Voilà près de 15 ans que je travaille dans l’industrie de l’internet. Énormément de choses se sont passées en 15 ans (Bilan de 10 ans d’interactivité), et des géants se sont installés durablement. Je ne suis pas un fan des classements et des listes, mais je vous propose néanmoins une réflexion autour de la liste des dix acteurs incontournables de l’internet en 2012. Ceci n’est pas un classement rationnel, uniquement mon ressenti en tant qu’observateur privilégié (je passe quand même 12h par jour devant mon écran depuis près de 15 ans).
Nous retrouvons ainsi dans cette liste des acteurs historiques :
- Microsoft, l’architecte de Windows et d’Internet Explorer, mais également le repreneur de Skype et l’éditeur de nouveaux services comme Bing ou la plateforme Azure. Bref, un acteur encore actif.
- Yahoo!, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, entrainant dans sa chute des perles comme Flickr ou Pipes et a dû se délester de pépites comme Delicious ou encore Zimbra. Même si, après 17 années d’existence, le portail bénéficie encore d’une audience colossale (que l’on a tendance à minimiser), je vois mal comment ils pourraient ralentir le déclin (pourtant il y a des expérimentations intéressantes : Yahoo C.O.R.E. Aims To Personalize The Reader Experience In Pandora Fashion).
- AOL, l’autre portail de référence qui essaye de se refaire une jeunesse en rachetant des blogs à prix d’or (Huffington Post, Techcrunch) ou des services mobiles à la mode (Hipster). Là encore, l’audience est colossale, mais qui s’y intéresse ?
Nous retrouvons également dans cette liste des acteurs périphériques :
- Apple, qui est indéniablement LA star de la sphère high-tech mondiale, mais qui n’a un impact que limité sur le web dans la mesure où la firme californienne ne produit « que » du hardware et n’édite pas de sites (je mets volontairement de côté iTunes, car c’est un environnement fermé).
- Adobe, certainement l’éditeur qui a le plus contribué à faire du web ce qu’il est aujourd’hui, mais qui ne propose « que » des logiciels (Photoshop, Dreamweaver, Omniture…). Il y a bien des offres hébergées (Acrobat, Omniture, Business Catalyst…), mais leur impact est encore négligeable. Toujours est-il qu’ils sont en pleine remise en question (Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels), ce qui est plutôt une bonne chose.
Il y a enfin les actuels géants du web :
- Google, que je ne présente plus et qui est à la tête d’une galaxie très riche de services et sites (Gmail, YouTube, Maps, Docs, Android, Chrome, GooglePlus…).
- Facebook, que je ne présente plus non plus (mais qui devrait quand même se méfier : Facebook sera-t-il le nouveau Yahoo ?).
- Amazon, le poids lourd incontesté du commerce en ligne qui a racheté Zappos, Diapers et Soap, édite également une multitude de boutiques verticales comme Yoyo ou Wag, ainsi que des bases de données comme IMDb ou SoundUnwound.
- Ebay, qui se la joue low profile, mais qui possède tout de même Paypal ainsi que des solutions marchandes comme Magento ou GSI (cf. Les géants de l’internet s’affrontent pour imposer leur commerce OS).
Voilà, ça nous fait une belle liste de neuf acteurs majeurs de l’internet. Cela nous laisse donc la place pour une société plus récente, mais qui a eu une croissance fulgurante et un rôle prépondérant dans le développement du cloud computing : Salesforce.
Historiquement positionner sur le créneau des outils de gestion de forces de vente, Salesforce s’est fortement diversifié et propose une panoplie très impressionnante de services. Il existe d’autres acteurs sur le créneau des Software as a Service (notamment Zoho), mais peu ont une telle couverture fonctionnelle dans leur offre tout en restant en cohérence avec leur coeur de métier (l’hébergement et l’exploitation d’applications métiers). Mais ce qui différencie selon moi Salesforce de ses concurrents est la vision qu’ils ont sû imposer de la Social Enterprise.

Salesforce propose ainsi des offres verticales en mode SaaS :
- Sales Cloud, pour gérer les forces de vente ;
- Service Cloud, pour gérer la relation-client ;
- Chatter, pour les conversations et la collaboration interne ;
- Radian6, une plateforme de monitoring et d’engagement sur les médias sociaux ;
- App Exchange, une place de marché d’applications tiers.
On trouve également des offres plus techniques de PaaS (Platform as a Service) :
- Force.com, une plateforme d’hébergement d’applications internes ;
- Heroku, l’équivalent, mais pour les applications externes ;
- Database.com, une plateforme d’hébergement de données ;
- Data.com, une place de marché de données.

On retrouve enfin des offres de plus haut niveau prêtes à l’emploi :
- Do.com, un service de productivité / gestion de projets ;
- Desk.com, pour gérer votre help desk ;
- Rypple.com, un Social Performance Management System (cf. Collaboration + Gamification = Performance) ;
- Site.com, un outil d’édition de sites et de gestion de contenus.
![[SCM]actwin,336,155,336,155;explorer.exe3/14/2012 , 3:10:43 PM](/files/2012/03/Site.jpg)
Comme vous pouvez le constater avec cette liste des solutions proposées, Salesforce est donc une splendide réussite, un empire bâti en moins de 10 ans et qui a eu l’effet d’un véritable électrochoc pour les éditeurs traditionnels. Les prochaines étapes logiques du développement de leur offre seront de compléter les solutions verticales en s’attaquant à des acteurs de niches comme PracticeFusion.
Maintenant que je vous ai présenté ma liste, je vous propose d’ouvrir la discussion sur les trois questions suivantes :