De l’évolution des tableaux de bord des voitures

Les tableaux de bord des voitures sont un sujet de réflexion très intéressant. D’une part, car les tableaux de bord donnent de la personnalité aux voitures, d’autre part, car une mauvaise conception peut tuer des vies. Si je ne dis pas bêtises, la notion de simplexité (l’art de rendre simple, lisible, et compréhensible les choses complexes) sort des bureaux d’étude de Renault. Bref, c’est un parfait sujet d’étude, d’autant plus avec l’arrivée de l’affichage numérique.

Jusqu’à présent, les tableaux de bord de nos voitures étaient essentiellement analogiques, comme nous le prouve la très belle collection de Car UX.

Panorama des tableaux de bord de voitures
Panorama des tableaux de bord de voitures

Cependant les choses sont en train de changer, notamment chez certains constructeurs haut de gamme qui se servent de leur tableau de bord comme argument de vente pour démontrer la capacité d’innovation. C’est ainsi le cas d’Audi avec le tableau de bord entièrement numérique de la prochaine version de sa TT : The Audi TT’s New ‘Virtual Cockpit’ Looks Incredible.Ce virtual cockpit, présenté au salon CES de lLas Vegas propose trois interfaces : Driving mode, pour la conduite courante, Navigation mode, avec les instructions cartographiques, et Media mode, pour manipuler la radio et le lecteur multimédia.

L'interface graphique de la prochaine Audi TT
L’interface graphique de la prochaine Audi TT

Vous conviendrez que le résultat est très convainquant. Les concepteurs pourraient néanmoins aller plus loin et proposer quelque chose de beaucoup plus futuriste. C’est le cas chez GM et son Advanced Design Studio qui réfléchit à des interfaces en rupture avec ce que nous connaissons : GM Concept UI.

Le concept de tableau de bord numérique de GM
Le concept de tableau de bord numérique de GM

Le résultat est très spectaculaire et nettement plus futuriste. En version animée, ce tableau de bord baptisé Elmiraj est beaucoup plus impressionnant :

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Mais la palme revient très certainement à Tesla Motors pour l’incroyable panneau tactile de sa Model S : Tesla’s Groundbreaking UX, An interview with User Interface Manager Brennan Boblett.

Le tableau de bord de la Model S de Tesla
Le tableau de bord de la Model S de Tesla

La zone d’affichage derrière le volant est plutôt restreinte, mais l’immense écran tactile de la console centrale est assurément une idée de génie. L’équipe de conception avait un cahier des charges assez précis et devait suivre un certain nombre de principes pour l’interface qui devait être intelligente, inspirante, sophistiquée et empowering (mot que je ne sais toujours pas traduire).

L'interface de la console centrale de la Model S de Tesla
L’interface de la console centrale de la Model S de Tesla

Le résultat est tout simplement bluffant : tous les aspects de la voiture peuvent être contrôlés à partir de cet écran tactile, et le rendu graphique est impressionnant. Ça doit être un vrai régal pour le passager !

Je me demande dans quelle mesure les industriels peuvent innover dans ce domaine. J’imagine qu’il doit y avoir des contraintes réglementaires en France ou en Europe (à confirmer). Dans tous les cas de figure, quand je constate l’anormale augmentation des prix des voitures de Mr tout-le-monde (citadines…), je me dis que nos constructeurs nationaux pourraient faire un petit effort. J’aime bien le système R-Link de Renault, mais vous ne trouvez pas que ça manque d’ambition ? Serait-ce vraiment trop demandé, surtout quand on connait la valeur réelle d’une voiture (7.500 € pour une Logan contre 20.000 € pour certains modèles de Clio).

MàJ (18/04/2014) : Dans un autre genre, il y a aussi ce rétroviseur intérieur qui permet d’afficher la vue d’une caméra placée sur le pare-choc arrière : Nissan Just Revolutionized The Rearview Mirror.

Amazon sur tous les fronts avec Fire TV, Dash et un smartphone

Pour beaucoup, Amazon est une énigme : immensément populaire avec ses boutiques en ligne, cette société parvient à régulièrement surprendre le marché en se lançant sur des créneaux où on ne l’attendait pas. Ça a commencé avec les livres électroniques en 2007, un segment dont Amazon est maintenant le leader incontesté (Amazon less dominant in e-book market outside UK), puis avec les tablettes en 2011 (Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle), une stratégie de diversification qui s’est intensifiée depuis (Amazon agrandit sa gamme de tablettes et entre en guerre avec Apple et Google). Considéré comme un trouble fête avec des produits au positionnement radicalement différents des autres fabricants, Amazon vient de frapper un grand coup ce mois-ci avec l’introduction de deux nouveaux produits qui risquent de changer la donne.

Pressentie depuis quelques mois, la set top box d’Amazon est enfin là : la Fire TV se présente donc sous la forme d’un petit boitier qui se branche sur votre TV et vous donne accès à tous les produits et services d’Amazon (films, séries TV…). Propulsé par Android, ce boitier vous permet également de consulter vos photos stockées sur Amazon Cloud Drive et d’exploiter toutes les applications de streaming (Netflix, Hulu…) : 10 Things You Need To Know About The Amazon Fire TV.

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Amazon a pris son temps avant de sortir ce produit, car les équipes voulaient s’assurer d’un succès immédiat en bénéficiant de l’expérience accumulée sur ses tablettes. Le résultat est visiblement convainquant avec un boitier très simple d’utilisation, les fonctions avancées de contrôle parental, l’intégration de contenus complémentaires (X-Ray) et une télécommande vocale, le tout pour 99$.

Cerise sur le gâteau, on peut même acheter une manette pour pouvoir jouer à des jeux distribués sur le App Shop. Ils se payent même le luxe d’éditer un jeu exclusif : Sev Zero headed to Fire TV from Amazon Game Studios.

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Comme avec les tablettes de la gamme Fire, la simplicité d’usage est donc l’argument de vente principal de cette Fire TV, et la télécommande vocale en est le fer de lance. Lorgnant à la fois sur le créneau des media players à la Roku et des micro-consoles à la Ouya, cette Fire TV a toutes les chances d’écraser la concurrence grâce à un catalogue immense et un service client au top. Vous remarquerez que la technologie est secondaire, car l’important est de proposer le plus vaste choix de contenus. Ceci explique pourquoi Amazon a lancé son propre studio de jeux (Amazon Game Studios) et pourquoi ils viennent également de racheter Comixology, la plateforme de distribution de BD numériques : Amazon acquiring digital comics platform Comixology.

Profitant de la R&D investie sur cette télécommande vocale, ils ont également annoncé le lancement de Dash, une télécommande associée au service Amazon Fresh, pour pouvoir commander en toute simplicité des produits de la vie quotidienne en scannant leur code-barre ou en les dictant pour remplir sa liste de courses : Amazon introduces Dash, a scanner and recorder for Amazon Fresh.

Autant il y avait des rumeurs pour le boitier multimédia, autant Amazon a scotché tout le monde avec cette redoutable télécommande : Amazon’s Magic Wand and the Unrelenting Race to Make Shopping More Convenient. Ce n’est pas tant sa simplicité d’utilisation qui la rend attractive, mais le fait qu’elle soit associée au service Fresh, pour lequel Jeff Bezos nourrit de très grandes ambitions : 50% de la population américaine couverte par l’offre épicerie Amazon dès 2014 et avec sa propre flotte de véhicules.

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Fort d’une gigantesque clientèle (nous parlons de centaines de millions de clients), d’un service client en béton et d’une logistique ultra-optimisée, cette télécommande est la dernière pièce du puzzle qui va permettre à Amazon de s’imposer comme le leader incontesté de la distribution et devancer son grand rival Walmart. L’idée étant de petit à petit grignoter sur l’ensemble des besoins des clients (produits culturels, divertissements, courses alimentaires…) : Why groceries could be Amazon’s next big loyalty play.

Et comme si ça ne suffisait pas, les rumeurs semblent indiquer que le lancement d’un smartphone est imminent : This is Amazon’s smartphone. On ne sait pas grand-chose de ce smartphone, si ce n’est qu’il tournera sur la version simplifiée d’Android (comme les tablettes Fire et la Fire TV) et qu’il proposera une interface 3D très aboutie.

amazon-smartphone

Les smartphones ont-ils réellement besoin d’une interface 3D ? Très clairement non. D’ailleurs, ce n’est pas la première tentative des constructeurs d’introduire de la simili-3D dans les smartphones. En fait, tout l’intérêt de ce smartphone va résider dans son prix (qui sera ultra-compétitif, comme les autres terminaux de la gamme) et son intégration à l’écosystème Amazon (notamment l’offre Premium). Je ne suis pas devin, mais j’imagine qu’Amazon ne s’appuiera pas sur les opérateurs téléphoniques traditionnels, mais va proposer sa propre offre en exploitant le principe des MVNO (Mobile Virtual Network Operator), déjà mis en oeuvre au travers de sa technologie Whispersync.

Commerce en ligne, cloud computing, livres électroniques, tablettes, TV connectée, smartphones… rien n’arrête l’appétit d’Amazon qui commence seulement à nous dévoiler son plan d’ensemble : être présent dans chaque aspect du quotidien des clients. La suite risque d’être passionnante…

Le choix des plateformes sociales dépend de vos objectifs et contenus

Quelle plateforme sociale choisir ? Voilà une question que vous vous êtes toutes et tous posée. Facebook, Twitter, Youtube, Pinterest… le choix est vaste, et l’arbitrage se fait généralement en fonction des ressources disponibles : une marque est « installée » en priorité sur Facebook, puis sur les autres plateformes disponibles s’il reste du budget (l’audience étant le critère principal pour en définir l’ordre). Pourtant, la définition d’un média planning ne se fait de façon beaucoup plus subtile : vous n’achetez pas nécessairement des espaces publicitaires sur la chaîne TV et la station de radio la plus populaire sans réfléchir un minimum à la cible que vous souhaitez toucher et le message que vous allez essayer de faire passer. Sur les médias sociaux, c’est la même chose : Facebook est un choix logique, car c’est la plateforme avec la plus forte audience, mais c’est justement cette incroyable popularité qui fait qu’il est très dangereux d’y investir tous ses moyens (il y aura toujours des annonceurs avec de plus gros budgets que vous).

C’est pour vous aider dans ce choix que le portail CMO.com édite tous les ans un guide des différentes plateformes sociales et de leur impact : The 2014 CMO’s Guide To The Social Landscape. Je ne suis pas forcément d’accord avec le choix du titre de cette infographie, car le paysage des médias sociaux ne se limite pas à 8 plateformes. Cette grille fournit néanmoins des clés de compréhension intéressantes sur les particularités de chacune de ces plateformes.

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Les différentes plateformes sociales sont analysées en fonction de quatre impacts : le référencement, l’exposition, la relation client et la génération de trafic. Voici une synthèse de cette grille :

  • Twitter est la plateforme la plus « recommandable » selon les quatre critères. Les profils commencent à être bien référencés, l’apport de trafic est conséquent, et les différents outils d’aide à la publication (notamment les fonctions de programmation et d’automatisation) permettent d’assurer un haut niveau de visibilité, que l’on peut améliorer avec les offres de contenus sponsorisés. De plus, les internautes commencent à s’habituer à ce moyen de communication pour interpeller ou être interpellé par une marque. J’apporterais un bémol à cette analyse dans la mesure où l’audience de Twitter en France n’est pas réellement représentative de la population (les « élites » y sont plus présentes que le grand public).
  • Facebook est de loin la plateforme la plus populaire, celle qui génère le plus de trafic entrant, mais le référencement des contenus est très limité et la portée naturelle des messages est en chute libre. Ceci étant dit, Facebook offre une grande souplesse dans les applications qui peuvent être greffées à une page (au travers des onglets) et propose surtout un moteur de ciblage publicitaire redoutable.
  • LinkedIn s’est au fil des années imposée comme la plateforme sociale de référence dans le domaine BtoB. Le rachat récent de SlideShare et l’ouverture de la fonction de publication à tous les utilisateurs en font un support très performant pour augmenter sa crédibilité et acquérir des leads, même si le référencement est encore perfectible. L’auteur de l’article traite de façon individuelle LinedIn et SlideShare, un choix étrange, car ces deux plateformes sont parfaitement complémentaires.
  • YouTube est sans conteste la plateforme d’hébergement et de partage de vidéos la plus populaire. Cependant,elle commence à être sacrément encombrée et la recherche est largement perfectible (un comble pour un service de la galaxie Google). Si la praticité de YouTube n’est plus à prouver, la fidélisation des utilisateurs est un processus laborieux et l’apport de trafic reste étonnamment bas pour une plateforme bénéficiant d’une audience aussi gigantesque.
  • Google+ est une énigme pour les marketeurs qui se posent beaucoup de questions, mais hésitent à investir. Pourtant, l’audience est supérieure à Twitter et l’impact sur le référencement est bien réel (notamment au travers de l’author rank). Si certaines communautés de niche remportent un vif succès, les internautes ont du mal à intégrer Google+ dans leurs habitudes quotidiennes.
  • Pinterest est le site d’inspiration le plus populaire, bénéficiant d’un très bon référencement et générant un trafic hautement qualifié pour les marques qui savent l’exploiter de façon intelligente. Les interactions avec les membres restent cependant plutôt pauvres, voire inexistantes.
  • Instagram est l’application de partage de photo la plus prisée des grandes marques. Pourtant, les usages sont essentiellement concentrés sur les terminaux mobiles et l’impact sur le référencement est quasi nul. Cette application offre néanmoins des possibilités intéressantes avec l’introduction des vidéos et des messages privés.

Même si je reconnais l’intérêt de synthétiser les caractéristiques des grandes plateformes sur une infographie, je ne peux m’empêcher de penser que ce paysage n’est médias sociaux est loin d’être complet : où sont les grandes plateformes de blog comme WordPress ou Tumblr ? Où sont les applications mobiles dont on parle autant ces derniers mois ? Où sont les grandes plateformes conversationnelles comme Reddit ou Quora ?

Comment ne pas rappeler également que l’installation d’une marque sur les médias sociaux ne se limite pas au choix des plateformes (cf. De l’intérêt de définir une architecture communautaire et sociale). Il est ainsi essentiel de fixer les bons objectifs (pas nécessairement quantitatif, mais plutôt qualitatif) et surtout d’orienter son choix en fonction des contenus disponibles : le niveau d’exigence des utilisateurs de Pinterest et Instagram est ainsi plutôt élevé, il faut impérativement être en capacité de publier des photos de qualité. Idem pour LinkedIn et SlideShare, où vous n’aurez quasiment aucune chance d’attirer l’attention avec un discours et des contenus trop « commerciaux ». J’ai vraiment l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, mais il est toujours utile de répéter des évidences comme : « On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre » ou « Il faut savoir boxer dans sa catégorie« .

Tout ceci me donne furieusement envie de mettre à jour mon propre panorama des médias sociaux. J’y réfléchis depuis plusieurs semaines, mais je cherche encore un moyen de représenter de façon simple les spécificités fonctionnelles (usages et terminaux) et les particularités géographiques (notamment l’intégration des plateformes asiatiques). La nouvelle version du panorama devrait être publiée en début de mois prochain.

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Mes 3 sites coup de coeur (avril 2014)

Je vous propose régulièrement une sélection de sites dont le design m’a particulièrement plu. Les trois sites que je vous présente cette semaine sont assez semblables dans leur construction et reflètent plutôt bien les tendances du moment : simplicité, clarté et modularité.

Commençons avec TrailerAddict, le célèbre site de référence pour les bandes-annonces :

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Cette nouvelle version propose une charte graphique très sobre avec vert sombre qui n’est pas sans rappeler le nouveau Slashdot. Parfaitement épurée, cette page d’accueil est construite selon une grille de lecture impeccablement découpée en quatre colonnes. Vous apprécierez le choix typographique et le très bon contraste des titres. Tout est mis en oeuvre sur cette page pour faire ressortir les visuels des films, rien à redire, c’est du beau travail.

Poursuivons avec la nouvelle version du site de DC Comics :

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Là encore, la sobriété est de rigueur, aussi bien au niveau des couleurs que des typographies. J’apprécie particulièrement les événements qui animent cette page : l’animation du carrousel ainsi que les bulles et pastilles qui apparaissent quand on fait défiler la page vers le bas. L’alternance entre bandeaux à fond blanc et bandeaux avec trames de fond donne un rythme dynamique à la page et incite le visiteur à regarder plus bas. Je vous invite à aller visiter les profils des différents superhéros, très proches de ce que l’on trouve sur Facebook ou Twitter (j’imagine que c’est un clin d’oeil assumé). Amusez-vous également à redimensionner la fenêtre de votre navigateur pour voir comment la mise en page peut s’adapter aux terminaux mobiles.

Terminons avec le site d’Electronic Arts :

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Les recettes graphiques de ce site sont les mêmes que pour les deux précédents exemples : sobriété, fort contraste des titres et intitulés de navigation. L’engagement visuel sur cette page est un peu plus prononcé grâce à l’image de fond qui donne le ton. Les pages intérieures sont du même acabit avec une grille de lecture bien marquée et des unités d’information représentées sous forme de blocs (ou de cartes) qui flottent sur une trame de fond. Je ne peux qu’encourager cette construction de page, car elle laisse un minimum de liberté aux designers tout en offrant une parfaite lisibilité pour les visiteurs.

Avec ces trois sites, vous avez maintenant une bonne idée de LA tendance graphique du moment : sobriété, éléments visuels rectangulaires et larges à plat de couleurs unis. Une réappropriation très réussie du flat design.

Le début de la fin du renouveau du commerce en ligne

Dans le monde de l’édition, le terme « marronniers » désigne des sujets qui reviennent régulièrement comme le salaire des cadres ou les prix de l’immobilier. Pour le web, c’est la même chose : nous avons régulièrement droit à la startup qui ambitionne le devenir le nouveau Google / Amazon / Facebook, la technologie révolutionnaire qui va bouleverser le monde ou la fin du commerce en ligne.

Dernièrement, j’ai lu un article très convaincant sur ce thème : The End of The Beginning Of Ecommerce. L’auteur nous y explique que la période de domination des pure players est révolue et que le modèle d’avenir est le brick & mortar. Rien de très nouveau puisqu’on en parlait déjà il y a 10 ans. Sauf que… je capte des signaux à droite et à gauche qui accréditent quand même cette théorie et me font penser que le commerce en ligne tel que nous l’avons connu est en train de disparaitre. Comprenez par là que les habitudes de consommation évoluent et que les pratiques des commerçants s’adaptent en conséquence. L’an dernier j’avais donné une conférence sur les tendances et nouveaux modèles du commerce en ligne. Elles sont toujours d’actualité, mais nous avons maintenant de nouveaux éléments à prendre en compte.

Il y a dans un premier temps l’évolution des réflexes d’achat des internautes :

Il y a ensuite l’intensification des synergies entre les activités marchandes en et hors ligne :

Et il y a enfin la montée en puissance de la distribution de proximité et du secteur des produits frais :

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Nous savions déjà que les services de Drive remportaient un vif succès, mais avec son Dash, Amazon prend une grosse longueur d’avance. Je dois vous avouer que je l’avais pas vu venir.

Nous avons donc d’un côté Fresh et Dash pour les produits de consommation courante, et de l’autre Music, Kindle, Fire, Fire TV… pour les divertissements ; le tout opéré par deux réseaux de distribution ultra-compétitifs (logistique physique et numérique). Aucun doute, Amazon est le maître incontesté du commerce en ligne. Et comme si ça ne suffisait pas, de nouveaux géants sont en train d’émerger, à l’image de Rakuten, Alibaba ou l’allemand Rocket Internet : No longer just a clone factory, Rocket Internet has huge plans for global e-commerce.

Je ne vous ferais pas l’affront de conclure mon article par un « il faut gommer le e du e-commerce », j’essaye simplement de vous expliquer que le commerce en ligne est un domaine extrêmement compétitif où la remise en question permanente est la seule stratégie viable, c’est une question de survie. L’exemple d’Amazon est selon moi emblématique : Amazon n’est pas un opérateur de boutiques en ligne, c’est un simplificateur du quotidien. Tout ce qu’ils vendent peut être trouvé ailleurs, mais ils rendent l’achat de produits du quotidien et de divertissements plus abordables et plus simples. Au final, tous ces débats autour du cross-canal, des magasins connectés…  ne se résument qu’à ça : simplifiez-vous la vie de vos clients ou pas ?

Quand je regarde un projet comme ChicTypes, je me dis que c’est ça le nouveau visage du commerce (en ligne ou pas) : simplifier la vie des clients. À vous de faire votre travail d’introspection et de vous aligner sur cette nouvelle réalité.

Le secteur de la réalité virtuelle en pleine ébullition

Depuis le rachat de Oculus Rift par Facebook le mois dernier, le petit secteur de la réalité virtuelle est en train de vivre une formidable révolution : attirés par l’argent, et/ou la gloire, de nombreux développeurs et éditeurs se lancent dans l’aventure et insufflent une incroyable énergie dans ce secteur encore balbutiant, mais prometteur (The Only Explanation Of Facebook Buying Oculus For $2 Billion That Makes Any Sense).

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Beaucoup de jeux et d’opportunistes

Il y a tout d’abord les projets de casques qui se multiplient avec des sociétés indépendantes (4 Alternatives To Oculus Rift For People Who Hate The Facebook Deal, Totem VR Headset to Compete with the Oculus Rift), mais également des grands noms comme Sony ou Microsoft : Microsoft’s Project Neo VR Headset: It’s ‘The One’ for Xbox One.

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Il  y a ensuite les fabricants d’accessoires comme les très attendus Virtuix Omni et PriorVR, ou les Razer Hydra, des contrôleurs ayant un air de Wiimote.

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Il y a ensuite tout un tas de jeux comme Loading Human, le projet qui génère le plus de discussions en ce moment : Loading Human is a VR-based point-and-click adventure game.

Mais ce n’est que le début, car depuis l’ajout d’une catégorie « VR » sur Steam (la plateforme de téléchargement), les projets de jeux se multiplient : Steam Adds ‘VR Support’ Category for Oculus Rift Games. Il y en a pour tous les goûts : Zombies, survival horor, mini-golf… Il y a également des jeux originaux avec un gameplay spécialement adapté à la réalité virtuelle comme Darknet : Hands on with what could be one of the Oculus Rift’s best launch titles.

Un second souffle pour les expériences immersives et sociologiques

Au-delà de tous les projets de gadgets et autres « jouets pour grands » qui gravitent autour de l’Oculus Rift, on trouve également des choses beaucoup plus sérieuses et intéressantes : If You Like Immersion, You’ll Love This Reality. Tous les travaux de recherche sur les expériences d’immersion sont ainsi exhumés, par exemple ce jeu de tir sur bonshommes de neige pour les grands brûlés : Virtual Reality Therapy: Using immersive virtual reality games to help reduce suffering.

On trouve ainsi des simulations de détente comme Rest & Relax : Developper Release Rest & Relaxation VR Experience.

Il y a également cette simulation où un joueur tente de désamorcer une bombe en la décrivant à ses coéquipiers : Crazy Oculus Game Has One Player Defuse A Bomb While Everyone Else Shouts Instructions.

Il y a enfin High Fidelity, la startup du fondateur de Second Life, qui développe un projet d’environnement virtuel multi-plateforme qui met l’accent sur les interactions sociales : Avatar Interaction: Ryan the stylist, Emily the client.

Comme vous pouvez le constater sur ces trois derniers exemples, nous ne sommes plus du tout dans le domaine du jeu, mais dans… une autre dimension à la croisée des sens et des interactions sociales (je ne sais pas trop comment le décrire autrement). Autant les jeux en réalité virtuelle boostent l’intérêt des geeks du monde entier, amorçant ainsi la pompe à investissement, autant les domaines d’application les plus intéressants se situent dans la santé, le divertissement ou l’apprentissage, à l’image de Surgeon Simulator adapté sur l’Oculus Rift.

Nous n’en sommes qu’au tout début d’une phase de réappropriation de la réalité virtuelle. Le rachat de Oculus par Facebook est incontestablement l’étincelle qui a enflammé le secteur. Vivement la suite !

De la transformation de Facebook et Twitter en médias payants

En à peine 10 ans, les médias sociaux ont pris une place considérable dans notre quotidien et dans le paysage des médias. Ils ont également irrémédiablement transformé les habitudes des internautes. Cependant, le marché ne semble pas réellement se rendre compte à quel point la transformation du web est rapide.

Deux articles publiés ce mois récapitulent assez bien le décalage entre la perception des annonceurs et la réalité :

La réalité que nous avons du mal à appréhender est que les médias sociaux sont en train de perdre leur aspect « social » pour renforcer le côté « média ». En d’autres termes : moins de conversations et plus communication descendante. Le principal impact de cette évolution est l’obligation de payer pour pouvoir toucher un large public. Comme sur les médias traditionnels en fait.

Facebook comme outil de ciblage publicitaire, FAI, éditeur et promoteur d’un nouveau média virtuel

Normalement vous devriez avoir déjà lu dix fois l’étude d’Ogilvy sur la baisse de la portée naturelle des publications (Facebook Zero: Considering Life After the Demise of Organic Reach). Rien de très neuf, car de nombreux signaux ont été envoyés ces derniers mois (Facebook traite tous ses utilisateurs comme des annonceurs). Passé l’agacement, voir la grogne (This is what happens when Facebook controls the signal, and it defines you as noiseLes liaisons dangereuses de Facebook avec ses agences partenaires), l’heure est maintenant à la rationalisation et surtout à la résignation : Why Is Facebook Page Reach Decreasing? More Competition And Limited Attention.

Donc, Facebook est maintenant officieusement un média payant sur lequel il faut investir de grosses sommes pour pouvoir exister et continuer à toucher une large base de « fans ». Vous voilà maintenant prévenu, à partir de là, le bon réflexe est de commencer à remettre en question votre stratégie de présence. Par « stratégie », j’entends « objectifs » et « moyens ». Comprenez par là que je ne milite pas pour un retrait des marques de Facebook, mais pour un réarbitrage des priorités (Il est plus rentable de créer des conversations chez vous que sur Facebook).

La bonne nouvelle, puisqu’il y en a une, est que Facebook compense la baisse de la portée naturelle des messages par des offres de ciblage publicitaire redoutables. Les dernières options de ciblage proposées dans Lookalike Audiences permettent en effet de toucher des internautes sans même avoir besoin d’une page active : Facebook, Your Marvelous Rented Media. Sous cet angle, Facebook se révèle être un levier d’acquisition très performant, voire plus performant que les supports habituellement utilisés dans des campagnes de display.

Comme tous les sites à très forte audience, ceci ne durera pas. Voilà pourquoi Facebook est en train de préparer l’avenir avec une stratégie de diversification étonnante :

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Facebook fournisseur d’accès en Afrique, éditeur de logiciels open source et promoteur de la réalité virtuelle ? Pourquoi pas, après tout l’évolution de l’internet est tellement complexe qu’une stratégie de diversification en vaut bine une autre. Ce qu’il faut retenir de tout ça est que Facebook n’est plus un réseau social… vraiment plus !

Twitter, le média des médias

Pour Twitter, c’est un peu la même histoire : si vous pensez que Twitter est un service de microbloging où chacun peut communiquer avec les autres au travers de micro-messages, vous êtes loin du compte, car il est plus question de consommation d’informations que de conversations. Une récente du Wall Street Journal nous révèle ainsi que la majeure partie des utilisateurs ne tweetent pas : Only 11% of New Twitter Users in 2012 Are Still Tweeting. N’allez cependant pas croire que ces utilisateurs ne sont pas actifs, ils se servent simplement de Twitter comme d’un portail d’information : ils lisent, mais ne publient rien. Et la nouvelle fonction de tag des photos n’y changera rien (Photo Tagging: Twitter’s First Answer to Its Retention Problem).

Ceci étant dit, faut-il oublier Twitter pour autant ? Non, car cette plateforme n’a jamais été aussi puissante en terme de portée, notamment grâce au relais des médias traditionnels. D’ou outil de micro-blogging, Twitter est en train de devenir la plus grosse agence de presse du XXIe siècle, LA référence de l’information en temps réel (Twitter details its Manhattan real-time database). Nous assistons ainsi à un rapprochement manifeste des médias traditionnels, notamment des chaines de télévision et des journaux : The Sun pioneers first print #hashtag stories.

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Du coup, l’offre publicitaire de Twitter évolue pour exploiter au mieux cette symbiose (Twitter forecasts advertising ambitions with new acquisitions), de même pour ses outils marketing (Twitter opens its conversion tracking tool to all advertisers using Promoted Tweets) ou de CRM (Twitter’s direct response pitch: a new ‘click-to-call’ button). Ils sont également en train de muscler leurs offres publicitaires pour les annonceurs (Coming to Your Twitter Feed: 15 New Types of Ads).

Là encore, la perte de spontanéité de cette plateforme n’en diminue pas l’intérêt, il faut simplement bien comprendre son fonctionnement et la façon dont un annonceur peut en tirer parti.

Une évolution obligatoire dans un contexte ultra-concurrentiel

La question que vous pourriez vous poser est de savoir pourquoi ces deux plateformes évoluent alors que tout va bien puisque leur audience grimpe. C’est tout simplement parce que l’audience grimpe que ce processus de transformation est obligatoire : pour mieux correspondre aux attentes et usages réels, et surtout pour ne pas tomber dans le piège de la banalisation. L’incroyable succès des applications mobiles asiatiques comme WeChat ou Line nous prouve ainsi que la roue est en train de tourner (Les smartphones sont notre premier écran, adaptez vos budgets et campagnes en conséquence). Mais cela fera l’objet d’un prochain article…

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