Ne parlons plus d’objets virtuels mais d’objets numériques

Je rebondis tardivement sur un excellent article publié par +8* sur le v-business : Is Virtual Real?. L’auteur remet ainsi les pendules à l’heure sur le caractère virtuel des biens ou services que l’on peut acquérir dans un jeu ou un univers virtuel : Une arme dans WoW ou une fringue dans Second Life n’est pas plus virtuelle qu’une sonnerie ou un fond d’écran pour téléphone portable. Il est vrai que l’opinion publique s’insurge des dépenses pour des objets virtuels (qui ne représentent soi-disant rien) mais tolère les vendeurs de fonds d’écrans semi-pornographiques qui s’affichent dans la presse grand public. Pourtant au final il ne s’agit que de 0 et de 1.

L’auteur fait ainsi remarqué que les biens virtuels sont en fait des biens numériques au même titre qu’une chanson achetée sur iTunes ou un film acheté en pay-per-view. En poussant la réflexion un peu plus loin, nous pourrions dire que les biens virtuels remplissent la même fonction que certaines prestations comme le restaurant ou les vacances : ils permettent de passer un bon moment mais ne laisse aucune trace physique (que des souvenirs).

Ce point de vue est radical mais on ne peut plus vrai. autre exemple utilisé fort justement par l’auteur : Quand vous achetez un CD ou un DVD, vous possédez un support physique mais pas forcément le droit de libre utilisation de son contenu qui est limité à un usage personnel (impossible de faire une projection dans un lieu publique). Et vlan !

Cette réflexion tombe à point car les chiffres du v-business n’ont jamais été aussi bons : Ils sont évalués à 1,3 milliards de $ aux US pour l’année 2010 (Social Game Revenues To Hit $1.3B In 2010) et à plus de 5,6 milliards de $ en Chine ! D’autant plus qu’une très large partie de ces revenus provient de la vente d’objets virtuels : 90% Of Revenue Comes From Virtual Goods.

Et il en va de même pour la monnaie virtuelle : La valeur réelle d’un billet de banque est de quelques centimes (ce n’est qu’un bout de papier). Vous pourriez me dire que le système bancaire est là pour garantir la valeur suggestive des billets, mais je me permet de vous rappeler que dans certains univers virtuels comme dans Planet Calypso les banques ont des licences officielles et le droit de propriété est juridiquement opposable. Il en résulte des échanges économiques d’un montant record (Man spends $330,000 on virtual space station).

Par habitude (et pour ne pas perdre mon référencement naturel), je continuerais à utiliser les termes v-business et biens virtuels mais je pense que les arguments avancés dans l’articles sont très justes. Mais je suis confiant sur le fait que les mentalités vont progressivement évoluer.

5 commentaires sur “Ne parlons plus d’objets virtuels mais d’objets numériques

  1. Merci Frederic pour ton commentaire sur notre article :-)
    C’est tres difficile d’amener les gens au dela de la dualite percue entre « reel » et « virtuel » – nee d’un sentiment de nouveaute – alors que le soi-disant virtuel est certainment symbolique mais tres reel. Maintenant que l’article est ecrit, je gagne du temps pour expliquer. J’espere que ca t’en fera gagner aussi!
    Cheers from Beijing! Benjamin @ +8*

  2. Peut-être faut-il encore affiner.

    Virtuel veut dire « quasi-réel » et s’oppose donc bien à réel dans le cas des mondes virtuels. Cette quasi-réalité est même une des caractéristiques des mondes qui se veulent une prolongation du réel.
    Les autres v-mondes (de divertissements, ou à motivation lucratives) accepteront plus le terme de numérique (et non digitale qui, en français, veut dire relatif au doigt).

    La différenciation des mondes virtuels se fait par leur substance et par leur relation au réel.

    La comparaison avec le monde de la chanson est mal-venue car le monde virtuel étant une prolongation du réel et y ayant un impact réel et interagissant voire englobant, ce v-monde est donc plus réel que le numérique, et le monde de la chanson. Je pense qu’une bonne comparaison serait l’avènement de la bureaucratie dans notre civilisation. Ce produit de l’écrit fut une autre prolongation virtuel du réel (par la mise en place de l’état civil par exemple qui est, elle-aussi, une représentation au plus prés du réel) qui transcenda l’organisation et la réussite de l’humanité. La même chose se passe avec les mondes virtuels (produit du numérique) qui transcendent elle-aussi depuis quelques temps l’organisation de notre humanité.

    Beaucoup plus reste à dire et à déchiffrer dans les v-mondes.

    Au plaisir

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