La vision d’Intel sur le futur des univers virtuels

Le site UgoTrade a récemment publié une interview très intéressante de Mic Bowman, Principal Engineer chez Intel, à propos de sa vision du futur des univers virtuels : Interview with Mic Bowman, Intel: The Future of Virtual Worlds.

Il anticipe ainsi une montée en puissance de trois segments (jeux, metavers et paravers) qui vont converger vers un modèle unique de Connected Visual Computing, évolution logique du web mais dans un format plus immerssif :

Description du CVC

Vous noterez au passage la ressemblance avec la  Metaverse Roadmap (à ne pas confondre avec la Virtual Worlds Roadmap). Dans ce modèle, le Connected Visual Computing repose sur des briques technologiques fondamentales qui serviront de fondations aux différents mondes virtuels et MMO (l’équivalent de HTTP et HTML pour le web).

Il propose également une comparaison (théorique) avec les plateformes sociales et univers virtuels déjà existantes :

Comparaison du CVC aux autres univers virtuels

Toujours selon ses propos, OpenSim est actuellement l’initiative la plus aboutie en matière d’interopérabilité (sans blague !). Intel est à ce sujet très actif dans la communauté (ils contribuent entre autre à un projet de client universel : Open Viewer Project).

Plus intéressant, il précise qu’Intel est propriétaire de deux technologies de pointe : le moteur physique Havok (qui propulse de nombreux jeux vidéos) et Larrabee (un processeur graphique multi-coeur de nouvelle génération dont on ne sait encore pas grand chose).

Enfin, il nous livre ses prévisions à moyens termes sur l’avancement des travaux d’interopérabilité : les premiers résultats apparaîtront très prochainement avec des briques élémentaires intéropérables comme l’identité (login/password), la présence (indicateur de statut comme dans Myrl), la communication textuelle / vocale (une allusion à SLim ?) et la gestion de l’inventaire.

Bref, je vous recommande cet article pour en savoir plus sur l’implication d’Intel dans le chantier d’évolution des univers virtuels.

L’avenir de la presse en ligne est-il dans le social ?

Social Network, Social Games, Social Software, Social Computing… j’ai comme l’impression que « social » est devenu le nouveau buzzword à la mode ! Plus sérieusement, les médias sociaux ont  modifiés profondément et durablement le paysage de l’internet, et il n’y aura pas de retour en arrière. J’irais même plus loin en écrivant que nous assistons plutôt à une fuite en avant vers du « tout social ».

Illustration avec la presse en ligne : Quasiment tous les portails d’actualité (Le Monde, Libération, Le Figaro, L’Express, 20 Minutes…) proposent un système de commentaires / notation. Si cette première étape de « socialisation » d’un site d’information est maintenant généralisée, il va falloir aller plus loin pour fidéliser les internautes.

C’est ce qu’a fait le New York Times en laçant son propre réseau social : TimesPeople. Bon… inutile de s’enflammer, il ne s’agit pas tant d’un réseau social que d’une extension sociale de leur portail qui repose principalement sur les… commentaires et notations.

Le réseau social du NY Times

Le site propose maintenant une toolbar (« socialbar » ?) en haut de page qui invite les internautes à s’identifer :

La nouvelle toolbar du NY Times

Une fois identifiés, les membres peuvent noter, commenter et partager des articles et bonnes adresses. Tout ceci est aggréger au sein de leur profil (« public activities« ). On retrouve également la possibilité d’importer des contacts et de trouver des membres avec un profil et/ou des centres d’intérêts similaires.

Une initiative intéressante mais qui laisse tout de même sur leur faim les observateurs avertis qui trouveraient plus d’intérêt à déployer un réseau social sur plusieurs sites d’actus / titres (cf. New York Times Launches TimesPeople Social Networking Site). C’est d’ailleurs la stratégie adoptée par MTV Networks avec Flux, qu’ils définissent comme une cross-site social media platform (cf. MTV Networks Acquires Social Project to Accelerate Reach of Flux).

Tout les sites associés au réseau Flux de MTV

Autre hypothèse : s’adosser à un réseaux social existant (cf. Social Network at New York Times – Good Execution of a Strange Idea), chose qu’ils avaient pourtant déjà faite très récemment (cf. New York Times, LinkedIn Enter Content Partnership). En y réfléchissant on se dit qu’effectivement vu le lectorat du NY Times ils auraient mieux fait de monter un partenariat avec LinkedIn qui se positionne très clairement sur le haut du panier. D’ailleurs ils viennent de lancer un programme un ciblage comportemental étendu pour lequel le NY Times est un partenaire idéal : LinkedIn To Launch Its Own Ad Network.

Mais revenons à nos moutons : pourquoi vouloir sociabiliser un site d’information ? Visiblement pour améliorer la fidélisation (ils parlent de content engagement). Cette démarche est la bonne mais mériterait un dispositif un peu plus poussé à l’image de ce qu’à fait FastCompany avec son Business Conversation.

Un page profil du réseau 'Business Conversation' de FastCompany.com

Le principe est le même : une communauté de lecteurs mais avec des leviers sociaux plus puissants comme des blogs, des groupes ou un système de profils et de matching plus complet. Mais la question se pose à nouveau : pourquoi développer un réseau social propre à FastCompany alors que le lectorat est très proche de l’audience de LinkedIn ?

Peut-être existe-t-il un solution intermédiaire qui consisterait à mettre en oeuvre une couche sociale compatible avec les réseaux sociaux. C’est un peu à ça que sert DataPortability et visiblement ils sont passés à côté de cette opportunité.

Toujours est-il que ce modèle de communauté d’intérêt centrée autour d’une forte activité éditoriale en inspire plus d’un comme en témoignent la montée en puissance de plateformes de publication « sociale » comme PublicSquare ou HyperWeek (cf. Raphael Briner launches Hyperweek. It’s Facebook + WordPress).

Alors… l’avenir de la presse en ligne est-il dans le social ? Éric ?

A quoi ressemble la blogosphère en 2008 ?

C’est à l’occasion du Blog World Expo que Technorati (le moteur de recherche de blog) à publié son rapport annuel sur la blogosphère : State of the Blogosphere – 2008.

Plusieurs indicateurs dans ce rapport nous mènent à penser que le phénomène des blogs est en train de se « tasser » et de rentrer dans le quotidien des internautes. Comprenez par là que les bloggeurs ne sont plus vus comme des extraterrestres / pionniers / égocentriques (rayez la mention inutile) mais comme des individus lambda qui pratiquent une activité sociale sur le web.

Les chiffres montrent un ralentissement

Parlons des chiffres tout d’abord : 133 millions de blogs indexés depuis 2002.

blogosphere2008

Un bien beau chiffre, mais qu’il faut relativiser car sur ces 133 millions de blogs, seuls 1,1% ont publié au moins un billet sur les 7 derniers jours. Il n’y aurait donc que 1,5 millions de blogs réellement actifs. En fait nous serions passés de 1,5 millions de billets publiés en 2007 à 900.000 en 2008 : State of the Blogosphere 2008: Technorati Numbers Indicate Blogging Is Niche and Slowing.

Comment expliquer ce phénomène ? Tout simplement avec la montée en puissance de nombreux médias sociaux alternatifs (microblog, réseaux sociaux…) qui fragmentent les usages et surtout permet de combler un besoin latent mais pas suffisant pour se lancer dans l’aventure. Autre conséquence, l’attention des lecteurs de blogs est diluée / éparpillée sur d’autres supports « sociaux » (c’est l’arroseur arrosé). Et il en va de même pour l’influence : Are The Influencers Less Influential Now That The Masses Have Arrived?. Serait-ce la fin du mythe du bloggeur influent ?

Blogguer est une activité rentable… pour les américains !

Autres chiffres très surprenants : le revenu moyen annuel est de 6.000$ et dépasse même les 75.000$ pour les blogs avec plus de 100.000 visiteurs uniques  par mois. 75.000$ par an ? Soit je suis le dernier des cons (et je devrais arrêter mon activité de conseil / formation), soit les conditions de marché sont complètement différentes en France ! Visiblement je ne suis pas le seul à être surpris : State Of The Blogosphere: Get To 100K Uniques, Make $75K/year.

Bon… inutile de nous emballer, ces chiffres sont surtout valables pour ceux qui blogguent en anglais dans un pays où le marché (annonceurs, régies publicitaires, intermédiaires…) est beaucoup plus mature.

Bon ceci étant dit, le rapport explique également que les pratiques de blog sont largement rentrées dans les moeurs et qu’elles sont très utiles pour construire sa marque personnelle (cf. How To Grow Your Personal Brand).

Une répartition démographique qui diverge selon les continents

Continuons notre analyse avec ces chiffres équivoques sur la répartition homme/femme en fonction du continent :

blogosphere_gender

Hé oui, en Europe tout comme en Asie les bloggueurs sont sur-représentés par rapport aux bloggueuses. Pourquoi ? Je ne sais pas, et je ne me risquerais pas à commenter ce chiffre ;-)

Et puisque l’on parle de continents, voici la répartition du volume :

blogosphere_continents

Près de la moitié des blogs sont américains ? Difficile à avaler. Reformulons ça en : « plus de la moitié des sites assimilés à des blogs qui sont indexés par Technorati sont américains« . Voilà qui me semble mieux pour nuancer cette donnée.

Le bloggueur européen existe-t-il ?

Terminons enfin par ce portrait-robot du bloggueur européen :

blogosphere_europe

 

Mouais… pas très convainquant tout ça… Est-ce vraiment intéressant de niveler les pratiques et les influences culturelles au sein d’un continent comme l’Europe ? Non pas réellement.

Mais ne crachons pas non plus dans la soupe, ce rapport est tout de même une aubaine pour l’industrie car il permet d’avoir une photographie précise de la blogosphère US (qui pilote une partie du marché) et qui illustre également la diversité des profiles : Who Are the Bloggers?.

Seule une partie du rapport a été publié, j’attends avec impatience la suite…

Les microblogs d’entreprise comme outil d’éveil

Connaissez-vous les microblogs ? Ce sont des blogs ultra-simplifiés où les billets sont au format SMS (pas plus de 140 caractères). Leur simplicité d’usage de même que leur parfaite intégration aux terminaux mobiles en ont fait une petite révolution : Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?.

Face à un tel succès, plusieurs se sont posés la question de savoir comment exploiter ce potentiel au sein de l’entreprise : Quelles utilisations en entreprise pour Twitter ? Mais les premières pistes de reflexion ne sont pas très probantes malgrè l’enthousiasme latent :

Avant de vous faire une première (mauvaise) impression sur le microbloging d’entreprise, sachez que cette pratique recèle un potentiel bien supérieur à ce que ne le laisse supposer l’austérité de l’outil. Pour vous en convaincre, je vous engange à lire ce très bon article de Bertrand Duperrin : Des outils d’éveil pour capter le bruit de votre entreprise.

Si je résume, il y a potentiellement quatres domaines d’application possibles pour le microblogging d’entreprise :

  • Documenter le quotidien, une thématique chère à l’ami Claude Malaison ;
  • Bénéficier d’un lien direct et immédiat avec sa communauté professionnelle (lorsque je pose une question sur Twitter, les réponses arrivnet en moisn d’1 minute) ;
  • Pouvoir faire de la veille empirique en favorisant la découverte par sérendipité (aléatoire en allant de tweets en tweets) ;
  • Sentir l’ambiance de votre communauté professionnelle (les sujets de préoccupation, les dernières infos chaudes…).

C’est d’ailleurs sur ce dernier point qu’à choisit de se positionner Yammer, un service de micro-blogging où les emploés doivent utiliser leur email professionnel pour s’inscrire et qui permet aux entreprises d’avoir un oeil sur ce que ses collaborateurs disent / ressentent / échangent… Ils appellent ça l' »ambiant awarness« .

Yammer.JPG

Encore une fois, nous n’en sommes qu’au tout début des pratiques de microblog (qui commencent à se structurer : Le microblogging est-il en voie de maturation ?) qui plus est dans le monde de l’entreprise.

Vers des casual MMO de niche avec MyHollywood ?

Le Hollywood Interactive Group vient de mettre en ligne un nouveau service baptisé MyHollywood. Ce service cible les jeunes femmes souhaitant partager le rêve hollywoodien en leur proposant un univers virtuel jeux en ligne (casual MMO) leur permettant de créer un avatar pour le faire évoluer dans un Hollywood virtuel en quête de célébrité : Red Carpet.

myhollywood

 

 

Ce casual MMO permet aux joueuses de jouer à des mini-jeux et de répondre à des quizz pour gagner des points de célébrité. Elles ont également la possibilité de collectionner des « high-status branded virtual items » pour se faire plaisir.

Nous savions déjà que les femmes sont une cible privilégiée pour les plateformes de casual games, mais ce nouveau service pousse le ciblage encore plus loin avec un dispositif particulièrement attractif.

Entre ça et la précédente tentative de Yahoo! Avatars (cf. Yahoo! expérimente la Gay Pride virtuelle) serait-ce un début de nichisisation des plateformes sociales virtuelles ? À suivre…

(via The Inquistr)