Je suis intervenu la semaine dernière à une conférence ClubNet sur l’open innovation. J’ai eu l’occasion de discuter avec Marc Lopez d’un sujet très intéressant : l’abandon du terme RSE au profit de RCE (« Réseau Collaboratif d’entreprise« ). Ce changement de terme est intéressant plus d’un titre :
- L’acronyme RSE est avant tout utilisé pour désigner la « Responsabilité Sociale de l’Entreprise« . Ceci pose de gros problèmes, notamment quand vous faites des recherches dans Google.
- Le terme « RSE » est utilisé à toutes les sauces et de façon générique pour désigner un outil interne 2.0, alors que la fonction de réseau social d’entreprise ne couvre généralement qu’une petite partie de ce que les social softwares proposent.
- Avec l’avènement de Facebook ou LinkedIn, les collaborateurs ont maintenant atteint la maturité suffisante pour passer à l’étape suivante (commencer à collaborer différemment une fois que l’on a identifié la bonne personne).
Même s’ils sont une brique essentielle de l’Entreprise 2.0, les réseaux sociaux d’entreprise servent avant tout à identifier la bonne personne, mais ils ne prennent pas en charge la collaboration à proprement parlé. C’est là où le terme « RSE » atteint ses limites. Je ne suis d’ailleurs pas le seul ni le premier à le dire : La fin des réseaux sociaux d’entreprise ? Comme précisé plus haut, le RSE n’est donc qu’une brique du système d’information, au même titre que le système de messagerie.
L’enjeu de cette nouvelle terminologie est de mieux éduquer les collaborateurs, mais également le marché. Les solutions de réseau social d’entreprise vont ainsi servir aux collaborateurs à se constituer en groupes affinitaires ou en communautés de pratiques. Dans un second temps, ils vont chercher un outil, un support, pour pouvoir faire ce qu’ils sont censés faire. La dimension « sociale » n’intervient plus vraiment dans cette seconde phase, car il s’agit vraiment d’effectuer un travail. La notion de travail collaboratif désigne ainsi un travail qui n’est plus fondé sur l’organisation hiérarchisée traditionnelle, et où collaborent de nombreuses personnes, sans division fixe des tâches, grâce aux technologies de l’information et de la communication. La nature exacte de ce support de collaboration varie en fonction du contexte (activité quotidienne et normée, projet, capitalisation des connaissances…), mais il n’est plus question de rentrer en contact.
L’autre faiblesse du terme « RSE » est la notion d’entreprise. La réalité de la collaboration telle que la vie la plus grande partie des collaborateurs est qu’elle ne se limite pas aux frontières de l’entreprise. La collaboration implique très généralement d’autres acteurs que vos collègues : sous-traitants, prestataires, partenaires… Restreindre la collaboration à l’entreprise revient à ignorer les écosystèmes collaboratifs qui se forment spontanément ou de façon plus formelle. Certains parlent de réseau collaboratif interne ou étendu.
Voilà, j’espère vous avoir convaincu d’utiliser le terme « RSE » à bon escient et de ne plus propager l’amalgame qui est fait avec la grande famille des social softwares, dont je vous propose au passage ma définition : une plateforme logicielle favorisant la communication en groupe, la fédération de communautés internes, le travail collaboratif, la création collective… à l’aide d’outils en ligne.
Si vous avez mieux, je suis preneur…
