Plusieurs études d’oculométrie sur les réseaux sociaux

Les médias sociaux ont beau accaparer l’audience de l’internet, il n’existe que peu d’études sur l’ergonomie des interfaces de ces plateformes. Il faut dire que les interfaces changent souvent (Thoughts on the New Facebook Timeline Design), et que de toute façon, les utilisateurs sont avant motivés par la possibilité de développer des interactions sociales avec leurs amis.

Un récent article publié sur Mashable nous donne néanmoins des informations intéressantes sur la façon dont les internautes décryptent les interfaces des principaux médias sociaux : Here’s How People Look at Your Facebook Profile, Literally. L’étude est intéressante car exhaustive, mais elle vient surtout corroborer les observations d’oculométrie précédemment observées, notamment en 2009 par OneUpWeb (Une étude de Eye Tracking pour Facebook, Twitter et Youtube) : l’attention est concentrée sur le haut de page et le regard suit la mise en page en deux colonnes.

Résultat d'oculométrie de l'interface de Facebook en 2009

Cette étude de eye-tracking avait été complétée en 2010 par le Catalyst Group avec un examen plus approfondi de la page de liste de contacts : Eye Tracking: Facebook and LinkedIn Usability.

Plus intéressant, le EyeTrackShop avait publié en milieu d’année les résultats d’une étude portant sur Facebook et Google+ : Eye-Tracking Study Shows Users Perceive Google+ and Facebook Virtually Identically. Cette étude démontrait que l’oeil suivait le même parcours critique sur les deux interfaces.

Résultats d'oculométrie sur Facebook et Google+

Ces résultats ne sont pas très surprenants dans la mesure où les deux interfaces sont très proches.

Nous en revenons donc à l’article que je mentionnais en haut de page et la comparaison des zones de fixation entre les différents médias sociaux. Premier constat : le parcours de l’oeil est avant tout guidé par les photos. Ceci est particulièrement flagrant avec Facebook, Twitter, Google+ et surtout YouTube :

Points de fixation de l'interface de Facebook en 2011
Points de fixation de l'interface de Google+
Points de fixation de l'interface de Twitter
Points de fixation de l'interface de YouTube

Autres enseignements : les photos des amis sont particulièrement appréciées, de même que les titres des contenus en haut de page. Rien de très surprenant, ceci est conforme à ce que l’on peut constater sur d’autres sites.

Il y a donc une uniformisation dans la façon dont les internautes décryptent les interfaces des réseaux sociaux, sauf pour LinkedIn où le comportement de l’oeil est très différent :

Points de fixation pour l'interface de LinkedIn

Certes, l’interface ne propose pas la même mise en page ni le même nombre de photos, mais l’on constate que le regard est avant tout attiré par l’intitulé du poste et les expériences (du moins la première).

Tout ceci est donc très intéressant, car il n’existait que peu de publications dans ce domaine. Par contre, quel dommage que nous ne disposions pas de plus de données sur la future Timeline de Facebook, sur le nouveau YouTube ou sur la façon dont les utilisateurs lisent les tweets sur l’écran d’un smartphone… Si vous avez des infos, je suis preneur.

10 commentaires sur “Plusieurs études d’oculométrie sur les réseaux sociaux

  1. Je trouve toujours super intéressant les articles sur l’eye-tracing et avec l’opacity map, c’est encore plus flagrant il me semble.
    Merci pour cet article bien écrit.

  2. Je trouve au contraire que ça n’apprend rien du tout. C’est encore une utilisation sans intérêt de l’eyetracking qui pourrait être utilisé de manière bien plus pertinente.

    Les utilisateurs regardent le contenu, la timeline puis les bord, wahou, ça c’est du scoop ! D’un autre coté, ils ne le regarderaient pas, le service ne fonctionnerait pas…

    Les visuelles ont tendances à attiré l’oeil ! génial…

    Bon et on en fait quoi de tout cela ? bah à peu prés rien.

  3. @ Raphael > Je pense que tu as dû lire l’article en diagonale (déformation professionnelle ?) car le principal enseignement, selon moi, est la tendance des utilisateurs à parcourir les pages en sautant de photos en photos. Enseignement complété par celui de LinkedIn et de l’importance du « Job Title ».

  4. Demandes au premier graphiste venue comment on structure une mise en page. Tu obtiendras la même réponse : Des titres, des images, des encarts, des lettrines, etc…

    Donc même au moyen-age, les moines copistes avaient compris qu’un visuel pouvait marquer le début d’un chapitre et attirer l’oeil du lecteur. Le tout sans eyetracking.

  5. Je rejoins l’avis de Raphaël. Ces mesures montrent ce que regardent les utilisateurs : très bien, et puis ? Qu’est-ce que nous, on peut en tirer ?

    Exemple traditionnel : il y a je-ne-sais-combien-d’années, des mesures de ce type ont été effectuées sur la page des résultats de recherche de Google. On a constaté que le regard des utilisateurs parcourait la page « en suivant la forme d’un F ». Conclusion ? Facile : il faut construire sa page « sous forme de F » ! Il faut mettre les éléments importants « dans le F de la page ! » Aïe.
    Cette « forme de F » (ou de Z, ou de…) est dans la tête de très nombreuses personnes qui bossent dans le web. Des responsables marketing, des dirigeants*… Autant de personnes trompées par une mauvaise interprétation. C’est d’ailleurs l’un des premiers points évoqués dans le livre d’Amélie Boucher : les internautes ne lisent pas en F / en W. […], ils parcourent la page en fonction du contenu qu’on leur propose.

    Une étude d’eye tracking doit avoir un but. Exemple bête : l’encart « promotions » de mon site n’est pas cliqué par les visiteurs. Est-ce parce qu’ils ne le voient pas ? L’eye tracking donnera un élément de réponse : « oui ils ne le voient pas », « ils le voient mais ne cliquent pas »… À partir de là, on peut continuer à avancer.

    C’est sûr, si le but est « savoir où les gens posent leurs yeux sur ces sites », on a la réponse. Mais on ne peut pas en tirer grand chose.

    * et même des gens très au fait de ce genre de choses : http://www.nowatch.net/2011/11/remixjobs-4-quest-ce-quun-web-ergonome

  6. Même si les études de eye tracking peuvent séduire au premier abord, si elles ne sont pas accompagnées de Tests utilisateurs ou d’observations in situ elles ne peuvent rien nous apprendre.
    Un utilisateur fixe-t-il longtemps un item car il l’apprécie ou au contraire car il ne le comprend pas et qu’il lui pose problème?

    Ces études peuvent trouver leur utilité en fin de process pour s’assurer que l’utilisateur discrimine bien un item dont nous nous sommes assurer au préalable qu’il soit compris.
    Ex : JE sais de source sure que la SNCF avait réalisé ce genre d’étude lorsqu’ils ont déplacé le bloc de réservation de gauche à droite (+ changement de couleur).

Laisser un commentaire