Choc des cultures, ou pourquoi j’ai le Blues

J’ai le Blues… après 3 semaines passées chez mon nouvel employeur, je commence à réaliser l’ampleur de la tâche qui m’attend. Je m’explique : dans mon précédent emploi, le site web dont j’avais la responsabilité visait une audience à haut revenus avec un niveau d’éducation élevé (normal, on ne vend pas des contrats d’assurance vie à tout le monde !). Depuis, beaucoup de choses ont changé, j’ai intégré une équipe projet pour la refonte d’un site du service public. Ce qui veut dire que l’audience théorique (et pratique) de ce site représente TOUTE la population française : les riches, les pauvres, les jeunes, les vieux, les handicapés… En termes de conception ça change beaucoup de choses. L’audience que l’on vise correspond à un public :

  • qui n’a pas forcement les ressources financières pour avoir un équipement informatique récent, et encore moins une connexion haut-débit;
  • qui n’est pas du tout à l’aise avec l’informatique (savent-ils même programmer un magnétoscope ?);
  • à qui on ne peut pas dire que l’applet Java est en train de charger, ou qu’ils ont besoin du plug-in Shockwave pour voir l’animation;
  • à qui on ne peut pas se contenter de dire que le site est sécurisé puisqu’il utilise un cryptage SSL à 128 bits;

Bref, nous sommes bien loin d’une population de geeks qui ne jurent que par leur PDA Wi-Fi ou leur iPod. Et ça, ça change beaucoup de choses en termes d’architecture de l’information, de conception des interactions ou même de contraintes d’accessibilité. Bref, tout ça pour dire que je suis en train de me rendre compte de l’ampleur de la tâche qui m’attend. C’est en quelque sorte le choc des cultures entre un concepteur de sites Web issu de la génération start-up et le Service Public au sens universel du terme). Et tout ça me donne le Blues, d’où le titre du billet !