De l’intérêt de World of Warcraft pour nous préparer à l’entreprise 2.0

Normalement vous devez forcément avoir entendu parlé de World of Warcraft (WoW pour les intimes). Pour faire simple il s’agit d’un jeu en ligne massivement multi-joueurs. Véritable phénomène de société (du moins dans les pays occidentaux car les MMORPG ont conquis l’Asie depuis de nombreuses années) ce jeu est une source inépuisable d’études sociologiques et d’émerveillement quand aux enseignements sociétales que l’on peut en retirer. Je suis récemment tombé sur ce très bon article qui fait le parallèle entre WoW et les dynamiques collaboratives en entreprise : Ce que World of Warcraft nous apprend sur le passage à l’Entreprise 2.0.

Jeux multi-joueurs = Plateformes collaboratives

WoW est avant tout un jeu collaboratif : vous pouvez tout à fait y jouer en solo mais vous n’irez pas bien loin car les territoires à explorer sont trop grands et car les monstres à affronter sont trop puissants / nombreux. Il est donc impératif de rejoindre une guilde pour pouvoir profiter pleinement de la richesse du jeu et participer aux quêtes.

Dans le monde du travail c’est la même chose : vous pouvez éventuellement travailler en freelance dans certains secteurs mais votre carrière professionnelle sera plus enrichissante si vous intégrez une société car les challenges y seront plus intéressants. Idem au sein d’une entreprise, les plus gros projets ne peuvent être abordés qu’en équipe.

Objectifs communs / personnels

Dans WoW, les quêtes se font en groupe (poursuite d’un objectif commun), le butin est ensuite réparti entre les joueurs mais les points d’expérience sont attribués de façon individuelle. Vous pouvez lancer votre propre raide sur un donjon mais vous serez exposé à un bien plus grand danger pour une récompense assez faible (les plus gros trésors sont dans des donjons beaucoup trop bien protégés pour un seul joueur).

En entreprise c’est la même chose : Les objectifs sont partagés (dépasser tel montant de C.A., lancer un produit avant telle date…) avec des primes collectives (intéressement au bénéfice) ou individuelles (bonus). Vous pouvez lancer votre propre projet en sous-marin mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

Construction identitaire / collective

Dans WoW, votre avatar est ce que vous donnez à voir, l’image que vous souhaitez renvoyer de vous-même (ou de votre sur-moi). Vous l’équipez donc des plus belles armures. Idem pour les guildes dont les membres affichent fièrement l’emblème (ou au moins portent le nom) : la puissance de la guilde rayonne sur ses membres.

En entreprise c’est la même chose : vous enfilez votre plus beau costume si vous devez prendre la parole en public et vous soignez votre fiche sur l’annuaire interne. Encore mieux, les système d’évaluation EtoE de type social scoring donne de la visibilité aux employés qui jouent le mieux le jeu de la collaboration (les égos sont mis au service de la performance de l’entreprise, cf. l’employé du mois).

Microblog et messagerie instantanée comme présence invisible

Le système de tchat dans WoW est également un ingrédient essentiel de la réussite, il permet de maintenir de la cohésion entre les joueurs lors des raids mais également entre deux quêtes. L’auteur de l’article compare ce système à l’équivalent d’un pouvoir télépathique, d’une présence muette mais palpable qui permet d’avoir accès à une conscience collective mais simultanée.

En entreprise c’est la même chose avec les systèmes de messagerie instantanée (très utilisés dans le monde de la finance) ou les microblogs qui permettent de garder un lien direct avec la communauté professionnelle (interne ou externe) de même que de « sentir » l’ambiance générale (cf. Les microblogs d’entreprise comme outil d’éveil).

Bref, il y a beaucoup à dire (et encore plus à apprendre) sur les dynamiques sociales qui régissent WoW et dont les collaborateurs pourraient bénéficier au sein d’un département ou d’une équipe projet. Bien évidement j’imagine mal un DRH organiser un stage de team buidling sur WoW, mais la piste des serious games est à mon sens encore largement sous-exploitée.

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler…

Que faut-il améliorer dans les commentaires des blogs ?

Voilà de nombreuses années que les blogs existent, et pourtant ils n’ont que très peu évolués dans leur structure (billets, catégories, tags) et dans leur fonctionnement (flux RSS, commentaires). Mais s’il y a bien une fonctionnalité qui fait défaut, ce sont les commentaires. Ils ont largement participés au succès des blogs mais montrent maintenant leurs limites face à des solutions plus vieilles (les forums) ou plus récentes (les tweets). Il n’empêche que le futur des commentaires de blog est déjà là (authentification unique, centralisation…), mais nécessairement implémenté sur les grandes plateformes de blog (cf. Les commentaires au centre de votre graph social ?).

C’est donc tout naturellement que je vous propose ce très bon article sur l’évolution nécessaire des commentaires : Blog comments design considerations. L’auteur liste ainsi quelques pistes d’amélioration :

  • Adopter un format « conversation » pour les réponses entre commentaires ;comments_thread
  • Mettre en avant les commentaires de l’auteur du blog ;
  • Séparer les commentaires des trackbacks ;
  • Améliorer la mise en page (vous noterez l’effort de réalisé sur les commentaires de ce blog).

L’auteur pose également les bonnes questions :

  • Faut-il dissocier les commentaires de l’article ?comments_tab
  • Faut-il paginer les commentaires ?
  • Faut-il inclure les avatars des commentateurs ?

Bref, les grandes idées sont là, reste encore à les mettre en oeuvre. Je suis à ce sujet très impatient de voir comment le rachat d’IntenseDebat va faire évoluer le système de commentaires de WordPress…

Toute la vérité sur OpenSocial

Je pense qu’il n’est pas faux de dire que pour les médias sociaux il y a eu un avant Facebook Platform et un après. Pour faire simple, disons que le principe est de pouvoir hébergé sur une plateforme sociale (en l’occurrence Facebook) des services extérieures (jeux, partage de playlist… pour en savoir plus c’est ici : What is Facebook Platform?). Le succès de la Facebook Platform a été immédiat (d’aucun dirons qu’elle a largement contribué à l’irrésistible ascension du réseau) et il existe maintenant plus de 7.000 applications disponibles.

Bien évidement ce succès a fait des jaloux et notamment Google qui a lancé quelque mois plus tard (Novembre 2007) une initiative équivalente : OpenSocial.

opensocial_chart

La particularité principale de cette initiative est qu’elle est « ouverte », c’est à dire que les spécifications sont librement partagées par plusieurs réseaux. Par tous les autres réseaux en fait (derniers en date : Netlog et Hyves). Face à la déferlante Facebook, les concurrents se sont empressés de rejoindre cette initiative et de profiter de la puissance de Google pour contrer Facebook. Dans les faits, OpenSocial est un socle technique qui touche maintenant plus de 800 millions d’utilisateurs :

opensocial_reach

Malgré ces chiffres impressionnants, OpenSocial souffre de nombreux défauts de jeunesse qu’il faut prendre en compte avant de se lancer dans le développement d’une application. Et c’est ce que nous propose ce très bon article : The 6 essential things you need to know about Google’s OpenSocial.

La lecture de l’article dans son intégralité est très enrichissante mais je vous en propose tout de même le résumé des points-clés :

  1. OpenSocial est limité au plus petit dénominateur commun. Comprenez par là que la nécessité de fournir un socle technique compatible avec un grand nombre de réseaux limite fortement les possibilités et nivèle la qualité.
  2. OpenSocial repose sur des standards. Là dessus rien à redire, il n’y a pas de nouveau langage à assimiler (contrairement au FBML de Facebook).
  3. OpenSocial est un premier pas vers la portabilité des données mais également à des possibles failles de sécurité. Forcément, lorsque les spécifications sont rendues publiques, il est plus simple pour quelqu’un de malveillant d’essayer de pervertir le système.
  4. OpenSocial est à la fois simple et puissant. Le fait que tout repose sur des technologies standards est un plus car vous pouvez déployer une application toute simple ou au contraire très puissante et vous appuyant notamment sur Flash.
  5. Une « ouverture » à la Google. Comme à son habitude, Google propose des solutions technologies ouvertes mais on ne sait pas trop ce qu’il va (peut) en faire.
  6. Il vous faudra plus que des compétences techniques. La réussite d’une application sociale est conditionnée par de nombreux facteurs, la maîtrise technologique est une conditions nécessaire mais pas suffisante.

C’est très certainement ce dernier point qui est à mon sens le plus important : au-delà d’une maîtrise technologique, les applications sociales requièrent des compétences très spécifiques pour bien comprendre et anticiper les besoins des futurs utilisateurs. Nous pouvons ici faire la comparaison avec les jeux vidéos : les meilleurs jeux ne sont pas ceux qui relèvent le plus grand défis technologique mais ceux qui proposent un gameplay adapté à la cible.

Dernier point important qui n’est pas précisé dans cet article : OpenSocial n’en est qu’à ses débuts, les premières versions de spécifications étaient légèrement décevantes (trop de limitations) mais la plateforme progresse petit à petit. Bien évidement elle ne progressera jamais aussi vite que celles de la Facebook Platform (car ils sont seuls à faire leurs choix) mais on ne peut pas avoir à la fois le volume (nombre d’utilisateurs) et la puissance (maturité des spécifications).

Peut-être la prise en charge de Flash va-t-elle changer la donne (cf. Integrating Flash with Facebook Apps Just Got Easier)…

Les premières publicités interactives débarquent sur l’iPhone

Nous avons déjà eu l’occasion de parler des applications « marchandes » pour l’iPhone (cf. Chanel sort son application sur iPhone), de nombreuses autres applications de ce style sont sorties depuis.  Mais je souhaiterais maintenant vous parler d’une nouvelle forme d’exploitation de l’iPhone à des fins marchandes : la publicité interactive de Docker’s.

L’idée est simple : exploiter les capacités de l’appareil (et notamment l’accéléromètre) pour proposer une expérience de marque innovante (cf. Levi’s Dockers brand launches first motion-sensitive ad for iPhone). Cette fameuse publicité est affichée entre deux niveaux de jeux gratuits comme iBasketball, il faut secouer votre iPhone pour faire danser le personnage (qui est bien évidement habillé en Docker’s) :

La publicité Docker's sur l'iPhone

Originale, ludique et spectaculaire, cette publicité annonce à mon avis une série d’applications spécialement conçues pour les propriétaires d’iPhone. Pourquoi eux ? Parce qu’ils sont (je schématise) sensible aux belles choses et avec un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne. Les smartphones seraient-ils le nouvel eldorado des marketeux ? Peut-être à en croire le NY Times : Advertisers Get a Trove of Clues in Smartphones. À suivre…

(via Digital Design Blog)

Mes 3 sites coup de coeur du moment (mars 2009)

Je continue dans ma lancée avec une série de 3 nouveaux sites que j’apprécie particulièrement.

Commençons avec Schwan’s, un site marchand de plats préparés :

La page d'accueil de Schwan's
La page d'accueil de Schwan's

Ce qui frappe d’entrée sur cette page c’est ce petit côté retro avec ces couleurs pastel et ces typos légèrement kitchs. Il y a aussi un très bon travail au niveau des cadres (notamment le bas de page) et des titres. L’ensemble est dynamique, pas trop saturé et plutôt incitatif.

Dans un totu autre style il y a aussi Silverback, un solution pour les tests utilisateurs :

La page d'accueil de Silverback
La page d'accueil de Silverback

Nous sommes là dans un très bon exercice de minimalisme avec une bonne mise en scène des bénéfices et des boutons d’appel à l’action au format XL. Vous apprécierez au passage le côté nounours de ce gorille ainsi que le thème « jungle » qui réchauffe la page. Pour une analyse plus poussée c’est ici : A Strong Homepage Design Dissected.

Il y a enfin Powerset, un moteur de recherche spécialisé pour Wikipedia :

La page d'accueil de Pwerset
La page d'accueil de Pwerset

Là encore un bon travail de minimalisme mais un gros effort de réalisé sur la typo et l’orchestration de la promesse, nous sommes loin de l’austérité de Google ! J’apprécie particulièrement l’effet de profondeur donné à la typo du centre de la page, il y a également une tendance hypnotique relayée par ce post-it qui traîne à droite (simple mais efficace).

Et vous, quels sont vos coups de coeur ?