Vivement la fin du conflit entre Apple et Adobe

Apple et Adobe sont des partenaires de longue date, à une époque où Macromedia n’avait pas encore été racheté par Adobe et où Apple recommençait à gagner des parts de marché. Aujourd’hui cette époque semble bien lointaine quand on observe la polémique entre ces deux sociétés : les coups bas et déclarations rageuses fusent dans tous les sens et ce n’est pas très joli à regarder. Pour résumer une longue histoire, disons qu’Adobe et Apple est un vieux couple et quand les vieux couples se déchirent, ça fait mal.

Avant que tout ceci ne dégénère, il y a bien des problèmes de performance avec Flash sur Mac OS (le plugin consomme plus de ressources qu’il ne devrait), mais de toute façon les Macs sont largement surdimensionnés pour l’usage quotidien que nous en faisons (web, bureautique…). Les reproches étalés au grand jour me font penser qu’il y a plus de l’émotionnel que du rationnel dans cette histoire. Comprenez par là que ce conflit est à mon sens plus dû à un excès d’égo et de testostérone que de prises de position stratégiques. Avec la sortie récente de l’iPad, Apple est la reine du bal et elle tourne le dos à ses anciennes copines, c’est moche et dans cette histoire tout le monde perd.

Avant de me lancer dans de longues explications, laissez-moi vous rappeler quelques points fondamentaux :

  • L’iPhone n’a pas besoin de Flash, l’iPad non plus puisque c’est un gros iPhone ;
  • Flash est inscrit dans l’ADN du web ;
  • Flash et HTML5 ne peuvent pas être comparés ou substitués ;
  • L’informatique n’est pas binaire.

Flash pourrait être néfaste à l’expérience utilisateur de l’iPhone et de l’iPad

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur ce sujet (Pourquoi l’iPad n’a pas besoin de Flash) aussi je me contenterais de vous faire une synthèse :

  • Le succès de l’iPhone (et celui en devenir de l’iPad) repose sur une maîtrise de l’interface et de l’expérience utilisateur (au travers de guidelines très strictes imposées par Apple : Tout savoir sur l’interface de l’iPhone) ;
  • L’iPhone parvient sans problème à compenser l’absence du support de Flash au travers de ses nombreuses applications ;
  • Flash est la porte ouverte à d’innombrables possibilités d’interfaces et nombreuses dérives (et ce n’est pas du tout l’orientation choisie par Apple) ;
  • L’iPad n’est qu’un gros iPhone, ce n’est pas péjoratif mais c’était un compromis nécessaire pour sortir une machine viable avant tout le monde.

Pour conclure je dirais que la posture d’Apple a toujours été d’imposer le menu du jour à ses clients, contrairement à Microsoft qui propose un repas à la carte (et Google qui propose un buffet gratuit). Celles et ceux à qui ça ne plait pas peuvent… se chercher un autre restaurant. L’objectif d’Apple n’est pas de conquérir l’intégralité du marché, seulement les parts les plus juteuses.

Pour le moment il n’y a pas d’alternatives d’envergure à l’iPad (Microsoft vient d’abandonner son projet Courrier et HP vient de reporter la sortie de sa Slate), il faudra donc attendre de voir ce que Google peut proposer au travers d’une version dérivée d’Android ou de Chrome OS avec des partenaires constructeurs. D’ailleurs Adobe a décidé de mettre le paquet sur cette piste : Moving Forward.

Flash est un standard comme les autres

Dans sa lettre publiée sur le site d’Apple (Thoughts on Flash), Steve Jobs avance des arguments biaisés sur le manque d’ouverture des technologies d’Adobe (et plus particulièrement de Flash). Pour résumer un long discours je dirais ceci : Flash est une technologie propriétaire mais qui fait maintenant complètement partie de l’ADN du web, au même titre que d’autres technologies propriétaires comme JPeg, MP3 ou PDF.

Les utilisateurs tout comme les éditeurs et tout comme les agences travaillent au quotidien avec Flash et il n’est en aucun cas question d’abandonner cette technologie. L’industrie publicitaire repose par exemple sur Flash. Penser que les utilisateurs vont se mettre à massivement désinstaller Flash pour le plaisir et la fierté d’utiliser des standards open source est d’une naïveté déconcertante. C’est d’autant plus absurde qu’Adobe a commencé à libérer certains codes source : Vers un flash player en open source pour la fondation Mozilla ? et Adobe libère le code source de Flex.

Pour finir sur ce point, je me contenterais de citer un chiffre qui pour moi est tout à fait significatif : Flash est installé sur 99% des ordinateurs, c’est presque 10 points de plus que javascript !

Apple aussi propose un plugin : Quicktime

Il est amusant de constater comme Steve Jobs est prompte à donner des leçons sans toutefois se remettre en question. Il nous dit qu’il est néfaste d’utiliser une technologie propriétaire (Flash) pour faire de la vidéo en ligne, mais il ne précise pas ses plans concernant Quicktime. Si HTML5 est l’avenir de la vidéo en ligne, donc l’offre d’Apple sur les bandes annonces est condamnée, non ?

Donc comme bien souvent chez Apple, c’est « faites ce que je dis, pas ce que je fais« .

HTML5 ne remplacera jamais Flash, tout comme Flash n’a jamais remplacé HTML

Autre argument avancé par Steve Jobs : Flash c’est le passé car HTML5 est l’avenir. Encore une vision très réductrice de la réalité du marché. Là encore je vous invite à lire l’article que j’ai déjà publié à ce sujet (Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés) et dont voici un résumé :

  • L’objectif de Flash n’a JAMAIS été de remplacer l’HTML mais plutôt de le compléter  (d’ailleurs ont ne fait pas un site en Flash, on fait un site en HTML avec essentiellement du Flash dedans) ;
  • HTML5 est une spécification en cours de standardisation (les travaux seront sûrement finalisés dans le courant de l’année) dont moins de 10% des navigateurs sont capables d’interpréter ;
  • Flash représente aujourd’hui 75% des parts de marché de la vidéo en ligne, il existe bien un lecteur vidéo en HTML5 (le SublimeVideo Player)  mais il est très loin de pouvoir proposer ce que font les autres lecteurs qui reposent sur des plugin (Flash ou Silverlight) : Zones réactives, adaptative streaming, smooth streaming, ajout de sous-titres ou de publicités contextualisés… idem pour le codec H.264 qui n’est en rein un concurrent de Flash (Flash ‘vs’ H.264 demystified) ;
  • Flash n’est pas qu’une technologie, c’est un immense écosystème d’agences, de SSII, de développeurs indépendants, d’organismes de formation, de producteurs de contenus… qui ne sont pas prêt de modifier radicalement leur façon de travailler tout ça parce que Steve Jobs est mal luné ;
  • Vous n’aurez jamais à choisir entre HTML5 et Flash (les deux se complètent).

Certes, les possibilités offertes par HTML5 sont grisantes (HTML 5 + CSS 3 = une révolution pour les interfaces web) mais il a fallu 10 ans au W3C pour passer d’HTML4 à HTML5. D’ici à ce que sorte HTML6, Flash aura fait des progrès considérables. Ce débat entre HTML et Flash n’est le fruit que d’analystes du dimanche, les vrais professionnels du web savent que les deux se complètent et qu’il n’a jamais été question de remplacer l’un par l’autre.

Et à celles et ceux qui pensent que Flash a été conçu pour les ordinateurs (avec souris / clavier) et que cette technologie n’est pas faite pour les nouveaux terminaux tactiles, je vous invite à lire ça : Lessons Learned – Adventure in Multitouch.

L’informatique de demain sera nomade (en partie) (mais pas tout à fait) (enfin ça dépend)

Il y a par contre un point très intéressant soulevé par Steve Jobs dans sa lettre : le fait que l’outil informatique est en train de changer et que les ordinateurs vont perdre des parts d’audience au profit de nouvelles générations de terminaux (cf. 2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ? et L’avenir de l’informatique est-il au mobile ou au tactile ? Les deux – en partie). Par contre là où je ne suis pas du tout d’accord, c’est sur le manque de mesure des propos du patron d’Apple : l’informatique de demain sera bien nomade, mais dans un horizon d’une dizaine d’années et uniquement pour des usages grand public, en entreprise la situation est complètement différente.

Bref, annoncer la mort de Flash sous prétexte que les terminaux nomades à la sauce Apple (iPhone et iPad) vont dominer le monde est une vision encore une fois très naïve de la dynamique de marché : Ces terminaux vont s’inscrire dans notre quotidien mais ne vont pas remplacer les autres. Pour faire une analogie maladroite, c’est comme si vous me disiez que le web allait replacer la télévision. Les utilisateurs ne sont pas binaires, ils partagent leur attention entre différents médias au travers de différents supports et terminaux. Tout est donc une question de parts d’audience qui vont progressivement évoluer dans les pays occidentaux. Loin de moi l’idée de jouer les démagos, mais une très large partie de la population mondiale n’a et n’aura jamais accès à l’outil informatique (fixe, mobile, nomade ou tactile). Et vu les tarifs de l’iPad 3G, la situation ne risque pas de changer !

Conclusion

Au final la question qui me vient à l’esprit est la suivante : À qui la faute ? Il y a plusieurs éléments de réponse qui plaident en faveur d’Apple :

  • C’est Adobe qui a ouvert les hostilités en s’invitant de force sur l’iPhone, forçant ainsi Apple a durcir le ton et à modifier les conditions générales d’utilisation du SDK ;
  • Steve Jobs cherche à protéger un terminal et un écosystème à la réussite flamboyante qui provoque la jalousie de l’ensemble des acteurs de l’industrie (il ne fait que son boulot de CEO) ;
  • Mettre au point un environnement d’execution performant sur un terminal mobile demande des efforts et des moyens considérables, pourquoi Apple devrait-il investir du temps et de l’énergie dans le projet de portage de Flash sur l’iPhone alors que le marché ne le réclame pas réellement (les ventes croissantes sont là pour le prouver) ?

Pour le moment le torchon brûle entre Apple et Adobe. Ce dernier c’est d’ailleurs trouvé en Google un allié de choix et Android va devenir la plateforme mobile de référence dans ce monde post-iPhone. Google a aussi d’autres armes pour contrer Apple et son iPad, à commencer par Chrome OS qui pourrait bien devenir l’OS de référence pour les netbooks et touchbooks, et le rachat récent de BumpTop (la technologie de bureau 3D) devrait ouvrir encore plus d’opportunités.

48 commentaires sur “Vivement la fin du conflit entre Apple et Adobe

  1. Je ne pense pas que l’on puisse considérer Flash comme un standard « comme JPeg, MP3 ou PDF » dans le sens où il n’existe actuellement une seule implémentation que ce soit pour son lecteur (Flash player) que son éditeur (la suite Flash) pleinement compatible avec le format.

  2. Ça n’est pas parce qu’Adobe libère des bouts de codes que ça fait de Flash un format ouvert. Adobe en fait toujours ce qu’il veut.

    Les formats propriétaires n’ont pas leur place sur le Web. Point. Et Jobs ou pas Jobs, l’histoire se chargera de faire le tri.

    Quand à HTML5 vs Flash, c’est un débat stérile, on est d’accord. Par contre on pourrait parler de SVG, de SMIL, de WebGL, de CSS 3, de…

  3. Bonjour,
    je lis (silencieusement) régulièrement votre prose mais là, je trouve votre minimisation de l’impact de l’arrivé d’HTML5 franchement limite. Il est aujourd’hui tout a fait possible de faire une très grande majorité des choses que propose Flash avec HTML5 et à terme l’ensemble voir plus sera couvert. Tous les navigateurs hors IE savent interpréter l’essentiel d’HTML5 même s’il reste du travail et l’arrivé d’IE9 devrait avec son moteur JIT pour le Javascript et la prise en charge d’HTML5 rattraper son retard. Se qu’il manque aujourd’hui à HTML5 c’est un éditeur pour les graphistes… d’ailleurs Adobe ne s’y trompe pas et propose un export HTML5 dans CS5 et c’est que le début…

    ;)

  4. Il faut avant tout chose réellement faire la distinction entre, le player flash (plugin navigateur) et Flash (les application à télécharger, utilisant Air).

    Dans le premier cas, ça peux se discuter, pour des question de performances sur périphérique de faible puissance. Mais dans le deuxième (Air), il n’y a aucune raison pour ne pas permettre de travailler sous Flash Pro/Flex Builder et d’en sortir un application native pour iPhone/iPad, juste un business model à défendre, même si Steve Job ne veux pas le reconnaitre.

    Mais ne pas autoriser de plugin navigateur sous le pretexte que c’est pas adapté au support, dans ce cas il faut interdire la majorité des sites qui utilisent du JavaScript pour faire des menu, des lightbox, etc. qui ne sont pas adapté au mobile (qui ne disposent pas de version spécial pour iPhone) ?

    Est il nécéssaire de transformer le web en applications à télécharger (pour compenser) ? … (a oui c’est vrai elles rapportent à Apple)

    Les guidelines strictes imposé par Apple est quelques chose de très utile et peuvent très bien être respecté avec un application fait en Flash voir même par une animation spécial pour iPhone embarqué dans une page HTML ?

    Si le Flash fait parti de l’ADN du Web mais n’est pas adapté au un petit support, pourquoi faire le choix de ne pas l’autoriser à la place des utilisateur. Comme si on les obligeais a regarder les sites web sans images ni CSS parce que c’est trop lourd ? N’est il pas préférable de laisser le choix à l’utilisateur au lieu de lui imposer ?
    J’aurais préféré avoir un système similaire au blocage de popup, qui sont bloqué par défaut mais qu’on permet tout de même de voir ?

    On pourra dire que le faite que je sois développeur Flash, m’aveugle, mais je reste avant tout un webdev qui a fait pendant un certain moment uniquement du HTML/CSS/JS, qui sait tout autant utiliser le HTML5 et que Flash, et qui reconnais volontiers que Flash à des défaut mais qu’il n’est pas le seul.

  5. @3po
    Flash n’est pas utilisé que pour faire de belles animations. On peut par exemple totalement se passer des éditeurs d’Adobe dans le cadre de Flex. Des collègues développent en Flex sous linux avec vim et compilent avec le sdk qui est en java.

  6. @3po certes il n’y a pas de d’autre lecteur (enfin si, il y a http://www.gnashdev.org/) mais tu peux tout comme le PDF obtenir la documentation sur le format http://www.adobe.com/devnet/swf/ et il existe tout un tas d’outils l’implémentant (pour les plus utilisé) :
    Open Source Flex SDK http://opensource.adobe.com/wiki/display/flexsdk/Downloads
    HaXe : http://haxe.org/
    swfmill : http://swfmill.org/
    d’autres basé sur libming http://www.libming.org/
    et bien plus encore en C, Java, .Net …

  7. @ Lanza > « l’histoire se chargera de faire le tri » ou pas ! Flash a su séduire l’industrie avec une technologie (propriétaire) qui progressait vite et dans la bonne direction là où le W3C s’est enlisé.

    @ StrangeBlackHole > Je ne minimise pas l’arrivée d’HMLT5 (ou alors tu n’a pas pris le temps de lire mon article sur HTML 5 / CSS 3) mais tout ceci ne sera une réalité que dans 5 ans. Pour mémoire la communauté commence tout juste à abandonner le support de IE6, et IE 9 n’existe pas (même pas en beta ou en alpha).

    @ Mem’s > Tout à fiat, Steve Jobs prend la défense des intérêts de ses actionnaires et oublie peut-être ses utilisateurs / clients. L’iPad est unen très bonne machine, mais l’erreur serait de vouloir la vendre comme un ordinateur (car ce n’en est pas un) ou comme le remplaçant d’un ordinateur (plutôt un complément avec de nombreuses autres possibilités).

  8. L’argument des parts de marché des navigateurs HTML5 me semble valable sur les postes de bureau (un excellent exemple montrant la pertinence de la stratégie Apple de refuser la lenteur du « cross platform » d’ailleurs).

    En revanche sur le mobile au sens large, les navigateurs en jeu ont l’air d’être quasi exclusivement basés sur Webkit, donc support excellent du HTML5.
    Ce qui signifie: SVG+Canvas+Video+WebSockets+bientot WebGL

    On peut donc penser voir paraitre plein de sites visuellement très sympa basés sur autre chose que Flash, tout simplement parce que sur mobile il n’y a pas de raison de part de marché pour ne pas le faire. Et là l’image de Flash sera compromise, au risque de sembler juste un fallback pour les utilisateurs de IE6-7-8 (IE9 aura un canvas correct a priori).

  9. Je n’ai pas dis qu’il était fait que pour faire de belles animations, je dis juste que pour exploiter le format dans son intégralité, il n’y a pas d’alternative. Je ne pense pas que ce que tu viens de dire me contredise, à moins que l’on puisse tout faire avec Flex ?

  10. Ce qui est surtout difficile à comprendre dans les arguments avancé, c’est le problème de la non-ouverture. Utiliser un iPad sans flash comme solution aux problèmes de « trucs propriétaire » ne semble donc étrange à personne ?

    Ce qui est plus facile à comprendre, c’est que peu de monde ira payer un jeu a 0,79€ si le même existe deja en flash sur le web et qu’on peut y jouer gratuitement. Même avec de moins beau graphisme, même si la gestion du multi-touch n’est pas permise, et même s’il faut passer par google et pas par l’apple store. C’est a mon avis une erreur de la part des utilisateurs, mais si on n’est plus libre de faire ses propres erreurs…

    Flash pourrait être un moyen intéressant dans certains cas de développer pour l’iPhone. En attendant, on a toujours la possibilité de développer des application pour l’apple store.

    La seule information dans ce crêpage de chignon est peut-être qu’Apple n’envisage pas de vendre des applications flash (donc windows / linux / android) sur l’appstore.

  11. « l’ADN du web »

    Non seulement, me semble-t-il, l’expression est devenue un cliché, mais surtout elle me paraît pernicieusement idéologique, en masquant sous un jour de « naturalité » factuelle ce qui n’est rien d’autre qu’un ensemble de protocoles techniques, autorisant et interdisant des pratiques.

  12. Pour le lecteur Flash, si les spécifications étaient bien faites, je pense que ça devrait faire longtemps que Gnash devrait être capable de le lire à peu près correctement (ce qui est loin d’être le cas, du moins pour ce que j’ai testé). Faut quand même voir que ça fait 2 ans (presque jour pour jour) qu’Adobe à annoncé la « libération » de Flash, et je ne vois toujours rien de concret pour les applications Flash récentes. Tandis que pour HTML5 qui est tout juste naissant, il y a déjà plusieurs implémentations, ouvertes qui plus est (incomplètes il est vrai).

    Bon je ne dis pas qu’on a pas besoin de Flash, c’est quand même tout un environnement de développement bien pratique et assez multiplateforme (malgré l’IPhone/IPad) qui permet encore de faire des choses que HTML5 n’est pas capable mais faut quand même avouer que ce format est vieillissant et mal adapté au domaine du Web (comme tous les plugins externes) même s’il est encore bien utile.

  13. A mon avis c’est la phrase « HTML5 ne remplacera jamais Flash » qui choque énormement dans cet article.
    Html5, svg, webgl et css3 ont tout ce qui faut pour remplacer le flash à terme. Et c’est souhaitable pour un web ouvert et le web DOIT être ouvert, surtout avec la multiplication des plateformes, on ne peux plus se permettre d’attendre que adobe daigne bien vouloir porter flash sur telle ou telle plateforme.
    Quand aux navigateurs qui supporte le html5, mis à part l’exception « Internet Explorer » ça arrive de façon imminente (voire c’est déjà en place : firefox 3.7, chrome(ium) safari et opera supporte une très grosse partie des normes de la w3c).
    Quand les utilisateurs navigerons avec des browser qui supportent le html5, ça sera plus bien malin de persister à developper en flash (à moins d’avoir des compétences dispos pour).

    Tout ceci étant dit, ce qui pose vraiment problème sur cette histoire entre Apple et Adobe c’est pas tant le html5 ou pas (ça c’est une pirouette de Steve Jobs). Ca n’a rien à voir avec le fait qu’Apple refuse une autre boite de faire tourner ses application (son moteur d’application) sur sa plateforme. Je trouve que le vrai débat il est là. Et pas est-ce que Flash c’est bien ou pas. Je pense que si des gens veulent passer par flash pour fournir du contenu, et que flash apporte une réponse technique pour que ça tourne sur l’IPhone/l’IPad c’est totalement anormal que Apple refuse.

  14. Bonjour,
    Votre analyse semble pertinente aux premiers abords mais je trouve l’argument de Jobs selon lequel vouloir une plateforme de développement pour tous les terminaux ne peut passer que par un nivellement par le bas…
    De plus, s’agissant de Jobs qui a été maudit quand les iMac n’ont plus proposés de lecteur de disquette, quand il a poussé l’USB, etc. on ne peut que constater que jusqu’à présent il a toujours vu juste…
    A l’heure actuelle, son discours fait plus de mal à Adobe que le non support de Flash sur l’iPhone et l’iPad.
    De plus, que penser de ceci ?
    http://www.macgeneration.com/news/voir/153241/video-web-h.264-depasse-flash

  15. Bonjour,

    j’ai un peu de mal à vous suivre. Tout en partant du constat « L’iPhone et l’iPad n’ont pas besoin de flash », vous semblez vouloir qu’Apple laisse une place à Flash dans l’iPhone OS, en évitant bien de parler de toutes les conséquences que cela aurait sur la plateforme d’Apple.
    Apple a des choses à y perdre et pas grand chose a y gagner.

    D’après vous, Flash est dans l’ADN du web… Pour lire les vidéos uniquement peut être? Techniquement, on n’a rien de mieux pour lire des vidéos sur le web que le plugin Flash, si bien répandu sur tant de plateformes. Il se trouve que l’inclusion des vidéos dans des pages serait plus cohérente à la manière du HTML5 qu’avec une surcouche applicative, mais la cohérence fait moins partie de l’ADN du web que le pragmatisme… alors on se contente du Flash pour le moment, même s’il sera(it) rapide et facile de s’adapter à une autre technique de diffusion de vidéo.
    Flash est également utilisé ailleurs dans le web, mais en dehors des pubs et des intros que l’on s’empresse de sauter, les cas d’utilisation restant relèvent réellement de l’application à part entière (relativement indépendante du web, donc).
    Si on ne pouvait pas s’en passer, on pourrait déclarer que Flash fait partie de l’ADN du web… il semble cependant que l’on puisse plutôt bien s’en passer.

    La lettre ouverte de Steve Jobs clarifie la position d’Apple et montre bien qu’il ne s’agit pas d’un problème d’ego comme vous l’affirmez mais d’une stratégie de plateforme (par le controle de cette dernière). Des six points de la lettre, c’est le dernier « Sixth, the most important reason » qui explique les motivations principales pour refuser la publication d’application générées avec Flash:
    Ecarter toute chose qui risquerait de ralentir les progrès de la plateforme. Eviter à tout prix que les développeurs dépendent d’outils de tierce partie. Notamment pour ne pas reproduire ce qui a failli être fatal au Macintosh à la fin des années 90.
    Je ne vais pas réexpliquer sa lettre, et d’autres avaient bien compris et analysé la stratégie avant même que cette lettre ne soit publiée (John Siracusa d’Arstechnica par exemple, J. Gruber de Daring Fireball également). Je pense que c’est une grossière erreur d’y voir une querelle emotionnelle plutôt qu’une prise de position stratégique.

    Pour finir, je ne comprends pas non plus pourquoi on ne pourrait comparer HTML5 et Flash… étant donné que Flash est utilisé pour deux choses. (1) Contourner les limitations du HTML4 (2) Créer des applications complètes et indépendantes du web… il y a un terrain de comparaison bien réel!

  16. @Noliv « pourquoi ne pas comparer HTML5 et Flash ? », ça serai comme comparer une voiture à un avion, ils ont des similitude incomparable (niveau nécessaire pour piloter, vitesse max, capacité, distance de parcours, etc.) et ils ne sont pas fait pour le même usage. Même si tout deux servent à ce déplacer, tous les trajet de l’un ne peux pas être fait avec l’autre.
    On pourra comparer une voiture avec une autre, un avion avec un autre, mais pas voiture/avion …

    Je citerais en exemple quelques point entre le HTML et le Flash :
    – le support différent d’un navigateur à un autre
    – fonctionnalités de l’un que n’a pas l’autre
    – environnement de développement
    – lieux d’application (web, application …)
    – le format lui même (text ou binaire)
    – courbe du support du format à 100%

  17. Je me permets de votre avis sur la publicité sur mobile. Je suppose que vous êtes nombreux à posséder un Android/iPhone et à naviguer sur Internet depuis votre smartphone.

    Je vous invite à remplir ce court questionnaire sur Google Docs: http://bit.ly/bwugKV (12 questions fermées). Je réalise cette étude dans le cadre d’un Master en marketing.

    Participez ici: http://bit.ly/bwugKV

    Merci d’avance !

    Quant à Apple vs. Adobe, je pense que cette guéguerre permet de mettre à jours le jeux des acteurs et de faire un peu de pub à toutes les initiatives HTML5. Je pense vraiment que c’est parce qu’Apple refuse catégoriquement (et le fait savoir) Flash que les développeurs se penchent sérieusement sur HTML5 (développeurs de startups mais aussi et surtout des médias). Encore bien peu de gens savent combien HTML5+Javascript est puissant: jetez un oeil à http://www.chromeexperiments.com, vous serez vraiment étonné de ce qui sort ces dernières semaines (cliquez sur cette vidéo par exemple http://www.craftymind.com/factory/html5video/CanvasVideo.html). Je pense aussi qu’il ne faut pas prendre les choses trop à coeur. Adobe saura se relever (Flash est maintenant intégré à Chrome & Chrome OS) ou alors ils libéreront complètement Flash. Ce ne serait pas idéal, ça?

    Pssst, n’oubliez pas de passer par là http://bit.ly/bwugKV :)

  18. @ r3gis > Donc je répète : HTML5 n’existe pas, c’est une norme en cours de spécification / ratification par le W3C. Il faudra au moins 5 ans avant que le parc d’IE déjà installés soit mis à jour. D’ici là, les spécifications ne pourront pas beaucoup évoluer sinon les industriels ne suivront pas (principalement Microsoft). Et d’ici là, Flash 12 ou 13 aura beaucoup évolué. Donc HTML5 ne remplacera JAMAIS Flash. Par contre HTML5 va faire le ménage sur un certain nombre de pratiques déviantes (ceux qui faisait en l’HTML en Flash).

    @ Mattler > Dans l’absolu Stev eJobs a raison de protéger l’expérience et l’écosystème de l’iPhone. D’ailleurs en tant qu’utilisateur de l’iPhone depuis sa sortie, je ne veux pas de Flash dessus.

    @ Noliv > Non je ne veux pas de Flash sur l’iPhone (pour l’iPad j’attend d’en avoir eu un entre les mains pour me prononcer). Si, Flash est un des piliers du web, que se soit pour les bannières (celles qui font vivre les producteurs de contenu), les sites de marque (ceux qui font vivre les agences), les applications en ligne (celles qui accélèrent l’innovation), les jeux en ligne (un marché colossale)… Le web sans Flash n’est plus le web.

    Avoir le contrôle total sur sa plateforme (iPhone OS) et sur l’écosystème (App Store) est l’axe stratégique retenu par Apple, pas besoin de la lettre de S. Jobs pour y voir clair. Cette stratégie est viable et je la respecte. Par contre sous-entendre qu’Adobe est un frein pour le web (avec un plugin trop lent) est une belle démonstration de querelle de basse-cour.

  19. J’ai modifié la conclusion de mon article pour mettre en évidence le fait que tout ceci n’est qu’une manoeuvre defensive d’Apple face aux ambitions débordantes d’Adobe. On ne peu pas réellement reprocher à Apple son protectionisme, ni à Adobe ses ambitions.

  20. @Frédéric CAVAZZA, ce n’est pas parceque la norme n’est pas finalisée qu’elle n’est pas implémentée.
    Juste un exemple, les XEP XMPP ne sont pas toutes finalisée et pourtant elle sont adoptées par pas mal de gros industriels (Gtalk…).
    Par contre, attention html5 c’est un abus de language, en réalité c’est CSS3, SVG, SMIL et WebGL qui vont apporter toutes ces choses qui pourront rentrer en concurrence avec Flash (l’utilisation web de Flash j’entends).
    Sinon, en effet, de fait actuellement Flash est LA solution pour faire un web riche (et le fait qu’Apple en prive volontairement ses utilisateurs n’est pas une bonne chose).
    Mais de là a dire que ça le sera TOUJOURS ce n’est que pure spéculation (et de mon point de vue c’est pessimiste pour un web ouvert).

    Juste une dernière chose : sur mon Nexus One, le HTML5 (webgl) est supporté pas le flash…

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