J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de Stardoll, un univers virtuel pour filles lancé en 2004 qui a depuis évolué en une communauté en ligne irriguant un authentique petit empire vertical (100 millions d’utilisatrices pour Stardoll). Je sais bien que la mode des univers virtuels est passée depuis longtemps, mais ce sont bien des avatars qui sont au coeur de ces plateformes sociales. Ces poupées virtuelles sont ainsi prétexte à d’innombrables interactions sociales et surtout à de nombreux leviers d’exposition pour les marques. Il n’est donc pas étonnant que la compétition s’organise pour croquer une part de ce juteux gâteau. Miss Bimbo, Paperdoll Heaven, iDressUp forment une armée de clones pas forcément très inspirés.
Est-il économiquement viable de se lancer sur ce créneau ? Il faut croire que oui, d’autant plus depuis les déboires du leader historique (Habbo forcé de se repositionner sur les social games). Le marché des jeunes filles est en effet un segment très convoité par les marques et distributeurs. Harrods, JCPeney, Ugg, Miss Sixty… se livrent bataille pour capter l’attention de jeunes clientes en devenir : Toys get fashionable with Stardoll Media.
Comme vous l’aurez compris, Stardoll est donc le leader incontesté de ce créneau avec une communauté forte de 200 millions d’inscrites et près des de 2 millions d’utilisatrices mensuelles. Déclinée sur Facebook et terminaux mobiles, Stardoll semble inaccessible (Stardoll Review), d’autant plus avec ses nombreux partenariats dont le très prestigieux Mattel / Barbie. Et pourtant la concurrence s’organise, à commencer sur les terminaux mobiles avec Top Girl de Crowdstar qui vient d’annoncer un partenariat avec Tecent pour conquérir le marché chinois : Tencent and Crowdstar launch “Top Girl” game in China to build out girl gaming market.
Suivant un cheminement inverse, la société thaïlandaise Sandbox Global revendique plus d’1 million d’utilisatrices mensuelles pour son Stylista : Sandbox Global puts Southeast Asia on the gaming map as ‘Stylista’ passes 1m monthly users. Si aujourd’hui l’essentiel de sa base d’utilisatrice prévient des pays asiatiques (notamment la Thaïlande), ils ont de grandes ambitions pour conquérir des marchés porteurs comme le Brésil ou la Turquie (ce pays étant un marché très fertile pour les communautés virtuelles : Le Yogurtistan veut révolutionner le virtual shopping et le système monétaire).
Nous avons donc deux acteurs de poids sur le ring : un européen (Stardoll est une société suédoise) et un asiatique. La bataille pour la domination du marché US risque d’être épique, d’autant plus que les conditions sont plus que favorables (27M users bought virtual goods using Facebook Payments in 2012).

