Les agents IA s’installent progressivement dans nos environnements de travail, mais leur adoption soulève une question très concrète : comment les superviser sans perturber nos usages existants ? Je vous propose dans cet article d’explorer la quête du 4e écran, ce nouveau terminal servant à faciliter les interactions avec les agents intelligents, à documenter le quotidien professionnel et à soutenir de nouveaux modes de collaboration. Entre écrans connectés, badges, lunettes et accessoires intelligents, les fabricants cherchent déjà le format qui accompagnera la transformation agentique. Reste à savoir lequel saura réellement s’intégrer dans nos habitudes de travail.

Thèmes : IA générative, Internet des objets.
En synthèse
- La multiplication des écrans a toujours accompagné l’évolution des usages professionnels : d’un écran unique à l’ère du pack Office, nous sommes passés à trois écrans (fixe, portable, smartphone) sans réel changement d’habitudes, uniquement par intensification.
- L’IA agentique crée un appel d’air pour un 4e écran ou terminal : la supervision des agents IA (validations, instructions) se fait aujourd’hui au détriment des écrans existants, et les terminaux alternatifs actuels (montres, oreillettes, enceintes) sont trop limités pour combler ce besoin.
- La documentation systématique du quotidien professionnel conditionne l’autonomie des agents : sans enregistrement des interactions fortes et faibles (réunions, discussions de couloir…), les agents ne disposent pas d’un contexte assez riche pour faire réellement gagner du temps, d’où l’essor des enregistreurs, pendentifs et stylos connectés.
- Microsoft propose les concepts les plus aboutis avec son écran et son badge connectés : deux terminaux dédiés à la supervision des agents IA qui n’interfèrent pas avec les tâches existantes tout en autorisant des micro-interactions permanentes et pervasives avec son assistant.
- L’adoption de ces terminaux sera bien plus lente qu’annoncé : comme pour les smartphones, la généralisation prendra de nombreuses années, avec entre-temps l’émergence probable d’une nouvelle « élite numérique ».
Le livre « Le cercle » publié en 2013, et adapté au cinéma en 2017, raconte le parcours d’intégration d’une jeune femme dans une grande société technologique, à mi-chemin ente Apple et Google. L’auteur y relate notamment le fait que l’héroïne installe un nouvel écran toutes les semaines sur son poste de travail pour être toujours plus productive.

Croyez-le ou non, mais c’est grosso modo ce qui est en train d’arriver aux cols blancs aujourd’hui, mais sur une plus longue échelle de temps.
Plus d’applications et de sources = Plus d’écrans
À l’époque des logiciels et du pack Office, donc au siècle dernier, tout ce que l’on demandait aux salariés était de ne pas se tromper dans la saisie des informations et données.
Un seul écran était suffisant pour remplir une grille Excel, de préférence avec un tube cathodique ;-)

Puis nous avons changé de siècle et sont apparues les premières applications en ligne et usages reposant sur le cloud computing. La disponibilité de ces outils a grandement facilité la dispersion des informations et données. De ce fait, travailler avec deux écrans était particulièrement pratique pour comparer ou déplacer des informations ou données d’une application à une autre.

Après la pandémie et les deux périodes de confinement, le télétravail a été institutionnalisé, et avec lui la nécessité de travailler avec deux écrans et un smarpthone pour pouvoir interagir avec ses collègues à distance.

À ce stade, si vous comptez bien, ça fait déjà 3 écrans. À priori, rien de très exceptionnel, puisque chacun de ces écrans était présent dans notre quotidien depuis de très nombreuses années : 40 ans pour les ordinateurs de bureau, 30 ans pour les ordinateurs portables, et un peu moins de 20 ans pour les smartphones.
La superposition de ces écrans ne représentait donc pas un gros challenge, dans le sens où il n’y a pas réellement eu de changement d’habitudes, uniquement une intensification. D’où le recours à de multiples écrans.
Les fabricants sont aujourd’hui dans une autre démarche, car ils cherchent à mettre au point le terminal qui va accompagner le développement de nouveaux usages, celui qui sera capable de renouveler l’exploit réalisé par l’iPhone en son temps : Repenser les smartphones à l’ère de l’IA agentique.
De nouveaux terminaux pour de nouveaux usages
À une époque pas si lointaine, Apple a tenté le back-to-back avec son masque Vision Pro en espérant « ouvrir » le marché de la réalité mixte. Assurément un exploit technique, mais une rencontre qui ne s’est pas faite avec les utilisateurs tant le prix de vente était élevé (À quel besoin répond l’informatique spatiale ?).
Aujourd’hui, la situation est différente, car nous avons bien un nouvel usage qui est en train de prendre de l’ampleur et qui crée un phénomène d’appel d’air pour un nouveau terminal. Ainsi, avec l’avènement de nouveaux modes de travail agentiques (baptisé « Cowork » par Anthropic, et maintenant adopté par Microsoft, OpenAI…), les utilisateurs précoces se rendent compte de la nécessité d’utiliser un terminal supplémentaire pour pouvoir exploiter les agents IA. Cette niche émergente est pour le moment comblée par le Mac Mini qui propose le meilleur compromis entre prix et performances (OpenClaw x Mac mini: The Missing Piece for Your AI Setup).

Mais avec la pénurie des composants (notamment les barrettes de mémoire), les prix de vente sont en train de grimper de façon alarmante, ce qui pousse les utilisateurs vers des solutions d’orchestration dans le cloud. Cela règle le problème de l’exécution (la ressource informatique qui permet de faire tourner les agents), mais pas celui de la supervision, car la surveillance et les interactions avec les agents se font au détriment des autres écrans : il faut arrêter ce que vous êtes en train de faire pour valider ou donner de nouvelles instructions aux agents.
Dans la mesure où nous parlons d’interruptions courtes et relativement simples à gérer, la solution devrait en théorie être à chercher du côté des terminaux alternatifs :
- Les montres connectées, dont le taux d’équipement dépasse les 8% pour la population globale, et qui sont plus largement adoptées par les cadres. Un écran déporté très intéressant pour les notifications, mais certainement pas pour la relecture ou la validation.
- Les oreillettes connectées, qui sont encore plus largement diffusées (plusieurs centaines de millions d’unités déjà écoulées), mais qui sont limitées à l’énonciation d’instructions ainsi qu’à l’écoute des réponses.
- Les enceintes connectées, qui sont également largement diffusées (1 foyer sur 4 en serait équipé), mais sont encore plus limitées et surtout réservées aux usages grand public (malgré une notable exception en 2019 avec une offre BtoB : Salesforce is putting an Alexa-like voice assistant in the boardroom).

Impossible de ne pas mentionner les lunettes de réalité augmentée, d’autant plus que certains fabricants ont la bonne idée d’adopter une approche pragmatique et visionnaire : Smart glasses without a camera? Even Realities bets productivity beats recording everyone.
Je sais bien que les premiers modèles de lunettes de réalité mixte n’arriveront pas sur le marché avant 2027 ou 2028, mais le compromis proposé par Even Realities me semble tout à fait pertinent : un affichage low-tech pour les notifications et une interface vocale et gestuelle à l’aide d’une bague connectée.

Je suis personnellement fortement tenté d’essayer ces lunettes, mais je me pose des questions quant à leur intégration avec les écosystèmes de travail de Google, Apple ou Microsoft.
Dans tous les cas de figure, le point fort de ces lunettes n’est pas la reconnaissance visuelle, puisqu’elles ne sont pas équipées de capteurs visuels, mais l’analyse audio des réunions et discussions de la journée.
Enregistrer pour mieux documenter le quotidien
Si l’idée d’enregistrer une visioconférence pour faire une retranscription automatique commence à rentrer dans les moeurs, le fait d’enregistrer toutes les réunions et discussions peut en effrayer plus d’un.
Ceci étant dit, il n’y a pas 36 façons de documenter le quotidien de son activité professionnelle, c’est-à-dire l’ensemble des interactions fortes (ex : réunions) ou faibles (ex : discussions de couloir) qui constituent la mémoire de tout projet ou activité. Sans ce travail de documentation minutieux et systématique, les seuls éléments dont disposent les agents IA pour travailler sont les fichiers que vous mettez à leur disposition, et ils sont généralement incomplets. Du moins, ils ne proposent pas un niveau de détails suffisamment riche pour que les agents disposent d’un niveau d’autonomie dans leurs décisions / actions permettant de faire la différence, donc de réellement vous permettre d’économiser 20 à 30% de votre temps.
Voilà pourquoi de plus en plus de cadres s’équipent de petits enregistreurs :
- These AI notetaking devices can help you record and transcribe your meetings
- Comment Plaud NotePin veut révolutionner la prise de note grâce à ChatGPT
Ces nouveaux terminaux ne sont pas très esthétiques, et on peut facilement les oublier avant de partir en réunion. Voilà pourquoi ils existent également sous forme de pendentifs, mais également de bracelets connectés, comme ceux récemment rachetés par Amazon : Amazon buys Bee AI wearable that listens to everything you say

Certes, ce bracelet a une esthétique très austère, mais il remplit potentiellement parfaitement sa fonction : enregistrer, retranscrire et documenter les réunions, déjeuner… À condition que vos interlocuteurs acceptent de se faire enregistrer.
Dans le même registre, il y a également ce projet de stylo connecté visiblement en préparation chez OpenAI : Jony Ive and Sam Altman say they finally have an AI hardware prototype. Le fait d’amener en réunion un stylo connecté est potentiellement moins intimidant pour vos interlocuteurs qu’un enregistreur plus classique, je considère donc cette piste comme intéressante, sous réserve d’un prix de vente et d’une fiabilité adéquats.
Le problème est qu’Apple vient tout juste de faire un recours en justice contre l’éditeur de ChatGPT pour vol de secrets de fabrication, ce qui risque de complexifier les choses : Apple sues OpenAI for stealing hardware designs, alleging employees brought prototypes to “show and tell” interviews. Quoi que visiblement pas tout à fait (OpenAI hardware timeline reportedly unchanged after Apple trade secret theft lawsuit).
Bref, la quête du 4e écran (ou terminal) est toujours en cours, car nous n’avons pas de candidats sérieux. Correction : nous n’en avions pas, car Microsoft a récemment dévoilé deux prototypes bien plus aboutis et convaincants.
Des écrans et badges connectés pour faire de la place aux agents IA
Microsoft était cantonné depuis de nombreuses années à l’édition de logiciels. Les équipes concevaient et commercialisaient des accessoires (souris, claviers…), mais ne se sont pas aventurées sur le créneau des PC avant 2012 avec la sortie de la première Surface, qui reste jusqu’à preuve du contraire le terminal hybride (mi-ordinateur, mi-tablette) le plus cohérent du marché.
Puis, ils ont essayé de bousculer le marché du smartphone en 2019 avec la présentation de deux concepts à double écran : Microsoft dévoile le futur de la gamme Surface dont deux appareils à double écran : Surface Neo et Surface Duo. Là encore, une proposition intéressante, mais qui était visiblement trop en avance sur son temps, car les smartphones à double écran commencent seulement à trouver leur place sur le marché : Passport-shaped foldables are making a comeback, and I couldn’t be happier.
Bref, tout ça pour dire que les équipes de Microsoft sont tout à fait à même d’anticiper les évolutions des tendances et de proposer des concepts très pertinents de terminaux en rupture avec le marché. Impossible donc pour ces équipes de passer à côté de LA tendance qui va nous occuper pour les 10 prochaines années : De la transformation numérique à la transformation agentique.
Plusieurs startups se sont déjà lancées sur la niche émergente des terminaux alternatifs augmentés (Les IA génératives relancent le segment des accessoires connectés), mais le potentiel est encore trop faible, et la technologie pas encore suffisamment aboutie pour couvrir tous les besoins du grand public.
Le choix logique de Microsoft a été de se focaliser sur les usages professionnels avec deux concepts tout à fait intéressants, cohérents et surtout réalistes : un écran connecté et un badge connecté, deux « concepts de référence », accompagnés d’une plateforme logicielle (Composing a new platform for agent-first devices).

Ces deux concepts s’inscrivent dans le contexte de la montée en puissance des agents IA et la nécessité d’adopter de nouvelles façons de travailler : déléguer aux agents la réalisation pour se concentrer sur la réflexion et l’orchestration (Inside Microsoft’s Project Solara: A new platform for devices that run AI agents instead of apps).
Il y a tout d’abord un concept d’écran connecté qui me fait penser au Chumby lancé en 2006 ou au Dash de Sony lancé quelques années plus tard. Nous étions à l’époque en plein dans l’apogée des « widgets », ces mini-programmes qui permettaient un accès rapide et contextuel à des informations ou fonctionnalités.
20 ans après, les widgets sont de retour sous la forme d’agents intelligents auxquels on donne des instructions pour qu’ils puissent travailler en tâche de fond et nous notifier de temps en temps de l’avancement de leur travail. Voilà pourquoi il n’est pas nécessaire d’avoir un ordinateur avec un grand écran pour les utiliser : l’objectif est de garder un oeil sur le travail des agents IA (supervision) et de pouvoir interagir avec eux quand c’est nécessaire (validations, instructions complémentaires…).

Cet écran connecté est un canal d’information et d’interaction dédié aux agents IA, et un moyen pour communiquer avec votre assistant via une interface tactile et vocale (oui, c’est bien de Copilot dont nous parlons).
Cet écran connecté est bien évidemment parfaitement intégré à votre environnement de travail et être utilisé comme terminal privilégié pour recevoir des notifications (celles que l’assistant jugera utile d’afficher).
Là où ça devient intéressant, c’est que ce concept d’écran connecté est couplé avec un autre concept de badge connecté qui permet d’assurer une connexion permanente et pervasive avec votre assistant : quand vous êtes en réunion, à la cafétéria, à la cantine, dans les couloirs… Ce badge connecté est bien évidemment un autre écran déporté pour recevoir des notification, mais c’est également un périphérique de communication grâce à une interface vocale (pour donner des instructions ou dicter une note) et visuelle (vous pouvez lui montrer des documents à analyser, ou des QR codes à scanner).

Vous conviendrez que ces deux concepts sont très aboutis et particulièrement adaptés au quotidien professionnel de cols blancs qui cherchent à optimiser leur productivité dans un environnement professionnels où ils doivent collaborer de façon efficace avec un certain nombre de collègues et agents IA. Pour faire simple : ceux deux écrans supplémentaires n’interfèrent pas avec les tâches et interactions existantes (via les ordinateurs et smartphones) tout en autorisant des micro-interactions permettant de piloter les agents censés nous faire gagner du temps.
Les agents IA trouveront leur place quoi qu’il advienne, autant faciliter leur installation dans notre quotidien professionnel
Je ne sais pas où vous en êtes dans votre appropriation de l’IA et l’évolution de vos habitudes de travail vers un fonctionnement agentique (déléguer ce qui peut l’être pour se concentrer sur des tâches à valeur ajoutée que les IA ne savent pas prendre en charge), mais je peux vous garantir qu’une fois adoptées, il n’y a pas de retour en arrière, comme ça a été le cas avec le web ou les smartphones.
Je suis intimement persuadé que les agents IA vont occuper une place significative dans notre quotidien professionnel et qu’ils vont logiquement monopoliser une part croissante de notre attention. D’où l’intérêt d’anticiper leur avènement et de leur aménager à espace de travail.
J’y crois beaucoup, et je ne suis pas le seul, car Amazon et xAI sont déjà en embuscade :
- Amazon revives its Echo Spot with an upgraded look and improved audio
- SpaceX Showed Investors Prototype of Elon Musk’s New AI Device
Même les équipes d’OpenAI semblent avoir été séduites par ces concepts, car ils prépareraient en parallèle de leur stylo le lancement d’une enceinte connectée : OpenAI’s first hardware device is reportedly a screenless speaker that can move. Visiblement il ne s’agirait pas d’un « smart speaker » comme ceux qui existe depuis une quinzaine d’année, mais d’une enceinte compacte fonctionnant sur batterie (pour être facilement transportable), avec des parties mécaniques pour la rendre « plus vivante ». Impossible de ne pas penser aux lapins de Nabaztag avec cette description, mais j’imagine qu’ils ont plus d’ambition que de recréer l’existant…
Hasard du calendrier, ils viennent juste de lancer en partenariat avec Supply Co un mini-clavier configurable (Codex Micro) qui remplit grosso-modo la même fonction qu’un Stream Deck : OpenAI’s new $230 mini keyboard is for Codex power users.

Est-ce que tous ces nouveaux terminaux vont rapidement s’installer dans notre quotidien ? Non, je ne pense pas, car la trajectoire d’adoption sera beaucoup plus longue que l’on essaye de nous le faire croire. Souvenez-vous qu’il a fallu 10 ans pour équiper la moitié de la population en smartphones, alors qu’il était « seulement » question de déplacement d’usages existant (vos emails et le web dans votre poche), puisqu’il a fallu de nombreuses années avant que de nouveaux usages soient adoptés à grande échelle (platesformes de mises en relation).
Voilà pourquoi je pense qu’il faudra de nombreuses années pour que les outils, services et terminaux reposant sur l’IA générative soient généralisés. Entre-temps, nous allons très certainement assister à l’émergence d’une nouvelle « élite numérique ».
Questions / Réponses
Pourquoi parle-t-on d’un 4e écran ?
Les cols blancs travaillent déjà avec trois écrans installés de longue date dans leur quotidien : ordinateur de bureau, ordinateur portable et smartphone. L’essor des agents IA fait émerger le besoin d’un terminal supplémentaire, dédié à la supervision et au pilotage de ces agents, sans interférer avec les tâches existantes.
Qu’est-ce qu’un mode de travail agentique ?
Il s’agit de déléguer aux agents IA la réalisation des tâches qui peuvent l’être, pour se concentrer sur la réflexion, l’orchestration et les tâches à valeur ajoutée que les IA ne savent pas prendre en charge. Ce mode de travail, baptisé « Cowork » par Anthropic, est désormais adopté par Microsoft, OpenAI, Google…
Pourquoi les terminaux actuels (montres, oreillettes, enceintes) ne suffisent-ils pas ?
Chacun présente des limites : les montres connectées conviennent aux notifications, mais pas à la relecture ou à la validation ; les oreillettes se limitent à l’énonciation d’instructions et à l’écoute des réponses ; les enceintes connectées restent cantonnées aux usages grand public. Aucun ne permet une supervision complète des agents.
Pourquoi faudrait-il enregistrer ses réunions et discussions ?
Sans documentation minutieuse et systématique du quotidien professionnel (réunions, mais aussi discussions de couloir), les agents IA ne disposent que de fichiers généralement incomplets. Or, c’est ce niveau de détail qui leur confère l’autonomie de décision nécessaire pour réellement faire économiser 20 à 30 % de temps de travail.
Ces nouveaux terminaux vont-ils s’imposer rapidement ?
Non, la trajectoire d’adoption sera beaucoup plus longue qu’annoncé : il a fallu 10 ans pour équiper la moitié de la population en smartphones, alors qu’il s’agissait seulement de déplacer des usages existants. La généralisation des terminaux reposant sur l’IA générative prendra de nombreuses années, avec entre-temps l’émergence probable d’une nouvelle « élite numérique ».