Panorama des médias sociaux 2011

English version can be found here: Social Media Landscape 2011.

Les médias sociaux forment un écosystème riche et en perpétuelle évolution. Une bonne chose pour les utilisateurs qui bénéficient d’un large choix de services et plateformes sociales, mais un casse-tête pour les annonceurs qui doivent faire face à une fragmentation de l’audience. « Fragmentation de l’audience« , même avec Facebook qui culmine à près de 600 millions de comptes ? Oui tout à fait, car si Facebook est de loin le plus visible, les utilisateurs sont bien souvent actifs sur plusieurs plateformes sociales en même temps. Dans les faits, la grosse majorité des utilisateurs des médias sociaux trouvent leur bonheur dans la palette de services proposés par Facebook, mais les pionniers et les utilisateurs les plus actifs répartissent leur production sur différents services et agrègent le tout sur Facebook (qui se retrouve ainsi en bout de chaîne).

Concentrer vos efforts sur Facebook représente ainsi un risque, car vous ne vous adressez qu’à la majorité tardive. Pour toucher les individus les plus prolifiques (les noeuds forts), il va donc falloir aller les chercher sur des plateformes moins exposées médiatiquement et surtout plus innovantes. C’est dans cet objectif que j’avais réalisé en mai 2008 une première version de mon panorama des médias sociaux :

Panorama_MS_2008

J’avais isolé 8 familles de services (publication, partage, discussion, réseaux sociaux, micro-publication, livecast, univers virtuels et jeux multi-joueurs). J’avais ensuite publié une nouvelle version de ce panorama en mars 2009 :

Panorama_MS_2009

Dans cette seconde itération, j’avais identifié 4 grandes familles de services pour 17 sous-familles. J’avais également parlé du phénomène de concentration sur des plateformes sociales (anciens et nouveaux réseaux sociaux) qui proposaient des fonctionnalités plus ou moins équivalentes, mais dans un environnement intégré.

En 2010 j’avais fait l’impasse, car cette année a été particulièrement mouvementée. Je m’étais en effet creusé la tête pour faire évoluer ma classification mais je m’étais confronté à de nouveaux services qui m’ont laissé perplexes comme 4chan (un forum de partage d’images à la mécanique communautaire étrange : 4chan ou la nouvelle génération de hackers), Ffffound (un service de partage de photo minimaliste et ultra-exclusif : Delicious + photos = FFFFOUND!), Blippy (un service de publication des achats réalisés avec votre carte bancaire) ou encore le tristement célèbre Chatroulette (Chatroulette, le nouveau service qui ne sert à rien).

Notez que ce travail de cartographie s’est fait en parallèle d’une initiative américaine qui en est à sa troisième version : The Conversation Prism. Je ne peux que reconnaitre la qualité du travail (ainsi que la très belle infographie), je ne suis par contre pas tout à fait d’accord sur la pertinence de la classification (la zone Virtual Worlds est très approximative et l’on y mélange un peu tous les genres).

Nous sommes maintenant (presque) en 2011 et nous y voyons beaucoup plus clair sur cet écosystème et notamment sur des pratiques plus sophistiquées comme le social shopping ou le social search. Je vous propose donc une troisième version de ce panorama :

Panorama_Medias_Sociaux_2011

Ce panorama est ainsi composé de 7 grandes familles correspondant aux 7 usages primaires. Au sein de chacune de ces familles, j’ai listé les principaux acteurs :

Voilà qui nous fait une sacrée collection ! Encore une fois le but de cet exercice n’est pas de dresser une liste exhaustive (car le schéma serait illisible) mais plutôt de vous donner une vue d’ensemble des services et familles de services qui composent les médias sociaux. Et dans cette vue d’ensemble deux acteurs ressortent du lot de par l’audience qu’ils drainent et par les investissements réalisés : Facebook et Google.

Il est ainsi intéressant de voir dans quelle mesure ces deux acteurs proposent une réponse à l’ensemble des besoins relatifs aux médias sociaux (et même plus), comme en témoigne le tableau comparatif suivant :

Comparaison_MS_2011-550x217

Vous pouvez ainsi constater que Facebook et Google sont présents sur l’ensemble des usages listés et tentent de s’imposer vis-à-vis des acteurs historiques, des challengers ou des acteurs locaux. Pour le moment Google est encore en retrait dans la mesure où sa présence est éclatée sur différents services / marques qui ne communiquent pas entre elles, mais leur mystérieux projet « +1 » devrait rassembler toutes ces initiatives sous une seule et même bannière unificatrice (Looks Like Google +1 Was Just Accidentally Revealed). Pour le moment Facebook s’impose donc logiquement comme le poids lourd incontesté des médias sociaux avec une palette de services pas forcément originaux, mais très large. En ce sens, Facebook peut être considéré comme le supermarché des médias sociaux : un endroit où l’on trouve tout ce qu’il y a ailleurs grâce à un certain nombre de produits historiques (profiles, social graph…) et des produits génériques (microblogging, partage de photos…).

Dans une certaine mesure, Twitter parvient également à se positionner sur une grande partie des usages. Pas nécessairement sous sa propre initiative, mais plutôt grâce à l’écosystème de services qui gravitent autour de ses APIs. Même si le nombre d’utilisateurs reste anecdotique, les usages et le dynamisme de la communauté n’en restent pas moins très intéressants.

Comme je n’en suis pas à mon premier galop d’essai sur ce panorama, je ne me risquerai pas à une prévision sur l’avenir. Je reste néanmoins persuadé qu’aborder les médias sociaux uniquement sous l’angle de ce que propose Facebook est très réducteur. Les nombreux services disponibles proposent en effet  une plus grande richesse et surtout des mécaniques sociales plus subtiles. Prendre le temps de les étudier vous apportera une compréhension plus fine du fonctionnement de ces médias sociaux.

65 commentaires sur “Panorama des médias sociaux 2011

  1. @ Fred > Twitter est un casse-tête car ce service peut servir à plein de choses différentes… mais il fallait bien que je lui trouve une place ! Les outils de tchat et IM sont des acteurs historiques mais ils reposent sur une mécanique sociale bien différente (beaucoup de pseudo, pas de profils publics…). Il y a dans la catégorie géolocalisation des usages qui vont bien au-delà du checkin.

  2. Bonjour,

    Qu’en est il des services comme Google Docs ou encore Zoho? Ceux-ci prennent pourtant de plus en plus d’ampleur dans le domaine du business mais également du scolaire. Cela est notamment dû à la possibilité de partage de dossiers ou de travaux à effectuer en groupe.

  3. Bonjour,

    J’espère que l’année prochaine la plate forme participative et collaborative talkSpirit apparaîtra dans ce panorama. Lol.
    Je me ferai un plaisir de vous en dire plus en privé si vous ne connaissez pas.
    En tout cas merci pour ce panorama qui rend les choses bien claires

  4. @Stratego @Loic @Chatellier
    Des outils il s’en créé et s’en meurt tous les jours. Le panorama proposé par Fred n’a pas vocation à mettre l’exhaustivité des plateformes ou outils mais de faire comprendre les tendances et des les illustrer par des outils.

  5. @ Cedric

    « Des outils il s’en créé et s’en meurt tous les jours. »

    On est bien d’accord. Cependant ni Google Docs ni Zoho ne datent d’hier et je ne pense pas qu’ils sont prêt à mettre la clé sous le paillasson. Je regrette seulement de ne voir aucune (enfin je pense) suite bureautique dans ce panorama. Alors que comme je l’ai expliqué, ils sont de plus en plus présents dans le « scolaire » et le « business ».

  6. Merci pour cette vision synthétique et esthétique des rézocialist. On peut constater que l’offre se développe, se segmente et répond à des besoins toujours plus précis. Même la durée de vie de certains acteurs n’est pas assurée.

  7. Et comment traiter les systèmes de recommandation et les notifications ou encore les aggrégateurs de flux ?
    Pour moi c’est une classe à part. Et c’est là que je mettrai twitter. Le wall Facebook a aussi un rôle important là dessus. C’est d’ailleurs plus ça qui le place comme étant central que le nombre d’utilisateurs ou les investissements. Pour moi c’est le fait que Facebook permette de notifier notre réseau de nos activités sur les autres applications qui rend facebook central. Ca devient un moyen d’accés aux autres au même titre que Google, une autre façon de filtrer et recommander l’information.
    Merci en tout cas pour l’article. C’est une classification intéressante. Ca me donne un bon point de départ qui vient compléter l’histoire du web collaboratif http://interstices.info/jcms/c_37151/du-web-aux-wikis-une-histoire-des-outils-collaboratifs
    et j’ai envie de comparer cette classification aux formes de communication de http://organisationarchitecture.blogspot.com/2009/03/efficacite-de-la-communication-20-dans.html en l’étendant hors du cadre de l’entreprise bien sur.

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