Plusieurs études sur l’utilisabilité de l’iPad

Faisant suite aux premières études publiées sur l’utilisabilité de l’iPad, nous commençons à voir un certain nombre d’études complémentaires après une année de commercialisation. Ces études sont plus ou moins rigoureuses, mais apportent toutes des enseignements précieux.

Commençons avec l’étude de eye-tracking réalisée par les équipes de Miratech : On parcourt le journal sur l’iPad, on le lit sur le papier. Cette étude porte principalement sur les différences de lecture entre un journal papier et sa version numérique sur un iPad, elle vient compléter une précédente étude qui nous apprenait que la lecture sur un iPad est plus superficielle que sur un journal.

Points de fixation sur un journal classique et sa version numérique

Dans la mesure où la mise en page est fidèlement reproduite, le comportement de lecture n’est pas altéré de façon notable. Bonne nouvelle pour les éditeurs, les publicités sont indifféremment lues sur papier et sur iPad :

Concentration de l'attention sur un journal papier et sa version digitale

Les conclusions de l’étude sont les suivantes : l’iPad est un terminal de lecture efficace, mais superficiel, car les utilisateurs parcourent plus d’articles mais en retiennent moins bien le contenu (preuve d’une lecture rapide).

Deuxième étude publiée sur le blog Design Language qui s’est plus intéressée aux traces de doigts laissées sur l’écran en fonction de l’application utilisée : Remnants of a Disappearing UI. L’approche peut vous paraître moins scientifique, mais montre néanmoins des différences notables :

Les différentes traces de doigts laissés en fonction des applications

Les différentes traces de doigts laissées témoignent d’usages complètement différents en fonction du contenu et des modalités d’interactions :

  • la navigation sur le web avec Safari se résume à des défilements de l’écran par pichenettes de l’index (l’iPad est tenu à une seule main) ;
  • les emails requièrent par contre plus d’attention, l’iPad est tenu à deux mains et les messages sont parcourus et répondus à l’aide des deux pouces ;
  • les jeux se manipulent essentiellement avec un doigt (ex : FieldRunners qui concentre les interactions sur un point particulier de l’interface situé en bas).

Dernière étude réalisée par l’Institute of Mobile Technologie qui portait sur les e-readers et la façon des les utilisateurs les perçoivent : Kindle, Kobo, IBook, An Emperical Analysis. Trois lecteurs différents ont ainsi été testés par les participants auxquels il a été demandé de les dessiner :

La façon dont les utilisateurs perçoivent les tablettes

Sur l’ensemble des croquis, plusieurs choses ont été révélées :

  • l’iPad est représenté en mode paysage avec un écran beaucoup plus grand que dans la réalité (c’est donc l’impression qu’il laisse aux utilisateurs) ;
  • les doubles boutons latéraux du Kindle sont ignorés (les utilisateurs cliquent à droite pour la page suivante et à gauche pour la page précédente) ;
  • L’écran du Kindle est perçu comme beaucoup plus grand que celui de son concurrent (le Kobo).

Voici donc trois études différentes apportant des enseignements très intéressants sur les usages et la perception de ces nouveaux terminaux. Je suis fermement convaincu que les usages autour des tablettes (touchbooks ou e-readers) sont très loin d’être définis. Il reste encore d’innombrables innovations technologiques (aussi bien sur la technologie, le format ainsi que les capacités des machines) qui vont profondément modifier la façon d’appréhender et de manipuler ces engins. En d’autres termes : ce que nous savons sur l’utilisabilité des ordinateurs ne s’applique pas aux tablettes. Tout reste à faire, et les ordinateurs ne sont pas forcément les meilleures sources d’inspiration : cherchez plutôt du côté des consoles de jeux portables ou des bornes tactiles.