MIX 2010 – Jour 0

Et c’est parti pour 3 jours de conférence à Las Vegas à l’occasion du MIX, la grande messe annuelle de Microsoft. La conférence ne commence officiellement que demain mais nous avons droit à une première journée de pre-sessions en ce dimanche ensoleillé.

Une fois passé l’étape de récupération du badge et des goodies (les habituelles gourdes et stylos) nous nous retrouvons dans un centre de conférence bien agréable, surtout la partie lounge avec vue sur la plage artificielle du Mandalay Bay (le type sur la photo voudrais bien y aller mais sortir à l’air libre semble lui faire un peu peur…).

L'espace lounge de la conférence avec vue sur le dehors
L'espace lounge de la conférence avec vue sur le dehors

Pas le temps de se détendre car les premières sessions démarrent déjà.

HTML 5 Now !

La grande attraction de la journée est le workshop géant de Molly Holzschlag, la grande prêtresse du HTML et des standards web qui travaille chez Opera.

Molly sur la scène du MIX 2010
Molly Holzschlag pieds nus !

La matinée est consacrée à une question existentielle : Pourquoi HTML 5 ? (ou du moins comment en sommes-nous arrivé là) :

  • Le web repose sur la notion d’interopérabilité mais comme le HTML a stagné trop longtemps (10 ans depuis HTML 4.01), cette interopérabilité est menacée par les nombreuses initiatives des navigateurs ;
  • Les spécifications du W3C ne sont « que » des recommandations qui sont interprétées et plus ou moins implantées par les éditeurs de navigateur ;
  • Parfois des innovations isolées sont spécifiées ultérieurement par le W3C (ex. : XMLhttpRequest lancé par IE, Border-radius lancé par Firefox – il me semble) ;
  • Les spécifications d’HTML 5 sont plus longues à rédiger car beaucoup plus précises que pour les autres technologies du W3C afin d’éviter toute interprétation par les éditeurs (et notamment la gestion des erreurs) ;
  • HTML 5 est déjà (partiellement) supporté par l’ensemble des navigateurs ;
  • La majeure partie des sites (et des pages web) se font imposer la version d’HTML par l’outil de gestion de contenu qui définit de façon arbitraire le Doctype ;
  • XHTML 2 était trop rigoureux et ne voulait pas gérer les erreurs ni la rétro-compatibilité, les travaux de spécifications ont donc été stoppés car les standards sont supposés reposer sur la notion de compatibilité (même rétro) ;
  • Petite précision : Rétro-compatibilité = Vous avez le contenu sans le design, Dégradation élégante = Vous avez le contenu et la majeure partie du design ;
  • Tous les grands acteurs du web contribuent au groupe de travail sur HTML 5 (rappelons qu’il y a 2 jeux de spécifications : Celles qui sont en cours de rédaction par le WHAT-WG et celles approuvées par le W3C ;
  • Internet Explorer évolue beaucoup plus lentement que les autres navigateurs car ils doivent gérer un héritage très contraignant ;
  • IE est problématique même dans sa dernière version car si le Doctype n’est pas spécifié explicitement c’est le moteur de rendu de IE 5.5 qui est utilisé (gloups !) ;
  • HTML 5 a pour objectif de proposer la meilleure expérience d’utilisation possible pour le web, cette version est tournée vers l’avenir mais doit se plier à une contrainte de rétro-compatibilité (« evolution not revolution« ) ;
  • HTML 5 est une réponse à l’enrichissement du web et aux besoins croissants relatifs aux applications en ligne ;
  • Elle insiste sur le fait que HTML 5 priorise avant tout les besoins des utilisateurs et des auteurs par rapport à ceux des éditeurs de navigateur ;
  • HTML 5 introduit une séparation stricte du contenu, de la structure et de la sémantique, cette version prépare ainsi la transition vers le web multi-plateforme (et les terminaux mobiles) ;
  • L’accessibilité est un sujet toujours d’actualité, surtout au travers des problématiques de référencement naturel.

Une intervention surprenante car plus tournée autour des enjeux « politiques » de HTML 5 que d’une explication des balises. Molly a terminé sur un point de vue surprenant : HTML 5 est plus une philosophie qu’un langage et représente une avancée majeure dans le mode de fonctionnement du W3C et ses rapports avec le marché et les éditeurs.

Vegas Baby !

L’après-midi a été consacrée à des activités beaucoup plus triviale avec un virée sur le strip et notamment le City Center, un tout nouveau complexe hôtelier à près de 11 milliards de $ qui est tellement nouveau que quasiment rien n’est terminé ! Du coup nous nous sommes rabattu sur le Bellagio et sa flamboyante galerie marchande de luxe.

Le Bellagio et sa reproduction du lac de Côme
Le Bellagio et sa reproduction du lac de Côme

La soirée a été tout aussi agréable avec une sortie groupée pour les journalistes / blogueur dans un resto japonais avec table chauffante et crevettes qui volent dans tous les sens :

Le cuisto-cascadeur du restaurant japonais
Le cuisto-cascadeur du restaurant japonais

C’est demain que les choses sérieuses vont commencer avec la keynote d’ouverture. À suivre…

Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés

Ces dernières semaine j’ai vu passer un certain nombre d’articles qui annonçait la mort prochaine de Flash avec l’avènement de HTML 5. Je dois bien avouer ne pas du tout comprendre cette « polémique » dans la mesure où ce sont deux technologies qui ne peuvent pas réellement être comparées. A la limite nous pourrions peut-être comparer les usages que l’on peut en faire (au travers des applications) mais là encore c’est très limité.

Avant toute chose remettons tout de suite les choses à leur place : Flash est aujourd’hui déployé sur près de 99% des ordinateurs, alors que HTML5 n’est supporté que par les navigateurs de dernière génération qui représentent à peine 10% du marché (et encore…). Vous pourriez me dire que les parts de marché de ces fameux navigateurs progressent vite, mais il faudra sûrement une décennie avant que HTML5 devienne un standard de facto (pénétration supérieure à 90%). Il est donc important de préciser que de toute façon ce débat n’a pas lieu d’être pour une simple raison arithmétique.

Mais revenons aux usages : Flash est à la base prévu pour faire tourner des animations vectorielles mais au fil du temps nous lui avons trouvé toutes sortes d’usages comme les jeux, les applications, la 3D ou encore les players multimédia (musique et vidéo). Nous avons récemment vu l’émergence du SublimeVideo Player, un lecteur vidéo en HTML 5 qui semble très bien fonctionner, mais est-ce une raison pour annoncer dès maintenant le remplacement des Flash player ? Non pas réellement, d’une part pour des raisons de performance (cf. Does HTML5 Really Beat Flash? The Surprising Results of New Tests) et d’autre part car les players de dernières générations ne font pas que jouer de la vidéo, ils peuvent aussi rajouter des sous-titres, de la publicité contextualisée et même adapter la résolution au débit. Et c’est bien sur ce dernier point que les placers vidéo en HTML5 ont de gros progrès à faire, surtout comparés à des technologies comme Flash ou Silverlight qui sont capables de faire de l’adaptive streaming mais aussi du smooth streaming (cf. Sorry, HTML5 Crowd, Flash Ain’t Dead Yet).

De même, HTML5 va apporter beaucoup de choses pour les applications en ligne avec le stockage local des données… mais est-il bien réaliste d’envisager des applications de retouche photo / audio / vidéo (comme la suite Aviary) en HTML5 ? Signalons aussi que Flash n’est que le dernier maillon d’une longue chaine : Flex propose en effet un environnement de développement tout à fait mûr pour développer et maintenir des applications métier.

Il y a aussi le cas particulier des applications mobiles (cf. The Future of Web Content – HTML5, Flash & Mobile Apps) où HTML5 peut apporter des choses intéressantes… tout en présentant de grosses limitations par rapport aux applications natives. Mais là encore, une solution de Rich Mobile Application comme AIR va mettre tout le monde d’accord.

Autre élément important à prendre en compte, derrière Flash il y a aussi tout un écosystème d’agences, de SSII, de développeurs indépendants, d’organismes de formation et de clients qui ne sont pas prêt à abandonner Flash pour relever l’exploit technique de l’HTML 5. Même s’il s’agit d’une technologie propriétaire, la Flash Platform a su faire ses preuves. En définitif je pense qu’il n’est pas faux de dire que ce débat n’existe que par la volonté de 2 ou 3 blogueurs / journalistes en mal de sujet fort et de visites facilement gagnées avec des titres accrocheurs.

Néanmoins je pense que pour aborder cette question et faire un choix en toute objectivité il y a deux critères essentiels :

  • Le ROI (quelle solution est la plus viable en terme de coûts de développement / intégration / maintenance ?) ;
  • L’expérience utilisateur que vous aller proposer à vos visiteurs (qui se moquent éperdument de la technologie employée).

Le pire dans ce débat à la noix c’est que vous n’êtes et ne serez jamais obligé de choisir entre ces deux technologies : Rien nous vous empêche d’utiliser les deux pour optimiser le ROI et l’expérience. Sur ce point là je rejoins tout à fiat l’avis de Dan Mall (Flash and Standards: The Cold War of the Web).

Fin du débat.

À la recherche de nouveaux formats hybrides pour les touchbooks

Alors que la date de sortie officielle de l’iPad a été annoncée au 3 avril prochain et que de sérieux concurrents commencent à pointer le bout de leur nez (HP Slate, Dell Streak…), nous sommes toujours dans l’expectative pour savoir quel type de contenu va faire mouche sur les touchbooks. Après avoir tourné le problème dans ma tête de nombreuses fois, j’en viens à la conclusion que les contenus réellement adaptés aux touchbooks ne sont pas encore là, mais que nous n’en sommes pas très loin. Plusieurs expérimentations me laissent en effet penser que la solution se trouve dans un format hybride à mi-chemin entre web-documentaire, livre / BD enrichis et jeux narratifs. Encore faudra-t-il résoudre le casse-tête du format et de la distribution, mais nous reviendrons là-dessus plus tard.

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des web-documentaires, ces documentaires morcelés en chapitres librement accessibles mélangeant du texte, des photos, de la vidéo… Après en avoir consulter plus d’un, force est de constater que l’on n’est pas très bien installé sr une chaise en face de son écran. Par contre, visionné sur un touchbook dans votre canapé favori, l’expérience est autrement plus intéressante. Imaginez ainsi ce que pourrait donner un contenu comme Afrique : 50 ans d’indépendance

Afrique

Le niveau d’interactivité est parfaitement adapté à ce que l’on peut faire sans trop d’effort sur un écran tactile : Choisir un chapitre, cliquer pour lire un texte complémentaire, laisser un commentaire…

Il y a ensuite le cas des bandes dessinées qui pourraient tout à fait être adaptées sur les touchbooks. Nous avons déjà des start-up qui se positionnent sur le créneau comme Graphic.ly ou Panelfly mais je ne suis pas certain qu’ils prennent la bonne direction. Je suis ainsi bine plus conquis par ce que propose les Humanoïdes associés avec le portage sur Megalex sur iPhone.

MEGALEX

Au final nous nous retrouvons avec une vidéo, mais l’expérience est tout à fait convaincante : Le fait de remplacer les bulles par des bruitages et voix d’acteurs ainsi que les effet de traveling sur les cases procurent un sentiment d’immersion tout à fait saisissant.

C’est d’ailleurs rigoureusement le même procédé qui est utilisé pour N, la BD vidéo de Stephen King :

N-StephenKing

C’est bien une vidéo « toute bête » qui est utilisée, mais avec un peu d’imagination on se dit que ça ne devrait pas être très compliqué de faire ça en Flash qui à la base est fiat pour ça (de l’animation vectorielle). Du Flash sur l’iPad ? Mais oui bien sûr puisqu’il existe maintenant la possibilité de compiler un contenu Flash pour en faire une application iPhone, le recours à Flash ne semble plus être un problème.

Nous pourrions même envisager des choses encore plus poussées avec la possibilité d’interagir avec le contenu comme nous le présente l’éditeur Penguin sur cette vidéo (cf. How Penguin Will Reinvent Books With iPad) :

L’idée est de transformer le lecteur en… lecteur actif ? Acteur ? Gribouilleur ? Je ne sais pas trop quel terme utilisé mais nous sommes bien dans un cas de figure unique où les enfants peuvent interagir directement sur le contenu (c’est d’ailleurs tout l’intérêt de ce type d’ouvrage) :

Penguin-iPad

Nous quittons ici le domaine de l’édition pour rentrer sur le territoire des jeux. Et ça tombe bien car l’actualité nous fournit un très bon exemple avec Heavy Rain, un jeu vidéo narratif développé par un studio français (cocorico !) :

HeavyRain

Ici il n’est pas tant question d’action ou de dextérité à la manette mais plutôt de suivre une histoire conditionnée par vos choix (qui jalonnent la narration) et agrémenter parfois de Quick Time Events pour maintenir votre attention. Pour le moment ce titre n’est disponible que pour la PS3, un monstre de puissance, mais n’oublions pas que l’iPad (out comme l’iPhone) a des composants techniques suffisamment puissant pour faire tourner de la 3D dans de très bonnes conditions sans avoir besoin de sortir un rendu Full-HD.

J’imagine tout à fait ce type de titre envahir les touchbooks car parfaitement adaptés au contrat d’interaction que proposent les tablettes tactiles : Visionnage en plein écran et quelques clics de temps à autre. Il en va de même pour les jeux de stratégie ou de plateau qui font fureur sur l’iPhone (de type Tower Defense) qui pourraient trouver dans l’iPad un second souffle pour des projets plus ambitieux : Ngmoco hopes to rule with new mobile games.

Tout ceci est très encourageant et la solution semble donc bien se trouver dans de nouveaux formats hybrides. Mais il reste à régler deux problèmes : Tout d’abord le circuit de distribution qui est plutôt rigide chez Apple (euphémisme) et qui ne favorise pas forcément les petits éditeurs (cf. Is Content King? Then Distribution Is Crown Prince). Ensuite le format car s’il semble y avoir consensus pour les ebooks avec le format ePub (cf. Web Standards for E-books), pour les touchbooks ça va être beaucoup plus compliqué car les contenus sont loin d’être figés. Et c’est d’ailleurs tout l’intérêt de ces machines : Pouvoir proposer un éventail beaucoup plus riche de possibilités en mélangeant des images, du son, de la vidéo, du texte, des animations…

Flash a su s’imposer comme standard de facto pour les contenus rich media du web, en sera-t-il de même pour les contenus des touchbooks ? Difficile à dire pour le moment dans la mesure où le marché a toutes les chances d’être très largement dominé par l’iPad et que les rapports sont très tendus entre Adobe et Apple. Je ne vois pas bien comment la situation pourrait se débloquer dans les prochaines semaines… si ce n’est avec le rachat d’Adobe par Apple. L’idée vous semble farfelue ? Réfléchissez-y à deux fois, et pour vous aider, je vous propose cette lecture : 7 Reasons For Apple To Acquire Adobe et Why Apple Should Buy Adobe.

Je suis persuadé que l’arrivée effective de l’iPad sur le marché va faire se précipiter les choses. Plus que quelques jours à attendre…

Mes 3 sites coup de coeur (mars 2010)

Ce mois-ci j’ai encore une belle moisson de jolis sites, je me demande même si je ne vais pas passer à 5 sites coup de coeur…

Commençons avec le très mignon Cubicl, une application de collaboration en ligne pro/perso :

Cubicl

Une palette de couleur très harmonieuse, une approche graphique tout en rondeur, des intitulés accrocheurs et des textes courts et percutants. Rien à redire, cette page véhicule du sérieux et de la maitrise.

Restons dans le minimalisme avec Tapbots, un éditeur d’applications pour iPhone :

Tapbots

L’approche graphique est ici similaire au précédent site avec un style très cartoon mais il y a une volonté afficher d’en dire le moins possible, et ça marche ! Les descriptions des applications sont minimalistes (même pas de captures d’écran) mais cette page d’accueil donne sacrément envie de cliquer. La grille de lecture permet à l’oeil de bien circuler entre les blocs, les contrastes sont excellents et les illustrations rythment bien la page dans sa verticalité (ha mince, je me met à parler comme un sémioticien, c’est grâce docteur ?).

Terminons avec un troisième site en rupture complète, le portfolio de Simon Collison :

SimonCollison

La page d’accueil de ce site est un véritable électrochoc avec une touche graphique rétro dans la plus pure tradition des manuels de taxinomie. Chaque bloc correspond à une rubrique. Je ne peux qu’applaudir l’engagement de ce design et le travail réalisé pour respecter les codes graphiques de la taxonomie (fond de page, typographie, illustrations…). Facile de se démarquer avec un site comme celui-là !

La suite le mois prochain…

Google et SalesForce concurrents sur l’offre de S.I. à la carte

Cette semaine Google a présenté une grosse nouveauté pour son offre Google Apps, l‘ouverture d’une marketplace d’applications en ligne : Google Apps Marketplace now launched.

La page d'accueil de Google Apps Marketplace
La page d'accueil de Google Apps Marketplace

Voici à quoi ressemble cette offre en quelques lignes :

  • Les applications proviennent d’une multitude d’éditeurs petits ou gros ;
  • Les applications sont rangés dans des catégories et sont notés par les utilisateurs ;
  • Les applications peuvent être hébergées sur la plateforme Google ou n’importe où (une grande nouveauté) ;
  • Google ponctionnera 20% des revenus des éditeurs pour lui donner accès à la plateforme (distribution, système d’authentification unique, facturation…).

Une cinquantaine de partenaires sont d’hors et déjà présents sur cette marketplace et quelque chose me dit que le nombre d’applications disponibles va croître très rapidement. D’une part car Google est un sacré moyen de crédibiliser l’offre des petits éditeurs qui vont se ruer dessus, d’autres part car les conditions sont plutôt avantageuses. Visite guidée en vidéo :

Même s’il n’y a « que » 25 millions d’utilisateurs de Google Apps, l’ouverture de cette marketplace va offrir une couverture fonctionnelle beaucoup plus large aux entreprise qui vont pouvoir se confectionner leur système d’informations à la carte. Un S.I. sur mesure en quelques clics de souris ? Mais oui car on y trouvera les solutions Google (email, collaboration) mais également des solutions verticales (CRM, RH…) et des environnements de production d’applications métier (à l’image de RunMyProcess). C’est donc en quelque sorte le retour du concept originel de Jotspot (un S.I. à la carte), mais les observateurs préfère la décrire comme l’iTunes des SaaS.

Avec cette marketplace, Google décuple ainsi l’intérêt de son offre et de ses quelques applications de base (messagerie…) qui seront parfaitement intégrées aux applications de la marketplace pour créer d’innombrables possibilités (illustration dans ces articles : Web-Based Productivity Suite Zoho Finds A Place In The Google Apps Marketplace et Google Apps Marketplace: 6 Great Apps to Try Now).

En tout cas cette marketplace est le chainon manquant entre Google Apps (la suite d’applications en ligne de Google), AppEngine (la plateforme d’hébergement d’applications) et GWT (le framework de développement d’applications en ligne). Tout est fait pour simplifier la tâche de petites équipes de développement qui vont pouvoir bénéficier de la mécanique Google (crédibilité, visibilité…).

Deux semaines avant cette annonce, c’est SalesForce qui avait fait sensation avec le lancement de Chatter, la couche sociale venant se greffer sur ses applications de gestion de forces de vente / CRM et sur la plateforme d’hébergement d’applications (Force.com).

La fonction de groupe dans SalesForce Chatter
La fonction de groupe dans SalesForce Chatter

Certains n’hésites pas à qualifier cette nouvelle offre de Facebook pour entreprises mais je trouve cette comparaison abusive, il serait plus juste de parler de FriendFeed pour entreprise dans la mesure où l’offre repose avant tout sur les profils des utilisateurs et groupes ainsi que sur le flux d’activités qui est remonté sur ces pages. Il y est donc surtout question de circulation de l’information et de systèmes de notification passifs de type lifestream et/ou microblog. Démonstration vidéo ici :

Cela vous fait penser à Yammer ? Vous avez bien raison ! Ils ont d’ailleurs réagis très rapidement en lançant une nouvelle offre extra-entreprise : Yammer Communities Open The Door To B2B Microblog Collaboration And Much More.

Cette nouvelle dimension sociale sur la plateforme SalesForce complète ainsi la vision du CEO (grand admirateur de Facebook : The Facebook Imperative Cannot Be Stopped) et va donner un coup de fouet à l’offre tout en offrant de nombreuses possibilités grâce aux custom dashboards et à la possibilité de manipuler des flux d’informations.

Tout ceci est très encourageant pour tirer vers le haut les offres de cloud computing et de social software. Il est maintenant clair que la pression devient de plus en plus forte sur les gros éditeurs qui ne sont pas encore passés au cloud computing (Microsoft avec SharePoint et IBM avec Lotus Connections) et sur les plus petits qui ne possèdent pas de marketplace d’envergure (avec des suites collaboratives en ligne comme SocialText, blueKiwi, XWiki…). Ceci étant dit, la compétition reste ouverte puisque les gros éditeurs gardent de bonnes cartes dans leur jeu (notamment Microsoft avec Azure et IBM avec Mashup Center) et parce que les petits ont une réactivité plus grande.

À partir de là, il est possible de définir les prochaines grandes étapes dans cette course à la domination de l’informatique d’entreprise de nouvelle génération :

  • Un réseau social E to E permettant de faire à la fois du réseautage d’affaire avec d’anciens collègues / prestataires mais aussi de collaborer entre entreprises ou business units (à mi-chemin entre LinkedIn et LotusLive) ;
  • Une marketplace globale liant entre elles les entreprises de toutes tailles, tous les marché, toutes les industries (une sorte d’Alibaba ou de VerticalNet universel) ;
  • Une solution pour que les employés puissent manipuler les données et les processus à partir d’outils de mashup et qu’ils les partagent dans une marketplace interne (ou externe !).

Toujours est-il que le lancement de Google Apps Marketplace risque de bouleversé à jamais la façon dont les PME / TPE appréhendent l’outil informatique et la façon de gérer leur système d’information. Je ne vous referais pas l’apologie du cloud computing mais je peux vous assurer que j’ai croisé de nombreux DSI qui étaient plus qu’élogieux sur Google Apps et le soulagement que représente pour eux la sous-traitance des emails (« plus besoin de s’embêter avec un serveur Exchange et des mises à jour d’Outlook, si j’avais su je l’aurais fait depuis bien longtemps« ). Et s’il en était de même pour le reste des applications ?