Mon livre sur les médias sociaux en vente chez Amazon

Après plus de deux ans d’égarements et de réécriture, mon premier livre est enfin sorti, et il parle des médias sociaux, what else? Dire que la publication de cet ouvrage a été laborieuse serait bien en dessous de la réalité. Mais je ne cherche pas à me plaindre, car je suis le seul responsable. Après avoir discuté avec plusieurs éditeurs, j’ai décidé de publier mon livre moi-même pour avoir l’entière maîtrise du manuscrit et du circuit de publication. J’ai visiblement sous-estimé la tâche (La sortie de mon premier livre est imminente), mais tout ceci est maintenant derrière moi puisque le livre est enfin en vente sur Amazon : Social Business – Comment définir une stratégie viable pour votre marque sur les médias sociaux.

Si j’ai choisi de mettre « Social Business » dans le titre, c’est parce que je voulais réellement prendre de la hauteur par rapport au sujet et donner une vision exhaustive des médias sociaux et de leur impact chez les annonceurs. L’objectif de ce livre est d’expliquer de façon simple et exhaustive ce que sont les médias sociaux en ce début d’année 2014 et ce que les marques, organisations et annonceurs peuvent en faire. L’idée que j’ai derrière ce livre n’est pas de faire de ses lecteurs des professionnels des médias sociaux, mais de leur donner les bonnes explications et des clés de compréhension réalistes pour qu’ils puissent prendre les bonnes décisions (objectifs, jalons…) et faire les bons arbitrages (budget, ressources…).

 

social-business

En terme de public, ce livre n’est ni pour les débutants ni pour les experts, il s’adresse à toutes celles et ceux qui sont impliqués dans une activité professionnelle ayant un rapport avec les médias sociaux, quel que soit leur niveau de connaissance. Encore une fois, je ne prétends pas avoir rédigé la bible ou le manuel ultime, mais plutôt d’avoir synthétiser mes convictions sur ce sujet, les idées et les points de vue que j’ai développés sur ce blog au cours des dernières années.

Le livre est découpé en quatre parties :

  • Une première partie très formelle où je parle des origines, des définitions, des chiffres et usages… il était important pour moi de ne pas négliger cette partie, car je croise encore beaucoup trop de monde qui confondent encore médias sociaux et réseaux sociaux ;
  • Une deuxième partie sur la façon dont les marques exploitent les médias sociaux, là encore, je me devais d’être exhaustif sur les différents domaines d’application et les opportunités pour les annonceurs ;
  • La troisième partie est ma fameuse méthodologie en huit étapes pour définir une stratégie de présence, avec un chapitre consacré aux outils ;
  • La dernière partie est consacrée aux transformations induites par les médias sociaux sur les différents métiers d’un annonceur (communication, marketing, commerce, CRM, RH…).

Cette vision structurée (« intégrée« ) des médias sociaux est réellement ce qui différencie le livre des autres publications sur le sujet, car je me suis efforcé de ne pas me perdre dans des considérations opérationnelles (Mention ou Radarly ?) ou tactiques (Instagram ou Pinterest ?), mais d’appréhender le sujet à un niveau stratégique : quels objectifs, quels moyens, quels leviers de transformation, quels changements sur l’organisation et le quotidien des collaborateurs ?…

Si l’accouchement a été compliqué, je suis satisfait du résultat, car le manuscrit est très cohérent et j’espère agréable à lire. J’insiste sur le fait que ce livre n’est pas une fin en soit, mes un début, puisque je compte publier une nouvelle édition tous les ans. Ce rythme de mise à jour me semble être le minimum au vu de la vitesse à laquelle le secteur évolue (pratiques, offres…).

Bien évidemment j’engage les lecteurs de ce livre à me communiquer leurs retours sur la façon dont je pourrais l’améliorer : ce qui manque, ce qui est en trop, ce qu’il faudrait changer… Pour celles et ceux qui se posent la question : non, je n’envisage pas de version numérique, car je suis persuadé que le format papier sert parfaitement l’objectif du livre (condenser un savoir et des convictions dans un livre que l’on peut annoter, prêter, relire…). De plus, il existe déjà une version numérique, ce blog, qui sera toujours plus complet et plus à jour, mais que l’on ne peut pas lire en quelques heures pour avoir une vision synthétique.

Pour en savoir plus sur le livre, je vous recommande la page qui lui est consacrée : MediasSociaux.fr/SocialBusiness.

Pour celles et ceux que j’ai réussi à convaincre, vous pouvez commander l’ouvrage sur Amazon, la livraison est gratuite : Social Business : Comment définir une stratégie viable pour votre marque sur les médias sociaux. Méfiez-vous, il faut cliquer sur le bouton orange « Voir toutes les offres » puis sur « Ajouter au panier » dans la page suivante, car je ne suis pas encore éligible au bouton d’ajout au panier directement sur la page du produit (c’est visiblement la norme pour les nouveaux vendeurs).

Microsoft cherche à relancer son navigateur en misant sur les tablettes

Voilà de nombreuses années que Microsoft cherche à limiter l’érosion des parts de marché de son navigateur Internet Explorer. Il faut dire que ce dernier a pris un terrible coup de vieux ces dernières années avec l’ascension fulgurante de Chrome et Firefox, sans compter les bonnes performances de Safari et Opera. Pour cela, ils ont régulièrement organisé des campagnes et réalisé des démos techniques pour tenter de prouver au grand public que IE n’était pas le vilain petit canard que l’on croyait (La guerre des navigateurs relancée par Microsoft), jusqu’à la récente campagne The Browser You Love to Hate. Cette année, nous avons droit à une approche différente avec une campagne ambitieuse : Internet Explorer Invites You to Rethink What the Web Can Be.

Avec RethinkIE, les équipes de Microsoft ont mis le paquet pour assurer la promotion de la version 11, mais le positionnement est différent : (« It’s a new browser, it might surprise you« ) : Regardless of what you think of IE, Microsoft wants you to Rethink IE. Ils ne communiquent ainsi plus du tout sur les performances techniques, mais sur d’autres arguments :

  • Une expérience différenciante sur les tablettes avec de la navigation en plein écran ;
  • Du multitâche (ex : Skype dans un onglet pendant que l’on surfe sur un autre) ;
  • Un mode « lecture à l’écran » (déjà présent sur Safari et Opera il me semble) ;
  • La possibilité d’épingler des sites ou pages sur l’écran d’accueil de Windows…

Comme il faut un minimum épater la galerie, cette nouvelle campagne s’appuie sur plusieurs réalisations très spectaculaires pour démontrer les capacités techniques de cette 11e version :

  • Red Bull Rampage 2013, un mini-site mêlant contenus vidéo et interactivité ;redbullrampage
  • GlacierWorks, un autre mini-site pour partir à la découverte de l’Everest, avec de très beaux panoramas en plein écran ;glacierworks
  • Contre Jour, l’adaptation du célèbre jeu pour tablette ;
  • Hover, l’adaptation d’un autre jeu mythique, dans la lignée de Atari Arcade ;hover
  • Just a Friend, qui mélange musique et expériences visuelles.

Tout ceci est très réjouissant et surtout très bien exécuté. Mais le problème est de parvenir à reconquérir la confiance des développeurs. Pour cela, les équipes ont lancé l’initiative Modern.ie l’année dernière, sur laquelle on retrouve des explications sur les réalisations précitées (Behind the Scene) : Saving Developers over 1 Million Hours: Celebrating the 1 Year Anniversary of modern.IE.

Je ne me prononcerais pas sur les qualités de cette onzième version puisque je ne peux pas l’installer, mais je crois savoir qu’elle apporte entière satisfaction aux possesseurs de tablettes Windows que j’ai pu interroger. Je ne peux que saluer les efforts fournis par Microsoft pour ne pas se laisser distancer. Il faut dire que la tâche est rude, surtout avec les nombreuses annonces de la concurrence (Mozilla’s major user interface overhaul Australis lands in Firefox Nightly et Chrome + LEGO: You can build whatever you like).

Que le meilleur gagne !

Votre visite guidée en quelques clics

Je ne le répéterais jamais assez : les premières secondes d’utilisation d’un site web ou service en ligne sont primordiales : soit l’utilisateur trouve ce qu’il cherche tout de suite, soit il passe à autre chose. Dans le cas d’ un site de contenus, vous pouvez facilement lui simplifier la tâche en optimisant le système de navigation. Dans le cas d’un service ou d’une application en ligne, c’est plus compliqué, car il peut y avoir un certain nombre de choses à assimiler sur l’interface avant de pouvoir l’exploiter. C’est dans ce second cas de figure que les visites guidées (« demo tour » en anglais) se révèlent particulièrement efficaces.

si personne ne peut contester l’utilité des visites guidées sur un site web (cf. Une visite guidée intégrée à votre page d’accueil), le problème vient du coût de réalisation et de la compatibilité des technologies utilisées. Jusqu’à présent, créer une visite guidée de qualité représentait un budget non-négligeable, et nécessitait l’emploi de technologies pas forcément adaptées à tous les terminaux (Flash, vidéo…). Heureusement les technologies évoluent vite et l’on trouve maintenant des choses beaucoup moins coûteuses et surtout beaucoup moins lourdes : Walk Users Through Your Website With Bootstrap Tour.

Bootstrap Tour est un plugin pour le framework javascript Bootstrap qui vous permet de réaliser des demo tours. En français dans le texte, Bootstrap Tour est donc une brique logicielle qui sert à créer une visite guidée sur votre site à partir d’info-bulles, sans utiliser de technologies « lourdes », uniquement du javascript. L’intérêt est de s’appuyer sur une technologie standard, qui peut être très facilement modifiée, et qui fonctionne parfaitement sur les terminaux mobiles.

Concrètement la visite guidée se lance dès l’ouverture de la page et vous permet d’afficher des info-bulles aux endroits stratégiques, et même d’assombrir certaines parties de l’écran pour concentrer l’attention :

bootstraptour

Le bénéfice pour l’utilisateur est immédiat : on lui présente les principales fonctionnalités directement à l’écran en quelques secondes. Cerise sur le gâteau : comme c’est du javascript, il est tout à fait possible de combiner une visite guidée avec un assistant de création de compte. Pour ceux qui n’en ont pas l’utilité, la visite guidée peut être arrêtée à tout moment en un simple clic.

Précisons qu’il existe d’autres librairies javascript pour réaliser ce genre de visite guidée, notamment jQuery Joyride, Hopscotch, TourBus, Chardin.js, Intro.js… Pour celles et ceux qui sont allergiques au code, vous pouvez également utiliser des services comme Tour My App ou Tutorialize, mais ils sont payants.

N’hésitez pas à partager votre retour d’expérience sur ces solutions ou indiquer d’autres solutions dans les commentaires.

La sortie de mon premier livre est imminente

Voilà plus de 10 ans que je rédige mes blogs, près de 3.300 articles. Depuis tout ce temps, de nombreuses personnes m’ont demandé pourquoi je n’avais jamais publié de livre. Ma réponse était toujours la même : le papier m’impressionne. Quand on est habitué au confort d’utilisation des outils de publication numériques, l’idée d’imprimer des mots sur un support qui ne peut être modifié à de quoi mettre mal à l’aise.

Il m’a donc fallu un certain nombre d’années pour trouver le bon thème et me décider à relever le défi. Autant vous dire que ça n’a pas été simple, car la rédaction de ce premier livre a débuté il y a plus de deux ans (il faut croire que je ne suis pas très doué). Mais ce chantier touche enfin à sa fin, car la sortie de mon premier livre est imminente : il devrait être disponible à la vente en fin de semaine chez Amazon, le temps que le centre logistique réceptionne le carton au  et que la fiche soit validée.

En théorie, la rédaction d’un livre professionnel n’est pas censée prendre autant de temps, notamment parce que les éditeurs connaissent leur boulot et qu’ils savent faire aboutir un projet de publication dans des délais assez courts. Mon problème est que je n’ai pas réussi à m’entendre avec les différents éditeurs que j’ai pu rencontrer, j’ai donc dû être mon propre éditeur. Ce n’est pas tant ma méconnaissance du monde de l’édition qui a posé problème, que le long processus de rédaction pour aboutir à un manuscrit cohérent. Autant un éditeur peut vous convaincre que votre manuscrit est suffisamment bon pour pouvoir le publier rapidement, autant j’ai eu beaucoup de mal à stabiliser une première version et à me dire que ce coup-ci, c’était la bonne. J’ai donc profité de l’accalmie des fêtes de fin d’année pour boucler le manuscrit, le faire relire et l’envoyer à l’imprimeur.

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Publier un livre n’est pas une mince affaire, j’ai également dû me familiariser avec tous les aspects administratifs : demander un N° ISBN et faire un dépôt légal, créer un compte vendeur chez Amazon et créer une offre (l’interface est plutôt… intimidante), prendre RDV entre le transporteur et les équipes logistiques d’Amazon dans le Loiret (on ne peut pas simplement se pointer avec un camion, il faut demander l’autorisation)…

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Mais heureusement j’en suis venu à bout, et le fruit de mes efforts est enfin à portée de clics, si tout se passe bien. Toute cette histoire peut paraître triviale aux yeux de celles et ceux qui ont déjà publié plusieurs livres, mais le fait de signer un bon à tirer procure quand même une grosse émotion, surtout quand on a tout fait sois-même.

Par contre, si je suis extrêmement fier d’avoir pu rédiger et éditer ce livre tout seul comme un grand, il y a encore des petites choses à améliorer, notamment sur la mise en page (débuter les sections sur des pages impairs, mettre des légendes aux images, augmenter la taille de la police de la quatrième de couverture…). Une infinité de petits détails qui seront corrigés pour la prochaine version. Eh oui, le livre n’est pas encore en vente que je réfléchis déjà à la prochaine édition, ce qui est normal, car le secteur évolue rapidement, il faut donc au minimum une édition par an pour que le contenu ne se périme pas trop.

Mais bon, chaque chose en son temps, car je m’attaque dès maintenant à la rédaction d’un second livre sur l’internet mobile. J’espère mettre moins de deux ans à le publier…

MàJ : Bon la fiche du livre apparait sur Amazon, mais il n’est pas possible le mettre au panier, et il n’est pas correctement référencé…

Les applications mobiles coûtent trop cher, misez plutôt sur le web

Oui je sais, ça va bientôt faire 3 ans que je vous annonce l’hégémonie d’HTML5 par rapport aux applications natives (HTML5 s’impose petit à petit comme LA référence pour les applications mobiles). Il n’empêche que certains signes du marché me font dire que 2014 sera bel et bien l’année où les applications web sur terminaux mobiles vont enfin reprendre leur place. Mais d’abord, un petit peu d’histoire.

En 2007, Apple présentait au monde entier son tout nouveau smartphone, l’iPhone. Puis l’année suivante, Apple a introduit la notion d’application mobile avec la première app store. Depuis, les utilisateurs se sont passionnés pour les smartphones et les annonceurs et éditeurs pour les applications mobiles. Nous sommes maintenant en 2014, et les smartphones ont envahi le monde : Global Smartphone Shipments Top 1 Billion For The First Time Thanks To Cheap Android Devices, Says IDC. Comme le titre de l’article l’indique, Apple n’est plus du tout leader sur ce créneau, puisque les smartphones tournant sous Android sont maintenant largement dominants, une tendance confirmée par d’autres sources : Android overtakes iOS on US sales, extends lead in Europe, Latin America and China.

Avec plus d’1 milliard d’unités vendues en 2013, le marché des smartphones est maintenant complètement atomisé, ce qui pose de gros problèmes pour les éditeurs d’applications mobiles :

  • Les coûts de développement augmentent avec le nombre de systèmes d’exploitation à cibler (iOS, Android, Windows Phone…) et les changements majeurs de version (ex : de iOS 6 vers iOS 7) ;
  • Les coûts de maintenance et de compatibilité augmentent avec la disparité du matériel (formats et types d’écrans, processeurs…) ;
  • Les places de marché d’applications officielles subissent la concurrence d’app stores indépendantes (mPlayIt, Appolicious…), notamment en Chine où la croissance est la plus forte (Wandoujia, One Of China’s Leading App Stores, Lands $120M In New Funding).

Ces nouvelles conditions de marché font que la distribution de contenus et services sur terminaux mobiles à travers des applications natives est beaucoup plus complexe à maitriser et à rentabiliser. À partir de ce constat, il y a deux cas de figure possibles : soit vous vous spécialisez sur un domaine et un environnement (ex : les jeux mobiles sur iPhone), soit vous vous adaptez à ce nouveau contexte et abandonnez les dogmes pour adopter une démarche plus pragmatique.

La (nouvelle) réalité que les éditeurs de contenus et services vont devoir assimiler rapidement est que le seul moyen de palier à l’évolution trop rapide du marché est de faire passer les applications natives au second plan pour investir à nouveau sur le web, mais dans un contexte mobile. Entendons-nous bien : je m’adresse avant tout aux éditeurs de contenus et services multi-canaux, ceux pour qui les terminaux mobiles sont un canal de distribution parmi d’autres. Pour ceux qui ont fait le choix de la sur-spécialisation (ex : une application de gestion de calendrier sous iOS), la situation est à aborder selon d’autres critères.

Donc à l’exception des éditeurs de jeux mobiles, la diversification du marché augmente mécaniquement les coûts liés aux développements et à l’évolution d’applications natives, donc rend les applications web mobiles plus intéressantes pour toucher une population cible plus large (potentiellement tous les possesseurs de smartphones, quelque soit la marque ou le système d’exploitation), s’affranchir des contraintes de référencement dans les app stores, et gagner en flexibilité / rapidité d’évolution. En résumé : investir sur le web, c’est faire le pari de l’avenir. A contrario, développer une application mobile, c’est se rendre dépendant d’une technologie propriétaire, d’un circuit de distribution fermé et d’un environnement de déploiement qui est condamné à évoluer à moyen terme.

Vous noterez que la discussion entre native app et web app n’est pas neuve (En finir avec le débat application vs. site mobile), mais de nouveaux arguments nous font voir ce dilemme sous un autre angle, à commencer par les éditeurs de contenu. Deux portails d’information US ont récemment communiqué sur le fait que près de la moitié de leur trafic provenait des terminaux mobiles : As CNN mobile traffic hits 40%, editor calls web vs. apps debate ‘red herring’. De même, Yahoo a décidé de réorienter toute sa stratégie autour des terminaux mobiles : Yahoo Now a Mobile First Company. Dans ce contexte, est-il encore pertinent de s’obstiner à proposer une application native, et d’en subir implicitement les contraintes ? Il est logiquement beaucoup plus prudent de miser sur le navigateur que sur l’app store pour toucher des lecteurs en situation de mobilité (version mobile de votre site vs. application native).

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Pour les commerçants, c’est la même chose : est-il bien raisonnable de placer tous vos espoirs dans une application native plutôt que de proposer une version mobile de votre boutique en ligne ? Là encore, c’est une simple question de bon sens : il faut dépenser beaucoup d’argent et d’énergie pour inciter les clients à installer une application mobile, surtout pour ne réaliser qu’une ou deux ventes dans l’année. Il y a bien sûr le cas particulier des ventes flash, mais c’est une exception. Dans la très large majorité des cas, votre site web doit rester votre priorité, pour les internautes ET les mobinautes.

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Précision importante : privilégier la version mobile de votre site ou boutique en ligne, ne veut pas dire que vous devez abandonner vos applications natives, simplement qu’il vous faut allouer vos ressources en conséquence et faire les bons arbitrages. Rien ne vous empêche ainsi de déployer des applications natives conçues autour d’une fonction en particulier, c’est d’ailleurs ce que fait Facebook (Facebook’s Plot To Conquer Mobile: Shatter Itself Into Pieces).

Seconde précision importante : il est tout à fait possible de monétiser une application mobile réalisée en HTML5, c’est d’ailleurs ce que commence à faire Amazon (Amazon Appstore Now Allows Developers To Charge For HTML5 Web Apps, Promote Them Through “Free App Of The Day”), et c’est très certainement ce que va faire Google très prochainement (That was fast: Chrome Apps ready to go mobile).

Bien évidemment vous trouverez toujours quelqu’un pour vous dire qu’une application native est plus performante, ce qui est tout à fait juste. Mais le problème n’est pas là, car nous parlons plutôt de coûts de développement, de rapidité / facilité d’évolution et surtout de rentabilité. La courbe d’apprentissage pour un développeur HTML qui souhaite réaliser une application web mobile est en effet beaucoup plus courte que pour un développeur lambda qui doit apprendre à maitriser les environnements de développement des applications natives. Il est, de plus, beaucoup plus simple de capitaliser de l’expérience sur des technologies et une architecture standards (reposant sur HTML) que de bricoler pour faire communiquer une application native avec votre CMS ou votre système d’information.

Moralité : est-ce la fin des applications web ? Non, bien sûr que non. Par contre, ce qui va changer, c’est que les éditeurs de contenus et services en ligne vont se réapproprier HTML dans un contexte de mobilité, et laisser les applications natives à ceux qui en ont réellement besoin. Nous retrouverons alors la dichotomie « classique » que nous connaissons dans le monde des ordinateurs entre éditeurs de contenus / services sur le web et éditeurs de logiciels.

La bonne nouvelle dans cette histoire est que vous avez déjà des développeurs HTML dans vos équipes, et qu’ils peuvent s’autoformer très rapidement. Je leur recommande d’ailleurs de commencer par là : Standards for Web Applications on Mobile: Current State and Roadmap.

Yahoo rachète Cloud Party pour se relancer dans le jeu en ligne

La nouvelle est passée complètement inaperçue, mais figurez-vous que la semaine dernière, Yahoo a racheté l’environnement virtuel Cloud Party : Cloud Party Joins Yahoo. Pour votre information, Cloud Party est une plateforme permettant de créer de petits environnements virtuels directement dans la fenêtre de votre navigateur, donc sans passer par un logiciel ou plugin spécifique.

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Autant dire que cette acquisition a de quoi surprendre, d’une part car la technologie WebGL manque encore un peu de maturité ; d’autre part, car ce n’est pas du tout sur ce créneau que Yahoo est attendu (euphémisme). Je pense ne pas me tromper en disant que le segment des univers virtuels s’est fortement contracté ces dernières années, et que Second Life reste la plateforme de référence. Même si Cloud Party s’était plutôt bien diversifié et proposait une richesse fonctionnelle tout à fait honorable (New Stores Opening in Cloud Party), vous êtes en droit de vous demander pourquoi ils rachètent cette startup, surtout si c’est pur la fermer : Yahoo Acquires Virtual World Gaming Startup Cloud Party, Will Shut It Down.

Le moins que l’on puisse dire, est que Yahoo a toujours été très timide dans son appropriation des univers virtuels (Yahoo se lance timidement sur le créneau des univers virtuels), contrairement à Google, par exemple, qui avait tenté l’aventure avec Lively. Ceci étant dit, Yahoo a récemment fait l’acquisition d’une autre startup l’année dernière, PlayerScale, qui permet de faciliter le déploiement de jeux multi-plateformes (Facebook et Yahoo renforcent leurs équipes pour les jeux mobiles).

L’hypothèse la plus probable est que Yahoo souhaite se renforcer sur le créneau des jeux sociaux multi-plateformes, notamment en capitalisant sur Yahoo Games. C’est de loin le scénario le plus logique, dans la mesure où le segment des univers virtuels n’offre finalement que peu d’opportunités de croissance (What Are Virtual Worlds & What Are Their Uses?), et que Google a jeté l’éponge (The End of Google+ Games). De ce point de vue là, la stratégie de Yahoo serait d’essayer de prendre de vitesse la nouvelle génération d’applications mobiles asiatiques qui tentent de s’imposer sur ce créneau (L’avenir des jeux sociaux passera par les plateformes sociales mobiles).

Une stratégie qui semble logique, mais particulièrement inspirée. L’avenir des jeux vidéo est en effet fortement lié aux terminaux mobiles, mais également aux environnements virtuels, notamment ceux avec un environnement de type sandbox comme Minecraft (Minecraft = Second Life + Lego universe – 24 bits), Roblox (Roblox is trying to foster the next generation of indie devs), ou encore Patterns (Linden Lab se réinvente et profite du succès de Minecraft).

Sans parler du fait que d’autres sont déjà passés à la vitesse supérieure avec de grandes ambitions autour de la réalité virtuelle : Google Glass Mini Games et EverQuest Next could be the first MMORPG to support the Oculus Rift.

Donc au final, Yahoo confirme sa posture de suiveur réactif. On peut difficilement leur en vouloir tant le marché est chaud en ce moment : les valorisations des startups les plus en vue atteignent des sommets que le conseil d’administration de Yahoo ne peut approuver. Ils sont logiquement obligés de se rabattre sur des « proies » plus faciles à avaler. Circulez, y’à rien à voir…

Les constructeurs automobiles français pas encore au point sur les terminaux mobiles

Les constructeurs automobiles ont toujours été très friands d’interfaces riches, vous trouverez de nombreux exemples en parcourant les archives de ce blog. Aujourd’hui, les mini-sites en flash ne sont plus trop à la mode, si ce n’est pour des réalisations très spectaculaires comme celles de Volvo Trucks ou le récent Race the Sun de Land Rover qui propose une série de mini-jeux synchronisés avec votre smartphone. Il ne reste que quelques irréductibles à proposer un site 100% Flash comme celui de la marque aux chevrons (un bel anachronisme).

Donc dans l’ensemble, les constructeurs automobiles font un usage beaucoup plus modéré de Flash, mais ce n’est pas pour autant qu’ils adressent de façon efficace les terminaux mobiles. Lexus propose ainsi un très beau magazine en ligne en Flash (Beyond Magazine) qui n’est absolument pas compatible avec les smartphones et tablettes.

lexus

Et quand bien même il n’était pas réalisé en Flash, il faudrait quand même un peu de travail d’optimisation pour qu’il puisse être consulté dans de bonnes conditions sur un terminal mobile (à l’image du BMW Magazine qui est malheureusement bloqué en Europe). Il en va de même pour les sites web, qui même s’ils sont réalisés en HTML restent difficilement consultables sur smartphone ou tablette. Pour pallier à ce déficit de compatibilité, les constructeurs ont adopté différentes approches.

La première tactique consiste à déployer des applications mobiles. C’est ce que font des constructeurs comme Ford, qui en propose un certain nombre sur Ford Mobile Showcase, ou Audi qui équipe ses concessions (Audi sees iPad app as major sales tool) et qui s’associe avec des éditeurs de services mobiles (Audi / INRIX Sources ParkMe for Live Parking Information).

La deuxième approche consiste à proposer une version mobile de son site, comme le font Renault ou Peugeot.

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Vous conviendrez que dans le premier cas, c’est très austère (ça ne donne pas vraiment envie), alors que dans le deuxième cas, il y a trop de raffinements (on ne s’y retrouve pas vraiment). Il existe pourtant de très bons exemples comme Dodge qui propose un site mobile à la fois simple à manipuler et très réussi visuellement.

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D’autres constructeurs proposent enfin des sites web hybrides qui fonctionnent aussi bien sur un ordinateur que sur un smartphone ou une tablette. C’est notamment le cas d’Audi USA :

audi

C’est également le cas de VW en Norvège qui propose un site à part : Volskwagen Showroom.

polo

Ces deux sites ont été conçus selon le principe du responsive design, une technique permet d’avoir une mise en page qui s’adapte à la largeur de l’écran, comme c’est le cas pour le site de Peugeot.

Est-ce réellement utile de propose à la fois un site web compatible, un site mobile ET des applications mobiles ? Oui j’en suis persuadé, car les terminaux alternatifs comme les tablettes sont de plus en plus utilisés à domicile : Retailers must have tablet-first Web experiences in post-PC world. À partir de ce constat, pourquoi se contenter d’une solution en demi-teinte comme le responsive design qui reste un compromis ?

Si les distributeurs indépendants peuvent se contenter d’une solution unique (cf. Responsive Dealer Website), une marque avec un minium d’ambition se doit de proposer un large éventail de solutions :

  • Un site web avec une mise en page flexible pour les ordinateurs et tablettes ;
  • Un site web mobile pour les smartphones ;
  • Des applications mobiles pour des usages très spécifiques (ex : configurateur événementiel pour le lancement d’un nouveau modèle) ;
  • Des mini-sites très spectaculaires (donc destinés aux ordinateurs) pour une opération limitée dans le temps ;
  • Des mini-sites « plaquettes » avec une mise en page et une manipulation adaptée aux tablettes…

Vous l’aurez donc compris, il n’existe pas de solution miracle et il faut un minimum d’investissement pour pouvoir apporter de la satisfaction à des prospects et clients dont les usages se dispersent sur différents types de terminaux. Google a publié à ce sujet un certain nombre d’articles et études sur le Customer Journey to Online Purchase et le Zero Moment of Truth, et plus spécifiquement sur le Mobile Path to Purchase.

Vous pourriez me dire que tout ceci augmente considérablement le budget de développement et que le ROI est plus qu’incertain, et je vous répondrais que vous n’avez pourtant pas vraiment le choix, car cela correspond à un véritable changement de comportement et d’habitudes chez les prospects et clients. Ceci étant dit, nous commençons à avoir un minimum de recul sur la question et les premiers résultats de dispositifs mobiles sont plutôt encourageants : Responsive Design for the Automotive Industry.

La moralité de cet article est qu’il faut investir beaucoup de ressources et d’énergie pour avoir un dispositif en ligne performant, aussi bien en matière de séduction, de transformation, de référencement… Dans tous les cas de figure, simplifier son site web pour le rendre compatible avec les terminaux mobiles est forcément bénéfique pour l’expérience utilisateur. L’exemple d’Audi USA me semble particulièrement parlant, car le site est au final beaucoup plus percutant. Vous ne trouvez pas ?