Rétrospectives sur mes prédictions 2008

Comme chaque année, avant de me lancer dans le délicat exercice des prédictions de l’année 2009, je souhaiterais au préalable revenir sur les prédictions que j’avais faites en début d’année et voir si elles se sont réalisées.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

À défaut de forçage, on peut parler de bonne volonté, même si la route sera longueOpenID (implémenté par à peut-près tout le monde de Google à Yahoo! en passant par Microsoft), OpenSocialData AvailbilityData Portability… les initiatives ne manquent pas et des projets propriétaires comme Facebook Connect apparaissent comme ridiculement isolés. Dans tous les cas de figure, entre les réseaux sociaux de niche, les plateformes de création de réseaux sociaux et la socialisation des plateformes communautaires traditionnelles (type casual gaming…), l’avenir est bien évidement dans l’interopérabilité universelle.

Verdict : On y est pas encore mais ça va venir.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Lancée en juillet 2008, l’App Store est une véritable machine de guerre qui génère des millions de $ de bénéfices, à tel point que l’iPhone est maintenant plus vu comme une console portable que comme un smartphone (cf. Is iPhone The New Gaming Platform?).

Verdict : Bingo !

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas un seul univers virtuel n’est lancé (ou n’est en exploitation) sans une très forte dimension sociale. Ce phénomène dépasse même largement le segment des jeunes (Réseaux sociaux + Univers virtuels = ExitReality ?) et concerne également les univers entre eux (Vers une extra-opérabilité des univers virtuels avec Myrl).

Verdict : Bingo !

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

Inutile de revenir là-dessus car je me suis déjà largement exprimé sur ce sujet : Social Networks + Casual Games = Social GamesLa Brute + MMO + Facebook = Elven Blood et Entropia Universe et Prizee au Salon du Jeu Vidéo.

Verdict : Bingo !

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Idem, je me suis déjà exprimé sur ce sujet : Microsoft lance une plateforme de création de jeux en ligne et EA se lance dans les User Generated Games.

Verdict : Bingo !

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Visiblement les architectures P2P font plus peur que rêver ! Toujours est-il qu’avec l’arrêt de projets comme Outback Online, et la refonte de Joost en un portail de diffusion plus traditionnel nous comme loin de mes prédictions.

Verdict : C’est raté !

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

La question de la monétisation (donc de l’évaluation) et du ROI des campagnes ciblant ces supports est plus que jamais d’actualité en cette période de « réduction de la voilure ». Comprenez par là que ces fameux indicateurs sont maintenant une nécessité mais que personne n’accepte encore de communiquer ouvertement dessus (chacun ayant son algorithme de social scoring). En attendant d’avoir un référentiel stabilisé et partagé par l’ensemble de la profession, vous pouvez toujours calculer votre Social Media Score.

Verdict : On y est pas encore mais ça va venir.

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

En plus d’un certain nombre de marques comme Mc Donald’s, Disney et Renault qui se sont lancées, nous voyons se multiplier les univers virtuels de niche en rapport avec des émissions de télévision (Star’Ac World, Plus belle la life) sous l’impulsion d’acteurs comme There ou Taatu (cf. There veut marcher sur les plates bandes de Second Life et Taatu, une solution “clé en main” qui séduit les annonceurs) de même que l’apparition de réseaux sociaux centrés sur des people (Les peoples envahissent les réseaux sociaux).

Verdict : Bingo !

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Nombreuses sont les innovations qui ont vu le jour cette année : au niveau de l’interface (3D, vidéo… des tonnes d’exemples à découvrir sur RichCommerce.fr), au niveau des terminaux mobiles (Bientôt le ‘visual search engine’ sur iPhone), au niveau des utilisateurs et de leur capacité de recommandation (Amazon et la longue traîne du web TV shopping). Il y a également de la nouveauté dans les solutions de paiement avec 3D Secure mais je ne préfère pas aborder le sujet car ça risque de dégénérer… Bref, le e-Commerce se porte bien et l’innovation n’est pas prête de s’arrêter.

Verdict : Bingo !

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Décidément le web sémantique n’en finit plus d’être (re)lancer avec des services comme Twine, Swirrl et des notions comme semantic desktop ou les semantic web apps. Bref, il y a des couches sémantiques à tous les étages… mais pas chez les moteurs de recherche. Visiblement nous nous dirigeons donc vers une « sémantisation sociale » du web (contenus, applications, utilisateurs…) réalisée par les internautes et non par des agents intelligents. Donc ils ne le sont pas tant que ça en fait (intelligents) (les agents).

Verdict : C’est raté !

 

Bon… avec 6 prédictions réalisées et 2 en voie de réalisation ça me fait un très beau palmarès, non ? J’espère que mes prédictions 2009 connaitrons une même réussite !

Vers des comportements de recherche extrêmes ?

En à peine 10 ans Google est passé du statut de start-up dans un garage à celui d’ultra-leader incontesté de la recherche (il récolte tout de même près de 90% des parts de marché en France).

Nous ne discuterons pas ici des raisons de cette adoption massive et sans précédent mais plutôt des dérives comportementales que cela entraine. A commencer par une modification profonde des habitudes de recherche : les internautes font de plus en plus confiance à Google et à la pertinence légendaire de son moteur.

Illustration avec les résultats plutôt inquiétant de cette étude menée par Think Eyetracking : Has Google gotten better? (via GrokDotCom). Elle démontre un changement notable dans la façon dont les internautes cherchent et surtout parcourent la page de résultats :

search_behaviour

 

Hé oui, l’attention est maintenant fortement concentrée sur les trois premiers résultats (et non plus les 5 comme c’était le cas d’une précédente étude menée en 2005).

Que pouvons-nous en déduire ? Que les internautes apprennent à mieux se servir d’un moteur de recherche et qu’ils préfèrent affiner leur équation de recherche plutôt que de devoir fouiller dans la liste. Gloups ! Un changement plutôt inquiétant en si peu de temps (3 ans). Comment vont-ils se comporter en 2011 ? Ils ne regarderont pus que le premier résultat de la liste ?

Déjà que la compétition sur les mots-clés était rude, avec ce type d’étude les enchères risquent d’être encore plus acharnées !

En tout cas je me réjouis de cette étude car me permet de faire le lien avec une théorie que j’avais publié il y a plus de 2 ans sur les comportements de recherche extrêmes : Vers la règle du clic unique ?.

Vers des landing pages 2.0 ?

Si vous vous posiez la question de savoir comment récupérer les bonnes pratiques du web 2.0 pour en faire bénéficier vos pages d’entrée (« landing pages » en anglais) alors voici une réponse : So you wanna increase conversions? Join Landing Pages 2.0.

Dans cet article l’auteur (qui organise un séminaire sur le sujet) nous présente sa vision des landing pages 2.0 au travers de trois caractéristiques :

  • Les interactions sociales, où comment impliquer vos lecteurs dans vos campagnes et bénéficier de l’effet réseau (lire à ce sujet : 7 reasons for social networking on landing pages) ;
  • Les interfaces riches, inutile de vous faire l’article sur l’intérêt d’utiliser les RIAs pour doper votre taux de transformation (sinon vous pouvez lire mon blog à ce sujet : RichCommerce.fr, ou lire ça aussi : Flash your respondents) ;
  • La segmentation post-clic, où il n’est plus question de landing page (une page qui essaye de convaincre toutes les cibles) mais de landing path (un dispositif plus élaboré qui adapte le discours et les arguments selon des cibles pré-définies et les oriente vers des tunnel de conversions spécifiques) – Lire à ce sujet : Segment Right After That First Click.

Ce dernier point est particulièrement intéressant. Certes, ce dispositif rallonge le parcours de conversion (plus de clics) mais il permet d’adresser de façon plus efficace les segments de prospects. Ou alors vous avez aussi la possibilité de segmenter en fonction de la provenance ou des mots-clés (quand c’est possible).

Bientôt le ‘visual search engine’ sur iPhone

Savez-vous quelle est la dernière folle rumeur concernant l’iPhone ? Le Visual Search Engine évidement ! L’idée est toute simple : utiliser l’appareil photo des téléphones mobile comme périphérique de saisie (à la place du clavier). C’est ce que la société Evolution Robotics va proposer avec sa technologie ViPR (« visual pattern recognition », mais ça se prononce « Viper » comme la voiture).

Voilà comment ça marche :

  1. Vous prenez en photo l’article sur lequel vous désirez des informations (livre, CD, DVD…) ;
  2. Vous envoyez cette photo par email ;
  3. Vous recevez un email avec tout plein d’infos, de reviews et même des vidéos de YouTube ;
  4. Vous avez ensuite la possibilité d’acheter ce produit (si c’est un CD => sur iTunes).

Trêve de bla-bla, voici la démonstration :

Inutile de vous dire que tout ça me semble très intéressant car ce mode de recherche et de consultation de l’information est terriblement efficace :

  • plus rapide qu’un site web à consulter (pas de saisie au clavier) ;
  • plus facilement traçable (grâce à l’historique des photos envoyées) ;
  • plus facilement monétisable (grâce au fichier des utilisateurs et de leurs récentes recherches).

Bref, c’est de l’or en barres (mobiles). Et le pire, c’est que cette technologie peut fonctionner sur n’importe quel téléphone (qui à dit Android ?).

(via Gizmodo)

Amazon, champion incontesté de la relation client

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vanter les mérites d’Amazon et de la qualité de sa relation-client. Je continue sur cette lancée avec ce message qui m’informe qu’ils sont en rupture de stock :

AmazonOrder

 

Là où quasiment tous les marchands se contente d’un « j’ai plus ton produit, tu te débrouilles« , Amazon me gratifie d’un « vous avez des choix de lecture uniques (et excellents) aussi nous avons bien du mal à les satisfaire« .

Quelle délicatesse, quelle formidable attention, mon égo de cyber-consommateur en est encore tout flatté !

Bref, c’est un sans faute comme toujours.