Nokia et Samsung à l’assaut des marchés émergents avec de nouveaux feature phones

Je pense ne rien vous apprendre en vous disant que le rythme de rééquipement en smartphones est historiquement haut. Traduction : ça s’en vend comme des petits pains. La France affiche d’ailleurs un taux de pénétration record avec plus de 35% de la population française équipée (Norway, France & Holland have highest penetration of tablets, smartphones, and connected TVs). J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer que ce sont principalement les smartphones propulsés par Android qui génère cette croissance (Android powered a third of all mobile phones shipped in Q4 2012), mais que la concurrence est rude (Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul).

Taux de pénétration des terminaux connectés par pays

Bref, tout va bien sur le segment des smartphones. Sauf que… si les smartphones représentent 1/3 du parc aujourd’hui, que fait-on des 2/3 restants ? Certes, la croissance soutenue va permettre d’atteindre rapidement le seuil des 50% de smartphones en France, mais la moitié des mobinautes seront encore équipés de terminaux mobiles aux capacités limitées. Et là je ne vous parle que du marché français, vous vous doutez bien que les proportions sont encore plus faibles dans les pays émergents. La dure réalité est qu’à force de mobiliser toutes les ressources pour contrer Apple, les constructeurs ont négligé le reste du marché : Smartphone sales skyrocket amid decline for feature phones. Une récente étude de Gartner nous montre ainsi un déclin des ventes au niveau mondial : Gartner Says Worldwide Mobile Phone Sales Declined 1.7 Percent in 2012.

Parts de marché des constructeurs de smartphones

Il y a certes de nombreux constructeurs chinois positionnés sur les smartphones d’entrée de gamme (ZTE, Huawei…),  mais une grosse partie de la population mondiale ne possède pas les ressources financières pour payer le combiné et l’abonnement, ni même les compétences pour installer et gérer de nombreuses applications. Ce qui laisse donc de nombreux clients potentiels avec des appareils vieillissants (Ne négligez pas les smartphones low cost).

C’est dans le but de séduire cette tranche des consommateurs au sein des pays émergents (seuls 15% des chinois sont équipés en smarpthones) que les constructeurs proposent de nouvelles gammes : Like Nokia’s Asha, Samsung’s Rex ‘smart feature phones’ will bring the Web to emerging markets. Samsung et Nokia viennent juste d’annoncer leurs nouvelles gammes de feature phones. Outre la puissance et la qualité de fabrication, c’est principalement la capacité d’évolution qui distingue ces téléphones des smartphones : le nombre d’applications est très limité, car leur système d’exploitation n’est pas conçu pour. En résumé : les clients doivent se contenter du menu, pour manger à la carte, il faut payer plus cher.

La gamme Asha de Nokia

Ceci étant dit, ces terminaux mobiles offrent tout de même des prestations tout à fait honorables en terme de diversité fonctionnelle (musique, jeux, applications sociales…). De même, si le navigateur web proposé n’est pas aussi performant que celui que l’on trouve sur Android ou iOS, il permet tout de même d’afficher des pages web dans de très bonnes conditions.

La gamme Rex de Samsung

Pourquoi concevoir et distribuer ces terminaux mobiles limités alors qu’en rognant sur les spécifications ils pourraient proposer des terminaux sous Android ? Tout simplement pour ne pas diminuer la valeur perçue des terminaux haut de gamme et éviter la cannibaliser les ventes. Pour le moment c’est la stratégie choisie, mais les choses pourraient changer avec l’arrivée d’une nouvelle génération de systèmes d’exploitation (Firefox OSTizen…). C’est d’ailleurs cette piste que certains constructeurs et opérateurs sont en train d’expérimenter au Brésil : Firefox OS phone targets the developing world.

La grande question que l’on se pose avec ces nouvelles gammes de feature phones est de savoir quel va être l’impact sur la fragmentation du marché. Si l’on commence en effet à utiliser des techniques viables pour garantir un très bon niveau de compatibilité entre les smartphones (Améliorez la performance de vos interfaces mobiles avec RESS), la situation va se compliquer avec les feature phones, car leur moteur de rendu et leur moteur javascript sont beaucoup moins performants. Le casse-tête pour les marques souhaitant adresser l’ensemble du marché n’en sera que plus compliqué. Et la situation risque d’empirer avec l’arrivée probable de tablettes ultra low-cost…

Laisser un commentaire