Créer un compte est une opération douloureuse pour tous les internautes de la planète. Une étape largement supportable quand il est question de se créer sa première adresse email, cette procédure devient un véritable cauchemar avec la multiplication des services et plateformes sociales. Pour un utilisateur lambda des médias sociaux (blog, microblog, partage photos / vidéos, réseaux sociaux…) ce sont des dizaines d’identifiants et mots de passe qu’il faut mémoriser. Sauf si vous êtes bien organisé et saisissez toujours les mêmes infos et choisissez toujours la même adresse email pour vous créer un compte, cette dernière est alors très rapidement submergée de spams sociaux.
La solution a ces embrouilles existe depuis longtemps : la délégation d’authentification. L’idée est alors de se créer un identifiant unique qui repose sur OpenID (un système d’authentification décentralisée) et qui va gérer pour vous l’identification aux différents services sur lesquels vous vous êtes inscrits. Ça c’est la théorie, la réalité est tout autre : il existe une multitude de services de gestion de l’authentification (ClaimID, MyOpenID…) qui ne sont pas supportés partout. Nous avons vu récément des avancées significatives dans l’adoption d’OpenID (notamment par Orange ou Yahoo!) ainsi qu’une interface plus ergonomique (cf. La création de compte simplifiée avec OpenID) mais ce système reste tout de même très obscur pour l’internaute de base (soit 99% de la population connectée). Rajoutez à cela des technologies concurrentes comme OAuth ou MicroID et vous avez un concept très prometteur mais qui fait peur.
Et c’est là où Facebook rentre en scène en proposant son propre système baptisé Facebook Connect. Le mode de fonctionnement est ultra-simple : soit vous créez un compte, soit vous cliquez sur le bouton « Facebook Connect » et deux clics plus tard c’est réglé. Là où cette solution peut paraître comme révolutionnaire c’est qu’elle donne également accès à votre profil (informations, liste d’amis…). Donc en clair : clic-clic-clic et basta. Cette solution s’est illustrée très récemment avec le partenariat entre CNN Live et Facebook.
Face à une telle révolution (quel confort pour l’utilisateur), la réponse de Google ne s’est pas fait attendre. Et fidèle à sa réputation, Google nous propose une solution à la pointe du raffinement technologique avec un protocole hybride qui repose à la fois sur OpenID et sur OAuth (respectivement pour l’authentification côté utilisateur ou pour l’authentification sécurisée côté API) : Google Combines OpenID and OAuth in new Hybrid Protocol.
Le principe de fonctionnement est ainsi le même : soit vous créez un compte, soit vous utilisez votre identité Google. Illustration avec cette démo :
Pour avoir testé le mécanisme, je peux vous assurez que ces systèmes de délégation de l’authentification sont une authentique révolution (ça fonctionne très bien). D’ailleurs les observateurs avertis sont très optimistes à ce sujet et estiment que les deux systèmes (Facebook Connect et Google Account) peuvent tout à fait cohabiter : Google and Plaxo Combine OpenID and OAuth for Improved Usability.
Précision importante : authentification et profil sont deux choses distinctes : déléguer l’authentification à un opérateur tiers revient à esquiver la corvée de stocker et gérer des identifiants / mots de passe (avec tout ce que cela implique au niveau de la perte ou des changements). Pour résumé disons que tout le monde y gagne : inscription plus simple pour les utilisateurs, moins de complications pour les éditeurs de services compatibles (tout en conservant la gestion du profil), plus de fidélisation pour les fournisseurs du système (Facebook et Google).
Je vous invite donc vivement à tester ce système et surtout à mettre à jour vos profils Facebook et Google.
Pour simplifier une explication longue et laborieuse, et pour éviter tout dérapage dans la discussion, nous partirons du principe que le web 3.0 marque une rupture dans nos usages du web (après l’introduction d’une nouvelle dimension sociale par le web 2.0) en apportant des évolutions majeures comme la connexion pervasive, le cloud computing, le nomadisme et la disparition de la frontière entre logiciels et sites web au profit de modèles plus agiles comme les applications en ligne et les clients riches (Rich Descktop Application).
Il y a netbook et netbook
Avant de continuer je souhaiterais (re)définir ce que j’entends par « netbook« . Il y a deux caractéristiques essentielles à prendre en compte : la taille et le prix de la machine. Ces caractéristiques nous permettent de bien délimiter le concept de netbook et d’éviter de brouiller l’argumentation qui va suivre avec des cas particuliers.
La taille est donc le premier critère : entre 7 et 9 pouces. Moins de 7 pouces et vous vous rapprochez de la taille des gros smartphones, plus de 9 pouces et vous vous rapprochez des ultra-portables. Je fais donc le choix d’exclure les machines de format 10 pouces qui s’éloignent à mon sens de la « philosophie » des netbooks pour essayer de concurrencer (avec beaucoup de mal) les ultra-portables. De même, les prochaines générations de machines au format 11 pouces sont à mon avis une hérésie qui risque de dangereusement cannibaliser les ordinateurs à bas prix et tirer la qualité vers le bas.
Un emcombrement beaucoup plus faible que les laptops
Le prix est également une seconde caractéristique structurante car les netbooks ne s’utilisent pas seuls, ils viennent en complément d’un autre ordinateur. Nous pouvons ainsi exclure les machines qui dépassent les 500 € car elles sont alors affichées au même prix que les ordinateurs d’entrée de gamme. Ne parlons même pas du futur Vaio P qui sera vendu à partir de 999 €, avec des versions au prix d’un Macbook Air (un comble !).
Nous pouvons argumenter des heures sur cette définition du netbook (moins de 9 pouces et moins de 500 €) mais elle est cependant nécessaire à l’argumentation du reste de l’article.
Les netbooks sont plus de gros smartphones que des petits ordinateurs
L’arrivée sur le marché du EeePC en début d’année dernière a marqué un tournant dans le marché des ordinateurs. Non pas parce que les technologies mises en oeuvre dans ces petits machines sont révolutionnaires mais plutôt parce qu’ils ont créé une nouvelle niche de marché qui va non seulement rapidement s’imposer comme un segment majeur mais également initier un nouveau mode de consommation de l’outil informatique et de l’internet.
Je m’explique : avant nous avions les téléphones mobiles et les ordinateurs. Puis les PDA sont venus s’interposer entre ces deux segments, rapidement remplacés par les smartphones. Ces derniers proposent un compromis intéressant entre les fonctions de téléphonie classiques (appels, SMS, répertoire…) et les fonctions d’informatique d’appoint (mail, web et consultation de documents). Je précise qu’il s’agit bien là d’un usage d’appoint car même si les Blackberry nous rendent de gros services, ils excellent surtout dans la rédaction de courts emails (réponses urgentes).
Puis est apparu l’iPhone qui a complètement retourné le marché en proposant une expérience utilisateur unique reposant sur les widgets mobiles (à mi-chemin entre applications et sites web). Rapidement copié par ses concurrents, l’iPhone semble avoir défini un modèle viable de ce qu’est un smartphone, de ce qu’il sait bien faire et de ce qu’il ne sait pas faire (principalement pour des contraintes d’affichage et de saisie).
Enfin, sont apparus les netbooks qui vont venir compléter ce tableau avec une proposition de valeur intermédiaire : idéal pour le mail et le surf en situation de mobilité, parfait pour la prise de note sur le terrain (dans les transports en commun ou lors de réunions / conférences), bien pour de la consultation / manipulation de documents bureautiques. Les documents bureautiques sont un cas d’usage important car ils illustrent bien les différences entre les 3 segments précités : vous créez un document bureautique sur votre ordinateur, vous le complétez sur votre netbook et vous le consultez sur votre smartphone. Bien évidemment vous pourriez argumenter qu’il est tout à fait possible de créer un document bureautique sur un netbook mais avouez que ce n’est pas l’idéal : vous imagineriez-vous rédiger le diaporama du rapport annuel de votre société sur un EeePC ? Bon de toute façon la définition de Wikipedia est formelle : « frappe ou rectification de texte épisodique, vérification et modification de tableaux de chiffres, graphiques ou présentations animées« .
Netbook + 3G = une condition nécessaire
Pour le moment la plupart des netbooks sont vendus « nus » ou au mieux avec une clé de connexion 3G. Tout comme cela a été le cas pour l’iPhone, la valeur ajoutée des netbooks sera d’autant plus grande s’ils sont connectés en permanence et de préférence sans limite de débit. À partir du moment où seront généralisées les packs netbooks + abonnement, les usages commenceront à évoluer pour s’adapter aux caractéristiques de ces machines (très faible encombrement, bonne autonomie…).
Le collaborateur nomade (ou l’utilisateur lambda) trouvera alors dans les netbooks un outils formidable pour garantir l’intégrité de sa vie numérique et donc par rebond de sa vie numérique sociale. Et c’est très certainement cette dernière qui risque de pousser l’adoption. Imaginez un petit appareil qui tient dans votre sacoche (pas la peine de se trimballer ces immondes sacs noirs en nylon renforcé) ou votre sac à main et qui vous permet d’être connecté en permanence à vos messageries (emails ou instantanée), à Facebook, Skype, Deezer, FlickR, YouTube, Netvibes, Twitter… que vous pourriez emmener en week-end, en vacances…
Suis-je en train d’affabuler ? De décrire un comportement d’hyper-geek parisien ? Pas si sûr : souvenez-vous au tout début de la téléphonie mobile ou des Blackberry, nous étions loin de nous douter des bouleversements et de l’addiction qu’ils allaient engendrer. Je suis plus que convaincu qu’il en sera de même pour les netbooks, nous les retrouverons partout car ils vont bénéficier de deux phénomènes : l’informatique low cost (initiée il y a quelques années avec le PC à 100$) et les plateformes sociales mobiles / locales (prolongement naturel des réseaux sociaux).
Votre sésame pour le SaaS et le cloud computing
Même si elles gagnent petit à petit en popularité, les applications en ligne sont encore largement minoritaires par rapport aux applications traditionnelles (installées sur votre disque dur). Par contre, à partir du moment où les netbooks vont commencer à être massivement déployés (en entreprise comme chez les particuliers), les rapports de force ne sont plus les même car ces machines donnent aux applications en ligne un formidable appel d’air (la connexion permanente résolvant le problème de disponibilité) et pénalisent les applications plus lourdes (qui réclament plus de puissance). Il y a donc fort à parier que la croissance du marché des SaaS sera liée à celle des netbooks.
Et ceci est encore plus vrai avec le cloud computing : à partir du moment où vous devez jongler entre plusieurs ordinateurs / périphériques, la meilleure façon de gérer la synchronisation des données est encore de ne pas les stocker sur vos disques durs. C’est là où les services et applications reposant sur le principe du data on the cloud prennent toute leur importance. Peut-être pas pour vos photos de vacances, mais pour vos emails ou vos documents de travail (à travers des espaces de travail collaboratifs).
En poussant ce raisonnement un peu plus loin, on se dit que les netbooks pourraient également être les meilleurs ambassadeurs de l’Entreprise 2.0 et sa myriade d’outils décentralisés (blogs internes, wikis…). Autant il est très compliqué de « nomadiser » l’ensemble des collaborateurs d’une équipe ou d’une structure (tout le monde ne peut pas travailler sur un ordinateur portable), autant il serait bien plus simple d’équiper ceux qui le demandent / requièrent avec un netbook. Surtout les machines propulsées par Linux : un OS économique, léger, facile à paramétrer / gérer (pour les administrateurs) et à l’abri des virus et autres cochonneries qui traînent sur la toile.
À la recherche de l’OS parfait
Nous en venons maintenant à parler du grand inconnu de ce tableau : le système d’exploitation. Autant il est hasardeux de vouloir faire tourner Windows (ou Mac OS) sur ces machines pour les raisons évoquées plus haut (puissance…), autant les premières versions des distributions Linux livrées avec les machines ne sont pas très convaincantes. Même si les choses évoluent et que l’on commence à voir arriver des distributions spécialement adaptées aux netbooks (comme la Ubuntu Netbook Remix), les choses n’avancent pas aussi vite qu’elles le devraient compte-tenu des enjeux.
L'écran d'accueil d'Ubuntu Netbook Remix
Car avec des millions de machines déjà en circulation et toutes celles qui seront vendues dans les prochaines années, ce sont des dizaines de millions d’utilisateurs qui pourraient être autant d’abonnés à des services à valeur ajoutée : stockage et synchronisation, alertes… Regardez ce que fait Apple avec son MobileMe et vous pourrez en déduire les innombrables possibilités de services associables à ces netbooks connectés en permanence.
L’idée serait de proposer un ensemble de services directement au niveau du système d’exploitation. Des services qui seraient personnalisables en fonction des besoins de chacun. Quelque chose à mi-chemin entre les systèmes de widgets actuels et Netvibes. Vous le voyez venir ? Tant mieux, ça veut dire qu’il y en a qui suivent ;-) Cette idée n’est pas neuve car il y a déjà du monde sur le créneau : Jolicloud, dont Tariq Krim est à l’origine (le fondateur de Netvibes).
Imaginez un système d’exploitation beaucoup plus convivial et simple d’utilisation. Un bureau personnalisable où vous auriez un accès direct à un ensemble d’informations et de services (emails, flux RSS, Tweets, alertes Facebook…), des raccourcis vers vos documents et fichiers partagés. Ce bureau présenterait une forte valeur pour les éditeurs de services et intermédiaires marchands qui pourraient subventionner une partie du prix de la machine pour avoir l’opportunité d’être présents par défaut (comme les fournisseurs d’accès à internet il y a quelques années).
Un scénario réaliste car la bataille se gagnera bien au niveau du système d’exploitation maintenant que les utilisateurs disposent de plusieurs browsers alternatifs. La finalité ne serait pas de proposer le plus de fonctionnalités gratuites possibles mais plutôt de mettre en avant un ensemble de services à valeur ajoutée qui seraient facturés sous forme d’abonnement. Partant du principe que les constructeurs ne se risqueraient pas en dehors de leur métier d’origine (hardware et un peu de software), il y a donc de la place pour un éditeur d’OS dédiés aux netbooks.
L’idéal pour cet éditeur serait de pouvoir se réserver un canal de communication direct avec les utilisateurs, un mécanisme de push qui pourrait être monétisé avec des éditeurs de contenus ou des services locaux. Mais ce modèle n’est pas tout à fait nouveau, il existe déjà pour la téléphonie mobile sous la forme des portails officiels (du type i-mode & cie). Nous pourrions même envisager un système de micro-paiement associé à l’abonnement. Oui les possibilités sont nombreuses et tout reste à inventer / recycler.
Une configuration idéale pour les enfants
Pour vous convaincre de la viabilité de ce dispositif, imaginez ce que cela pourrait donner avec le « marché » des enfants. Normalement vous êtes comme moi : hyper stressé à l’idée que votre progéniture brutalise votre outil de travail sous prétexte que Lapin Malin a du mal à comprendre ce qu’il/elle essaye de lui faire faire. Comment faire alors pour faire découvrir l’informatique aux plus jeunes ? Les netbooks bien sûr : pas trop chers, pas trop encombrants, avec un clavier adapté à leurs petites mains et une puissance largement suffisante pour faire tourner quelques logiciels ludo-éducatifs.
Et c’est là où ça devient intéressant, plutôt que de continuer à vendre des DVD au travers de canaux de distribution toujours plus gourmands, les éditeurs de ces logiciels pourraient envisager différentes options :
Continuer à vendre du logiciel, mais avec un format adapté : les cartes mémoires (dignes successeurs des cartouches de jeux) qui pourraient être expédiées gratuitement par la poste (car très faible encombrement).
Basculer sur un mode abonnement où l’enfant recevrait régulièrement des mises à jour en fonction de ses progrès ou des saisons. Ces mises à jour pourraient être téléchargées sur le web par les parents ou bien se faire de façon silencieuse dans un environnement sécurisé comme celles proposées par Kidzui.
Subventionner une machine « habillée » aux couleurs des mascottes de la marque (Adibou, Lapin Malin…) et la commercialiser avec un abonnement.
Comme vous pouvez le constater il existe de nombreux scénarios tout à fait viables et surtout bien mieux adaptés aux problématiques actuellement rencontrées par les éditeurs (piratage, vampirisation des marges par les distributeurs…).
Google, l’acteur de l’ombre qui pourrait bien s’imposer
Et Google dans tout ça ? Depuis le début de l’article je n’ai pas abordé le sujet mais Google pourrait jouer un rôle très important dans l’écosystème des netbooks :
Avec Chrome, un navigateur performant dans un contexte de SaaS (et qui pourrait l’être encore plus avec Native Client) ;
Bref, Google pourrait bien être l’acteur de l’ombre qui pour le moment se fait très discret avant de passer à une phase beaucoup plus offensive. Meilleur scénario : une offre intégrée comprenant une machine propulsée par un Google OS associée à une offre d’abonnement double Wifi + 3G sur le réseau Google (encore à monter / racheter).
Bien sûr il y a d’autres acteurs en course (Microsoft, Yahoo!…) mais Google me semble être celui qui pourrait le plus rapidement s’imposer sur ce créneau.
Conclusion
Je pourrais parler de ce sujet pendant des heures tellement le potentiel est gigantesque. Encore une fois, la vraie valeur ajoutée des netbooks repose plus sur les nouveaux usages que sur la transposition d’usages existants (bureautique traditionnelle en situation de mobilité). Tout reste à faire dans ce marché encore embryonnaire où les efforts sont pour le moment essentiellement concentrés sur le hardware (terrible course à l’innovation sur les processeurs, les disques SSD, l’autonomie…) lorsque les plus belles marges pourraient être réalisées sur du service.
La sortie de Native Client, une technologie encore expérimentale du Google Labs, est passée complètement inaperçue à quelques rares billets près. Le problème n’est pas que les blogueurs soient peu inspirés par cette nouvelle, mais plutôt que ce produit a tellement été mal présenté au public que personne ne sait trop à quoi ça va servir. Pour information il m’a fallu près de deux semaines de cogitation avant d’attaquer la rédaction de ce billet.
Pas réellement un concurrent de Flash ou de AIR
Force est de constater que ce nouveau produit est plutôt obscur, que les explications sont rares et que même les équipes à l’origine de ce projet sont incapables de fournir une explication claire (cf. Native Client: An OS in Your Browser). Pour faire simple, Native Client est une extension que vous installez sur votre ordinateur pour pouvoir exécuter au travers de votre navigateur des applications en ligne écrites en code natif (C ou C++). Si vous avez le courage vous pouvez toujours lire l’annonce officielle mais vous n’y apprendrez pas grand chose de plus : Native Client, A Technology for Running Native Code on the Web.
Ne vous y trompez pas, même s’il est beaucoup question de RIA, NaCl n’est ni un plugin à la Flash ou Silverlight, ni un runtime à la AIR. Ce n’est pas non plus une technologie qui exploite une machine virtuelle à la JavaFX et pour finir c’est encore moins un mini-système d’exploitation. En fait c’est un peu tout ça à la fois (bien que pas tout à fait). Lire à ce sujet : Why Google Native Client is not a Flash competitor.
Avec Native Client ne gaspillez plus la ressource de votre processeur
Pour bien comprendre tout l’intérêt de Native Client (NaCl pour les intimes), il faut se pencher sur l’architecture des ordinateurs et surtout sur le fonctionnement des plug-in. Pour faire simple un ordinateur est composé de couches matérielles (la carte mère, le processeur, la carte graphique…) et de couches logiciels (le système d’exploitation, les applications…). Quand vous consultez une interface riche en Flash, celle-ci repose sur du code qui est interprété par le plug-in, par le navigateur, par le système d’exploitation et finalement par le processeur. Ce dernier traite l’instruction et remonte un résultat dans l’autre sens. Toutes ces couches sont autant d’intermédiaires qui traduisent, interprêtent et ne font que vous gaspiller de la ressource (mémoire et puissance de calcul). Voilà pourquoi les animations 3D exécutées dans Flash vous paraissent minables comparé à ce que votre carte graphique est capable de faire.
Avec Native Client, la promesse est de ne plus gaspiller cette ressource en évitant les intermédiaires (les différentes couches logicielles) et de faire en sorte que les applications en ligne exécutées dans votre navigateur ne soient que 1% moins lentes que celles qui sont installées sur le système d’exploitation. Lire à ce sujet l’excellent mais très technique article de Samy : Avec Native Client, Google invente l’OS dans le navigateur.
Si la promesse est belle (des performances sans commune mesure) et l’exploit technologie réel, il y a une contre-partie : les applications en ligne doivent être développées en C ou C++. Et c’est là où ça coince : le C et le C++ sont des langages de programmation contraignants qui ne sont pas réellement adaptés aux interfaces riches. Il existe maintenant de nouveaux langages beaucoup plus sophistiqués qui se sont imposés sur ce créneau avec des environnement de développement dédiés beaucoup plus productifs (à l’image d’Eclipse ou de Flex Builder). Donc concrètement pour bénéficier des performances de NaCl il faut revenir 20 ans en arrière et se réapproprier des langages qui font dramatiquement chuter la productivité. En clair il va vous falloir beaucoup plus de temps pour développer la même application. Tout ça pour quoi ? Pour de meilleures performances, mais est-ce que la performance est réellement un problème ?
PS : Ceci est une tentative naïve de l’auteur d’expliquer de façon simple le fonctionnement des ordinateurs pour pouvoir mieux comprendre la prise de position sur NaCl. Les premières versions de cette explication étaient approximatives et ont engendrés des commentaires très aggréssifs qui ont polués la discussion avec un débat de forme (« le C n’est pas mort et il est plus performant que Java ») au détriment d’une discussion de fond (NaCl est une belle avancée technologique mais qui ne trouvera pas forcément son public dans la mesure où les usages de l’outil informatique sont amenés à beaucoup changés dans les prochaine années, notamment avec les approches centrées sur la collaboration de l’Entreprise 2.0).
Le faux débat de la performance
Oui, la performance est importante, car il en faut pour faire tourner dans votre navigateur des applications équivalentes à ce que vous avez sur votre disque dur. Mais d’un autre côté est-ce que c’est un but légitime ? Traduction : Quel est l’intérêt de faire tourner Word 2007 dans votre navigateur quand un wiki peut vous apporter un bien meilleur service ? Quel est l’intérêt de faire tourner un mastodonte comme Photoshop dans votre navigateur alors que dans 90% des cas vous pouvez vous suffir de Photoshop Express ou de Picnick ?
Nous entrons ici dans la partie délicate de la discussion autour de NaCl, la partie où l’on va se rendre compte que cette technologie est surtout révolutionnaire pour les éditeurs de logiciels, pas pour les concepteurs d’interfaces riches. L’industrie du logiciel est en effet en train de se scinder en deux clans : d’un côté les applications lourdes (Photoshop, 3DSMax…) qui sont avant tout destinées à un petit nombre de professionnels spécialisés dans un domaine et nécessitant beaucoup de ressources (mémoire, puissance de calcul, capacité de stockage…), de l’autre des applications plus légères (SalesForce, Basecamp…) qui sont avant tout orientées collaboration et qui consomment très peu de ressources. Le modèle SaaS est donc parfaitement adapté à la seconde catégorie avec des technologies parfaitement maîtrisées (HTML + Javascript, Flash…) qui ne posent pas de problème de performance.
Vous pourriez me dire que le débat sur la performance est revenu sur le devant de la scène avec la mode des ordinateurs low cost (les EeePC et autres netbooks) qui ne disposent pas du tout de la même puissance de calcul. Pour ce segment bien particulier il serait intéressant de voir s’il est rentable d’adapter des applications desktop existantes pour les reformater aux contraintes de ces ordinateurs (petit écran…). Mais encore une fois la solution se trouve plutôt dans une nouvelle approche de l’outil informatique (avec les intranets wikifiés et les mashups d’entreprise) plutôt que dans l’exploit technique de faire tourner Office 2007 et Vista sur un EeePC.
Ceci est d’autant plus vrai que les dernières versions de navigateurs comme Firefox, Opera ou Chrome ont fait un bond spectaculaire et ont réussi à décupler les performances d’exécution de code Javascript. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, les plug-in progressent aussi à pas de géant puisque Flash 11 et Silverlight 3 devront également marquer une nette rupture de performance avec une prise en charge beaucoup plus poussée de l’accélération matériel, donc un recours plus intensif aux composants hardware (notamment la carte graphique) et moins de gaspillage de mémoire. Ca ne vous rappelle rien ? Bref, toutes ces améliorations à venir nous font relativiser le gain de performance annoncé par NaCl. Mais bon… l’idée n’est pas neuve car Microsoft avait tenté d’introduire une technologie équivalente avec les fameux ActvieX (cf. Google Native Client : Un ActiveX-Like ?) et n’oublions pas non plus que le javascript a ses limites (cf. L’invasion des machines virtuelles).
Donc au final NaCl doit être avant tout considéré comme un environnement d’exécution et de déploiement révolutionnaire car il permet aux éditeurs de ne développer qu’une seule version de leurs applications et de les distribuer via le web (en évitant les circuits de distribution classique avec boîtes et DVD). Vous noterez au passage que cette solution n’a été rendu viable que depuis l’adoption d’une architecture commune (x86) par les constructeurs et éditeurs de système d’exploitation (Microsoft / Windows, Apple / Mac OSX, Linux). Pour en savoir plus sur le potentiel de NaCl dans ce domaine je vous recommande cet article de Louis Naugès : Web 2.0, Lla marginalisation, définitive, de Windows sur les PC.
C’est quoi déjà une interface riche ?
Mais revenons à nos moutons : les interfaces riches. Dans la vision de Google, les interfaces riches sont avant tout destinées à être exploitées dans le cadre d’applications en ligne. Mais cette vision est très réductrice car que fait-on des innombrables interfaces riches qui reposent sur de la vidéo, des animations, du son, des transitions et autres effets spéciaux ?
Même si Native Client intègre un moteur de rendu vectoriel, Flash (et dans une certaine mesure Silverlight) reste la technologie la plus appropriée et de très loin pour faire ce type d’interface. Est-ce que vous vous imaginez faire un carrousel, un configurateur ou un assistant au choix en C ou C++ ? Non bien évidement car ce n’est pas pour cela que ces langages ont été conçus. L’avantage de Flash est d’autant plus net qu’il est couplé avec un environnement de production parfaitement adapté à ce type d’interface ainsi qu’une infinité de bibliothèques prêtes à l’emploi pour gagner du temps. Vous noterez que l’approche de Google centrée sur les applications en ligne se vérifie également avec d’autres produits comme GWT, un framework Ajax qui est exclusivement tourné vers une logique applicative.
Bref, ce n’est pas demain que nous allons voir des studios de production comme 2advanced, Blitz, Megalos ou Soleil Noir abandonner Flash pour faire du C. Ces studios sont capables de faire des prouesses que le C n’autorise pas.
Conclusion
Si nous résumons :
NaCl n’est pas un plug-in, c’est un projet encore expérimental qui n’est même pas en phase alpha ;
NaCl n’est pas un mini-système d’exploitation, c’est un complément qui permet de court-circuiter des intermédiaires pour profiter des pleines performances du matériel ;
NaCl n’est pas concurrent de Flash ou Silverlight qui sont bien plus performants pour faire de belles interfaces riches ;
NaCl dépend de langages de programmation (C et C++) qui sont plus plus performant mais plus contraignant ;
NaCl propose une approche tout à fait intéressante de la distribution de logiciels, mais les gros éditeurs disposent de leviers très puissants (accords cadres, partenariats, lobbying…) pour défendre leur modèle de distribution (et je ne parle pas que de Microsoft).
Voilà pourquoi NaCl va très certainement chambouler la longue traîne de l’industrie logiciel bien que cette technologie ne soit en l’état pas viable pour survivre sur le marché des RIA. Marché déjà bien encombré avec Flash, Silverlight, JavaFX ou des acteurs de niche comme Curl ou Unity3D (respectivement pour des applications en ligne d’entreprise et pour des jeux en 3D comme Cmune).
Reste donc deux possibilités : Soit Google fait fortement évoluer son produit pour le rendre réellement attractif (en expliquant clairement ce à quoi il sert et ce qu’il n’est pas), soit NaCl restera une expérimentation intéressante mais qui sera confinée à un usage interne chez Google.
Suite à un précédent billet qui faisait le point sur mes prédictions 2008, je me lance une nouvelle fois dans le périlleux exercice des prédictions.
1/ Montée en puissance des plateformes sociales BtoB
Ça a commencé avec la consécration de Yammer au Techcrunch50, ça se poursuit avec le lancement de Bluehouse par IBM, ça se confirme avec la nouvelle version de blueKiwi : le salarié est un animal social et il a besoin d’outils adaptés pour assouvir ses besoins (de sociabilisation). Au delà des outils qu’il est possible de mettre à disposition des collaborateurs (au sein d’une entreprise ou d’un groupe), c’est dans les liens sociaux inter-entreprises que le gros du potentiel réside. Un Facebook pour les entreprises ? Non, soyons sérieux, plutôt quelque chose à mi-chemin entre LinkedIn et AppExchange avec une bonne dose d’open source (ou du moins pas entre les mains d’un seul acteur) et une couche de micro-partage. Imaginez ainsi le potentiel que représenterait la rencontre entre médias sociaux et entreprise 2.0.
2/ Explosion des réseaux sociaux locaux
2008 aura été témoin de l’explosion de deux lames de fond : la domination des réseaux sociaux et le retour en force des services mobiles. Croisez les deux et vous obtenez des réseaux sociaux locaux comme DodgeBall, BrightKite, Loopt, Moximity et des services français comme DisMoiOù et Webcity. Plus de proximité, plus de facilité pour faire du ciblage comportemental (géographique ?), plus de points de contact avec les utilisateurs… les arguments sont nombreux pour s’intéresser de près à cette alternative aux réseaux traditionnels. Et les services connexes comme Peuplade ou Ma résidence en bénéficieraient grandement (ou inversement).
3/ Démocratisation des applications sociales
Vous connaissiez déjà Kidzui et Pikluk pour les enfants (cf. Les applications sociales à l’assaut des enfants et des parents) ? Vous utilisiez déjà Twhirl et AlertThingy ? Alors vous passerez bientôt à SocialU car vous ne supportez pas l’idée de ne pouvoir maîtriser votre social stream, le flux de vos activités sociales. Et oui, parce que ça commence à faire beaucoup de services à alimenter / surveiller. Bref, autant le dire franchement : la fenêtre de votre navigateur est trop petite pour pouvoir gérer cette multitudes de réseaux sociaux, systèmes de publication / partage… Il vous faut quelque chose de plus robuste, quelque chose de plus sécurisé, quelque chose de plus… industriel. Et c’est là où les applications sociales entrent en scène et vont venir s’incruster durablement sur votre desktop.
4/ Retour en force des experts
Avec la montée en puissance du social shopping (des recommandations par millions) et la croissance soutenue du e-commerce (des boutiques en ligne par milliers), l’offre n’a jamais été aussi riche… et le choix aussi complexe. Ceci s’en ressent surtout dans les produits technologiques où faire un achat réfléchi requiert un investissement à temps plein (identification des offres, études des alternatives, comparaison, pondération…). Heureusement les experts sont là : blogueurs plus vraiment amateurs, vendeurs passionnés ou acheteurs débordant d’empathie, les experts sont partout (si l’on se donne la peine de les chercher). Ici il n’est plus question du consensus des internautes anonymes mais plutôt de l’avis d’un individu socialement impliqué. Leurs conseils valent de l’or car ils ont une connaissance encyclopédique et l’expérience du terrain (en fouinant dans les magasins ou en s’appuyant sur un réseau d’informateurs). Jetez donc un œil à un blog de niche comme Blogeee pour vous rendre compte du niveau.
Les experts seraient-ils l’incarnation de l’influenceur ? Probablement, car ici ce n’est pas l’audience qui compte mais l’implication (le nombre d’heures passées à compiler des news, des données brutes et à débattre dans les forums). Bref, les marques ont bien compris leur intérêt et elles les chouchoutent même dans des séances de speed testing. Mais entendons-nous bien : il s’agit là d’experts qui avancent à visage découverts et entendent vivre pleinement de leur passion. Ne vous offusquez donc pas de voir de la publicité ou des liens sponsorisés, c’est le revers de la médaille. Mais qui s’en plaindra si le conseil est bon ? Certainement pas moi (ni vous) car un achat réalisé en toute sérénité ça n’a pas de prix (sans mauvais jeux de mots).
5/ Invasion des casual games
Plus aucun doute : après la musique, les vidéos et les widgets, les casual games sont le prochain levier d’audience. Des géants du web comme Amazon (qui investi dans Kongregate et Reflexive) ou Google (qui vient de lancer son offre d’In-Game Advertising) en passant par des régies comme Hi Media (GameOnly) ou des acteurs plus traditionnels comme Ubisoft (MissDécouverte) ou Sega (PlaySega), les casual games sont au centre de nombreuses attentions. Pourquoi le jeu ? Parce que tout le monde aime jouer, parce que ça sociabilise et parce que c’est facilement monétisable. Surveillez de très près également les social games qui envahissent les réseaux sociaux et même les mobiles (cf. Zynga Launches the Ultimate Time Waster: Live Poker for the iPhone).
6/ Multiplication des MMOs franchisés
Si les casual games sont là pour divertir les foules, les MMOs (jeux en ligne massivement multi-joueurs) sont là pour combler les exigences des hardcore gamers. Ça a commencé il y a presque 10 ans avec Ultima Online, ça c’est confirmé avec Wolrd of Warcraft, l’avenir du jeu vidéo est en ligne. Fort de ce constat de nombreuses licences prestigieuses sont en train de rattraper leur retard et de débarquer en force sur le créneau : Warhammer, Conan, Lord of the Rings, Star Wars, Star Trek, Stargate, DC Universe… tous seront au rendez-vous en 2009, et peut-être même Harry Potter. Il ne reste plus à ces éditeurs qu’à mieux comprendre le potentiel du free-to-play et l’explosion sera encore plus puissante.
7/ Montée en puissance des objets trans-réels
Pour le moment seuls les industriels du jouet se sont lancés dans une exploitation à grande échelle des objets trans-réels (objets physiques qui possèdent également un double virtuel à l’image des Funkeys). Lancée par Webkinz, la mode des univers virtuels faisant usage d’objets trans-réels semble être contagieuse car des géants comme Mattel (avec Barbie Girls), Hasbro (avec Littlest Pet Shop) ou Disney (avec Pixie Hollow et bientôt World of Cars) semblent vouloir s’imposer en force. Si ça fonctionne pour les jouets, pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas pour les objets de la vie courante comme les fringues (vos t-shirt personnalisés avec un mobile tag) ?
8/ Émergence d’applications mobiles 2.0
J’ai déjà abordé le cas des réseaux sociaux locaux, mais les applications mobiles sociales de seconde génération (post SMS et version mobile des réseaux sociaux issus du web) sont déjà là : micro-messenging géolocalisé comme les très ambitieux Friend View de Nokia ou oneConnect de Yahoo!, MMTRG comme Wifi Army ou Parallel Kingdom (qui vient de lancer sa version iPhone), P2P-Leveraged Mobile Live Streaming… les domaines d’application du mobile 2.0 sont nombreux, d’autant plus que les smartphones représentent maintenant près de 20% du marché.
9/ Retour sur le devant de la scène de Microsoft
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Microsoft ne parvient pas à passionner la blogsophère comme savent le faire Google ou Facebook. Il faut dire que sa posture de suiveur réactif l’a poussé à sortir des services sans grande valeur ajoutée comme Live Search Maps ou Expo Live. Oui mais voilà, Microsoft carbure au diesel : long à démarrer mais terriblement endurant. Les équipes de Redmond ont mis du temps à sauter dans le train des médias sociaux mais elles rattrapent petit à petit leur retard avec des services comme Live Home ou Live Photos. Mieux, elles arrivent à surprendre avec des initiatives particulièrement inspirées comme Photosynth ou WorldWide Telescope.
Pour de nombreuses personnes, Microsoft est un géant endormi. Rien que l’évocation du nom « Microsoft » fait ressurgir de douloureux souvenirs liés aux nombreuses frustrations engendrées par 20 années de suprématie de Windows et Office. Mais pour d’autres, Microsoft c’est aussi la Xbox et sa nouvelle « Experience« , Guitar Hero, les nuits passées sur Xbox Live, le Zune (qui n’a jamais traversé l’atlantique)… Microsoft c’est également des projets très ambitieux comme le tout nouveau Microsoft Store, Windows Azure ou Live Mesh. Microsoft c’est enfin des innovations technologiques tout à fait convaincantes comme Surface, Sphere ou encore TouchWall.
Bref, le nouveau Microsoft est bientôt là, il ne se contentera plus d’être un fast follower et il a toujours 50 milliards de $ en caisse. Rendez-vous compte : 50 milliards de $ c’est assez pour racheter Yahoo!, Facebook ET General Motors (cherchez l’intrus) !
Voilà, ça fait 9 prédictions pour l’année 2009. N’hésitez pas à rajouter les vôtres dans les commentaires.
En tout cas 2009 sera une année passionnante, j’en suis certain. J’espère que vous partagerez avec moi cet enthousiasme et que j’aurai la motivation pour continuer à bloguer toutes ces transformations qui sont en cours.
Voilà maintenant 3 mois que Google a sorti son univers virtuel (Lively). 3 mois pendant lesquels leurs équipes ont travaillé à l’enrichissement de cette plateforme (cf. Lively, un potentiel encore insoupçonné ?). Alors que les spéculations allaient bon train, Kevin Hanna (le directeur de création) a récemment fait une déclaration surprenante : Une API sera prochainement déployée pour pouvoir intégrer des gadgets interactifs (cf. Hanna Talks Google Lively’s Game API Extensions).
« Gadgets interactifs » ? Oui tout à fait, des gadgets interactifs qui permettraient à des développeurs indépendants de publier des jeux au sein de l’univers. Pettie précision, ces « gadgets interactifs » sont une version évoluée des « gadgets » déjà supportés qui permettent d’encapsuler de la vidéo. De là à interpréter cela comme une Game API, il n’y a qu’un pas : Lively, a Future Platform for Online Games.
Bientôt une 3D Game API ?
Plus intéressant, ce même Kevin aurait donné plus de détails lors d’une interview accordée à Games Industry :
Cette API permettra d’intégrer des jeux en 2D mais devrait rapidement évoluer pour pouvoir encapsuler des jeux en 3D ;
Ils ne prévoient pas pour le moment de monnaie virtuelle mais un système de micro-transactions en mode P2P (une extension de Google Checkout ?) qui permettrait aux utilisateurs de… payer pour les jeux (cf. Google to Open Up Lively to Developers) ;
Les utilisateurs pourraient choisir entre plusieurs avatars en fonction de l’endroit où ils se rendent et de ce qu’ils vont y faire (cf. Will Lively Be a Game Platform?) ;
Rich Internet Game ou Gaming Platform as a Service ?
Exploiter le plug-in de Lively comme un moteur graphique de jeu en ligne ? N’est-ce pas ce que l’on pourrait appeler un Rich Internet Game (par analogie aux Rich Internet Applications) ? Il faut dire que cette solution est plus qu’alléchante : pas de moteur physique à développer ou de plug-in complexe à faire installer, pas de système de paiement à implémenter, une très forte audience…
Bref, Lively pourrait potentiellement être considéré comme une plateforme de distribution, une sorte de Gaming Platform as a Service qui viendrait compléter le App Engine réservé aux applications plus traditionnelles.
Bien évidement ne vous imaginez pas des jeux aussi sophistiqués que Far Cry II, mais plutôt des jeux à forte dimension sociale, des sortes de Social Games en 3D. Lively serait donc plus un concurrent pour Kongregate ou Shockwave et se différencierait ainsi des autres univers virtuels « légers » (cf. Un retour dans le browser pour les univers virtuels ?).
Reste encore à Google d’assurer une bonne compatibilité de son plug-in (notamment avec Mac / Linux) et à développer une version plus robuste pour Chrome (car de nombreux problèmes de montée en charge subsistent encore). Et tant que l’on y est, pourquoi ne pas envisager une version mobile sur Android ?
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