Souvenez-vous, il y a deux ans je vous parlais de Gravity, une start-up qui avait pour ambition de révolutionner les forums : Gravity = Forum 2.0 ?. La particularité de cette start-up était de miser sur un algorithme assez complexe permettant d’enrichir les profils des membres en fonction de leurs lectures / contributions. Traduction : des profils qualifiés en fonction de ce que les utilisateurs font et non de ceux qu’ils connaissent. Cette approche centrée sur les goûts n’est ps nouvelle, car elle est déjà utilisée par des services de recommandation musicale comme Pandora. Celles et ceux qui ont pu tester Pandora il y a quelques années (avant la restriction aux utilisateurs US) savent a quel point leur moteur de recommandation est supérieur aux autres. La clé de cette supériorité est de fonder les recommandations sur les goûts réels des membres (en fonction des musiques qu’ils ont appréciées ou détestées) en non sur les goûts moyens de la communauté (« Les membres qui aiment x aiment aussi y« ).
Tout le problème des systèmes de recommandation communautaires est qu’ils ont tendance à niveler par le bas et ne vous propose que les produits qui ont une bonne popularité moyenne auprès de la communauté. En conséquence de quoi, le système vous recommande les produits les plus connus, ceux que vous connaissez déjà. Par la suite, les moteurs de recommandation ont ajouté une dimension sociale en restreignant le panel à vos amis. OK, mais en quoi mes amis sont légitimes pour me recommander des chansons, films ou fringues ? Toute la fragilité des recommandations fondées sur le graphe social est que mes amis n’ont pas forcément les mêmes goûts ou centres d’intérêt de moi, surtout le second cercle d’amis à la Facebook (les amis d’amis).
Par opposition au social graph (vos amis ou assimilés), le taste graph (ou interest graph) ne repose pas sur vos amis, mais sur les personnes qui partagent les mêmes goûts ou les mêmes centres d’intérêt. Ces personnes peuvent être des parfaits inconnus, mais ils peuvent vous aider à dénicher l’artiste, le film ou la fringue que vous n’auriez pas trouvé tout seul par hasard. Il existe ainsi plusieurs services qui vous proposent de suivre des personnes ayant les mêmes goûts en matière de musique, cinéma ou séries TV comme GetGlue ou le français Ulike récemment racheté par L’Express.
À partir de là, nous pouvons commencer à nous intéresser de très près à des moteurs de recommandation qui cumulent graphes sociaux (ceux que vous connaissez), graphes d’intérêts (ceux qui ont les mêmes goûts que vous) et algorithme auto-apprenant (en fonction de vos déclarations d’intérêt). C’est par exemple la promesse de StyleFeeder, un portail de social shopping.
Certains y voient l’avenir du commerce en ligne, ou plutôt l’évolution logique du social shopping (So What Comes After Social Commerce?), et ils ont bien raison ! Encore faut-il faire les choses correctement et avec un minimum d’ambitions. C’est visiblement pour Hunch, la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley : The Ever-expanding Taste Graph.
Les équipes de Hunch revendiquent ainsi une gigantesque base de données de plus de 30 milliards de connexions qui prend en compte :
Les centres d’intérêt que vous avez déclarés lors de la création de votre profil (une série de questions) ;
Les notes que vous avez attribuées à un certain nombre de produits (directement sur leur site) ;
Les appréciations que vous avez données au travers des Like de Facebook ;
Les lieux que vous avez fréquentés (en récupérant les données de géolocalisation de services comme Foursquare) ;
Les goûts de vos amis (en reliant votre compte à vos profils Facebook et Twitter) ;
Les données issues des sites partenaires qui exploitent la plateforme.
C’est surtout cette dernière possibilité qui rend Hunch particulièrement attractif : pouvoir exploiter le moteur de recommandation et le greffer sur un site de commerce en ligne à l’image de Gifts. J’ai toujours été sceptique sur l’utilisation du graphe social comme moteur de recommandation, mais le fait de combiner graphe social et graphe d’intérêts devrait permettre d’améliorer considérablement la qualité du ciblage et des recommandations : Why the Interest Graph Will Reshape Social Networks and the Next Generation of Internet Business.
Je ne connais pas d’exemple de commerçants français ayant mis en oeuvre ce couplage, ni de retour d’expérience chiffré là-dessus (taux de transformation avec/sans). Si vous avez des sources, merci de les mentionner dans les commentaires.
Saviez-vous qu’Amazon vendait plus de livres au format numérique que de livres en papier ? (Amazon Now Selling More Kindle Books Than All Print Books) La nouvelle peut surprendre, mais elle illustre bien la progression spectaculaire de ce marché en seulement quelques années. Cette statistique ne concerne cependant que le marché US car le contexte français (et européen) est bien différent : Amazon prépare ainsi un lancement du Kindle dans l’hexagone pour la fin de l’année, un facteur fortement disruptif pour ce marché encore naissant, mais devra encore composer avec la toute récente extension de la loi sur le prix unique aux ebooks. Même si cette loi nous ridiculise aux yeux du monde (French Government pass law forcing ebook publishers to fix prices of individual ebooks), le potentiel du marché reste immense. Je vous propose avec cet article de faire un point sur la situation à mi-2011.
Définition et genèse des ebooks
Wikipedia définit les ebooks comme des « publications digitales intégrant du texte et des images et pouvant être lues sur un ordinateur ou un terminal adapté« . Cette définition élargit ainsi la notion de livre numérisé qui induit l’existence d’une version papier (ce qui n’est pas systématique, loin de là). A partir de cette définition, nous pouvons donc exclure les magazines en ligne (trop sophistiqués dans leur mise en page et les types de contenus qu’ils proposent) ainsi que les oeuvres enrichies qui intègrent de la vidéo et des animations comme Sherlock Holmes ou le récent Our Choice. Ceci étant dit, les ebooks ne sont pas condamnés à exploiter un format aussi pauvre que du texte en N&B (cf. À quand des ebooks enrichis ?).
Les livres électroniques (ebooks) sont donc indissociables des liseuses électroniques (ereaders), au même titre que les baladeurs numériques sont indissociables des fichiers MP3 (même s’il est possible de les lire sur un ordinateur). Quand on aborde le sujet des livres électroniques, la confusion est généralement faite entre liseuses et tablettes. La faute en revient très certainement à Apple qui n’a aucun scrupule à survendre sur iPad. En un mot comme en cent : les liseuses électroniques sont avant tout destinés aux lecteurs réguliers et non aux lecteurs occasionnels qui leur préfèreront les touchbooks (plus chers, mais offrant des usages plus larges). Pour vous aider à bien appréhender la différence entre une liseuse électronique et une tablette, il suffit de se référer aux usages : L’iPad est une formidable machine, mais vous ne vous en servirez pas pour lire un roman en vacances (car trop encombrant et avec une trop faible autonomie), dans le métro (à cause du risque de vol) ou dans votre lit (car l’écran n’est pas adapté à la lecture prolongée). Par opposition, le Kindle vous permet de faire tout ceci, car c’est un appareil bon marché, très compact, avec une autonomie record et une technologie adaptée (l’encre électronique).
Non, les liseuses ne sont pas des produits de masse, contrairement aux touchbooks qui ambitionnent de toucher un public très large. Le livre électronique est donc un produit de niche, tout comme le livre (quelle est la part de la population qui achète plus de deux livres par an ?).
Les premières expérimentations de livre et liseuses électroniques remontent aux années 70 au sein du PARC avec le Dynabook. L’acte de naissance du ebook est selon moi intimement lié au lancement commercial de liseuses à encre électronique. Si je ne dis pas de bêtises, c’est Sony qui a commercialisé le premier des terminaux à encre électronique, mais le segment n’a réellement décollé qu’en 2007 avec le lancement du Kindle par Amazon.
Ce n’est pas tant la machine en elle-même qui a popularisé les ebooks mais plutôt tout le dispositif qui va autour avec un circuit intégré de promotion / commercialisation / distribution / consommation. Amazon a-t-il copié son modèle sur celui de’iTunes pour la musique ? Je ne me risquerais pas à une comparaison abusive. Toujours est-il que l’on ne peut que constater l’efficacité de ce dispositif. Notez qu’Amazon n’est pas le premier acteur à proposer une chaine de distribution / consommation intégrée (Sony édite également une boutique en ligne de ebooks), mais il a été le premier à le lancer à l’échelle industrielle.
Des usages et contenus spécifiques
Il n’y a pas réellement de limitations aux usages que l’on peut faire des liseuses, ils sont cependant majoritairement représentés par les usages personnels (lire des livres), même si les usages autour de l’éducation sont en pleine maturation.
Si l’on raisonne en terme de contenus, les seules limites sont imposées par les machines et leurs capacités. On dénombre ainsi les contenus suivants :
Romans, essais et livres professionnels ;
Livres d’apprentissage avec exercices auto-corrigés ou non (exemple : apprentissage de langue étrangère) ;
Guides (cuisine, voyage…) ;
Journaux ;
Bandes dessinées ;
Jeux (ex : mots croisés)…
Encore une fois, les liseuses ne sont pas limités à la lecture de livres électroniques. Même si l’affichage reposant sur l’encre électronique est plus limitatif que les écrans LCD, nous pouvons imaginer tout un tas d’usages possibles. La seule barrière à la diversification des usages est de nature technique (hardware ou software). Pour le moment, seul le Kindle propose un SDK aux éditeurs tiers pou qu’ils puissent proposer des applications sortant du cadre de la lecture, mais les concurrents ne devraient pas tarder à suivre cet exemple. Attendez que Google se décide enfin à lancer sa machine (ou à trouver un partenaire pou le faire) et la course à l’innovation battra son plein.
Mais dans l’immédiat, les constructeurs semblent tous obnubilés par une seule innovation technologique : l’encre électronique couleur. Avec une technologie viable (qualité du rendu, autonomie….), les liseuses électroniques deviendront des terminaux de consultation bien plus versatiles et rendront plus attractif la consommation de BD, quotidiens ou guides de voyage. La technologie Mirasol de Qualcomm semble être à ce jour la plus prometteuse, même si elle ne sera pas commercialement prête avant la fin de l’année. Nous pouvons aisément anticiper un second stade d’évolution du marché dès que la technologie d’encre électronique couleur sera disponible auprès du grand public (probablement en 2012).
Encore et toujours la bataille des formats
Qui dit ebook, dit formats de ebook. Malheureusement le petit monde du livre électronique n’échappe pas à la fatalité des contenus numériques : la multiplication des formats. Il existe en théorie un format universel pour les contenus numériques figés : PDF. Les constructeurs et éditeurs ont dû néanmoins estimer que ce format n’était pas assez rigoureux dans la gestion des droits ou qu’Adobe récupérerait une position trop dominante. Résultat : il n’existe pas aujourd’hui de standard reconnu par l’ensemble des acteurs. Plusieurs formats coexistent : ePub, AZW, Mobipocket… (Comparatif des formats de livres électroniques). Pour vous y retrouver, je vous propose le tableau comparatif suivant :
Donc comme vous pouvez le constater, ePub pourrait s’imposer comme le format de référence. Mais il n’est malheureusement pas reconnu par le Kindle (afin de verrouiller le circuit de distribution d’Amazon). Nous pouvons cependant espérer que la situation va se débloquer avec la rumeur d’une probable compatibilité : Le Kindle bientôt compatible avec le format ePub ?
Cartographie des acteurs
Je n’ai ni l’ambition, ni le courage de vous présenter une cartographie complète des acteurs de la filière. D’autant plus que d’autres le font bien mieux que moi, notamment Romain Champourlier qui édite cette très bonne infographie : Quelques acteurs de la chaîne du livre numérique.
Attardons-nous sur certains acteurs de cet écosystème :
Amazon. Difficile de ne pas évoquer le géant US tant il s’est approprié le segment avec son Kindle. La position dominante d’Amazon repose ainsi à la fois sur sa boutique et son terminal, mais aussi sur les différents logiciels de lecture (disponibles sur iPhone, iPad, Android…), l’offre d’autopublication Singles, les plateformes sociales comme Shelfari… Je pense ne pas me tromper en disant qu’Amazon a développé des leviers concurrentiels qui le mettent à l’abri pour de nombreuses années. Reste encore au géant de Seattle de ne pas se laisser rattraper par des concurrents indrects comme Barnes & Nobles (qui vient tout juste de sortir deux nouveaux terminaux).
Sony. Pionnier sur le créneau des liseuses, le géant japonais a développé une gamme assez complète de liseuses ainsi qu’un circuit de distribution cohérent. Même si le savoir-faire technologique est indéniable, Sony devra investir fortement en R&D pour ne pas se faire damer le pion par d’autres acteurs industriels comme son grand rival Samsung qui affiche également de grandes ambitions en ce domaine.
Apple. Je me suis déjà exprimé en début d’article sur le fait que l’iPad n’est pas un concurrent direct pour les liseuses électroniques (destinées aux grands lecteurs). Toujours est-il que la propagande d’Apple tourne à plein régime et que les plus grands éditeurs US ont rejoint l’App Store d’iTunes. Loin de moi l’idée de dénigrer les qualités indéniables de l’iPad, mais cette machine n’a pas été conçue pour la lecture à l’écran. Par contre, rien n’empêche Apple de se spécialiser dans les produits hybrides à mi-chemin entre livre et application (à l’image de ce que font des éditeurs comme Atomic Antelope et Moving Tales).
Bookeen. Non seulement ce constructeur indépendant est français (Cocorico !), mais ils proposent en plus des machines tout à fait crédibles avec un positionnement d’entrée de gamme. Sont-ils de taille à lutter face aux constructeurs asiatiques ? Peut-être, car ils ont l’expérience et les compétences (cf. Bookeen, une nouvelle prouesse technique sur écran E-Ink). Pour que cette strat-up se transforme en success-story il leur faudrait le soutien d’autres acteurs de la filière comme par exemple les grands éditeurs français ou encore le Ministère de l’Éducation Nationale qui pourrait développer des pratiques d’enseignement reposant sur les livres électroniques à très grande échelle. Attention également à ne pas se laisser rattraper par d’autres « petits » constructeurs comme le canadien Kobo.
FNAC. Grand concurrent d’Amazon sur la distribution de produits culturels (et notamment les livres), la FNAC a lancé son FnacBook l’année dernière. Je ne me risquerais pas à faire de commentaires sur le succès ou l’échec relatif de cette initiative avant d’avoir des chiffres précis en main (ce qui n’est pas le cas).
Je sais bien qu’il est tentant de vous faire le coup de « Chez nous c’est différent de chez les autres« , il n’empêche qu’entre les nombreux éditeurs de dimension internationale, Booken et la Fnac, la France a toutes les cartes en main pour développer un marché auto-suffisant et hermétique aux acteurs US (Amazon, Apple) et asiatiques (Sony, Samsung). Sauf que, comme c’est bien trop souvent le cas, les acteurs français préfèrent dépenser une énergie considérable pour geler le marché plutôt que de s’associer et d’innover. Sans commentaire…
Dans tout ça vous noterez que le grand absent est Google. Je ne suis pas devin, mais entre Google Books, Google EbookStore et la récente acquisition de eBook Technologies, il ne manque pas grand-chose à Google pour se lancer dans la course. Normalement Amazon devrait opérer un lancement commercial du Kindle en France pour la fin de l’année, si Google s’y met, ça va être une sacrée bataille !
De nombreux modèles économiques
Si vous pensez que la seule façon de gagner de l’argent est de vendre des livres électroniques à l’unité, vous êtes loin du compte. Il existe ainsi une infinité de modèles économiques pour monétiser des ebooks, ces modèles sont directement hérités de pratiques élaborées pour les jeux en ligne ou la musique.
Le try-and-buy où les premiers chapitres sont distribués gratuitement ;
L’abonnement à un livre et ses suites ou mises à jour (comme le propose O’Reilly) ;
L’abonnement un service de consommation à volonté comme 24Symbols ;
L’abonnement à un service de type club qui sponsorise fortement la liseuse, mais vous impose l’achat d’un minimum de titres par an ;
La location de livres électroniques pour une durée déterminée à l’avance…
Encore une fois, nous n’en sommes qu’au tout début de la monétisation des livres électroniques, donc les modèles peuvent être parfaitement diversifiés. Sauf que, encore une fois la France ne s’illustre pas et tente de verrouiller ce marché avec dans un premier temps une entente illégale puis une action de lobbying ayant débouché sur l’extension de la réglementation sur le prix du livre : Une entente illégale sur les prix des ebooks en France?, Chronique d’une perquisition dans l’édition française et L’Europe, dernier obstacle à la loi sur le prix du livre numérique. Difficile pour le moment de savoir comment tout ça va évoluer, mais certains invoquent déjà la réglementation européenne pour lever ce blocus.
Quels enjeux pour les deux prochaines années ?
Comme précisé en début d’article, Amazon vend aux États-Unis plus de livres électroniques que de livres en papier. Il y a fort à parier que ce succès va faire des envieux et que les deux prochaines années vont être particulièrement riches en innovations et transformations. Mais avant de retrouver une configuration de marché comme celle des États-Unis, les acteurs devront relever un certain nombre de défis :p
Faire évoluer les métiers de la filière vers un nouveau paradigme. Les éditeurs traditionnels devront ainsi faire une révolution interne pour profiter des opportunités offertes (cycle de publication plus court, explosion de la chaine de distribution…). Les auteurs joueront un rôle important dans cette transformation avec notamment la possibilité d’assurer eux-mêmes leur promotion au travers des médias sociaux (et même leur publication). Les portails de distribution devront également jouer un rôle important dans la fonction de recommandation (avec notamment des algorithmes autoapprenant comme celui de Pandora utilisé dans la musique).
Lutter contre le piratage. Les maisons d’édition sont aujourd’hui extrêmement concernées par le piratage et redoutent que le problème auquel doivent faire face les industries du disque, de la vidéo et du jeu se propage aux livres électroniques (L’HADOPI s’intéresse au livre numérique et prépare son label). La solution semble donc venir des mécanismes de DRM (gestion des droits numériques), mais qui sont remis en cause par les clients qui souhaiteraient pouvoir consommer un livre sur différent support ou le prêter (cf. La déclaration des droits numériques du lecteur).
Limiter la pollution. Avec les services d’autopublication et les livres sponsorisés, il y a fort à parier que les dermes de contenus vont s’intéresser de très près au secteur des livres numériques et en profiter pour inonder le marché avec des contenus de basse qualité : E-Books, The New Frontier for Content Farms.
Démontrer la valeur ajoutée des liseuses électronique vis-vis des tablettes. J’ai déjà précisé que les liseuses étaient pour moi des produits de niche. Toute la question est de pouvoir délimiter les contours de cette niche. Nous commençons déjà à voir des fabricants de liseuses lorgner du côté des touchbooks (comme c’est déjà le cas avec B&N dont le dernier Nook est propulsé par Android). La rumeur veut qu’Amazon y succombe à sont tour et sortirait sa propre tablette d’ici la rentrée 2011. Si cette rumeur se vérifie, l’ambigüité sera encore plus forte.
Outre ces enjeux qui concernent le domaine commercial BtoC, de nombreux défis sont également à relever dans le domaine professionnel avec notamment les formidables opportunités en matière d’éducation. Mais chaque chose en son temps, pour le moment le marché français est encore balbutiant et le débat autour du prix du livre est une priorité. Une fois la situation stabilisée, de nombreuses opportunités ont alors s’ouvrir aux marques qui pourront en profiter pour trouver de nouveaux leviers de visibilité. Mais cela fera l’objet d’un prochain article…
Ce mois de mai 2011 aura été une succession de belles journées ensoleillées, je vous propose donc une sélection de sites qui sentent bon l’été.
Il y a tout d’abord Wee Nudge, un projet original de deux web designeurs qui ont compilé une série de sources pour pouvoir argumenter plus facilement leurs choix de conception :
J’adore la simplicité de cette mise en page avec beaucoup d’aération sur la partie haute et les côtés de la page. L’impression de vide que peuvent engendrer des espaces dégagés comme ceux-ci est néanmoins atténuée par le motif du fond de page. J’apprécie également l’utilisation astucieuse du rouge pour mettre en valeur le titre ainsi que les liens et les boutons. Un site sans prétention, mais qui fonctionne parfaitement.
Continuons avec le site de Sacred June, un groupe folk US :
Encore une belle page nettoyée de tout le contenu inutile et une très belle illustration en (quasi) pleine page. Vous apprécierez la belle harmonie des couleurs dans les tons bruns (couleur de la terre, donc des racines et de la stabilité) ainsi que le raffinement du bord des photos. Bon par contre, je ne comprends pas pourquoi ils ont impérativement tenu à faire déborder sur le haut de la page le lecteur et pourquoi ils ont utilisés des items de navigation en lettre capitale (une affreusemanie de bon nombre de designeurs). Notez qu’ils proposent également une version mobile.
Terminons en beauté avec Olasul, une marque de fringues d’été :
Même si encore une fois les titres sont en majuscules (Grrrrrr!), cette page d’accueil est un modèle de sobriété qui fait un parfait usage des espaces vides (« white spaces » en anglais, cf. les liens dans le premier site). La grande photo sert à poser l’ambiance de la marque et la promesse est immanquable (livraison gratuite). Le reste du site capitalise sur cette tendance minimaliste et renforce le contraste entre le fond blanc des pages et les fringues de couleur.
Développer sa présence sur Facebook n’est pas une mince affaire, ça peut même devenir rapidement intimidant. Il existe déjà un certain nombre de livrets blancs et d’études sur le sujet, mais comme dit le proverbe : « On est jamais mieux servi que par sois-même« . Dans cette optique, les équipes de Facebook sont petit à petit en train de mettre en ligne un certain nombre de ressources tout à fait intéressantes pour vous aider dans vos campagnes de recrutement, de fidélisation…
Pour le moment le plus gros de ce contenu est en anglais, mais visiblement les traductions sont en cours. Je vous propose donc un rapide tour d’horizon des contenus disponibles :
Il y a tout d’abord les différentes centres de ressources sur Pages, Ads, Marketing Solutions, Commerce… sur lesquelles vous trouverez des FAQs, études de cas et autres infos additionnelles ;
Il y a ensuite les mini-sites dédiés à des solutions en particulier comme Sponsored Stories ou Deals ou vous trouverez des explications et guides au format PDF ;
Il y a également le Facebook Studio qui propose des tutoriels vidéo (Learning Lab) et des études de cas ;
Et pour finir, ils fournissent quelques chiffres sur Facebook Statistics, mais les données ne sont pas vraiment à jour (je préfère encore aller voir sur AllFacebook ou InsideFacebook).
Avec toutes ces sources, vous avez largement de quoi préparer vos premiers pas sur la plateforme et mieux appréhender vos premières campagnes. Notez qu’il existe des équivalents chez Twitter et Foursquare, mais en moins riche. Si vous avez d’autres sources fiables, n’hésitez pas à les publier dans les commentaires (avec les liens mais sans le spam SVP).
Voilà plus de 3 ans que je rédige ce blog. Vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais j’y parle essentiellement de ses sites de marques (des producteurs) et très rarement des sites de distributeurs. Pourquoi, car les distributeurs subissent des contraintes que les marques n’ont pas et sont bien (trop) souvent obligé de niveler par le bas la présentation des produits.
Pour les distributeurs, réaliser une boutique riche est ainsi une tâche beaucoup plus complexe que pour les producteurs car les « généralistes » sont en effet tributaires des marques à la fois pour les visuels et les descriptions des produits. Si une marque n’est pas capable de fournir des photos de qualité (ou des vidéos), le distributeur ne va pas pouvoir faire de miracle. Non seulement il faut avoir les produits à disposition (dans les différentes configurations / coloris), mais il faut également avoir le matériel et le personnel pour réaliser des photos de qualité. Darty le fait par exemple pour les APN mais cela représente un investissement important.
Vente-Privée réalise également ses propres séances de shooting, mais doit avoir pour cela un arrangement avec les marques qui déstockent. Dans le cas précis des APN, les fabricants vont même plus loin, car ils proposent même des présentations détaillées des produits sous forme de démonstrations interactives et autres configurateurs (ici chez Canon) :
De même, les marques maitrisent également bien mieux les descriptions des produits tout comme les caractéristiques techniques. Les descriptions et caractéristiques sont généralement transmises sous forme de fichiers textes à plat qui rendent très compliquée la valorisation des USP et forcent généralement les distributeurs à retravailler ces contenus, ou pas ! Et c’est généralement là que ces derniers sont défavorisés : si la marque fournit des descriptions trop succinctes ou si le tableau de caractéristiques n’est pas bien formaté, ça donne des fiches produits bancales (ici chez MisterGoodDeal, mais rassurez-vous une refonte est en cours) :
Puisque l’on parle des caractéristiques, les distributeurs utilisent généralement des modules de comparaison génériques qui se contentent de listes les caractéristiques. Les marques ont toute la latitude de proposer des tableaux qui mettent en avant les différences ou qui proposent des caractéristiques d’usage plutôt que techniques (ici chez Dyson) :
Dernier point : la mise en page des fiches produit. Autant un distributeur généraliste doit généralement utiliser un gabarit standard pour tous ses produits (ce qui peut poser des problèmes quand la gamme est très large), alors qu’une marque peut formater ses pages produit en fonction de ce qu’elle souhaite mettre en avant. Illustration chez Archiduchesse avec de grandes photos et une toute petite description :
Bref, pas évident pour un distributeur de valoriser les produits alors qu’il subit de fortes contraintes. Une marque bénéficie naturellement d’une bien plus large liberté pour mettre en scène ses produits et les commercialiser à se guise (quitte à utiliser un showroom et une boutique à tunnel de commande simplifié).
Heureusement tout n’est pas perdu d’avance et certains distributeurs font preuve d’imagination pour se différencier à l’image d’Headict qui utilise des silhouettes pour présenter les produits :
Même s’il y a de fortes contraintes, les distributeurs peuvent donc avoir recours à des astuces pour se différencier autrement que par les promotions :
Utiliser une mise en scène particulière des produits avec des visuels détournés (comme l’exemple ci-dessus) ou des descriptions rigolotes comme chez Petit Zèbre ;
Investir dans du matériel semi-pro comme les packshot creator (qui existe en achat mutualisé et en location si je ne dis pas de bêtises) ;
Négocier avec les marques pour récupérer des visuels ou contenus bruts et créer des shop-in-shop utilisant des gabarits pré-formatés pour limiter les coûts d’intégration.
Je suis bien conscient qu’opérer une boutique en ligne est un travail de titan et que ce type de raffinements engendre des investissements et demande de l’énergie supplémentaire, mais n’est-ce pas un levier de différenciation efficace pour séduire les internautes sans tomber dans la spirale infernale des promotions ou le référencement payant.
Vaste sujet auquel je ne prétends pas avoir de réponse ultime, mais dont l’adorerais discuter avec vous dans les commentaires…
Manage Cookie Consent
We use cookies to optimize our website and our service.
Functional
Toujours activé
The technical storage or access is strictly necessary for the legitimate purpose of enabling the use of a specific service explicitly requested by the subscriber or user, or for the sole purpose of carrying out the transmission of a communication over an electronic communications network.
Preferences
The technical storage or access is necessary for the legitimate purpose of storing preferences that are not requested by the subscriber or user.
Statistics
The technical storage or access that is used exclusively for statistical purposes.The technical storage or access that is used exclusively for anonymous statistical purposes. Without a subpoena, voluntary compliance on the part of your Internet Service Provider, or additional records from a third party, information stored or retrieved for this purpose alone cannot usually be used to identify you.
Marketing
The technical storage or access is required to create user profiles to send advertising, or to track the user on a website or across several websites for similar marketing purposes.