Le contenu : un actif immatériel

GerryMacGovern vient de publier un article édifiant sur le contenu et la valeur qu’on lui attribue : Web content is a hidden asset. L’auteur s’y offusque du manque de considération dont souffrent les rédacteurs de contenu. Une journée de rédacteur est ainsi généralement facturée moins cher qu’une journée de développeur HTML et beaucoup moins cher qu’une journée d’architecte système ou de consultant. C’est étrange n’est-ce pas ? De savoir que l’on accorde plus d’importance au contenant (les pages réalisées par les développeurs) qu’au contenu (la matière première sans laquelle un site ne peut pas vivre) ne vous surprends pas ? Moi si ! Savoir rédiger est un art, savoir rédiger du contenu efficace et percutant pour le web est une qualité qui devrait être mieux rémunérée. D’ailleurs L’auteur a une position amusante sur ce sujet : il dit à ses clients qu’il est consultant spécialisé en gestion de contenu et non rédacteur. Vous ne trouvez pas que cette revandication sur la revalorisation du pouvoir d’achat des rédacteurs est plutôt en phase avec l’actualité et la semaine sociale en cours ?

Un commentaire sur “Le contenu : un actif immatériel

  1. Cela m’étonne un peu. A la grande époque du e-business, j’étais concepteur-rédacteur web dans une grande SSII, et j’étais facturé à la journée plus cher que les développeurs. Et la compétence de rédacteur me semble plus « rare » que celle de codeur. Plus rare donc plus chère…

  2. Hé bien bravo Pilgrim, tu as su faire entendre ta voix et valoriser tes compétences. Malheureusement ce n’est pas le cas pour tous. Dois-je en conclure que tu n’iras pas défiler ?
    /Fred

  3. L’immatériel n’est pas encore dans nos moeurs. Rappelles-toi Fred, on en est encore à l’ère industrielle, celle où ce qui compte c’est les usines. Tout est fait en fonction de ça : propriété amortissement (t’as deja essayé d’amortir une formation ?) droit social et fiscal valorisation du travail Il faudra une bonne vingtaine d’année pour qu’on se rende compte que l’ère de l’intangible est arrivée ;-)

  4. Chez nous en tout cas il n’y a pas photo, le conseil amont, la rédaction conception sont plus chers que le dév, même s’il faut avouer que parfois on est obligé de « glisser » un peu de ces parties dans le dév. Il faut bien que la direction informatique valide à un moment ;-)

  5. L’écriture souffre d’un déficit de reconnaissance fort compréhensible : tout le monde croit savoir écrire. Ce n’est donc pas un exercice bien difficile, puisque tout le monde, ou presque, dans le cadre professionnel, croit pouvoir y arriver. A tel point qu’on se voit parfois imposer des corrections qui n’ont aucun sens, au seul prétexte que le donneur d’ordre veut apposer sa patte sur ce que son fournisseur de contenu lui transmet. A contrario, l’informaticien détient un savoir que le donneur d’ordre ne maîtrise pas toujours. Et cela se monnaye plus cher : je paye ce que je ne saurais pas faire, je ne paye pas autant ce que je saurais faire. C’est assez logique. Charge aux rédacteurs de prouver la technicité de ce qu’ils font. Pas toujours simple. Mais on y arrive, parfois.

  6. Effectivement, rares sont les entreprises ayant la maturité suffisante pour avouer leur incapacité à rédiger du « bon » contenu pour le web : simple à parcourir ET à lire, percutant, facile à retenir…
    /Fred

  7. Stéphane, je ne sais pas s’il faudra plusieurs année pour que la culture rattrape la technologie. J’irai peut-être plus loin que Gerry McGovern : si je suis d’accord pour dire qu’écrire est un art (avec ses spécificité côté écriture web), je ne suis pas forcémment d’accord pour dire que c’est au spécialiste de l’écriture de produire le contenu. Avez-vous lu le Cluetrain Manifesto? Weinberger résume bien l’avenir du business : les marchés sont des conversations. Et pour établir une conversation avec son marché, il faut impliquer l’ensemble des salariés dans cette conversation. Quelque chose me gêne dans le terme « production de contenu » : c’est une vision top-down, une autre variante de l’ère industrielle de masse. Pour moi, un spécialiste de l’écriture web et de la gestion de contenu, c’est un facilitateur, une aide méthodologique, un formateur plus que quelqu’un qui fait pour les autres. Qu’en pensez-vous ?

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