Facebook peut-il réussir son pari ? Peut-être…

Décidément il ne se passe pas une semaine sans que Facebook fasse parler de lui. Dernières actualités en date : le dépassement de la barre symbolique des 300 millions de visiteurs uniques par mois (Facebook Blows Past 300 Million Uniques) et une nouvelle levée de fond qui valorise la société à 10 milliards de $ (Facebook Raises $200M; Now Valued at $10 Billion).

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une audience en progression constante et une valorisation qui se maintient malgré le contexte de crise. C’est donc un véritable tour de force de la part de ce service qui s’impose comme LA star des médias sociaux. Faut-il crier au génie pour autant ? Pas forcément : même si la réussite de Facebook fascine, elle intrigue également beaucoup car force est de constater que cette société est très opaque sur son fonctionnement, ses finances et surtout sa stratégie d’évolution.

Un potentiel toujours intact

Avec plus de 225 millions de membres, Facebook a de quoi en rendre jaloux plus d’un. Si l’on fait exception de marchés très spécifiques comme la Chine (où QQ totalise près de 850 millions d’utilisateurs), le niveau d’audience de Facebook est proche de géants comme Google, Microsoft ou Yahoo! avec des dispositifs pourtant beaucoup plus lourds (portails avec de nombreux services et chaînes thématiques). Non seulement l’audience est élevée mais la croissance ne semble pas faiblir avec de nouveaux marchés / pays qui dopent les chiffres. Au niveau de la récurrence, c’est encore mieux : un utilisateur moyen de Facebook y retourne plusieurs fois par jour.

Autre donnée en hausse constante : le C.A., estimé à 300 millions de $ en 2008, il devrait dépasser les 400 millions de $ en 2009 (Facebook Is Now Underhyped). Différentes sources de revenus viennent ainsi alimenter les caisses de Facebook : sa régie publicitaire, les objets virtuels (virtual gifts)… Mais Facebook n’est pas le seul à gagner de l’argent car il nourrit également tout un écosystème d’éditeurs d’applications qui sont hébergées sur la Facebook Plateform. Certains de ces éditeurs génèrent ainsi des revenus supérieurs à 100 millions de $ (Facebook Platform Payment Providers Report Strong Growth in Q1). Très intéressant, surtout dans la mesure où Facebook est en train de finaliser un système de monnaie virtuelle qu’il pourrait imposer à tous ces éditeurs et capter ainsi de très juteuses commissions (Facebook Begins Testing Payments System).

Et pour couronner le tout, Facebook ambitionne même de s’exporter partout sur le web en ouvrant petit à petit son système d’information pour que les services extérieurs puissent exploiter sa base de membres. Facebook Connect vous permet ainsi de vous authentifier sur un service en utilisant votre compte Facebook, Open Stream API permet de consulter / alimenter votre friend stream depuis un service ou une application tiers… L’ambition de Facebook dans ce domaine est immense : ils veulent devenir une brique essentielle de l’internet d’aujourd’hui et de demain, ils veulent endosser le rôle de Social OS.

Toujours les mêmes lacunes

J’ai déjà eu l’occasion de vous faire partager mon scepticisme vis à vis de Facebook et de sa viabilité (cf. Pourquoi je ne crois plus en Facebook, Facebook toujours dans la tourmente, Comment sortir Facebook de l’impasse, Facebook et le syndrome du canard, Comment expliquer l’échec de Facebook ?…) et je réitère les arguments déjà énumérés car la situation est toujours grosso modo la même, mais avec des dizaines de millions d’utilisateurs en plus.

Si Facebook est ainsi la plus grosse plateforme sociale, elle est mécaniquement celle qui consomme le plus de ressources et engendre le plus de frais. Héberger des milliers d’applications, des millions de vidéos et des milliards de photos demande des ressources colossales… et de gros moyens. J’ai parfois l’impression que Facebook pratique la fuite en avant en déclarant qu’ils préfèrent privilégier la croissance avant la rentabilité. Certes, mais ce n’est pas avec leurs deux data-centers qu’ils vont s’en sortir ! Cette situation est d’autant plus alarmiste que Facebook  n’est pas la première société à pratiquer cette course à la croissance : Souvenez-vous de Spray et de Lycos, ces deux services stars des années 2000 étaient extrêmement populaires et avaient chacun une audience colossale. Nous savons ce qu’ils sont devenus.

Concernant les chiffres, Facebook est très fier de nous annoncer un EBITDA positif sur 5 trimestres consécutifs. OK, mais l’EBITDA est-il un bon indicateur ? Pas sûr dans la mesure où cet indicateur « met en évidence le profit généré par l’activité indépendamment des charges financières, des impôts et taxes, du renouvellement de l’outil d’exploitation (amortissements) et des risques (provisions) » (cf. la définition de Wikipedia). Quel dommage pour une société qui a un constant besoin d’investissements en matériel neuf et en renouvellement. Traduction : parler d’EBITDA est une supercherie qui ne trompe pas les observateurs avisés (Facebook’s $200M Cash Cushion May Be a Lifeline). Au final, et jusqu’à preuve du contraire, Facebook est pour le moment une grosse machine à générer de la dette.

Autre problème récurrent : le système de ciblage comportemental fondé sur le social graph. À défaut de ciblage comportemental (comme peuvent  le pratiquer des acteurs comme Wunderloop), nous devrions plutôt parler de profilage dans la mesure où tout repose sur le profil des membres. Conséquence : la précision du ciblage est fonction de la granularité des informations renseignées dans les profils. Donc dans les faits, le modèle publicitaire de Facebook fonctionne très bien sur du micro-ciblage mais montre ses faiblesses pour des produits de grande consommation. En cherchant dans les commentaires de ce blog, vous trouverez ainsi le témoignage d’un lecteur qui a monté une opération de recrutement pour des produits de défiscalisation auprès des anciens de son école. Une opération à succès dans la mesure où l’âge, l’école… sont des données disponibles. Par contre que peuvent faire des annonceurs comme Renault ou L’Oréal qui commercialisent des produits bien plus génériques avec des logiques de gamme parfois complexes (quel modèle de monospace correspond le mieux à mon profil ?). Pour ces produits-là, le taux de transformation des campagnes sur Facebook dépasse difficilement le 0,1 %. C’est faible, mais cela peut être amélioré avec des dispositifs plus élaborés qui reposent sur des widgets et opérations plus sophistiquées, donc plus coûteuses, donc avec un ROI plus bas. Retour à la case départ.

Puisque la roue tourne, tournera-t-elle pour Facebook ?

Pour le moment Facebook bénéficie encore d’une très forte exposition médiatique, mais cette situation finira par se retourner contre eux car elle engendre beaucoup de jalousie, de tensions et surtout de dérapages. MySpace ne s’est jamais réellement remis des histoires sordides de prédateurs sexuels et autres règlements de compte entre bandes rivales. Avec une aussi forte audience, ces histoires finiront par arriver sur Facebook et entacher sa réputation.

Nous en venons donc logiquement à nous poser la question de savoir qui viendra succéder à Facebook. Plusieurs prétendants sont déjà bien positionnés : Twitter, Ning, Tumblr… Bien évidement nous ne parlons pas ici de services qui rivalisent au niveau de l’audience, mais qui pourraient attirer les annonceurs les plus prestigieux ainsi que les faveurs des médias.

Autre signal alarmant : certaines études qui commencent à démontrer que les utilisateurs de plateformes sociales n’y vont pas pour faire des emplettes ou chercher des informations en vue d’un futur achat mais plutôt pour draguer et s’amuser (Internet users turn to social media to seek one another, not brands or products). Des conclusions dérangeantes dans la mesure où Facebook mise énormément sur la capacité de recommandation de sa communauté comme levier de monétisation. Rajouter à cela les problèmes de pollution / de spam (Is Facebook the New Spam Heaven?) et vous avez une situation qui pourrait rapidement s’envenimer (et des utilisateurs qui seraient tentés de migrer vers une autre plateforme comme ils l’ont fait précédemment).

Bon ceci étant dit, le tableau n’est pas tout à fait noir dans la mesure où Facebook est très bien positionné sur le mobile et occupe une position dominante sur le créneau du social gaming. Bref, ils ont encore de belles cartes en main.

Un pari risqué

Revenons-en à la situation présente de Facebook et à la récente levée de fond. Une très belle réussite dans ce contexte de crise, certes, mais se pose la question des conditions de cette levée de fond : plus la valorisation est élevée et plus les attentes des investisseurs sont élevées, et j’imagine que les attentes de DST sont très élevées : Who are Facebook’s new investors, and more importantly, who’s investing in them? Bien évidemment les fondateurs de Facebook conservent une large part du capital, mais en temps de crise, celui qui est le roi n’est pas celui qui détient le capital mais celui qui a du cash (cf. Levée de Fonds : de la Pertinence de la Valorisation). Traduction : Facebook est pour le moment à l’abri de soucis de trésorerie mais fait rentrer dans son capital des investisseurs n’ayant pas du tout la même vision idyllique que son fondateur. Quand on y réfléchit bien, cette situation n’est pas sans nous rappeler ce que nous avons connu il y a 10 ans : échanger du capital contre des liquidités pour faire face à des dépenses de fonctionnement. Une stratégie risquée qui a démontré ses limites dans une économie tourmentée (l’effondrement de la bulle internet en 2000).

Espérons que cette levée de fond va donner un second souffle aux équipes qui pourraient alors reprendre le leadership sur les plans technologiques et usages. Car si Facebook a révolutionné les médias sociaux avec sa plateforme, force est de constater qu’ils sont passés du statut d’innovateur à celui de suiveur réactif (en copiant des services comme Friendfeed). Souvenons-nous que Facebook reste une « petite » start-up de 800 personnes qui ne possède pas la capacité d’innovation et la force de frappe d’un Google ou la réactivité d’une vraie start-up.

Autre gros chantier pour Facebook : les nouvelles CGU. Suite à plusieurs soulèvements de la communauté des utilisateurs, la direction de Facebook a décidé de tout revoir et de laisser les utilisateurs décider eux-mêmes de ce qui devait figurer dans la future version des Terms & Conditions. OK très bien, mais ceci limite grandement leur marge de manoeuvre, d’autant plus qu’ils n’ont toujours pas dévoilé au grand jour leurs intentions concernant des leviers de monétisation plus… agressifs. Plus en phase avec ce que peuvent pratiquer les plateformes sociales financés par DST (au hasard). Je doute fortement que cette histoire d’écriture collaborative des CGU plaise à leurs nouveaux investisseurs russes, attendez-vous à d’autres parties de bras de fer avec la communauté.

Facebook en 2009 = Second Life en 2007 ?

Pour conclure ce billet je dirais que Facebook se retrouve aujourd’hui quasiment dans la même situation que Second Life en 2007 : un service à très fort potentiel dont la maturation est gênée par une exposition médiatique trop forte. Pour résumer disons que les tensions et les attentes sont trop fortes pour que Facebook évolue et progresse dans de bonnes conditions. Je ne suis pas en train de dire que c’est impossible, mais qu’il y a de grosses conditions pour que Facebook parvienne à surmonter les nombreux défis auxquels il doit faire face.

Encore une fois vous pourriez me dire qu’à l’époque Second Life n’avait pas 225 millions de membres actifs, soit, mais ils n’avaient pas non plus les même frais ni le même niveau d’endettement. De plus nous étions en phase de croissance.

Nous en revenons donc à LA grande question : Facebook peut-il réussir son pari ? Peut-être. En tout cas ça vaut le coup de se poser la question et de ne pas se laisser aveugler par les chiffres d’audience et de croissance qui en ont trompé plus d’un.

35 commentaires sur “Facebook peut-il réussir son pari ? Peut-être…

  1. On ne peut pas comparer Facebook à Lycos et encore moins MySpace.

    Facebook est en train d’exploser l’ensemble des records d’audience et de croissance.

    On peut certes avoir des doutes sur la rentabilité à moyen terme de l’entreprise, OK.

    Comme tu le rappelle, Second Life ca se comptait en dizaine de millions d’utilisateurs ; la on parle de centaine. Second Life était un buzz purement Web qui n’intéressait que le blogosphère (pour caricaturer), la Facebook est devenu un vrai phénomène de société.

  2. Bonsoir.

    Fred, je crois que tu as oublié un point dans ton listing des avantages (quoi que un peu évoqué dans le paragraphe avec Facebook Connect) : Facebook est très connu, et est à l’heure actuelle le service d’échange de « mails » (même internes) le plus répandu. Si on regarde le mon de des non-geeks : chacun a une boite mail, soit Hotmail, soit Gmail, soit Yahoo! Mail. Mais tout le monde a une compte Facebook.

    Bref : Facebook, avec sa croissance aussi belle que dangereuse, est en train d’acquérir la force de frappe pour proposer un service transversal (tu parlais de la monnaie virtuelle, et je crois que ce serait une bonne idée qu’ils le fassent). En gros : que Facebook devienne le PayPal du net (avec bien plus d’utilisateurs).

    La seule chose qui me gène dans cette idée, c’est que Googe avait déjà essayé (il me semble) de créer cela (Google Checkout), mais ils ne semblent pas avoir persévéré…

  3. Difficile pour moi d’exprimer un avis neutre tant je méprise le phénomène de mode qui s’est instauré autour de Facebook.

    Il n’empêche que je crois réellement que Facebook ne peut absolument pas « réussir son paris » dans le sens où il suit une politique d’évolution qui n’est à mon sens absolument pas réfléchie.

    Facebook devenu un phénomène de société ? Probablement. Mais il existe de nombreux exemples de « phénomène de société » qui ont fini à la poubelle, oublié de tous.

    Il serait également intéressant d’avoir les chiffres des membres réellement actifs. On doit être très loin des 225 millions dont se pavane Facebook.

    Pour faire un comparatif avec un jeu, « Age of Conan » s’est vendu comme des petits pains, mais ne compte aujourd’hui plus que 70 000 abonnés il me semble, contre 1 millions de boites mises en circulation à la base. (certes elles n’ont pas toute été vendues et on est ici à une autre échelle et dans un autre domaine mais pour illustrer)
    On pourrait parler d’une réelle hémorragie.

    Facebook est à mon sens actuellement à son apogée, mais n’ira pas plus loin malgré certaines idées intéressantes comme « Facebook Platform ».
    Je dirais que la pente descendante devrait arriver courant 2010, une fois simplement la lassitude installée. Facebook ne pourra pas indéfiniment renouveler son stock d’utilisateurs réellement actifs.

    Seule une réelle diversification (et une forme de valeur ajoutée) peut encore sauver Facebook, c’est ce vers quoi ils tendent, mais auront ils le temps avant de couler?

  4. Il y a un détail qui n’est pas tout à fait exact dans ton analyse : Facebook n’héberge pas directement les applications. Il les référence et interagit avec via services Web. Mais l’hébergement physique est à la charge de l’application et c’est d’ailleurs à double tranchant : pour peu que notre appli ait beaucoup de succès, il faut un hébergement qui suit. J’ai déjà vu plusieurs applis fermer à cause d’un trafic trop important pour eux et leur hébergement.

    Autre détail (qui n’est pas anodin) : aujourd’hui pour me contacter personnellement, mes amis n’utilisent plus l’email mais la messagerie de Facebook. Certains me disent d’ailleurs qu’ils m’ont envoyé un « email » alors qu’il s’agit d’un message Facebook.
    C’est tellement plus facile comme ça.

    Un phénomène de foire qui dure plus de 2 ans, j’appelle pas ça une mode. Ça l’a été un moment (l’an dernier) mais cette année c’est plus que ça. C’est devenu une habitude.
    Reste à eux de la monétiser sans se mettre les utilisateurs à dos.

    La bonne nouvelle c’est qu’y a tout à faire à ce niveau :-)

  5. @ Julien Crouzet > « Second Life était un buzz purement Web qui n’intéressait que le blogosphère « , es-tu certains ? Comment se fait-il alors que NKM débourse 200 M€ pour les Serious Games ?

    @ AbriCoCotier > Google Checkout est plus un système de paiment alternatif à PayPal qu’une monnaie virtuelle, le différence est subtile mais elle a son importance. Oui il y a un gros potentiel derrière un système de cashing « made in Facebook », mais vont-ils savoir / pouvoir l’imposer aux éditeurs ?

    @ Jérémie > En fait la notion d’utilisateur actif est caduque avec Facebook car ils t’envoient tellement de notification sur ton email que tu finis forcément par y aller au moins une fois par jour. Don cil y a bien 225 million sd’utilisatuers actifs (qui se connectent au moins une fois par semaine)

    @ Oncle Tom > Non désolé mais il ne peut subsister qu’un seul système de messagerie, et ça sera celui des webmails (Gmail, Y! Mail, Hotmail…) car plus adapté à l’idée que nous nous faisons du mail, pas un système de messagerie fermé.

    /Fred

  6. Bonjour,

    je ne suis pas sur de bien comprendre les termes,
    mais 300 millions de visiteurs uniques par mois
    225 millions d’inscrits.

    Sachant que quand on est pas inscrit on se casse le nez sur l’unique page d’accueil.

    ça fait donc 75 millions de personnes qui restent bloqué sur cette page?

  7. Super article !

    Je me permet d’apporter une modeste contribution en ajoutant 2 risques auxquels j’ai pensé :

    – Le risque de se voir voler la vedette par des acteurs intégrateurs de FB.

    Beaucoup de gens aujourd’hui ne vont plus sur le site FB mais y sont pourtant présents.
    Ils mettent à jour leur statut Facebook via leur compte Twitter, ils utilisent des RDA comme Tweetdeck, d’autres sites comme Friendfeed..

    La multiplication des Mashup et RDA de ce type va éloigner l’audience du site Facebook, et donc des espaces de rentabilité potentiel…

    – Autre point : Open Id que Facebook a depuis peu intégré…
    Si Open ID se met à intégrer un système de micropaiement (ca n’est qu’une idée, et j’aimerai bien avoir votre avis là dessus), le système de cash de Facebook n’a plus lieu d’être..

    J’aime beaucoup cette idée de micropaiement via Open Id, notamment parce que qu’elle peut venir à la rescousse des sites de presse…
    (http://martintissier.posterous.com/micropaiement-presse-en-ligne-rentabilite-ret ).

    Malgré les annonces de Ruper Murdoch ( http://bit.ly/IEPjS pour celle du jour), j’ai du mal à croire au système d’abonnement exclusif à un journal..
    Le système de paiement à l’article me semble plus efficace, encore faut il que les acteurs de la presse trouve une entente sur ce terrain…

  8. Sur les chiffres d’audience, je pense que le différentiel provient que certains inscrits vont sur FB par différents moyens tel que PC à domicile, PC professionnel et Iphone par exemple. Ce sont 3 IP différentes donc considérés comme 3 visiteurs différents même si c’est le même utilisateur.

  9. Alors là je dis stop, ça suffit, trop c’est trop ! ;-)
    J’apprécie la qualité du blog mais sur Facebook je ne suis pas du tout, mais pas du tout d’accord.
    Moi je la prend avec plaisir l’impasse de Facebook ! On peut ne pas aimer le service, on peut le trouver détestable, on peut trouver ça incroyable qu’il dépense autant d’argent mais à un moment il faut comprendre ce qu’est l’audience de Facebook … colossale. Le problème du modèle économique n’en est pas un, pour l’instant seule l’audience compte et quand on regarde les chiffres de croissance on comprend mieux : http://yoolink.to/11l
    Si demain (comme on le voit sur de nombreux site éditoriaux français) facebook décide de mettre un intersticiel une seule fois par jour pour chaque user, il permet à un annonceur de toucher 100 millions de personnes en age d’acheter en une journée (TF1 en touche combien ?), à 4-5 € le 1000 ça fait 500 k€ par jour soit ~150 millions € par an sans avoir poussé très loin la réflexion marketing. Facebook ne se lance pas (encore) dans ce genre de publicité car il a le temps et qu’il doit gagner de l’audience encore et encore.
    Facebook est le seul endroit d’Internet où vous pouvez taper le nom et le prénom d’une personne la trouver et la contacter, c’est inestimable.
    Après qu’à la fin Facebook soit valorisé 2, 5,10, 30 ou 300 Milliards de $ n’est pas très grave, Marc arrivera tj à se payer des vacances sympas.

  10. Je rejoins en partie Sunny..

    Ca me choque que vous puissez comparer Facebook à Second Life !

    Second Life n’a été qu’un pétard mouillé.. Trop de freins technologiques, et une cible clairement technophile, voire ultra geek..
    Si le buzz a été mondiale, Second Life n’a jamais réussi à fédérer une audience régulière mondiale…

    Pour Facebook le pétard a explosé depuis belle lurette..
    Exemple bête, mais ma copine ne va que sur 2 sites, son webmail et Facebook…
    Facebook a vraiment réussi a fédérer les non technophiles, et si les plus geek désertent pour Twitter, l’audience des moins de 25 ans restera je pense encore pour une bonne paire d’années…

    Reste a rentabiliser cette audience, et là je rejoins complètement la critique, mais il me semble quand même que de nets progrès ont été fait récemment..
    ________________________________
    Petit aparté sur le commentaire fait à Julien..
    Il me semble que c’est 30 millions et non 200 millions que NKM va investir, et les Serious Games et les univers virtuels sont ils me semblent deux choses bien distinces, isn’t it ?

    ( Ca m’embête que ma première intervention sur ce blog soit critique, alors que je suis avec intêret l’ensemble de vos blogs depuis plusieurs années, mais bon, ca m’a pris comme ça ;-) … )

  11. @ Raf & Fred > niveau visites, je pense aussi à toutes ces pages publiques accessibles par des non membres. Des recherches google peuvent mener à des pages facebook (groupes, stars, corpo…).

    Intéressant cet article ! Je suis assez d’accord sur le challenge de FB dans les années à venir. C’est déjà devenu une « poubelle » d’applications plus ou moins utiles !
    Les choses intéressantes elles (connectivité et échanges), sont par ailleurs florissantes chez énormément de concurrents. Je crois plus à une espèce d’agrégateur de réseaux sociaux spécialisés (job, mode, banque,…) qu’un seul et unique « Réseau social » de la taille de la planète. Je pense que la clé se situe sur la capacité à filtrer et mettre en parallèle toutes les communautés que je trouve intéressantes et bien plus spécialisées (puisque c’est à cet endroit que l’information est la plus complète)!

  12. @Fred : d’accord pour la notion d’utilisateurs actifs, admettons. Il faudrait donc redéfinir la notion d’utilisateurs actifs dans le cadre des réseaux sociaux. La personne qui suit une fois un lien dans une de ses notifications n’est pas ce que j’appellerais un utilisateur réellement actif.

    @sunny : le fait que Facebook soit le seul endroit au monde où on peut taper un nom et trouver la personne n’est pas inestimable, mais grave selon moi. Et des dérives ont déjà été soulignées tel que la vérification du profil Facebook d’un candidat à un emploi. Par curiosité, la configuration par défaut rend notre profil accessible par n’importe qui, ou juste par nos « amis » (notez les guillemets) ?

    @martintissier : Je rejoins Fred, le système de communication principale restera les email, et non pas la messagerie privée de Facebook qui n’est qu’une alternative minimaliste.

    Enfin, concernant la rentabilisation de Facebook, celui ci est devenu une poubelle à profil abandonné, à applications sans intérêts et à des activités limitées, je cite :
    « Autre signal alarmant : certaines études qui commencent à démontrer que les utilisateurs de plateformes sociales n’y vont pas pour faire des emplettes ou chercher des informations en vue d’un futur achat mais plutôt pour draguer et s’amuser »

    hors, sans rentrer dans le débat de l’activité de la drague sur Internet, concernant l’amusement, celui ci à une durée de vie limitée.Il est dans la nature de l’homme de chercher de nouvelles choses régulièrement. Donc, l’amusement que peut procurer Facebook à certains (à beaucoup de monde d’accord) reste malgré tout temporaire. voilà pourquoi dans mon précédent commentaire je parlais de la diversification obligatoire de Facebook pour éviter sa disparition.

    Je ne crois donc pas que Facebook va s’écrouler sous son propre poid, mais plutôt que le public ne le suivra pas indéfiniment.

  13. Où as tu trouvé ton chiffre sur l’audience de QQ ?
    « comme la Chine (où QQ totalise près de 850 millions d’utilisateurs) »

    Parceque 850 millions d’utilisateurs en Chine ça va pas être possible :)

    Selon comScore, il y avait 180 millions d’internautes en Chine en décembre 2008.

    Même si un grand nombre d’internautes chinois ont plusieurs comptes QQ, il me parait difficile d’atteindre ce chiffre.
    Au passage, on ne parlerait plus d’utilisateurs mais donc de comptes.

  14. J’aime bien l’expression d’OS social. Reste que 200ME, ça fait une sacrée poire pour la soif. Si FB parvient à trouver le modèle économique qui puisse tirer parti de sa taille (comme Adwords pour GG), alors ce n’est plus la même partie. (Bon, sujet connexe : existe-t-il ? Est-il unique ?) Ce qui est sûr, c’est que maintenant, ils ont moins la corde au cou.

  15. FB c’est un peu comme MSN Messenger. Ce dernier a une part de marché énorme dans certains pays comme la France, la Hollande ou le Brésil mais je crois que MS/MSN n’a jamais réussi à monétiser les centaines de millions de clients. En plus j’ai l’impression que les gens qui étaient sur MM sont sur FB aujourd’hui. Mais c’est simplement une constation de « terrain », dans les cafés à Montréal, je vois plein d’étudiants sur FB comme hier ils étaient sur MM.

  16. @ Martin > Bravo pour ton premier commentaire !

    @ Jérémie > +1, je me rapelle de la découverte du mail par mes amis il y a 10 ans, les vannes et autres photos rigolottes tournaient à plein régime. Et puis petit à petit, ça c’est calmé. Pour Facebook, le risque est le même : trop d’applications « poubelle » et de groupes à la con.

    @ Antoine > Sur Slideshare tu trouveras de nombreuses présentations de la société Plus8* qui est un observatoire de l’Asie. Je précise que QQ ne concerne pas que les chinois de Chine, mais les chinois du monde entier et les autres pays d’Asie.

    @ Matthieu > +1, la comparaison entre FB et MSN est plus pertinante que FB et SL : très forte audience / addiction mais difficilement monétisable.

    /Fred

  17. @ Sunny: « Facebook est le seul endroit d’Internet où vous pouvez taper le nom et le prénom d’une personne la trouver et la contacter, c’est inestimable. »

    Perso, j’utilise plutôt Google pour ça.
    9 fois sur 10, je trouverai une adresse mail de la personne et/ou son profil FB et/ou son profil LinkedIn et/ou son profil Copains d’avant et/ou son profil Orkut et/ou son adresse/tel sur un annuaire en ligne, etc.

    Or, je ne pense pas que 9 terrien sur 10 ne soit (encore?) sur FB…

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