Les entreprises s’intéressent à nouveau aux environnements de collaboration virtuels

Entrainés dans le sillage du succès de Second Life, les environnements de travail virtuels étaient à la mode il y a quelques années (cf. Vive les espaces de travail virtuels ! et On reparle des espaces collaboratifs virtuels). Ils ont subi par la suite le phénomène de désaffection de Second Life (bouclant ainsi la boucle) et se sont plus spécialisés sur la formation (cf. Des outils de simulation toujours plus réalistes). Certains industriels semblent néanmoins toujours croire dans le potentiel des environnements virtuels dans deux domaines : la relation client et la collaboration à distance.

HP et Avaya proposent ainsi une nouvelle offre de CRM muticanal intégrant les environnements virtuels : HP rolls out virtual banking with Avaya’s Web.alive. Le point de départ de leur réflexion est la parte de confiance des clients envers les établissements bancaires (qui sont, dans l’inconscient collectif, responsables de la crise). Une des solutions proposées pour les banques et établissements financiers est de proposer de nouvelles formes d’engagement et d’interactions avec les clients avec une approche parfaitement intégrée (téléphone + email + web + mobile + …) intégrant même un environnement virtuel reposant sur la nouvelle solution Avaya Web.alive (cf. Avaya Launches Cloud-based, On-Demand Immersive Web Collaboration for Businesses).

La banque virtuelle comme nouveau canal d'interaction cleint

La particularité de cette solution est de proposer une environnement 3D particulièrement réaliste qui met l’accent sur la collaboration et sur l’intégration de canaux de communication externes. Concrètement, leur plateforme permet de reproduire fidèlement une conversation entre les utilisateurs grâce à un moteur de son en 3D très sophistiqué. Les utilisateurs (clients ou conseillers) peuvent ainsi se parler au travers de leur avatar en utilisant un micro. Cette solution est proposée en mode hébergé pour en simplifier l’intégration (un module à encapsuler dans une page web).

Vous noterez que cette nouvelle solution coïncide avec la finalisation du web viewer de SL : Second Life disponible dans votre navigateur. Décidément, j’ai comme l’impression que nous assistons à la fin des clients lourds qui vont être petits à petits remplacés par des visionneuses légères. Qui sait, l’avenir est peut-être aux environnements virtuels dans les nuages (sur le même principe que le cloud gaming) ?

Autre info intéressante du même ordre, cet article publié dans la revue CIO qui mentionne l’intérêt de certains annonceurs pour OpenSim : Companies Explore Private Virtual Worlds. Siemens et l’organisation Preferred Family Healthcare sont ainsi en train d’expérimenter les alternatives à SL pour y développer des espaces de collaboration (cf. Second Life – Linden Lab = OpenSim).

Les arguments avancés dans l’article sont que SL est une plateforme n’offrant pas un environnement suffisamment privatif. C’est donc le sempiternel argument de la sécurité qui est avancé. Vous pourriez me dire que Linden Lab propose également des solutions privatisées, mais elle coûte relativement cher pour des sociétés souhaitant seulement mener des expérimentations. Les OpenSims apparaissent donc comme des alternatives tout à fait viables pour mener à bien ces expérimentations sans engager un trop gros budget. L’argument du budget semble être récurrent dans la décision qui fait basculer les résidents de SL vers les Opensim (cf. At the Second Life tipping point).

Je suis en tout cas très content de constater que les environnements virtuels sont toujours en cours d’expérimentation en tant qu’alternatives aux réunions téléphoniques et autres Skype conf. Une très bonne chose dont j’aurais l’occasion de vous reparler.

6 commentaires sur “Les entreprises s’intéressent à nouveau aux environnements de collaboration virtuels

  1. Cet article me rassure beaucoup car j’en parle dans mon mémoire de fin d’étude qui traite en partie de la gamification et l’utilisation des mondes virtuels au service du business et d’ailleurs je te remercie pour tes sources qui vont permettre d’augmenter la crédibilité de mes hypothèses. D’ailleurs les articles et les sources de tes blogs que je suis depuis un moment m’ont permis d’apporter des reflexions sur mon mémoire donc je te remercie pour ton travail de qualité.
    En réponse à cet article, je pense que second life et l’utilisation des mondes virtuels par les entreprises étaient sortis trop tôt, les gens n’étaient pas encore prêt à ça, hors maintenant je pense que c’est le bon moment pour lancer la machine qui devrait être effective d’ici quelques années.

  2. C’est effectivement la fin des clients lourds pour l’utilisateur final, et au delà des plugins Unity ou autre Avaya moi j’ai tendance à croire que des solutions en WebGL devraient arrivé sous peu. Quand on voit les démos WebGL qui tournent sur le net on se dit que c’est possible dans un futur très proche.

    Pour ce qui est de Second Life ou Opensim, ils sont assez peu adaptés à ce genre de pratique finalement car sur une logique d’îles, là ou les entreprises recherches plutôt des logiques de « rooms ». Assemblive est un parfait exemple d’outil léger et facile à mettre en place parfaitement adapté à ce type d’usage collaboratif.

  3. @ Johann > Je dirais plutôt que les univers virtuel pour les entreprises sont un marché de niche qui progresse tranquillement vers plus de maturité, et dont la surmédiatisation a fait plus de mal que de bien.

    @ AngeZanetti > Oui tout à fait, inutile de déployer des îles et bâtiments quand des pièces suffisent.

  4. Les clients lourds sont effectivement un frein pour le développement du travail en ligne collaboratif notamment dans les dispositifs d’apprentissage. Non seulement ils sont lourds et en plus ils demandent un temps de formation conséquent pour les usagers – Configuration, prise en main des modules de navigation, navigation pour trouver le bonne adresse. SL est un monde de geek, les clients légers type assemblive sont des mondes opérationnels même avec une faible culture numérique.

  5. Nous avons une banque qui teste les usages de la 3D plus sur des opérations commerciales, l’approche fondamentale est oriente tous public pour de nouveaux usages – nous avons donc réalise dans nos plateformes 3D un espace pour le Crédit Agricole très réaliste et simple sur http://www.3D.angers.fr
    Reynald

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