Vers un web 3.0 ?

A peine le web 2.0 et ses concepts disruptifs commence-t-il à révéler son réel potentiel que l’on commence déjà à parler de la prochaine itération : le web 3.0.

Ce mystérieux web 3.0 est-il une réalité aujourd’hui ? Non, pas du tout. Est-il opportun d’en parler dès maintenant ? Oui, car les fondements d’une ère nouvelle pour les services en ligne sont en train d’être façonnés.

Pour mieux comprendre et appréhender les enjeux de cet (hypothétique) web 3.0, il me semble important de revenir sur les anciens modèles, de les comparer avec les modèles actuels et de se projeter dans un avenir proche.

Web 1.0 : une expérience intégrée

La première version moderne du web, celle que nous avons connu à la fin des années 90 (je fais abstraction des débuts laborieux de l’internet), correspond schématiquement à une expérience intégrée de bout en bout par de gros acteurs.

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Si nous prenons comme exemple le choix et l’achat d’un produit culturel (livre ou CD), une des expériences les plus complexe en ligne, nous constatons que des acteurs comme Amazon étaient présents sur l’ensemble de la chaîne de valeur :

  • La découverte dans les têtes de rubriques et sous-rubriques ;
  • La validation avec les notes et avis des autres utilisateurs ;
  • L’achat avec la liste de souhaits ou le panier ;
  • Le paiement qui est intégré au site.

Web 2.0 : une expérience collaborative et déstructurée

Si l’on se place maintenant dans la peau d’un internaute averti (les fameux power user), il dispose d’une palette bien plus large de sources d‘informations et de services marchands. Ces derniers sont autant de nouveaux maillons de la chaîne de valeur qui viennent se substituer aux précédents.

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L’expérience de l’utilisateur tout au long de son achat sera complètement déstructurée :

  • La découverte d’un produit peut se faire sur des blogs ou des réseaux sociaux affilié, sur des moteurs de recommandations comme Pandora ou au sein de communautés d’achat comme ShopWiki ;
  • La validation d’un choix peur se faire sur des portails de social shopping comme Crowdstorm ou sur des sites spécialisés comme LibraryThing (pou les livres) ou Yahoo! Tech (pour les gadgets technologiques) ;
  • L’achat peut se faire sur des boutiques en marques blanches comme celles que propose Amazon (aStore), eBay (eBay Stores) ou encore Zlio ;
  • Le paiement peut enfin être déporté sur des systèmes d’encaissement comme ceux de PayPal ou de Google Checkout.

Web 3.0 : une expérience immersive et étendue

En anticipant une montée en puissance de services innovants qui commencent à voir le jour, il est possible d’identifier encore de nouveaux maillons pour une chaîne de valeur qui ne se limitera plus au web.

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L’expérience d’achat de l’internaute sera d’une part plus immersive mais surtout plus étendue à d’autres domaines que le web :

  • La découverte de produits pourra se faire dans des univers virtuels (comme ceux d’Habbo Hotel ou de Second Life), dans des jeux en ligne (comme dans World of Warcraft ou le Xbox Live) ou à l’aide de widgets (comme ceux proposés par le Dashboard d’Apple ou Yahoo! Widget) ;
  • La validation des produits serait fondée sur des services indépendants qui s’appuieraient sur des systèmes de gestion universelle de la réputation des prescripteurs (comme ceux de BazaarVoice, iKarma ou Rapleaf) ;
  • L’achat pourrait se faire à l’aide d’un mashup marchand comme celui de Cooqy ou à l’aide d’applications marchandes connectées comme le Mozilla Amazon Browser) ;
  • Le paiement pourrait enfin se faire directement au sein du système d’exploitation (en exploitant le futur CardSpace de Vista), sur d’autres terminaux (comme les mobiles à l’aide de PayPal Mobile) ou à l’aide de moyens de paiement qui sont utilisés dans les univers virtuels (en Linden Dollars par exemple puisque des banques vont prochainement proposer des services bancaires dans Second Life).

Et le web sémantique ?

A la base de ces réflexions sur le web 3.0, il y a un article publié sur le NY Times : Entrepreneurs See a Web Guided by Common Sense. Cet article nous décrit le web 3.0 comme un web sémantisé. Vision intéressante mais faussé : il est important de rappeler que les principes (et technologies) du web sémantique n’ont pas attendu le web 3.0 pour se développer et se perfectionner. Voilà de nombreuses années que le RDF est exploité comme meta-langage et que de nombreuses autres initiatives permettent de structurer l’information : pour la syndication, les formulaires, le reporting financier, l’identité numérique ou encore les microformats.

Sémantiser le web est une entreprise titanesque et il faudra de nombreuses années (décennies ?) pour y arriver, d’autant plus qu’avec les progrès réalisés par les moteurs de recherche ou les bases de données, il est tout à fait possible d’apporter les mêmes bénéfices que ceux cités dans l’article.

Pour finir, rappelons que la couche sémantique de l’information présente surtout un gros potentiel pour les systèmes informatiques, comprenez par là que les utilisateurs (ceux qui sont à l’origine de la révolution du web 2.0) n’y trouvent pas forcément d’intérêt.

C’est pour quand le Web 3.0 ?

Pour l’instant il est encore beaucoup trop tôt pour pouvoir faire une prévision fiable, d’autant plus que ma comparaison ne prend en compte que la facette marchande du web (ce qui est loin de refléter sa richesse). Vous trouverez une version plus grande de ce schéma ici : Web 3.0.

Ce qui est certain par contre, c’est que nous allons progressivement déporter une partie des services que nous utilisons sur le web vers notre poste de travail (à l’aide de widgets ou de RDA) ou vers nos terminaux mobiles. De même, la gestion de notre identité numérique va prendre une place bien plus importante.

Notre mode de consommation de l’information ou des services en ligne va donc s’éloigner du web (et ses pages HTML) au profit de l’internet (et ses applications connectées). Il serait donc plus juste de parler d’internet 3.0 plutôt que de web 3.0.

Je vous donne donc rendez-vous dans un an ou deux pour vérifier si cette prédiction se réalise ou si nous évolueront vers des services encore plus sophistiqués.

Des révélations sur Netvibes

J’ai participé hier avec Tariq Krim à une conférence organisée par le Club des anciens de Centrale. Cette conférence en Ping Pong avec le patron de Netvibes, a été l’occasion pour moi de redécouvrir ce service. Redécouvrir car je l’avais testé dès sa sortie sans réellement y accorder plus d’importance par la suite. Grave erreur, car contrairement à ce que laisse penser son interface, l’offre évolue et dans le bon sens.

Lors de cette conférence, Tariq a ainsi fait le point sur la situation actuelle et les usages de Netvibes :

  • entre 7 et 8 millions d’utilisateurs actifs ;
  • 1/3 des utilisateurs se connecte 1 heure par jour, près de 10% sont connectés en permanence ;
  • 30% de parts de marché des lecteurs de flux RSS en Europe (48% pour ce blog) ;
  • compatibilité assurée avec les modules de Google ;
  • des modules marchands opérationnels (comme ceux de Box ou d’Ebay) qui permettent de faire des transactions directement dans votre page ;
  • des utilisateurs qui exploitent Netvibes et sa capacité à lire les flux RSS pour en faire un tableau de bord qui leur permet de scruter l’actualité, contrairement aux infovores comme moi qui utilisent d’autres types d’outils (comme Bloglines ou Google Reader) pour consommer de l’information en mode industriel ;
  • la faiblesse apparente du service, c’est à dire la possibilité de l’utiliser sans créer de compte, en fait un avantage concurrentiel décisif car cela permet de convertir des utilisateur craintifs ;
  • Netvibes est une alternative aux moteurs de widget (comme Yahoo! Desktop et Google Desktop) pour les utilisateurs qui ne possèdent pas les droits sur leur ordinateur professionnel pour pouvoir installer ces logiciels ;
  • un modèle économique qui repose sur de l’affiliation non-intrusive (l’utilisateur n’est exposé à des offres qu’aux moments les plus opportuns) par opposition aux modèles de rémunérations basés sur les bannières ou les liens sponsorisés.

Comme il était en grande forme, notre Tariq national en a également profité pour faire quelques révélations sur les nouveautés du service :

  • toujours plus de modules compatibles et de modules marchands ;
  • une meilleur compatibilité avec les dernières versions des navigateurs (Firefox 2, IE 7, Opera 9…) ;
  • une version mobile quasi-finalisée (avec une phase de beta-test privée à laquelle j’aimerais bien participer !) ;
  • une version Wii opérationnelle (mais où se sont-ils procuré une Wii ?) ;
  • plus d’interactivité entre les modules avec la capacité d’un module à en ouvrir un autre et à échanger de l’information ;
  • des modules collaboratifs qui autorisent la consultation et l’édition simultanée.

Tariq nous a enfin éclairé sur les futurs défis qu’il souhaite relever :

  • intégrer des modules plus complexes comme la consultation de comptes bancaires ou de factures ;
  • exploiter des protocoles standards d’authentification pour faire du SSO (avec notamment OpenID) ;
  • sémantiser les modules et l’information qui circule (ils ont pour cela recruté un nouveau directeur technique des plus prestigieux).

Voilà, ça fait beaucoup de chantiers passionnants à mener et en tout cas une bien belle aventure pour cette start-up française dont les américains sont envieux. Je persiste par contre à dire que si ce service souhaite conquérir un public plus large, il devra proposer des fonctionnalités plus tournée vers les novices comme une visite guidée ou un assistant à la création ainsi que des onglets thématiques génériques dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet (Netvibes 2.0 ?).

Je vais conclure en citant une phrase qui m’a bien amusé : Netvibes, c’est la Suisse du web 2.0 (pour illustrer sa neutralité et le respect de la confidentialité).

Vers des entreprises 2.0

La nouvelle n’a pas fait beaucoup de bruit et pourtant elle représente une avancée significative. Intel a ainsi récemment sponsorisé une initiative remarquable qui consiste à packager plusieurs outils « web 2.0 » au sein d’une suite logicielle prête à déployer au sein d’une entreprise : SuiteTwo.

Cette suite comprend notamment les outils suivants :

  • MovableType pour le blog ;
  • SocialText pour le wiki ;
  • SimpleFeed pour publier des flux d’information ;
  • NewsGator pour lire des flux d’information.

D’autres grands noms de l’informatique soutiennent cette initiative en distribuant ce produit : Dell et NEC.

Pour ceux qui n’ont qu’une vague idée de ce qu’est le concept d’entreprise 2.0, je vous propose cette sélection d’articles :

En tout cas je me réjouis de cette nouvelle offre qui va très certainement dynamiser le marché et accélérer la mise sur le marché d’une probable nouvelle Appliance de Google qui intègrera Gmail, Calendar, JotSpot, Writely, Spreadsheets…

Web 2.0 en vrac

Décidément il se passe beaucoup de choses en ce moment, pas une journée sans que de nouveaux services sortent : *FindMeOn est un service de gestion universel de l’identité (sur vos différents réseaux sociaux, blogs…) ;

  • ChipIn est un service de collecte de fonds en ligne (que des bonnes causes de préférence) ;
  • Dad Daily est un réseaux social de papas (sur le même modèle que MothersClick) ;
  • SnowboardGang est un réseaux social pour les fans de snowboard ;
  • Kevo est un portail collaboratif dédié à la vie des people (peut-on encore parler d’intelligence collective ?)

Heu… je suis en train de me demander si ces simples énumérations de nouveaux services représentent pour vous un intérêt… En fait ma question est : préférez-vous l’exhaustivité (des listes régulièrement publiées) ou l’approfondissement (un seul service présenté mais en détails) ?

Réseaux sociaux en vrac

En ce moment l’actualité des réseaux sociaux est tellement intense que je suis obligé d’adopter un style télégraphique digne d’un Tristan Nitot :

  • Splice, un service de partage et de remix de morceaux musicaux (avec un échantillonneur en ligne du plus bel effet) ;
  • Aggreg8, un réseau social dédié aux professionnels de l’informatique made in Microsoft ;
  • ShareYourLook, le réseau des passionnés de mode ;
  • Outdoorzy, le réseau des fous de randonnées.

Tout ça me donne des idées de mashup : un service de location d’ipod virtuel (contenant des morceaux musicaux remixés) pour compléter le look des randonneurs de Second Life. Cool, non ?