Le mieux est l’ennemi du bien

Voilà un billet très intéressant qui vient d’être publié sur le site Creating Passionate Users : Featuritis vs. the Happy User Peak. Il y est question de la course aux fonctionnalités que pratiquent certains industriels (la plupart ?). L’auteur du billet nous expose ainsi sa théorie sur la courbe de fonctionnalités :

La courbe des fonctionnalités

Le message est clair : pour qu’un produit soit attractif (qu’il apporte un minimum de valeur aux clients potentiels), il faut qu’il propose un minimum de fonctionnalités, mais pas trop ! Au-delà d’un nombre critique de fonctionnalités un produit ne devient pas plus performant mais plus compliqué. Il perd alors de la valeur aux yeux des clients potentiels.

L’auteur explique de façon fort juste que ce type de comportement est engendré par la peur des industriels : la peur de ne pas proposer autant de fonctionnalités que les concurrents, la peur de ne pas séduire assez, la peur de ne pas avoir une proposition de valeur suffisamment importante… Tout ceci ne vous rappelle pas une autre forme de course : la course à l’innovation (voir à ce sujet mon précédent billet : Visiophonie et 3G : ça marche et après ?)

Et pourtant, autour de nous il existe des exemples de sociétés qui ne participent pas à cette course aux fonctionnalités et qui sont pourtant leaders : L’iPod Suffle ne propose par exemple ni écran ni radio !

La conclusion de l’article est pleine de bon sens : ne proposez que les fonctionnalités que les utilisateurs potentiels veulent et non celles qu’ils disent vouloir. Ne rajouter pas une fonctionnalité sous prétexte que vos concurrents la rajoute. A cela, je rajouterais : pour rester persuasif, limitez-vous aux fonctionnalités-clés qui représentent le plus de valeur aux yeux de votre marché-cible. Votre message n’en sera que plus simple à faire passer, donc plus percutant.

Un commentaire sur “Le mieux est l’ennemi du bien

  1. « L’iPod Suffle ne propose par exemple ni écran ni radio ! » : Certes, mais ce produit aurait il eu le même succès s’il n’était pas labellé « Ipod » ? Sur le thême de juste niveau de fonctionnalités, je ne peux qu’acquiscer. Une solution passe peut être par des interfaces à « dimension variable » selon qu’on soit newbie ou power-user ? (ex : 1st page 2000)

  2. Google en ce sens était un bon exemple du juste compromis entre fonctionnalités et simplicité : pas de fioritures graphiques, un formulaire ultra simple et un algo diablement efficace. Je dis « était », car avec tous les gadgets qu’ils sont en train de nous pondre, je pense qu’ils sont en train doucement de rejoindre le côté descendant de la courbe précedemment citée, même si pour l’heure l’action a encore de beaux jours devant elle.

  3. Tout à fait d’accord. Mieux vaut démarrer très simple puis étoffer les caractéristiques plutôt que démarrer complexe (et mal conçu). Dans le premier cas on s’appuie sur les « most wanted features » pour améliorer. Dans l’autre cas on démarre d’emblée avec des choix dont l’adéquation à l’utilisateur reste hypothétique.

  4. D’accord, pas d’excès de zèle :) Enfin on essaye, car pour décrocher un contrat, à part d’être moins cher à compétence égale on n’a pas bcp d’alternative.

  5. Le choix d’un critère de différentiation est une décision lourde de conséquences. Choisir le prix comme élément différenciant, c’est entrer dans une spirale infernale dans lequel seul les chinois (ou les indiens) sortiront vainqueurs ! Ne rêvez pas, au vue de l’environnement légal et social français, le prix de nos prestations ne tiendrons JAMAIS la route face à la concurrence étrangère. Et ce n’est pas parce que vous avez votez « Non » au référendum que la concurrence ne viendra pas ! Est-ce que se différencier par la qualité, le confort d’usage ou la créativité n’est pas une solution moins risquée finalement ? /Fred (qui se dit qu’il aurait dû prendre ‘Mandarin’ en seconde langue !)

  6. Est-ce que ce n’est pas le concept « on demand » d’IBM tout simplement ?

    Et pourquoi pas 2 télécommandes avec la télé ? Une ultra-simple (volume, programme, éteindre) et une compliquée (volume, programme, éteindre, teletexte, minitel, internet, réchauffer les croissants, réveil matin, etc.) :-D.

  7. note très intéressante à l’image de ce site que je découvre enfin. Je suis d’accord avec ce paradoxe grandissant du « toujours plus » avec la simplicité qui finit toujours par payer. Enfin plus que le nombre restreint de fonctionnalités phares, je pense que c’est l’accès à ces fonctionnalités ou la simplicité d’utilisation qui est créateur de valeur. ce tant pour le BtoB que le BtoC. Pour autant dans le domaine hi tech je ne crois pas au produit simple (et si ipod restait une exception ? au fait le zire de palm a marché ?). Le fait d’avoir à sa disposition tout un pan de fonctionnalités donne plus de marge de manoeuvre à l’utilisateur et une envie de progresser dans l’utilisation. Il pourrait aussi se cantonner à un produit basique et en racheter un autre plus tard, mais l’effet frime devant les potes risque d’être un peu loupé ;-) Comparativement dans le domaine BtoB les acheteurs privilégieront aussi des produits plus complets leur offrant des marges de progression et étant au final moins chers que s’ils devaient soit tout changer ou migrer vers mieux, un peu plus tard. Ce que je veux dire par là c’est l’effet « flatteur » des produits complets pour les utilisateurs, dont la complexité peut se maitriser de manière ‘on demand’ comme le dit Frederic.

  8. Voilà une bonne idée Frédéric, il me semble qu’en plus cela a déjà été fait sur une télécommande à clapet avec uniquement les boutons simples sur le dessus du clapet et les boutons moins utilisés sous le clapet. Pour répondre à Stéphanie, je précise que le nombre de fonctionnalités conditionne fortement le prix de vente final. Pourquoi payer plus cher pour des fonctionnalités que l’on a pas demandé ? Bien évidemment, je pars du principe que plus de fonctions = plus de coûts de production. Mais peut-être as-tu des contacts en Chine où c’est l’inverse ? /Fred (qui fait une fixation sur les chinois de le ‘Non’ au référendum)

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