L’Entreprise 2.0 serait-elle un retour aux sources ?

L’Entreprise 2.0 est vraiment le sujet chaud du moment. On en parle beaucoup et les pratiques liée à l’E2.0 alimentent des débats sans fin (pour ou contre Facebook dans l’entreprise ? Faut-il commencer par un blog ou un wiki ?…). Mais n’allez pas croire que l’Entreprise 2.0 n’est qu’un buzzword de plus et que vous pouvez vous permettre d’attendre la prochaine « mode » pour voir. L’Entreprise 2.0 est là pour durer, tout comme le web 2.0 a définitivement modifié le paysage de l’internet (n’en déplaise aux détracteurs de l’époque), les pratiques liées à l’E2.0 vont s’installer de manière progressive et définitive dans nos entreprises car nous n’avons pas le choix. Et pour vous expliquer tout ça, je vous propose un petit retour en arrière.

Il était une fois l’entreprise

Les premières formes d’échange et de commerce remontent à l’antiquité, c’est en effet à cette époque que l’homme a découvert qu’il pouvait être plus productif s’il s’associait avec d’autres (car 2 artisans travaillent plus vite qu’un seul). Nous assistons donc à la naissance des entreprises.

Aujourd’hui la situation est différente dans la mesure où les collaborateurs français et européens ne sont plus confrontés à un challenge de productivité mais de créativité. La production de masse est maintenant devenue la spécialité de pays à très forte croissance comme la Chine, la Russie ou l’Inde. Lire à ce sujet le très bon billet suivant : Enterprise 2.0, The Nature of the Firm.

Partant du principe qu’un collaborateur chinois ou russe coûte 10 fois moins cher qu’un français, il est donc potentiellement 10 fois plus productif. Le seul moyen pour les entreprises françaises de restées compétitives est donc d’améliorer sa créativité, ou du moins d’améliorer le potentiel créatif de ses collaborateurs. Hors comment la créativité peut-elle s’exprimer dans un milieu où les outils bureautiques ont isolés les collaborateurs et où règne la culture du « suiveur réactif ».

La solution réside dans les habitudes de travail et pas (que) dans les outils

La solution semble donc être de réhabituer les salariés à collaborer, à partager l’information et à pratiquer la fertilisation croisée. Ceci passe par une forme de travail beaucoup plus collaborative : tout comme deux artisans travaillent plus vite qu’un seul, deux salariés réfléchissent mieux qu’un seul.

Comment stimuler cette collaboration ? En modifiant les habitudes et outils de travail. Vous avez deux possibilités : Soit vous profiter d’un changement d’outils pour revoir les méthodes de travail, soit vous profiter d’un changement de méthode de travail pour revoir les outils. Mais dans les deux cas, l’impulsion devra venir de la direction et être relayée par le middle management.

Mais ne nous égarons pas et revenons à l’idée maîtresse de ce billet : la collaboration est la clé de la créativité et de la productivité. Elle à été à la base du la naissance des entreprise et elle le sera encore dans ce nouveau paysage de la mondialisation. Quand vous y réfléchissez bien, les pratiques d’Entreprise 2.0 sont comme un retour aux sources (d’où le titre du billet).

9 commentaires sur “L’Entreprise 2.0 serait-elle un retour aux sources ?

  1. Effectivment le sujet est chaud il faut dire que les enjeux bousculent bcp les représentation :
    > qu’est-ce qu’un employé 2.0
    > la confidentialité et le 2.0
    > la hiérarchie peut-elle survivre au 2.0

    Vaste sujet!
    Bravo à toi de t’y atteler.

  2. Ce post m’a fait penser à une citation de Kevin Kelly (Fondateur du magazine Wired) « Nobody is as smart as everybody. ». C’est le slogan pro-collaboration par excellence. Pour info, la citaton est tirée d’une des 2 excelletnes vidéos de Kevin Kelly disponible sur TED.com: http://www.ted.com/index.php/speakers/kevin_kelly.html

    En tout cas bravo pour ces premiers posts(et pour tout ceux de tes autres blogs…). Et bon courage pour mener tout ça de front!

  3. Je travaille dans un environnement non concurrentiel, alors la créativité pour une meilleure compétitivité n’est pas de mise. Les salariés de ma branche n’ont jamais été amenés à collaborer de manière active, la politique des cadres est celle du « y’a toujours un N+1 qui doit prendre la décision, moi je ne me risque pas à ça »… Donc l’entreprise 2.0 n’est pas pour demain, à moins d’un nouveau directeur qui soit tombé dans la marmite un beau jour.

    Sinon, sympa tous ces blogs thématiques, dommage que l’orthographe et la grammaire soient parfois un peu fantaisiste. Si certains trouvent que c’est sans importance, moi je ne trouve pas (certaines fautes peuvent prêter à confusion pour le sens)

  4. merci fred pour ces réflexions. Elles permettront de monter des argumtaires pour des entreprises entreprenantes et non réfractaire au changement.
    Je pense pour ma part qu’il sera plus qu’important que ces pratiques se vulgarisent au sein de bons nombre de boîte. Le 2.0 n’est pas une arnaque mais bel et une nouvelle méthode de travail productive.
    La suite, la suite !!

  5. Bravo pour toutes ces informations très intéressants qui font que je me passionne de plus en plus pour le sujet… Une question cependant, dans mon travail je suis surtout confrontée à un public de très petites entreprises… Est-ce que l’entreprise 2.0 est un concept qui s’applique à toutes les (tailles d’) entreprises? Si oui, alors peut-être qu’il y a plusieurs formes d’entreprises 2.0. Quelles sont les pratiques de l’Entreprise 2.0 de 5 à 20 salariés par exemple…

  6. Pour aller dans ton sens Fred, une étude américaine datant de plusieurs années a prouvé que le travail intellectuel en groupe était nettement supérieur au travail intellectuel d’un seul (le moins bon score d’un groupe est toujours meilleur que le meilleur score d’un seul). Ceci vient de l’émulation des cerveaux et de la capacité de dialogue, remise en cause, proposition de solutions qui sont présents dans un groupe. Aujourd’hui l’entreprise 2.0 nous permet de faire plus souvent et à une plus grande échelle ces échanges et donc de faire progresser notre matière grise.

  7. Je suis tombé sur un texte d’hervé Serieyx la dessus (ci-dessous). Et je me demande si, avec l’intergration des technologies web2.0 au coeur de l’entreprise, on ne va pas voir innexorablement les hierarchie et structures s’effondrer au profit d’auto-organisation (voir Thierry Crouzet).

     »
    Depuis le big bang originel, l’histoire des formes semble indiquer que chaque fois qu’une forme chimique, physique, biologique ou sociale a dû affronter des environnements plus complexes, sa survie a dépendu de sa capacité à susciter en son propre sein une complexité au moins égale à celle de son environnement. Or, puisque l’entreprise affronte précisément des environnements toujours plus complexes, elle devrait être incitée à diminuer sa « complication » – par exemple en réduisant le nombre de niveaux hiérarchiques – et à accroître sa « complexité » – en responsabilisant les personnes (qu’y a-t-il de plus complexes que des hommes libres et autonomes ?), pour augmenter sa souplesse, sa capacité de réponses à un monde de moins en moins prévisible, c’est-à-dire sa capacité d’auto-organisation. En fait, on est souvent loin du compte. Dans nos entreprises, combien d’énergie et d’argent sont gaspillés pour faire mal exécuter des tâches par des personnes qui les réaliseraient infiniment mieux si elles étaient libres de s’auto-organiser, pour peu qu’elles y trouvent leur intérêt et qu’elles en comprennent les enjeux ! Les concepts liés à celui d’auto-organisation nous sont familiers. Il s’agit :
    de la mise en réseau, grâce à laquelle il est possible d’œuvrer ensemble, au lieu d’être séparés par les cloisons des services et des niveaux hiérarchiques ; du fonctionnement transversal propre à la démarche « qualité » ;
    de la responsabilisation, confiance, transparence, exemplarité, liberté dans le système, autonomie : tout ce que postule et devrait permettre le management participatif si on ne l’avait pas ridiculisé en le réduisant à la caricature des cercles de qualité. »

  8. @Natahlie: « dommage que l’orthographe et la grammaire soient parfois un peu fantaisiste ». Hum, ce ne serait pas plutôt « fantaisistes »… avec un s? Charité bien ordonnée commence par soi même, dit un probverbe…

  9. La société que je représente developpe depuis de nombreuses années une application de collaboration.
    Elle s’adresse aux entreprises de 5 à 50 salariés.
    Pour répondre à Julie, je dirais que la problématique est la même que l’on soit 5 ou 50.
    La question n’est pas lié aux outils mais bien à la motivation de la direction. Dans ce contexte c’est l’age du capitaine qui détermine la mise en œuvre d’une réflexion sur l’organisation 2.0 et les outils qui vont avec.
    Aujourd’hui, les clients de Teambox sont aussi bien des sociétés de 5 personnes qui s’impliquent à fond dans une démarche d’entreprise agile que des PME de 50 personnes.
    Pour poursuivre votre réflexion je vous invite à lire deux ouvrages sur le sujet :
    « Le management de l’intelligence collective » aux éditions M21 d’Olivier ZARA et « La fin du management » aux éditions Vuibert de Gary HAMEL.

    Un grand merci à Frédéric pour le temps qu’il consacre à nous informer sur des sujets comme celui ci.

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