Amazon se lance dans le social commerce avec ses pages

Nous savions déjà qu’Amazon avait de fortes ambitions vis-à-vis des médias sociaux, notamment avec l’utilisation qu’ils font de Facebook et de ses sites verticaux (Amazon’s Diapers.com And Soap.com Bring E-Commerce To Facebook Pages). Les choses semblent avoir pris une tout autre tournure cette semaine avec la mise à disposition de pages dédiées aux marques : Amazon Offers ‘Amazon Pages’ For Brands To Customize With Their Own URLs.

Amazon-pages

Proposées au sein des Amazon Marketing Services, les Pages sont donc des corners pour les marques leur permettant de :

  • Disposer d’un espace « privatif » avec une URL dédiée du type amazon.com/marque ;
  • Personnaliser l’affichage de cette page à l’aide de widgets (large bandeau, têtes de gondole…) ;
  • Publier des informations sur votre marque et vos produits.

Précisons que ce format de corner de marque n’est pas neuf, car Amazon en proposait déjà depuis plusieurs années pour ses propres marques comme Pinzon ou Strathwood (Holy Private Labels Batman! Pinzon is not alone).

Amazon_Strathwood

Le magazine AdWeek nous révèle que certaines grandes marques comme Levi’s ou Sony possèdent déjà des boutiques intégrées avec des fonctionnalités plus riches que ce qui est actuellement proposé : Amazon Unveils Brand Pages.

Amazon_Sony

Là où ça devient intéressant, c’est qu’ils proposent également une fonctionnalité Post permettant de publier des messages sur la page, mais également sur les médias sociaux comme Facebook et prochainement Twitter. Cette fonction de publication est plutôt sommaire, pas de quoi inquiéter les outils de publication actuellement disponibles sur le marché, mais une approche très pragmatique, idéale pour séduire les commerçants les plus frileux.

Amazon-posts

Les pages et les posts sont bien évidemment accompagnés d’un outil de mesure de la performance baptisé Analytics, avec des indicateurs comme le nombre d’affichages, la portée, la considération… Là encore, l’interface est très simple comparée aux autres produits du marché, mais permet de suivre les indicateurs de référence.

Amazon-Analytics

Au final, Amazon propose une offre incroyablement séduisante pour les petits commerçants que la vente en ligne impressionne. encore une fois, nous sommes à des années-lumière de ce que peut proposer les solutions de e-commerce open source, mais elles ne ciblent pas les mêmes marchands. Ces corners de marque chassent donc sur un autre territoire que les ProStores d’Ebay. L’idée étant de proposer une solution simple et pragmatique pour étendre ses ventes sur le web en misant sur deux valeurs sûres (Amazon et Facebook).

Amazon va-t-il révolutionner le commerce en ligne avec cette offre ? Non, je ne pense pas. Par contre, ils viennent très clairement de poser la première brique d’une opération de séduction des petits commerçants. La prochaine étape logique sera d’enrichir ces pages avec des options de présentation et de publication plus sophistiquées, car je doute qu’ils en restent là…

Google célèbre l’histoire, la musique et le système solaire en HTML5

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des incroyables réalisations publiées sur Chrome Experiments. Lancé au début de l’année 2009, ce site avait pour ambition de démontrer les capacités des technologies standards du web (HTML5, javascript, WebGL…) pour mettre en valeur la performance de son navigateur. Force est de constater qu’ils ont réussi leur pari, car Chrome est le navigateur qui progresse le plus vite. Il est même dominant sur certains sites comme ce blog, mais le projet ne s’arrête pas pour autant, car ils ont franchi la barre des 500 expériences : 500 Chrome Experiments and counting.

Pour fêter ce cap symbolique, les équipes de Google ont lancé trois projets particulièrement impressionnants. Le premier est le Google Cultural Institute, une initiative menée conjointement avec de nombreuses institutions locales, dont l’objectif est de donner accès à des contenus culturels et historiques divers (textes vidéos, photos…).

Le projet d’institut culturelle de Google

Le site se présente donc sous la forme d’une timeline retraçant les grands événements de l’histoire contemporaine avec une interface de visualisation sous forme de grille que l’on parcourt avec les flèches du clavier. Le tout est bien évidemment réalisé en HTML5, et il y a également une très belle interface de recherche dont ils devraient s’inspirer pour leur moteur (et toc !) :

L’interface de recherche de l’institut culturelle de Google

Autre projet spectaculaire : 100.000 Stars, une interface de visualisation du système solaire en 3D qui repose sur WebGL et CSS pour pouvoir afficher… 100.000 étoiles à l’écran :

L’interface de visualisation des étoiles du système solaire

Je regrette que la capture d’écran ne retranscrive pas du tout l’incroyable impression de vide (ou de gigantisme) que l’on ressent à zoomer dans notre galaxie à la recherche du système solaire. Cette réalisation est signée par la Google Data Art Team, déjà à l’origine de projets dont nous avons déjà parlé ici (The Wilderness Downtown, 3 Dreams of Black ou The Exquisite Forest). En plus ils ont eu la bonne idée de mettre une visite guidée pour éviter que les internautes ne se perdent.

Et pour finir, il y a également Jam with Chrome, qui permet de jouer sur 19 instruments à 4 personnes en simultanée :

L’interface de Jam with Chrome

Une authentique prouesse technique, car il y a de nombreux types d’instruments (guitares, basses, claviers, batteries, boîtes à rythmes…) et que tout se joue à la souris et au clavier. Signalons qu’il existe d’autres expériences tout à fait incroyables visuellement comme Walk in a Fog ou Car Visualizer, je vous invite d’ailleurs à parcourir les différentes catégories.

Nous sommes tous d’accord pour dire qu’au-delà de la performance artistique / technique, ces expériences ne servent pas à grand-chose. Ceci étant dit, elles ont tout de même le mérite de nous prouver qu’il est tout à fait possible de faire des choses incroyablement sophistiquées dans la fenêtre d’un navigateur avec des technologies accessibles à tous : HTML, CSS, javascript, WebGL… Largement de quoi inspirer les développeurs d’applications d’entreprise ou d’outils de dataviz, et surtout de leur démontrer que Chrome a acquis une longueur d’avance sur ses concurrents.

Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul

D’après une étude récente de Gartner, il devrait se vendre 1,2 milliard de smartphones et tablettes en 2013. Vous conviendrez que ça représente un sacré gros chiffre, beaucoup trop gros pour que seulement deux acteurs se le partagent : Apple et Google. Bon dans la réalité le marché est un peu plus homogène, mais au vu de l’évolution des parts de marché, on se dit qu’il ne restera bien tôt plus qu’Android et iOS…

mobile-platforms

Si vous suivez ce blog, vous devez déjà être au courant de cette tendance de marché. Par contre, je vous propose ce soir de vous intéresser à la dernière tranche, Other, car la domination d’Apple et de Google n’est en fait pas réellement acquise. La situation s’est en effet terriblement compliquée ces derniers mois. Je vous propose donc de faire le point sur les systèmes d’exploitation mobiles disponibles sur le marché.

Il y a tout d’abord les deux OS de référence :

  • iOS d’Apple, qui reste la référence en la matière, mais qui a subi récemment la colère de ses usagers en coulant imposer sa propre application de cartographie. Logiquement l’iPhone devrait petit à petit se retrancher sur le segment supérieur avec une part de marché oscillant autour des 15 à 20%. La grosse inconnue pour le moment est de savoir ce que la marque à la pomme va faire d’iTunes, le boulet qu’elle traine depuis des années.
  • Android de Google, la nouvelle coqueluche des marchés émergents qui n’en finit pas de progresser. Mais cette progression spectaculaire ne s’est pas faite sans contre-partie : la fragmentation des versions de l’OS est ainsi un casse-tête qu’ils mettront des années à résoudre.

Nous avons ensuite trois OS de second plan qui aimeraient bien revenir sur le devant de la scène :

Nous pouvons ajouter à cette liste quatre OS de niche :

  • Bada de Samsung, qui est censé équiper les téléphones d’entrée de gamme.
  • Brew de Qualcomm, qui est également censé propulser des téléphones d’entrée de gamme.
  • WebOS de Palm, qui est passé en open source suite au rachat par HP.
  • Tizen, la version ouverte de MeeGo, un projet de système d’exploitation mobile commun entre Nokia et Intel né de la fusion de Maemo et Moblin (dont vous trouverez un résumé passionnant ici : The story of MeeGo).

Nous en venons maintenant à deux projets tout à fait intéressants :

Oui je sais, c’est un peu compliqué à suivre tout ça, mais l’interface à l’air particulièrement soignée :

Tout ça ne nous fait pas moins d’une dizaine de systèmes d’exploitation mobiles concurrents. Partant du principe qu’Apple va progressivement s’isoler du reste du marché pour se concentrer sur le très haut de gamme, il n’y a qu’une seule plateforme qui compte vraiment : Android. La part de marché d’Android est ainsi remontée à 75% en quelques années et dépasse même les 90% en Asie : Android crushes the competition in China as it passes 90% smartphone market share.

android_market_share_china

Ceci étant dit, j’utilise volontairement le terme plateforme, parce que Android ne peut pas être considéré comme un système d’exploitation homogène tant il y a de versions et de branches en circulation. Même si Google s’efforce de faire rapidement basculer le parc de smartphones vers la version 4, il reste encore de nombreux smartphones d’ancienne génération. Ne négligeons pas non plus la rumeur d’un smartphone Amazon qui viendrait compléter la gamme Kindle Fire.

Mais c’est en Chine qu’il faut se tourner pour réaliser à quel point la situation est compliquée :

Je pense ne pas me tromper en disant que Google est dans une situation très désagréable en Chine : face à un marché trop gros et trop complexe (culturellement et politiquement), ils ont préféré dénaturer leur produit pour faire barrage à la concurrence d’Apple. L’avenir nous dira si cette politique de la terre brûlée a été une bonne manoeuvre, surtout au vu des taux de croissance faramineux (The Growth Of China’s Smartphone Market Is Absolutely Staggering).

Toujours est-il que nous sommes donc dans une situation de marché particulièrement complexe. Plus que jamais, il est essentiel de bien comprendre toutes les subtilités de ce bazar et de bien appréhender les enjeux de cette bataille : devenir le prochain Microsoft. Si je ne me fait pas trop de soucis pour Apple qui saura parfaitement défendre sa position sur la niche haut-de-gamme, force est de constater que Google a su prendre les bonnes décisions pour donner à Android l’inertie qui lui permettra de dominer le marché en 2013.

Le basculement d’un écosystème fermé et très structuré (iPhone / iOS / iTunes) à un écosystème ouvert et beaucoup moins homogène (Android / Google Play) va engendrer de profonds changements que je détaillerais dans un prochain article.

Mes 3 sites coup de coeur (novembre 2012)

En rédigeant cet article, je me rends compte que j’ai raté le coche le mois dernier… Une fois n’est pas coutume, je vous propose de retrouver ma sélection de sites qui m’ont marqué.

Commençons avec Benefit Cosmetics, une boutique en ligne de produits cosmétiques branchés :

 

Benefit

Si le header ou la barre de navigation de cette boutique n’apportent aucune originalité, les illustrations, motifs et typographies utilisés véhiculent une image rétro tout à fait rafraichissante (en tout cas, c’est comme ça que je le ressens). J’apprécie particulièrement la page catégorie avec toutes ces illustrations vintages.

Poursuivons avec Farmigo, un service de livraison de produits de la ferme à domicile :

 

Farmigo

La première chose qui séduit sur cette page d’accueil est l’impression de clarté et d’espace : le nombre très limité de texte à l’écran offre de très larges espaces de respiration qui donne envie de se remplir les poumons. Les chiffres fournis sous le carrousel sont percutants, les illustrations sympathiques, les accroches des vidéos sont très simples à comprendre. Bref, tout est mis en oeuvre pour rassurer et faire passer des messages simples.

Terminons avec Weduary, un service de préparation et de partage de mariage :

 

Weduary

Oui je sais, il y a beaucoup de rose. Force est de constater qu’ils n’ont pas cherché à s’extraire du cliché chromatique. Si l’on fait néanmoins abstraction de ces à-plats roses, il reste une structure de page tout à fait intéressante avec une construction en strates. Les bénéfices du service sont expliqués en trois étapes et les différentes fonctionnalités sont bien illustrées. Une page d’accueil très visuelle qui donne envie de s’attarder pour découvrir le service en détail. Je regrette par contre qu’ils ne fournissent pas un compte de démonstration.

La suite le mois prochain.

Vers une adoption massive des outils de collaboration, oui, mais lesquels ?

86% des sociétés estiment que les outils de collaboration sont importants pour le travail au quotidien. Vous avez certainement l’impression que j’enfonce une porte ouverte avec cette statistique, il n’empêche que le rythme de déploiement des solutions de collaboration est encore incroyablement lent comparé au constat d’échec des solutions actuelles. La société Clinked a ainsi compilé des statistiques très intéressantes sur ce sujet pour en faire une belle infographie :  Next post  The State of Online Collaboration for Business.

Collaboration-infographic

Il est précisé dans cette étude que 96% des managers citent le manque de collaboration et l’inefficacité de la communication dans les facteurs de dysfonctionnement. De quoi faire réfléchir. Et pourtant… depuis 5 ans que je rédige ce blog, j’entends toujours le même son de cloche sur la peur du changement, les problèmes de confidentialité, la perte de contrôle… Bref, les habitudes et outils évoluent lentement, très lentement.

Pourtant les solutions sont là : il existe des dizaines de produits couvrant un très large spectre de fonctionnalités. Si le marché est donc en retard, c’est qu’il y a logiquement de très bonnes perspectives de croissance. Voilà pourquoi les grands éditeurs investissent de très lourdes sommes pour proposer toujours plus de fonctionnalités (Microsoft, SalesForce, Jive, Google…). Force est de constater qu’il est difficile de s’y retrouver dans cette pagaille de solutions, car si les solutions traînent toutes l’héritage de leur métier d’origine (gestion de documents, publication de contenus, collaboration et partage…), les nouvelles versions et rachats en tout sens brouillent la donne.

Deux acteurs se distinguent néanmoins sur le marché : Microsoft de par son implantation record en entreprise (Claiming 66% enterprise penetration, SharePoint now brings in $2 billion annually for Microsoft), et Jive de par son rythme d’innovation et sa croissance externe très soutenue.

Microsoft s’apprête donc à frapper un grand coup avec la nouvelle version de sa suite collaborative SharePoint. De nombreuses évolutions seront ainsi proposées : nouvelle interface « Metro », une logique d’applications renforcée, une gestion de contenu bien plus efficace, les flux d’activité, une recherche plus performante, une meilleure intégration de Skype, de la mobilité, du cloud… Ces améliorations sont synthétisées dans cet article : Pleins feux sur SharePoint 2013 avec 7 évolutions clés.

La nouvelle interface de SharePoint 2013

Mais Microsoft ne s’arrête pas là, car ils veulent également accélérer l’adoption de Yammer (racheté il y a quelques mois) en le mettant au centre de sa stratégie de social enterprise (Putting Social to Work),notamment au travers de son tout nouveau Enterprise Graph (Yammer unveils the Open Graph for the enterprise, to help make business apps more social).

De son côté, Jive n’est pas en reste avec l’annonce surprise du rachat de deux startups très en vue : Meetings.io et Producteev dont je parlais récemment (De l’intérêt de mettre les tâches au coeur de la collaboration). Ces deux acquisitions sont un signal fort pour le marché qui n’apprécie guère les résultats financiers décevants de l’éditeur (Jive Software acquires Meetings.io and Producteev for its social business platform).

Jive_Social_Intranet

Deux rachats pour le moins spectaculaires, mais est-ce que le fait de gaver une suite de fonctionnalités va-elle rendre ses utilisateurs plus performants ? C’est un vaste débat, mais il est évident que l’important est de proposer avant tout une plateforme cohérente plutôt qu’une agrégation de solutions disparates. Ceci étant dit, il est essentiel pour un éditeur comme Jive, qui se veut être à la pointe, de s’intéresser de très près aux nouvelles pratiques de collaboration (agilité…). Partant de ce principe, ils devraient également s’intéresser à des plateformes de collaboration de « nouvelle génération » comme NationalField qui mettent l’accent sur les données et sur les motivations des collaborateurs (NationalField: The Private Social Network That’s Reinventing the Ground Game).

Comme toujours, je me dois de conclure cet article en vous rappelant que les outils ne sont pas une fin en soi, et que leur déploiement à grande échelle dans l’entreprise doit impérativement s’accompagner d’un modèle de gouvernance pour ne pas reproduire les erreurs du passé. Ceci sera d’ailleurs l’objet de mon prochain article…