Adobe peut-il coiffer IBM ou Google sur le terrain des SaaS ?

Normalement vous devez forcément avoir entendu parler de Photoshop Express, la version en ligne de Photoshop lancée par Adobe il y a quelques semaines. Pour vous faire une idée rapide du produit, ça se passe ici : Photoshop Express Test Drive.

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Je n’ai pas eu le courage de faire un test complet de ce nouveau service, mais heureusement d’autres s’y sont collés à ma place (avec brio) :

C’est donc dans un contexte extrêmement compétitif qu’Adobe se lance avec cette nouvelle application en ligne, il existe en effet quantité de services en ligne équivalents : Online Photo Editing Overview et 90+ Online Photography Tools and Resources.

Photoshop Express et les autres…

Là où ça devient intéressant, c’est dans l’orientation « services » qu’Adobe a voulu donner à son application, les américains appellent ça du SaaS (« Software as a Service« ). Comprenez par là qu’une partie de la valeur ajoutée de cette application réside dans les services additionnels qui vont avec (hébergement, partage…).

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Ce lancement qui s’est fait attendre est très certainement révélateur de ce que pourrait devenir Adobe : un fournir de service et non plus un simple éditeur de logiciels. Quand on y réfléchit bien, on se dit qu’avec Connect, Share, BuzzWord et maintenant Photoshop Express, ils sont en train d’amorcer un remarquable repositionnement vers le SaaS.

Adobe Online Office vs. Google Docs ?

Ceci est d’autant plus intéressant que l’expérience utilisateur de ces services est complètement différente d’un Google Docs (plus sophistiquées). De là à penser qu’Adobe va petit à petit étendre ça gamme, je rejoins l’avis de Sarah Perez : Watch Out – Adobe Is Slowly Building an Online Empire. Puisqu’Adobe est historiquement présent en entreprise au travers de PDF et de l’ensemble des solutions de gestion documentaires qui vont avec, ils sont tout à fait légitime pour se positionner sur le créneau des outils de collaboration en linge (au même titre qu’IBM, Google ou Microsoft).

Il ne leur resterait alors qu’à compléter cette petite série avec d’autres outils, et je pense notamment au très prometteur SlideRocket (cf. Look Out PowerPoint – SlideRocket Rocks).

Du browser au desktop

Reste à savoir comment Adobe va pouvoir gérer la conquête des intranets voir des postes de travail. Hé oui, car n’oublions pas que AIR est dans le parage et qu’à partir du moment où votre application est développée dans l’environnement Flex, vous pouvez (presque) indifféremment la publier sur le Web (avec une version Flash) ou sur le desktop (avec une version AIR).

Une bataille qui s’annonce passionnante, d’autant plus que le Adobe Labs regorge de très bon prototypes (myFeeds, Kuler, JamJar…). On ne l’attendait pas et pourtant, Adobe risque ben de bouleverser le balbutiant monde de l’Entreprise 2.0 et de la collaboration avec une offre parfaitement différenciante. Reste à savoir dans quelle mesure ils vont savoir convaincre des DSI qui traditionnellement n’aiment pas trop le changement (euphémisme).

Compte-rendu du Adobe onAirTour

C’était aujourd’hui l’étape parisienne du Adobe onAir Tour, une occasion unique d’écouter et de rencontrer l’équipe d’évangélisateurs d’Adobe.

Direction la place de la Bourse ce matin pour une série de conférences principalement axées sur AIR et sur les solutions RIA d’Adobe.

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Après une introduction de Mike Chambers, nous avons eu droit à une keynote de Ryan Stewart :

  • « AIR = RIA for Desktop » ;
  • AIR est une étape majeure dans l’évolution de l’internet ;
  • AIR est maintenant disponible sur Linux et propose une expérience similaire à celle sur PC ou Mac ;
  • Quelques démos sympas dont uvLayer (un moteur de recherche de vidéos qui présente une expérience tout à fait intéressante avec des très belles cinématiques de transition) et Google Analytics Desktop (une application quasi-culte) ;
  • Nouveautés à venir : AIR 1.1 ;
  • Prochain RDV européen : Max Europe 2008 du 1er au 4 décembre à Milan.

Une conférence intéressante mais qui fait encore (trop) la part belle aux développeurs et aux designers (quid des concepteurs ?).

Au hasard de mes déambulations je croise le staff Microsoft au grand complet :

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Conversation très intéressante le midi avec Olivier Ezratty et François au sujet du marketing IT en France.

J’étais également invité le soir à un dîner avec l’équipe des speakers : Mike Chambers, Ryan Stewart, Kevin Hoyt, Serge Jespers, Andrew Shorten, Andre Charland, Lee Brimelow

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(c’est qui le gringalet au milieu de la photo du bas ?)

Soirée très intéressante puisque j’ai eu l’occasion de poser un certain nombre de questions à Ryan Stewart, petit résumé :

  • à propos de l’utilisation du terme « RIA for Desktop » plutôt que « Rich Desktop Application » : ce terme convient mieux au produit d’Adobe qui n’a pas le même positionnement que WPF (il se situe à mi-chemin entre Prism et WindowsClient) ;
  • à propos des applications en ligne lancées par Adobe (BuzzWord, Photoshop Express…) : ils ne cherchent pas à copier la gamme Office qui est essentiellement tournée autour des fichiers mais plutôt à intégrer des services autour d’une plateforme de collaboration (avec une attention particulière à l’expérience utilisateurs) ;
  • à propos des Rich Mobile Application : il y aura bien une version mobile de AIR pour pouvoir étendre la promesse du universal runtime ;
  • à propos de l’absence d’outils pour les concepteurs : c’est un rôle encore trop mal définit pour que cette niche soit viable pour les éditeurs mais Thermo permettra de combler les lacunes des autres outils (mais pas le mystérieux projet « Bordeaux » qui semble être destiné à autre chose…).

Une très belle journée pour le passionné d’interfaces riches que je suis. En tout cas une expérience passionnante pour moi de rencontrer toutes stars de la blogopshère US ;-)

Diaporama et vidéo de la matinée RichCommerce

Je n’ai pas voulu publier ce billet hier car vous auriez pu le confondre avec un poisson d’Avril. Il faut dire que l’attente à été particulièrement longue mais tout est maintenant en ligne.

Tout d’abord le diaporama de la matinée Rich Commerce organisée le 19 Février dernier chez Adobe :

Ensuite la vidéo chapitrée de cette conférence que vous retrouverez sur le blog RichCommerce.fr : Vidéo de la matinée “Rich Commerce” en ligne !. Il se peut qu’il y ait des ralentissements sur la vidéo alors soyez patients.

Mes réflexions autour de Silverlight 2 et du MIX08

Suite à une série de billets publiés sous forme de compte-rendu, je me livre maintenant à une analyse à froid de la stratégie de Microsoft sur les interfaces riches et sur Silverlight en particulier.

Silverlight est là pour durer

Au vue de l’ambition et des moyens qui sont engagés par Microsoft, il est clair que les interfaces riches est un créneau (marché ?) que Microsoft veut investir durablement. Traduction : ils mettent le paquet pour réussir.

Ce n’est donc pas un hasard si Silverlight est proposé dans les mises à jour de Windows, le déploiement doit se faire rapidement.

Deux leviers de différenciation

Pour rattraper son retard sur Flash, Silverlight doit trouver sa place dans un marché un quête d’un second souffle. Microsoft a donc choisi de miser sur deux critères de différenciation : La vidéo HD et les applications d’entreprise.

Le premier car ce créneau est encore quasi vierge (du coup Adobe contre-attaque avec son initiative HD Video). Le gros partenariat avec NBC pour la retransmission des J.O. devrait jouer un rôle important dans l’évangélisation de Silverlight auprès du grand public.

Le second car Adobe a du mal à pénétrer ce marché et que Microsoft dispose déjà d’une très importante base de clients et de développeurs (lire à ce propos un billet de l’année dernière : Réflexions autour de Silverlight). La mise à disposition d’un ensemble de composants standards d’interface (boutons, menus déroulant, champs…) est ainsi un premier pas vers une approche industrialisée du développement de RIA d’entreprise.

Un discours tourné vers les annonceurs

Force est de constater que Microsoft ne s’embête pas trop à séduire les utilisateurs, ce serait un chantier bien trop laborieux et inutile (surtout avec Deux sites qui se font concurrence : microsoft.com/silverlight et silverlight.net).

Microsoft préfère concentrer son attention sur les annonceurs en leur fournissant des outils qui facilitent la monétisation des contenus :

  • L’intégration native de la gestion des publicités au sein de l’environnement de développement (ad templates) qui permet de gérer l’apparition de bannières à des moments précis de la timeline ou sur déclenchement d’un évènement, de gérer leur comportement, d’afficher des bannières transparentes en sur-impression (ad overlay) ou encore de faire du tracking ;
  • La possibilité de faire du téléchargement progressif (progressive download) pour ne pas gâcher de la bande passante inutilement (améliorant ainsi les coûts d’exploitation) ;
  • La possibilité d’activer la gestion dynamique de la bande passante (adaptive streaming) qui permet de réduire la qualité d’une vidéo pour ne pas interrompre le streaming (et donc l’affichage des fameuses bannières).

Bref, vous l’aurez compris, ils ont pensé à tout et les annonceurs / agences ne seront pas sourds à ces outils très précieux.

Quid des outils de conception ?

Je ne sais pas pour vous mais j’ai la très désagréable impression d’être la troisième roue du carrosse. Je m’explique : pour faire un site web ou une application en ligne, vous avez besoin de trois types d’intervenants : les designeurs qui s’occupent du look&feel, les développeurs qui s’occupent de la programmation et de la viabilité technique, les architectes fonctionnels qui se chargent des aspects métiers et de l’utilisabilité.

Microsoft tout comme Adobe concentrent tout leurs efforts sur les designeurs et les développeurs, mais ne s’adressent pas du tout aux concepteurs. C’est très dommage, car ces trois métiers travaillent de concert et devraient partager le même environnement de travail.

Je rêve ainsi d’une plateforme unifiée servant à faire la conception graphique, technique et fonctionnelle d’une RIA. Une plateforme de conception où il serait possible de :

  • Créer des arborescences ;
  • Modéliser des processus métiers ou des parcours clients (sous forme de use cases) ;
  • Faire du prototypage rapide sur des écrans fonctionnels (appelé ça comme vous voulez : storyboard, wireframe…) ;
  • Décrire le comportement des interfaces et des différentes modalités d’interaction (des sortes de mini-specs).

Jusqu’à présent l’offre des grands éditeurs est inexistante sur ce créneau, il n’existe que des acteurs de niche comme Norpath ou Axure.

Pour l’instant je n’ai entendu que des rumeurs et bruits de couloir : une extension à la suite Expression pour Microsoft et un certain projet « bordeaux » chez Adobe (un outil à mi-chemin entre Fireworks et Thermo).

2008 sera une année décisive

Je suis intimement persuadé que 2008 va être une année charnière pour les interfaces riches où tout va se jouer en quelques trimestres. Les enjeux sont de taille et le web 2.0 se cherche un second souffle, la bataille s’annonce donc épique avec un probable point culminant pour les sorties officielles de Silverlight 2 et Flash 10.

En attendant, Microsoft (tout comme Adobe) poursuit son travail d’évangélisation et de séduction. Espérons qu’ils n’oublieront personne en chemin (cf. mon paragraphe sur les outils de conception).

Adobe AIR officiellement lancé

Ce matin Adobe vient de lancer officiellement AIR dans sa version 1.

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Pour faire court, AIR est un acronyme pour « Adobe Integrated Runtime« , il s’agit donc d’un programme que vous installez sur votre ordinateur pour faire tourner d’autres programmes. L’équivalent de la machine virtuelle du monde Java sauf qu’ici les applications reposent sur les technologies d’Adobe.

C’est à mon sens un grand pas dans la banalisation des applications connectées (autrement appelées Rich Desktop Applications) et dans l’évolution des habitudes de consommation des services en ligne (cf. 10 ans d’évolution des interfaces web au service de l’expérience utilisateur).

Le site dédié à AIR regorge d’exemples d’applications possibles, mais sachez qu’il existe aussi d’autres technologies permettant de faire sensiblement la même chose. Exemples avec des applications pour la FNAC (Bientôt une RDA pour la FNAC ?) ou encore pour Otto (Otto-Store, le rich media futur du e-commerce ?).

Plus d’infos sur le blog officiel : Its On – Flex 3.0 and Adobe AIR 1.0 Are Here! et sur cet article un peu plus fourni : Adobe AIR v1.0 & Flex 3.0 Released; New Adobe Open Source Site Launched.

(via Mike Chambers)