acteurs, on devrait bien y arriver un jour, non ?

Facebook et le syndrome du canard

En réponse à un billet publié récemment par Cédric (Comment expliquer le succès de Facebook?), je souhaiterai pointer du doigt une particularité de Facebook qui a fait son succès mais qui le fragilise en même temps : sa polyvalence.

Facebook est en effet capable de proposer un très large éventail d’outils et fonctionnalités « sociales » qui lui permettent de rivaliser avec un très grand nombre de services… sans pour autant en faire des arguments de différenciation fort. Donc pour faire simple : Facebook sait tout faire, mais rien en particulier.

Pour illustrer ceci, je vous propose de prendre la métaphore du canard. Les canards sont des animaux formidables car ils savent tout faire : nager, courir, voler. Le problème, c’est que les canards nagent moins bien que les poissons, volent moins bien que les oiseaux et courent moins bien que les mammifères. Ils sont donc des proies faciles pour tous les animaux « spécialisés » dans un moyen de locomotion.

facebook-canard

 

Pour Facebook, c’est la même situation. Il est en effet possible de partager des photos, de rédiger un blog et/ou un microblog, de faire des rencontres, de faire du réseautage professionnel, de partager des vidéos… Par contre, même s’il est intéressant de pouvoir tout faire au sein d’une même plateforme, force est de constater que Facebook est moins performant que ses concurrents de niche :

Bien évidement vous pourriez argumenter que c’est là toute la force de Facebook (être une sorte de meta-plateforme sociale), mais c’est également là son point faible : l’intérêt de Facebook grandit avec le nombre de services qui sont greffés dessus, mais tous ces services peuvent vivre sans Facebook, est-ce que l’inverse est vrai ? Non, car ces services n’ont pas du tout les même problématiques de montée en charge ni de monétisation (leur frais de structure sont bien plus faibles).

Traduction : si Facebook a su innover avec sa Platform et bénéficier ainsi du levier social de l’ensemble des services qu’il héberge, il ne réussira pas pour autant à en tirer des revenus (cf. Why Platforms Are Letting Us Down – And What They Should Do About It). D’une part car les utilisateurs ont bien compris qu’ils pouvaient prendre le contrôle du navire et le faire changer de cap (cf. le projet Beacon et la polémique autour de la nouvelle mise en page), d’autre part car ces même éditeurs vont rapidement commencer à exiger des dividendes en cas de bénéfices (pesant ainsi sur une hypothétique marge).

Bref, si le canard n’est pas l’espèce dominante sur la planète c’est pour une bonne raison : sa polyvalence l’empêche de remonter le long de la chaîne alimentaire. La polyvalence de Facebook l’empêchera également de remonter le long de la chaîne de valeur et de récupérer les plus gros maillons.

Pour être plus clair : Facebook est en bout de chaîne, il ne lui reste que des miettes qu’il a bien du mal à ramasser en tentant de monétiser son social graph qui se révèle bien décevant. L’avenir est dans les niches et la rentabilité est dans la maîtrise des coûts, pas dans la croissance aveugle qui ressemble plus à une fuite en avant qu’à une stratégie viable sur le long terme (cf. le discours de Mark Zuckerberg lors de son passage à Paris : Facebook à la recherche d’un second souffle).

Pour prolonger la refléxion sur les problèmes auxquels Facebook doit faire face, je vous propose cet autre article : Comment expliquer l’échec de Facebook ?.

Espérons pour Facebook que la crise financière et l’hiver nucléaire qui en découlera ne prendra pas des airs de grippe aviaire…

MàJ (31/10/2008) : Visiblement je ne suis pas le seul à emmetre des doutes quand à la viabilité de FacebookFacebook May Be Growing Too Fast. And Hitting The Capital Markets Again. En résumé : ils ont dépensés la quasi totalié des 500 millions de $ levés cette année, leuts coûts d’exploitation explosent, la croissance est principalement réalisée à l’étranger où les frais sont encore plus élevés et où la monétisation des graphes sociaux est trop complexes (barrières linguistiques, culturelles, législatives…).

Grandeur, décadence, résurrection, sublimation et transformation de Second Life

Voilà un petit bout de temps que je n’ai pas parlé de Second Life, il faut dire que je publie maintenant l’actualité des univers virtuels sur VirtualWorldsNews. Il n’empêche, d’après les discussions que je peux avoir avec mes lecteurs (quand je les croise), j’ai comme l’impression que l’image de Second Life reste irrémédiablement ternie (« ce truc dont on a tant entendu parler l’année dernière et qui s’est effondré« ).

Oui effectivement, on en a beaucoup (trop) entendu parler mais Second Life ne s’est pas effondré. Bien au contraire puisque cette plateforme continue régulièrement d’évoluer et de s’améliorer (cf. Le plein de nouveautés pour Second Life et Beaucoup de changements sous le capot de Second Life). Plateforme ? Oui tout à fait car Second Life n’est plus réellement un univers virtuel mais quelque chose de maintenant bien plus vaste, une sorte d’écosystème à part.

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Bref, ce billet est l’occasion pour moi de refaire l’historique de mes prises de position vis à vis de Second Life et pour vous d’avoir une seconde lecture :

  1. Grandeur = Tout le monde fait son show dans Second Life (Septembre 2006) ;
  2. Décadence = Pourquoi je ne crois plus en Second Life (Mars 2007) ;
  3. Résurrection = S’il ne doit en rester qu’un, ça sera Second Life – ou pas (Juillet 2007) ;
  4. Sublimation = Second Life – Linden Lab = OpenSim (Juillet 2008) ;
  5. Transformation = Vive les espaces de travail virtuels ! (Octobe 2008).

Voilà, j’espère que ces différents billets vous aideront à mieux comprendre le parcours chaotique et surtout la situation dans laquelle Linden Lab et son tout nouveau CEO se retrouvent.

Compte rendu du Viral Film Festival 2008

C’est donc hier soir que c’est tenu la première édition du Viral Film Festival. Soirée organisée par l’agence Vanksen / CultureBuzz et présentée (en partie) par un Gonzague en sweet de djeunz :

vff

300 vidéos proposées et seulement 4 gagnants :

Le grand prix revient à Gali l’Alligator (ma vidéo préférée) :

http://www.dailymotion.com/swf/kGf5TxY8Vp8qvom6Y3&related=1

Une très belle moisson de vidéos, même si je trouve que l’on mélange un peu les genres les genres. Je ne peux que saluer le succès de la campagne Fight for Kisses (orchestrée par une agence française en plus), mais peut-on encore parler de vidéo virale ? Pour préciser ma pensée, je suis beaucoup plus impressionné par des vidéos comme celles de Carlsberg (en réponse au phénomène Coke + Mentos) ou de EA (en réponse au Jesus Shot de Tiger Woods).

Comme je reste tout de même un peu sur ma fin (je pensais que le Festival durerait toute la nuit comme la Nuit des Publivores), je vous propose une extension du palmarès :

Vivement l’édition 2009 !