L’avenir de l’informatique d’entreprise est dans le cloud

Saviez-vous que le terme « cloud computing » avait été utilisé la première fois par des équipes de Compaq en 1996 (source : Wikipedia) ? Voilà des années que l’on nous parle de l’avènement du cloud computing, pourtant j’ai l’impression que le débat à changé au sujet de ce que je préfère appeler « l’informatique distante« .

Cloud-computing

Pendant des années, les DSI ont freiné des quatre fers et brandi la sacrosainte bannière de la sécurité, mais avec la généralisation des offres grand public et les investissements colossaux réalisés par les grands acteurs de ce secteur, le cloud computing est bel et bien en train de redéfinir l’informatique d’entreprise, et les révélations de l’affaire Snowden n’y changeront rien. Nous commencions déjà à observer un retournement du marché l’année dernière (Tous les efforts des géants de l’informatique convergent vers le cloud), et la tendance se confirme cette année : le cloud est devenu la norme : 58 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2013 pour le cloud computing, dont 62% pour le SaaS, et la tendance devrait se poursuivre. Il existe un consensus au sein des différents cabinets d’analyse pour dire que la croissance va s’accélérer pour les logiciels en ligne (SaaS) et les services de cloud public : Cloud computing enters its second stage, hypergrowth ensues et The Explosive Growth of Cloud Computing.

Prévisions de croissance des ventes de solutions cloud computing
Prévisions de croissance des ventes de solutions cloud computing

Plusieurs facteurs expliquent cette accélération de l’adoption :

Bref, les DSI commencent à perdre la main et n’ont plus d’autres choix que de faire de l’adoption en marche forcée : Mr F., DSI, viré pour absence de stratégie cloud. Pour certains, le véritable point de bascule était en 2012, l’année où les solutions cloud sont devenues la priorité des entreprises, sous l’impulsion du gouvernement US qui a adopté une approche « cloud first« . Du coup, tout est à revoir, et les grands éditeurs traditionnels doivent faire évoluer leur offre dans la douleur (Oracle, SAP, IBM…). Adobe est ainsi le plus bel exemple de transformation, aussi bien en matière d’offre que de modèle économique. Le retournement du marché a été si brutal, que nombre de DSI n’appréhende pas réellement l’ampleur du phénomène (This Chart From IBM Explains Why Cloud Computing Is Such A Game-Changer) :

  • 85% des nouveaux logiciels reposent sur le cloud ;
  • 1/4 des applications seront disponibles dans le cloud d’ici à 2016 ;
  • près des 3/4 des développeurs reconnaissent utiliser des composants cloud dans tous leurs développements.
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Quelques statistiques sur le cloud computing

Amazon a été pionnier dans ce domaine avec le lancement de son offre en 2006. Depuis, les acteurs de l’informatique traditionnelle essayent de rattraper leur retard avec des investissements gigantesques : IBM to Spend $1.2 Billion to Increase the Size of Its CloudCisco’s New $1 Billion Cloud Computing Plan Is Ingenious But Risky… Microsoft est aujourd’hui le deuxième acteur le mieux identifié du marché, le résultat d’une orientation stratégique démarrée il y a des nombreuses années (Microsoft Says to Spend 90% of R&D on Cloud Strategy) et confortée par la nomination du nouveau CEO (Satya Nadella, l’ancien responsable de l’offre cloud). Mais Google ne compte pas se laisser distancer et passe à l’offensive (Google’s Bold Plan to Overthrow Amazon as King of the Cloud et The Dawn Of Cloud 2.0 And Why Google Started A Price War).

En terme d’adoption, la situation évolue lentement, mais sûrement, comme le démontrent les dernières études de Forrester : The Public Cloud Market Is Now In Hypergrowth et Application Adoption Trends: The Rise Of SaaS. Avec un taux d’adoption moyen de 30%, les offres SaaS les plus populaires sont sans surprise celles de gestion de force commerciale, de ressources humaines, de business intelligence et de procurement. Vous noterez dans le schéma suivant la très forte progression des offres verticales (« Industry-specific software » en seconde position).

Évolution de l'adoption de solutions cloud par type d'activité
Évolution de l’adoption de solutions cloud par type d’activité

Les arguments mit en avant par les clients ne tournent plus autour du prix, mais la souplesse, la rapidité de déploiement et la facilité de mise à jour. Le rapport met également en évidence une tendance lourde : l’hybridation. Nous ne sommes pas dans une configuration où l’on bascule d’un monde à l’autre, mais où les solutions cloud côtoient de plus en plus les solutions traditionnelles (« on premise« ). Du coup, l’enjeu pour les entreprises est maintenant d’encadrer le déploiement de solutions cloud en s’appuyant sur des standards comme OVF (Open Virtualization Format), CIMI (Cloud Infrastructure Management Interface), CDMI (Cloud Data Management Interface), ou encore TOSCA (Topology and Orchestration Specification for Cloud Application). Pour le moment l’adoption de solutions standardisées est encore faible, mais c’est un sujet de préoccupation grandissant chez les DSI ( cf. State Of Cloud Platform Standards).

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Statistiques sur l’usage de technologies cloud open source

Il ne fait maintenant plus aucun doute que l’informatique traditionnelle est sur le déclin. La priorité pour les entreprises va maintenant être de redéfinir leur road map d’évolution autour de solutions de cloud computing pour pouvoir fournir à leurs employés des outils informatiques modernes et performants. Cela ne veut pas dire éradiquer les logiciels, mais adopter une démarche pragmatique pour renouer le dialogue avec des utilisateurs qui sont de plus en plus tentés par des solutions de contournement.

3 commentaires sur “L’avenir de l’informatique d’entreprise est dans le cloud

  1. Pour ma part, je reste sceptique. La sécurité des données est déjà compliquées à assurer avec un réseau local, alors une fois que toutes les données sont sur le cloud…

  2. Comme Simon, je suis d’accord que les données sur le cloud sont exposées aux risques de piratage si elles ne sont pas assez protégées. C’est pourquoi il existe aujourd’hui des logiciels spécialement créés dans le but de cette protection.

  3. Comme Simon et « Logiciel Call center », la sécurité reste le plus grand frein face au développement du cloud.

    Mais Fred a bien expliqué la tendance en mentionnant « Bref, les DSI commencent à perdre la main et n’ont plus d’autres choix que de faire de l’adoption en marche forcée »

    Meme si le cloud propose de nouvelles opportunités autant pour les petits développeurs que pour les grandes multinationales, il s’agit d’une tendance Marketing dont l’adoption se fait à marche forcée.

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