Mix07 Las Vegas – Jour 1 (suite)

Et voilà, la keynote est terminée et les annonces sont tombées : Silverlight 1.1 alpha (comptable avec .Net) et disponibilité en magasin d’Expression Studio.

C’est à 9 H 30 précise que Ray Ozzie a fait son entrée sur scène : look décontracté, sûr de lui mais en même temps proche du public. Son discours illustre un changement de cap majeur pour l’industrie du logiciel (No more software… almost!) et pour le web (the simple concept of the web is not simple anymore).

Une fois n’est pas coutume, Microsoft a l’ambition de rattraper son retard (sur le Software as a Service) et même de prendre une longueur d’avance (avec le Software and a Service). Le futur défis sera donc de fournir un environnement de développement pour pouvoir concevoir et réaliser des services qui seront ensuite déployés sous différentes formes : web, interface riche (RIA), client riche (RDA) et terminaux alternatifs (mobile, consoles de jeux…).

C’est dans ce contexte que la nouvelle mouture de Silverlight (1.1 alpha) entre en scène :

  • un plug-in mutli-OS (Windows et Mac, pas contre pas de Linux) et multi-browser (IE, Firefox, Opera, Safari) qui autorise la manipulation native de contenus vidéos ;
  • un environnement d’exécution pour les applications WPF et .Net ;
  • un ensemble de services accessibles au travers de la plateforme Live (dont l’hébergement et le streaming de vidéos).

Cette nouvelle version de Silverlight semble très intéressante : prise en charge du streaming, de la vidéo en haute définition (720p)… le tout en 4,26 Mo ce qui est très raisonnable pour un plug-in avec une telle ambition.

Celles et ceux qui ne sont pas familiers avec le monde informatique traditionnel doivent se demander l’intérêt de prendre en charge les applications .Net dans un browser. Et pourtant : il existe des dizaines de milliers de développeurs déjà familiers avec l’environnement de développement et le langage utilisé par la plateforme .Net (C#), qui plus est dans le monde de l’entreprise. Cette nouvelle version de Silverlight va donc ouvrir de nombreuses possibilités à cette population. Pour faire court : Microsoft vient de transformer des dizaines milliers de développeurs traditionnels en des développeurs d’interfaces riches.

C’est un coup de maître, puisque Microsoft s’affranchit ainsi la lourde tâche de devoir créer tout un écosystème autour de cette nouvelle technologie. Il va donc y avoir potentiellement 10 fois plus de développeurs pour Silverlight que pour Flash. De plus, une bonne partie de ces développeurs sont en entreprise, un territoire où MacromediaAdobe à beaucoup de mal à s’implanter (même avec Flex).

Nous avons ensuite eu droit à plusieurs démonstrations tournant autour d’Expression, de WPF ou de Silverlight :

  • Netflix, avec un très impressionnant Instant Watching qui permet de regarder un film en streaming avec toutes les possibilités offertes par un DVD (timeline, chapitrage, infos complémentaires…) et quelques possibilités collaboratives en prime (Shared View qui permet d’inviter une personne à regarder le même film à distance).
  • TopBanana de Metaliq, qui est une application en ligne de montage et d’édition de vidéos dans un environnement graphique à couper le souffle : très élégant, intuitif et terriblement efficace. Le tout en à peine 15 Ko !
  • MLB Advance Media, qui est une application de consultation d’évènements sportifs en live (du baseball). Là encore grosse claque avec de la vidéo en plein écran, la possibilité d’afficher en superposition tout un tas de contrôles et de données ainsi que de petits widgets pour mieux saisir les aspects tactiques du jeux. Cerise sur le gâteau : il existe une version mobile en prime.

Difficile de ne pas être optimiste face aux très impressionnantes démonstrations, et force est de constater que Microsoft vient de frapper un grand coup avec cette nouvelle version de Silverlight. Je me laisse encore la journée bien bien assimiler cette annonce et toutes les implications que cela représente. Je vous préparerais donc un prochain billet d’analyse sur ce sujet.

Ce qui est par contre évident, c’est que les interfaces riches viennent de rentrer dans une nouvelle phase d’expansion.

A suivre…

Un commentaire sur “Mix07 Las Vegas – Jour 1 (suite)

  1. Merci pour toutes ces bonnes infos. Cependant, j’ai une question à te poser (permet que je te tutoie) : que va faire Microsoft face à Flex d’Adobe qui sera probablement en OpenSource?

  2. Le cout de la licence ne represente qu’une partie du cout total : meme si Flex est gratuit, il faut encore financer la formation des equipes de developpement. Microsoft propose ici u modele completement different ou les developpeurs exploitent les lamgages et outils qu’ils connaissent deja. Enfin c’est ce qu’ils promettent ! Apres ca pour savoir quelle solution est la plus avantageuse, tout est une questino de contexte. /Fred (qui galere avec un clavier US)

  3. Ok je peux faire du .net dans mon navigateur. Quelle différence par rapport à des applets java? Plus personne ne veux faire d’applet java, qu’est qui va faire que la même chose en .net va marcher? Microsoft va mieux maitriser les changements de version? Ils mettent le paquet en com et marketing?? La vidéo c’est le truc totalement indispensable pour faire des applications de gestion?

  4. Aurélien, la différence, c’est que des développeurs habitués à .NET pourront se mettre au RIA très rapidement, plus rapidement en tout cas que si ils devaient sauter le pas vers une autre technologie. Ce qui équivaut à (je radote…) sauter d’un train en marche pour essayer d’en attraper un autre roulant à la même vitesse. C’est pour la même raison que .NET a été adopté par les anciens développeurs VB6 plutôt que Java, en 2001.

  5. D’après ce que Fred nous raconte, Microsoft présente un avantage technique par rapport à une courbe d’expérience. Mais concrètement quelles innovations les RDA ou RIA vont-elles pouvoir apporter. Beaucoup d’applications transactionnelles n’intégreront jamais de photos ou vidéos, médias qui rendent toujours des interfaces plus sexys. Hors dans le monde de l’entreprise, les milliers de développeurs .NET, #C, … sont souvent concentrés sur un traitement d’information (saisie de données, analytique, reporting, …). Et qui plus est même pour des applications zéro-client, l’univers est déjà reservé à Microsoft, MSSQL, IIS et IE. Quels seraient les domaines en entreprise où cette nouveauté apporterait une plus-value?

  6. C’est vrai que du C#/.net en back-office pour une appli web (même riche), ça semble pas adapté. Un exemple, quand je fais du .NET j’ai pas de composant (pour le moment) vidéo en natif où je n’ai plus qu’à indiquer quelle vidéo, je compile et bingo y’a mon lecteur intégré avec le HD 720p etc. Bref, ça reste un peu flou pour tous j’ai l’impression.

  7. Pour reprendre les propose du PDG d’Adobe, Bruce Chizen : « Si la plateforme Silverlight a été annoncée comme étant multiplateforme, elle suivra à long terme le chemin d’Internet Explorer et de Windows Media Player, autrefois développés pour Mac avant d’être abandonnés. » (20 Avril 2007)

  8. Salut à tous, Je ne comprends pas trop la méfiance vis à vis du .net. C’est un outil qui apporte de forts gains de productivité lorsque l’on développe, et qui apporte un cadre et une rigueur professionnelle que le php, pour ne citer que lui, est à des lieues de proposer. L’apport de WPF / silverLight me semble évident dans certaines applications d’entreprises : intranet, elearning, showroom … et pour rendre (enfin) les backoffice de sites ergonomiques et accessibles. Son seul défaut (de taille) est qu’il va mettre du temps à arriver aux 95% et des brouettes de pénétration que connait le plugin Flash (même si avec Windows Update, Microsoft pourrait bien accélérer son déploiement sur les postes clients). a+

  9. Quelque part je suis bien d’accord avec Aurélien : la manipulation native de vidéos n’a pas ça place dans le cadre de l’entreprise (là où sont les développeurs .Net). Je pense qu’il faut rester lucide : Flash et les outils de production d’Adobe garderont le leadership pendant encore de nombreuses années pour produire des interfaces riches avec une dominante graphique forte. Par contre, en rendant compatible Silverlight avec .Net, Microsoft va grandement faciliter l’adoption d’interfaces riches d’entreprise. Il sera alors très facile de faire des intranet riches avec un gain de productivité. De ce point de vue, l’offre de Microsoft (via Silverlight) n’est pas encore en concurrence directe avec Flash, mais choisi une stratégie de contournement (en séduisant avant tout les entreprise). De toute façon comme il est 4 H 25 et que je ne dors pas, j’ai tout le temps de préparer un petit billet à ce sujet ;-) /Fred

  10. D’un autre coté, qu’est ce qui caracterise une interface « riche » sur un desktop? (par rapport a une appli normale): le fait qu’elle soit « jolie » (ergonomique c’est encore autre chose) mais surtout, que l’aspect graphique y soit tres soigné. C’est en général, parceque les outils destinés au designeur (Flash) ont atteint cette cible que ce genre d’interface a pu emerger. Mais il faut mettre les moyens la dessus: un outil « riche » pour un developpeur lambda, ca donnera toujours le meme type d’interface, et surtout en entreprise. De meme qu’avant, si qq’un investi du temps et de l’argent sur l’aspect graphique de son IHM, il peut la rendre sexy, quelque soit la technologie sous jacente. Donc je ne suis pas persuadé que ce genre d’outil « revolutionne » l’entreprise

  11. Le simple fait que Microsoft s’adresse aux entreprises et aux developpeurs .Net de celles-ci est effectivement une stratégie de contournement interessante. Il est aussi vrai que Flex peine vraiment a s’implanter et rien ne dit que son passage en Open Source facilitera la chose (meme je l’espère toutefois). Quoi qu’il en soit la stratégie de ces deux éditeurs autour des RIA et RDA montre bien qu’il faille les considerer autrement que des gadgets ! Cela est-il vraiment inpensable d’envisager de la vidéo dans un intranet ou un extranet ? Bien sur que non ! Au dela des médias que l’on pourra mixer au travers de ces technologies, le véritable enjeux est de repenser l’ergonomie des applications pour justement exploiter pleinement les bénéfices des interfaces riches…il serait temps !

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