Adobe sort son Powerpoint en ligne, et alors ?

La nouvelle est tombée hier, Adobe vient de compléter son offre Acrobat.com avec un outil en ligne de création et de publication de présentations : It’s show time. Presentations from Adobe!. Adobe rejoint donc la longue liste des prétendants : Google Docs Presentation, Zoho Show, SlideRocket, EmpressR, Live Presentations

Au niveau de la réalisation il n’y a pas grand chose à dire : c’est beau, propre, efficace, bien pensé et surtout bien intégré à la suite Acrobat.com :

adobe_presentations

Si je devais faire une comparaison je dirais que ce service est beau comme Buzzword (et pour cause, on sent la « touche » Adobe). Bon OK et alors ? Outre la très belle réalisation je m’interroge sur la pertinence de ce type de services en ligne qui ne sont qu’une version dégradée de logiciels que nous possédons déjà (Powerpoint de MS ou Impress de OpenOffice).

Je trouve une grande utilité aux services de partage de présentations comme Slideshare et ses clones (Myplick, authorStream, Slideo…) ou aux services alternatifs comme Prezi. Mais il faut bien reconnaître qu’il y a une limite à cet exercice : un diaporama n’est pas censé servir en dehors du contexte d’une présentation publique. Avec le temps, les slideshows sont devenus le support préféré d’une génération de cadres qui n’ont plus le courage de rédiger des phrases entières. Il faut bien avouer qu’il est très tentant de se lancer dans la rédaction d’un diaporama : des titresc hocs, des phrases courtes, quelques illustrations et hop, le tour est joué. Grâve erreur car trop de Powerpoint nuit fortement à votre créativité et vous finissez par raisonner en monde bullet points.

Il y a nombre de théories à ce sujet et notamment sur le « presentument« , ce support à mi-chemin entre présentation et document qui peut à la fois être projeté et lu  mais qui ne parvient pas à satisfaire les deux audiences qu’il cible (ceux qui lisent le diaporama sans écouter le speakers et ceux qui parcourent la présentation sans y trouver un réel intérêt). Je vous recommande à ce sujet deux très bons ouvrages : Presentation Zen et Slide:ology.

Mon propos est donc le suivant : les logiciels bureautique en ligne ne sont qu’une transition vers une forme plus épurée de collaboration et de partage où les supports sont remplacés par des wikis. Les collaborateurs s’extraient ainsi des contraintes liées aux fichiers (circulation, révisions, mises à jour…). Les diaporamas ne seraient alors utilisés QUE comme support de présentation et ne seraient jamais imprimés ou même diffusés. Et pour faire cela, rien de tel qu’un logiciel de qualité professionnelle comme Powerpoint ou Keynote (car oui, rédiger et présenter un diaporama c’est un métier).

Bref, tout ça pour dire qu’Adobe ferait mieux de se concentrer sur des solutions de collaboration en ligne comme Genesis (cf. Adobe Genesis = Le PDF reader de la collaboration ?).

4 réflexions sur “Adobe sort son Powerpoint en ligne, et alors ?

  1. Hmmm, les fameuses attaques anti-PowerPoint. « plus le courage de rédiger des phrases entières ». Mais qui a encore, aussi, le courage d’en lire ? On n’est pas forcément passés dans un monde d’illettrés et de zappeurs fous : les livres se vendent toujours, et les gens aiment de + en + débattre de leurs idées. PPT, c’est surtout la montée en force du visuel et du schématique. Et s’il faut le remplacer, c’est par des outils de type visuels également, comme les mindmaps. Par ailleurs, il faut des outils + collaboratifs, c’est certain, mais comportant une bonne dose non-textuel, et les wikis bruts ne s’y pretent pas très bien aujourd’hui.

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  2. @ Oelita @ Florent > OK je vois où vous venez en venir. Effectivement les outils de présentation comme PPT ou Keynote ont fait leur temps dans le monde de l’entreprise : trop de dérives. Il faut laisser ces outils aux pro (les speakers et évangélistes) et trouver de nouveaux outils. Dans ce domaine le « visual thinking » et autre « sketching » ont le vent en poupe car il est possible de faire passer bcp d’infos dans un petit schéma. Reste à résoudre le problème de la co-création et de la diffusion sur ce type de livrables…

    Mais cela réduit l’utilisation à la seule formalisation de l’information, quid de la capitalisation ? C’est là où les wikis entrent en scène.

    /Fred

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