CES 2010, les nouveautés de Microsoft, Lego, Blizzard et Build-a-Bear

L’édition 2010 du CES vient de s’achever nous apportant ainsi son lot de nouveautés et de révélations. Je vous propose donc un petit tour d’horizon des annonces.

Commençons avec Microsoft qui va prochainement lancer Game Room, un environnement virtuel (et social) pour xbox Live et jeux PC compatibles : Microsoft Announces Game Room Virtual World. Cet environnement permettra aux joueurs ayant un avatar de créer leur propre salle d’arcade, de la décorer, d’y inviter des amis et d’y rencontrer / défier d’autres joueurs. Un certain nombre de titres d’éditeurs « vintages » (Atari, Intellivision, Konami…) seront disponibles : Asteroids, Centipede, Outlaw…

MS_GameRoom

Le modèle économique proposé est intéressant car les joueurs pourront faire l’acquisition de licences avec des Microsoft Points (entre 2 et 5 $). Posséder une licence signifie pouvoir jouer indéfiniment à un jeu et inviter vos amis. Mais rassurez-vous, il sera aussi possible de jouer à l’acte (près de 1.000 titres « classiques » seront disponibles d’ici les 3 prochaines années pour l’équivalent de 0,5$ les 3 parties). Plus d’infos ici : Xbox Game Room pricing, partners detailed. Un trailer est déjà disponible :

Continuons avec le très attendu Lego Universe qui se dévoile un peu plus : LEGO Universe unveils trailer.

LegoUniverse

Visiblement la manipulation des briques sera au coeur de l’expérience de jeu : Que se soit pour les combats ou pour la création d’objets ou d’environnements. Illustration avec ce tout nouveau trailer :

http://www.viddler.com/simple_on_site/8c546c48

Pas d’images ou de communiqués officiels, mais des rumeurs circulent sur le nouveau jeu massivement multijoueurs de Blizzard censé remplacer World of Warcraft : Blizzard travaille sur un MMOFPS. Ce nouveau MMO se présenterait sous la forme d’un univers à deux facettes : une première très casual orientée sociabilisation (façon Sims) et une autre tournée vers l’action avec un gameplay proche des FPS.

Le CES a aussi été l’occasion d’allocutions publiques comme celle de Dave Finnegan venu présenter les premiers résultats de Build-a-Bearville, l’univers virtuel dérivé de la chaine de boutiques Build-a-Bear : Build-A-Bear Touts Success at CES.

BaBV

Pour ceux qui ne connaissent pas, les Build-a-Bear Workshops sont des boutiques où les enfants peuvent fabriquer eux-même leur ours en peluche. Chaque peluche achetée en magasin dispose d’un double virtuel dans Build-a-Bearville où il est possible des les « élever ». Après presque un an, les premiers résultats sont très encourageants puisque près de 50%  des peluches achetées sont référencées dans l’univers. La complémentarité hors et en-ligne semble donc fonctionner à merveille pour cette nouvelle génération de joueurs / résidents.

Vers une nouvelle bataille des navigateurs pour les ebooks et touchbooks ?

Comme annoncé dans mes prédictions (et par 99% des experts et éditorialistes), 2010 sera résolument l’année des terminaux à format disruptif : ebooks et touchbooks. Cette disruption ne concerne pas que la taille de l’écran mais également les technologies employées (encre électronique pour les premiers, large écran tactile pour les seconds) et les usages.

On annonce ainsi une authentique révolution pour la presse et l’édition qui verraient dans ces nouvelles machines l’opportunité de monétiser correctement leurs contenus. Le Kindle d’Amazon propose ainsi une expérience de lecture quasi-similaire à du papier pour des contenus de type news consommés sous forme d’abonnements. Les futurs touchbooks des grands constructeurs (Apple, HP, Dell…) proposeront également une expérience de lecture beaucoup plus riche pour des contenus de type magazine (cf. la démonstration de Time inc.).

time_tablet

Pour le moment les scénarios d’usage sont assez limpides et ne semblent pas poser de problème.

Ebooks et touchbooks en concurrence sur les bases de données

Sauf que si l’on creuse un peu, on se rend compte que ces deux familles de terminaux,qui ne répondent en théorie pas réellement aux mêmes usages, pourraient bien entrer en concurrence directe sur un point bien précis : les bases de données. Tout l’intérêt des journaux électroniques comme ceux diffusés via le Kindle est de pouvoir facilement chercher et accéder à de l’information complémentaire (en passant ainsi d’un article à un dossier thématique à un autre article…).

kindle-dx

De même, tout l’intérêt des magazines numériques est de pouvoir consommer de l’information façon rich media (texte avec belle mise en page, photos, vidéos…) dans un contexte agréable et non limitatif (article sur le dernier match de foot > tableau des scores du championnat > statistiques d’une équipe > meilleurs buts…). Dans les deux cas de figure, plus la base de données est riche et facile à parcourir et plus l’offre est alléchante. L’offre ? Quelle offre ? L’abonnement premium enfin ! Car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un principe d’abonnement qui donne droit aux infos les plus fraîches et aux données les plus complètes. Auparavant ce type de produit était vendu sur CD / DVD mais la possibilité de s’affranchir du support physique est bénéfique à la fois pour l’éditeur (meilleure marge) et pour l’utilisateur (plus de confort).

Les éditeurs de presse traditionnelle proposaient déjà des formules payantes pour accéder à leurs archives, mais il est tout à fait possible d’étendre ce modèle (actus + base de données) à d’autres secteurs : le sport, la cuisine, les voyages, la documentation professionnelle (ex. Vidal, Dalloz, LefebvreLexisNexis et cie)… L’intérêt pour un éditeur sera donc de pouvoir proposer ce type d’abonnement sur le plus grand nombre de machines possibles (afin d’augmenter le nombre de clients potentiels). Problème : Les tailles / formats / technologies d’affichage varient d’une machine à l’autre. Le plus simple serait donc de pouvoir publier du contenu dans un format suffisamment souple pour pouvoir s’adapter aux contraintes / spécificités de ces différentes machines. Un format qui serait ensuite retravaillé au niveau de la machine par un… navigateur. Hé oui, car c’est bien de cela dont il s’agit : une nouvelle génération de navigateurs conçus pour manier un type bien particulier de contenu (actus + photos/vidéos + recherche dans une base de données) sur un type bien particulier de machines (cf. Quelles interfaces pour les touchbooks ?).

Une nouvelle génération de navigateurs

Outre la manipulation du contenu (lecture, recherche…) et des différents supports (livres, journaux…), ces fameux navigateurs de nouvelle génération pourraient également servir à deux fonctions bien précises :

  • Parcourir la marketplace de contenus (recommandations et achats de nouveaux contenus) ;
  • Gérer les transactions (vous ne donnez pas à chaque fois votre numéro de CB).

Kindle_store

Lire et gérer ces contenus, parcourir les rayons et acheter de nouveaux contenus, gérer les transactions… tout ceci ne vous rappelle rien ? iTunes peut-être ? Hé oui, car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un logiciel à mi-chemin entre Safari et iTunes. Et puisque l’on parle d’ iTunes, comment ne pas aborder le cas des applications. Prenons l’exemple du Cooq : il embarque des recettes, des fiches ingrédient mais également des applications de gestion de listes de course ou de planification des menus. Il pourrait en être de même pour les secteurs cités précédemment.

Et puisque l’on parle d’iTunes, pourquoi ne pas aborder le cas des jeux ? Il y a bien évidemment l’exemple des jeux « papier » facilement transposables comme les grilles de sudoku ou les mots croisés / fléchés, mais il serait tout à fait envisageable d’avoir des jeux d’échec ou de dames sur un ebook : la machine ne gère que l’affichage du damier, les calculs sont effectués sur le serveur (c’est donc une forme de cloud-gaming).

Alors bien sûr vous pourriez me dire que les tablets PC actuels embarquent Windows et disposent de toute l’artillerie nécessaire pour faire cela, mais je me permettrait de vous rappeler que nous ne parlons pas tout à fait de la même chose. La toute récente HP Slate présentée au CES 2010 est propulsée par Windows 7, mais ne répond pas du tout aux critères d’autonomie ou de confort de lecture que je me fait des touchbooks : il s’agit plus d’un ordinateur diminué (sans clavier ni souris) que d’un support de lecture viable (en tout cas ce n’est pas elle qui va sauver les métiers de la presse et de l’édition).

HPslate

Sans rentrer dans le débat je suis persuadé que la surenchère technologique est vaine et je rejoins tout à fait l’avis de Paul Carr : Hey! Look behind you! It’s the tablet of the future!. Bref, il va bien falloir un socle technologique pour afficher du contenu dans de bonnes conditions (livre ou magazine électronique), gérer les abonnements et les transactions, faire tourner les applications… et gérer la publicité également. Hé oui, car c’est là un autre critère très important à prendre en compte : qui contrôle le navigateur contrôle également les publicités affichées dedans ? Ce n’est ainsi pas un hasard si Apple vient de mettre la main sur Quattro Wireless (une régie publicitaire mobile), c’est pour augmenter les revenus sur iPhone mais également pour préparer ceux de sa future iSlate : Apple to Acquire Mobile Ad Platform Quattro Wireless.

skiff-reader

J’anticipe déjà des contenus distribués gratuitement via iTunes car financés par de la publicité (mais disponibles également sans pub en version payante). Ceci est valable à la fois pour les journaux, les magazines et revues pro, les livres…

Dans ce scénario peut-être que le mieux placé finalement ça sera Google. Google qui dispose du software (Android et Google Chrome OS), du hardware (il existe déjà un Nexus One, pourquoi pas un Nexus Two ?) et des contenus au travers de Google News, Goole Fast Flip et Google Books. Quand on y réfléchit bien Google sera peut-être le dernier à tirer mais semble cependant le mieux placé (cf. Say Hello to the Google Tablet et Google and HTC Working On a Chrome OS Tablet.

MàJ (08/10/2010) : Nintendo pourrait être l’invité de dernière minute : Nintendo 1er sur le livre électronique en France en 2010 ?

Amazon, Apple et Google… qui pouvait rêver de meilleurs compétiteurs pour un marché où celui qui proposera l’expérience d’utilisation la plus fluide remportera la mise. Et aussi les choix technologiques les plus pertinents. Et le modèle économique le plus viable. Et le navigateur le plus polyvalent (d’où le titre de l’article).

OpenFeint, la plateforme de référence de social gaming sur iPhone

Vous connaissez les social games, vous connaissez les jeux sur mobile, alors vous connaissez forcément les mobile social games. Le principe est simple : des jeux installés sur votre mobile mais inscrits dans une dynamique sociale (publication des résultats, tableau des meilleurs joueurs, récompenses…). Le problème c’est que pour bien sociabiliser dans un contexte de jeux mobiles, il faut s’authentifier. Heureusement pour cela il y a Facebook Connect (entre autre). OK mais que se passe-t-il une fois que vous êtes authentifier ? Comment faire pour initier la fameuse dynamique sociale ? C’est là où OpenFeint rentre en scène avec un proposition de valeur remarquable.

À la base, il y avait Aurora Feint, un jeu de puzzle sur iPhone qui était équipé de nombreuses fonctionnalités sociales. Puis ce jeu a évolué en une plateforme sociale et est maintenant une authentique couche sociale pour joueurs mobiles. La recette est toute simple pour les éditeurs de jeux sur iPhone : plutôt que de développer eux-même leur couche sociale, ils la sous-traitent à OpenFeint.

L'évolution d'Aurora Feint en OpenFeint
L'évolution d'Aurora Feint en OpenFeint

Il y aujourd’hui plus de 650 jeux « compatibles » avec OpenFeint qui propose plusieurs choses :

  • Un système d’authentification mutualisé (qui repose sur Facebook Connect) ;
  • Une liste d’amis (avec les jeux auxquels ils jouent) ;
  • Un leaderboard des meilleurs joueurs ;
  • La possibilité d’envoyer des chalenges à vos amis ;
  • Un ensemble de récompenses (« achievements« ) acquises aux cours des parties.

La machine est redoutablement bien rodée et les jeux compatibles proposent une interface générique où l’on retrouve le tableau des scores :

Mes scores comparés à ceux de ma communauté
Mes scores comparés à ceux de ma communauté

Il y a également le très important tableau des récompenses (en fonction des chalenges remportés) :

Les chalenges remportés dans un jeu
Les chalenges remportés dans un jeu

Il y a aussi la liste de vos jeux (ainsi que les points que vous avez obtenus pour chacun de ces jeux) :

La liste de mes jeux
La liste de mes jeux

Et bien sûr la liste de vos amis (ici un import de mes amis sur Facebook) :

La liste de mes amis ainsi que leur score
La liste de mes amis ainsi que leur score

Le système est très bien fait et s’intègre parfaitement à chacun des jeux. Le succès de cette couche sociale est telle (plus de 7 millions de membres) que l’éditeur va très prochainement lancé une version autonome de sa plateforme : Aurora Feint To Launch Standalone OpenFeint App. Les membres pourront ainsi sociabiliser avec leurs amis, comparer leurs scores sans nécessairement avoir besoin de passer par un jeu :

La future application OpenFeint
La future application OpenFeint

En quelques mois l’éditeur a donc su imposer sa plateforme comme couche sociale de référence et s’apprête maintenant à passer à l’étape suivante : Devenir un véritable canal de diffusion en faisant de la recommandation active de jeux (le système de recommandation sera fondé sur la communauté et le graph social des membres). Un marché très lucratif car les commissions sur la vente de jeux peut rapidement représenter une très grosse somme, surtout quand on connait la taille de l’écosystème des jeux sur iPhone.

Pour le moment l’éditeur n’a pas dévoilé tous ses plans concernant cette nouvelle plateforme mais on peut tout à fiat imaginer la place que pourraient prendre les annonceurs dans ce tableau : sponsoring de jeux dans le cadre de campagnes, lancement de chalenges avec dotation, sponsorisation des meilleurs joueurs (en échange de la présence de la marque dans le leaderboard)…

Les possibilités sont nombreuses et OpenFeint est idéalement placé pour dominer le secteur. Affaire à suivre…

Immersion et volupté pour Aubade

Nouvelle campagne et nouveau site de campagne pour la marque de lingerie française : FrenchArtOfLoving.com. Au programme de ce mini-site : Une interface à tiroirs (littéralement !) et de belles transitions. La mise en page du site est très minimaliste avec une navigation tournant autour de la métaphore d’une commode :

Aubade_Home

En cliquant sur les tiroirs, vous en découvrez le contenu après une belle cinématique de transition. Ici, l’assistant au choix :

Aubade_choose

il y a également une rubrique plus expériencielle avec des morceaux musicaux et des ambiance sonores :

Aubade_Music

De même que des vidéos de la campagne de teasing :

Aubade_Video

En fait on a vite fait le tour de ce mini-site, et l’on se retrouve bien vite sur la boutique en ligne (nettement moins esthétique) :

Aubade_Shop

Même si je ne peux que souligner la pertinence des choix esthétique, ce mini-site deçoit. Dans la même catégorie je préfère largement le très efficace Victoria’s Secret ou les mini-sites psychédéliques de Agent Provocateur.

Pour ou contre l’animation des fils d’Ariane

Les fils d’Ariane (« breadcrumbs » en anglais) sont des éléments de navigation permettant aux internautes de se repérer dans l’arborescence d’un site et de remonter facilement d’un ou plusieurs niveaux. Même s’ils ne sont pas toujours bien vus par les internautes lambda, ils ne prennent pas beaucoup de place et sont utiles pour le référencement. Inutile de vous refaire l’article, sinon il y a Breadcrumb Navigation, Breadcrumb Navigation Increasingly Useful et Breadcrumbs In Web Design: Examples And Best Practices.

Donc en théorie c’est une bonne pratique de conception, sauf que dans certains cas, notamment pour les sites avec une arborescence très profonde, les fils d’Ariane ne tiennent pas sur une seule ligne car les intitulés sont trop longs. La seule solution est alors de faire un affreux retour à la ligne. À moins que vous ne puissiez cacher les niveaux intermédiaires et ne les déplier qu’au survol de la souris. C’est ce que propose ce site : CompareNetworks jQuery’d Bread Crumb.

Fil d'Ariane animé grâce à javascript
Fil d'Ariane animé grâce à javascript

Plusieurs configuration sont possibles en fonction de la place dont vous disposez : tout cacher, ne pas plier le premier et/ou l’avant dernier niveau… Il y a en prime une petite animation au survol de la souris pour déplier le niveau (il faut pour cela utiliser la librairie javascript jQuery, cf. Getting Started with jQuery).

Le résultat est propre, mais terriblement perturbant (surtout avec cette animation). Le mieux serait encore de réduire la taille des intitulés de navigation ou de simplifier l’arborescence (exemple dans les pieds de page du site d’Apple). Sinon il y a toujours la solution par défaut de faire un retour à la ligne…

(via Escargot)