L’utilisabilité est morte, vive l’utilisabilité

Oui je sais, ce titre est un peu racoleur, mais le sujet est grave. Le site Digital Web Magazine vient en effet de publier un article qui fait beaucoup parler de lui : The End of Usability Culture. L’argumentation de l’auteur est sans concessions: L’utilisabilité telle que nous la connaissons a rendu de fières services, mais elle commence à devenir plus nuisible que bénéfique. Explications : Dans les années folles de l’internet, nous avons eu droit à ce qui se fait de pire en termes de simplicité d’usage ou même de présentation de l’information. Depuis quelques temps, l’utilisabilité et l’ergonomie sont des sujets en vogue (ce blog en est la preuve). Beaucoup de progrès ont été fait, et les sites qui sortent ou ceux qui sont refaits sont d’un niveau global d’utilisabilité satisfaisant. Mais voilà, l’intensité concurrentielle est toujours aussi forte et il faut bien se différentier. Nous assistons maintenant à une sorte de situation paradoxale où les sites sont toujours plus épurés (austères ?) et plus simples (simplistes .) alors que les technologies évoluent et proposent des fonctionnalités toujours plus riches.

Pour dire les choses crûment : à trop vouloir se faire l’avocat de la simplicité d’utilisation, nous tournons en rond. Regardons les choses en face : sous prétexte de dogmes ergonomiques, la créativité est en panne. A part pour une élite (Google, Amazon…) les innovations ne sont pas légions et les sites finissent tous par se ressembler. Loin de moi l’idée de tourner le dos à une profession qui m’a fait vivre pendant des années, mais je rejoint ici l’opinion de l’auteur : il est temps de passer à autre chose.

Si vous suivez ce blog régulièrement, alors vous devez être au courant que le web est entré dans une phase de maturation : l’avènement du haut-débit et des standards W3C, le web sémantique, le multi-canal, les blogs et autres tendances sont en train de révolutionner notre manière d’utiliser et de consommer le web. Comme je le disais dans un récent billet, les usages changent.

L’auteur de l’article ne se contente pas de faire un constat maussade, il nous donne également des pistes de réflexion :

  1. Trouver de nouveaux leader : Faisons nos adieux aux Jakob Nielsen, Bruce Tognazzini, Don A. Norman et autres grands rabats-joie en chef. Il est temps de suivre d’autres leaders, des gourous plus audacieux et plus innovant (Alan Cooper par exemple ?)
  2. Penser plus grand : Oublions nos idées préconçus sur les interfaces web et inventons-en de nouveaux. Regardez ce qu’à fait Google avec son Gmail pour vous convaincre qu’il est toujours possible d’innover.
  3. Faire preuve de courage : Ce n’est pas en suivant à la lettre les bonnes pratiques que vous allez réussir à vous différencier et à trouver un avantage concurrentiel. Dans une certaine mesure bien sûr, il existe toujours des pistes de réflexion qui ne vont pas à l’encontre des règles ergonomiques fondamentales mais qui permettent d’apporter un peu plus, un zeste d’innovation.
  4. Apprendre des erreurs du passé : avant de se jeter en avant, il est toujours essentiel de savoir d’où l’on vient pour mieux appréhender ce vers quoi nous allons.

Mon Dieu, je me relis et je trouve que ce que je suis en train d’écrire est terriblement démagogique… Mais bon, avouez qu’il y a quand même du vrai dans cet article. Avouez que vous aussi vous avez envie d’expérimenter voir de concevoir des services innovant. Avouez que vous aussi vous vous êtes un jour senti frustré par toutes ces dogmes ergonomiques. Avouez que vous aussi vous attendiez ce genre d’article pour réagir. Saluons donc le courage de l’auteur qui nous livre ici un manifeste de nouveau web des plus motivant, des plus stimulant. Puisque l’internet est en train de faire sa révolution, alors révolutionons nos méthodes de travail également. L’utilisabilité est morte, vive l’utilisabilité ! (d’où le titre de ce billet)