L’avenir de Google+ se dévoile

Voilà presque un mois que Google a lancé sa plateforme sociale Google+ : Google lance sa plateforme sociale unifiée Google+. Beaucoup d’agitation et de spéculations autour de cette nouvelle plateforme qui a fait grand bruit. Il faut dire que le programme de déploiement par invitation a généré beaucoup d’attente et de frustration. Visiblement tout ceci devrait rentrer dans l’ordre, car le service serait accessible librement à partir du 1er août (à confirmer).

L'écran d'accueil de Google+

Je pense ne pas me tromper en disant que Google a réussi son pari, car Google+ a connu une croissance spectaculaire :

Croissance de Google+ comparée avec Twitter et Facebook

Nous en savons maintenant un peu plus sur l’audience de Google+ avec plus de 20 millions d’utilisateurs, chiffres confirmés par Google et d’autres instituts sérieux comme comsCore : Google+ Off to a Fast Start with 20 Million Visitors in 21 Days. Chose intéressante, la croissance est plus rapide dans le reste du monde qu’aux États-Unis :

Croissance de Google+ dans le monde et aux US

Mais il convient néanmoins de relativiser, car l’Amérique du Nord représente tout de même la part d’audience la plus importante :

Audience de Google+ comparée par pays

La France est donc, selon ces statistiques, le huitième marché avec un déséquilibre évident des utilisateurs masculins (via FindPeopleOnPlus) :

Statistiques de l'audience de Google+ en France

Ces statistiques se fondent sur moins d’1/4 du nombre total d’utilisateurs, mais sont à mon avis particulièrement représentatives de la tendance. Ceci étant dit, et au vu de la croissance, ce déséquilibre devrait progressivement disparaitre.

Après un mois d’utilisation, nous avons une vision un peu plus précise de ce qu’est Google+ et surtout de ce à quoi il va nous servir. Première chose importante : Google+ est très différent de Facebook et de Twitter, les autres plateformes sociales de référence (Google Plus, Facebook and Twitter compared in an infographic) :

Comparaison entre Facebook, Twitter et Google+

Je pense  que Google+ est en fait beaucoup plus proche de FriendFeed que de n’importe qu’elle autre plateforme dans la mesure où l’on peut y faire beaucoup de choses, beaucoup plus de choses qu’avec les autres services : publication de messages courts et articles, partage de liens, photos et vidéos, checkins, recommandation de contenus… D’ailleurs certains ont fait le pas comme le célèbre blogueur Kevin Rose (qui a décidé d’abonner son blog : How To Build An Audience On The Internet: The Kevin Rose School Vs. The Fred Wilson School) ou Robert Scoble qui y voit un très gros concurrent à Twitter (Google+ has made Twitter boring, here’s what Twitter should do about that).

Dans la pratique, je peux vous confirmer que Google+ est une plateforme très versatile où l’on peut avoir des interactions sociales très diversifiées dans un environnement productif et cohérent (notamment grâce à l’utilisation des cercles). Mais le plus important à mon sens est l’attention toute particulière qui est donnée aux contenus au travers des Sparks et qui fonctionne comme un redoutable levier concurrentiel (cf. 3 Reasons Why Relevant Content Matters).

Google a donc sorti les gros moyens pour faire de Google+ un succès. Et ce n’est que le début, car l’enrichissement de la plateforme risque de se faire beaucoup plus rapidement que prévu avec notamment de nombreux rachats et nouveaux services :

De nombreux indices laissent également à penser que les jeux seront très prochainement intégrés à la plateforme : How Google Plans To Trump Facebook In Games. Bref, les choses s’accélèrent et il va falloir s’attendre à une course à l’armement avec Facebook et les autres plateformes sociales.

En revanche, là où les choses ne vont pas très vite, c’est pour l’accueil des marques sur la plateforme (Quelle place pour les annonceurs dans Google+). Le moins que l’on puisse dire est que Google avait largement sous-évalué l’intérêt des marques pour Google+. Outre des expérimentations opportunistes (The first campaign ever on Google+), de gros annonceurs s’intéressent de très près à la plateforme et aimeraient bien pouvoir y être représentés de façon officielle.

Michael Dell a ainsi exprimé un vif intérêt pour Hangout, le chat vidéo, dans le cadre de ses équipes de vendeurs et d’assistance (5 Emerging Trends on Google+). De même, Ford a créé une page officielle pour essayer de faire pression sur les équipes Google.

Le profil de Ford sur Google+

Pour le moment cette page est encore en ligne, mais Google a déjà prévenu et sanctionné d’autres annonceurs (dont Ikea et Samsung) qui tentent de s’imposer. Le message est pourtant clair : Les annonceurs ne sont pas encore les bienvenus sur la plateforme, il ne le seront pas avant quelques mois. La raison de ce « retard » est que les équipes veulent visiblement bien faire les choses et qu’ils souhaitent lancer une offre à la fois complète et cohérente avec les autres produits de la gamme (AdWords, Analytics…) : Google Plus Business Profiles Are Coming Q3, Analytics and All.

Outre la présence de marques à titre représentatif, de nouveaux usages sont déjà en train de se profiler. Il fait dire que Google+ propose une base très complète que l’on peut aisément exploiter dans d’autres contextes que la sociabilisation entre particuliers (Quels usages internes pour Google+ ?). Certains voient ainsi Google+ comme le parfait outil pour les journalistes (Can Google+ beat Twitter and Facebook as a tool for journalists?), d’autres comme un outil de collaboration interne (How Google+ could become an essential business tool).

Au final, la première impression que donne Google+ est la bonne : Ce n’est pas un réseau social, mais une plateforme sociale qui va servir à lier tous les services de google entre eux. Là où l’intérêt des réseaux sociaux augmente avec le nombre de membres, la valeur de Google augmentera avec le nombre de membres ET le nombre de services qui y seront greffés. Ça tombe bien, car Google offre de nombreux services dans sa Galaxie : Gmail, YouTube, Blogger, Maps, Picasa, Shopping, Music…

Google est donc en train de rattraper son retard avec un plan de domination parfaitement bien orchestré qui évite la confrontation frontale avec Facebook ou Twitter et propose une offre plus « bas niveau » (typiquement un truc d’ingénieur).

Paradoxalement, cette approche pourrait également gêner Google dans ses plans de domination, car la culture d’ingénierie semble trop forte au sein des équipes pour pouvoir réellement comprendre les subtilités des sciences sociales. C’est en tout cas la raison invoquée par Paul Adams, l’auteur du remarquable The Real Life Social Network, qui avait été embauché l’année dernière par Google pour travailler sur ce projet et qui a depuis donné sa démission pour travailler chez… Facebook : Why I left Google. What happened to my book. What I work on at Facebook.

Ce qui est certain, c’est que la bataille pour la domination de la sphère sociale vient de prendre une tournure tout à fait différente avec l’arrivée de Google+. Cette plateforme devrait vraisemblablement connaitre de gros changements d’ici la fin de l’année. Mais nous aurons de nombreuses occasions d’en reparler. En attendant l’ouverture pour tous, voici mon profil : Frédéric Cavazza, n’hésitez pas à vous inscrire et à tester la plateforme.

33 commentaires sur “L’avenir de Google+ se dévoile

  1. La progression qu’a connu Google+ m’a choqué en comparaison avec celle de Facebook et de Twitter. Du reste, pour ça Google+ a réussi son pari mais va t il réussir à créer un véritable besoin pour le grand public ? Hormis les acteurs du web, cela va t-il servir à quelque chose d’autre que de la simple veille ou la réalisation de vidéo conférence ?

  2. (En passant, la compilation de tous ces graphiques me laisse un peu sceptique quant au droit d’auteur :D Désolé, déformation professionnelle !)

    Le départ est très bon, mais reste voir si G+ arrivera à convertir les casuals qui se servent de FB pour montrer « les photos du petit » ou mettre leurs photos de vacances entre deux parties de FarmVille. Car convertir les geeks, ça Google l’a déjà fait : G+ offre une expérience tellement plus agréable et respectueuse de nos droits et libertés que le concurrent en bleu ! Mais je suis curieux de savoir ce que ça donnera quand le grand public viendra y faire un tour (sans parler de la curiosité qui ne manque pas de m’habiter dès qu’il est question des fonctionnalités à venir, comme l’intégration des marques, etc).

    En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ça ne fait pas de mal à Facebook d’avoir un concurrent sérieux pour venir lui voler dans les plumes.

    PS/ Actuellement, sur G+ j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’inscrits, mais peu de véritable contenu. Dommage, car même en n’ayant que quelques amis qui jouent vraiment le jeu, je dois reconnaître que G+ est infiniment plus agréable…

  3. Papier excellent mais je doute de la fin de « Twitter » au contraire je pense que chacun des outils aura sa place pour une requête ciblée …!

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