Les 15 tendances technologiques à surveiller par Forrester

Le cabinet Forrester, que l’on ne présente plus, vient de publier une étude très intéressante sur les 15 tendances « technologiques » à surveiller : The Top 15 Technology Trends EA Should Watch . Bien que le terme ne soit mentionné nul part dans ce rapport, nous y retrouvons des concepts et outils fortement liés à l’Entreprise 2.0.

Le rapport débute son argumentation avec le rappel des 4 grandes vagues d’innovation (passée et à venir) pour les entreprise : Les mainframes, les ordinateurs individuels, internet et les applications en réseau.

FourthWaveOfIT

Nous sommes donc entré dans une période charnière où nos applications en réseau et autres plateformes de collaboration en ligne vont basculer dans l’ère de l’informatique omniprésente.

L’auteur de l’étude a donc identifié 15 tendances d’évolution qui vont accompagner cette quatrième vague d’innovation, à commencer par le social computing :

  • Les plateformes de collaboration qui vont passer d’un modèle centré sur les documents (les anciennes version de Notes ou Sharepoint) à un modèle centré sur les individus (comme les offres récente de SocialText ou blueKiwi) ;
  • Les communautés de clients qui vont être progressivement intégrées aux applications d’entreprise que se soit pour centraliser les échanges sur différents supports (cf. les solutions de messagerie unifiée) ou pour adopter une forme de collaboration étendu (cf. l’extraprise) ;
  • La téléprésence qui peut prendre différentes formes (vidéo-conférence HD, virtual workspace…).

Il y a également les innovations concernant la maturation des données :

  • Flux d’information et de collaboration en temps réel (j’ai déjà abordé plusieurs fois les bienfaits du microblogging en entreprise) ;
  • Business Intelligence en temps réel (ex : Solutions d’analyse d’audience ou surveillance des discussions en temps réel) ;
  • Modèle de données universel pour faciliter leur circulation (flux RSS…) ou leur exploitation (mashup d’entreprise…).

Il y a ensuite toutes les innovations concernant l’évolution des outils et applications :

  • SaaS intégrées aux applications critiques ;
  • Data-on-the-Cloud et PaaS (Platform as a Service) pour accélérer le déploiement et la montée en charge d’applications ;
  • Virtualisation de client, toujours dans cette optique d’optimisation des couts et de performance.

Nous avons enfin L’arrivée en force de la mobilité :

  • Déclinaison mobile des applications et processus métier (il n’est pas question de répliquer une application en version mobile mais de proposer une version dégradée mais fonctionnelle) ;
  • Adaptation des accès et terminaux aux besoins, l’idée est d’équiper un maximum de collaborateurs en fonction de leurs besoins plutôt que de fournir un petit nombre de PC portables /carte 3G+ / smartphones uniquement aux cadres supérieurs.

D’autres tendances d’évolution sont mentionnées dans l’étude mais je ne vous présente là que celles qui sont en rapport avec l’Entreprise 2.0, soit une large majorité.

Je pense que ce qu’il faut retenir de cette étude (et de ces tendances d’évolution) sont les domaines-clés à surveiller ne sont pas nécessairement les applications en ligne façon SaaS et le cloud-computing car les offres du marché ont déjà atteint un certain niveau de maturité, mais plutôt des domaines comme la politique de gestion des données (Enterprise Information Architecture), la mobilité (qui ne s’arrête pas quelques Blackberry distribués ça et là) et la remise des collaborateurs au centre du S.I. et des processus (première étape indispensable à une dynamique de collaboration efficace).

Un sondage pour répetorier l’emplacement des éléments génériques

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous parler des bibliothèques de conception d’éléments d’interface (« design pattern gallery« ). Aujourd’hui j’aborde à nouveau ce sujet mais pour une bonne cause. Le site UI-Patterns mène en effet une grande enquête auprès de ces lecteurs pour constituer une base de données statistique sur l’emplacement des éléments génériques d’un site web (logo, aide, recherche, navigation…) : UI Patterns Servey. En fait l’idée n’est pas de définir un emplacement idéal (car cela dépend de trop de variables) mais plutôt de répertorier les emplacements génériques pour les plus gros sites et d’en faire des statistiques.

16 éléments sont ainsi listés et il est possible de consulter les résultats (comme ici l’emplacement du lien de retour à la page d’accueil sur près de 80 sites) :

Statistique d'emplacement du lien de retour vers la page d'accueil
Statistique d'emplacement du lien de retour vers la page d'accueil

Vous noterez que les résultats sont assez similaires à ceux de la bibliothèque Web Design Practice :

xx
Autre statistique d'emplacement du lien de retour vers la page d'accueil

En totu cas une initiative tout à fait intéressante pour ce constituer une base de référence et pouvoir argumenter dans la cadre d’un projet.

(via Imazine)

Synthèse des annonces de Adobe Max 2009

Voilà, la grande convention annuelle d’Adobe s’achève. Il est maintenant temps pour moi de vous faire une synthèse des nouveautés de ce MAX 2009.

Un nouveau Flash Player universel

Flash Player 10.1 disponible au premier trimestre 2010, cette nouvelle version sera la première « compatible » avec l’initiative Open Screen Project : Adobe Unveils First Full Flash Player for Mobile Devices and PCs. Concrètement cela veut dire que le prochain Flash Player sera disponible pour un très grand nombre de terminaux alternatifs (téléphones mobiles, smartphones, set-top-boxes…) et qu’il garantira un comportement homogène quel que soit l’environnement ciblé. Pour faire simple : un Flash Player universel.

Est-ce une bonne chose ? Oui tout à fait car cela permettra aux développeurs d’animations / applications Flash de les déployer n’importe où. Est-ce réaliste ? Non pas réellement dans la mesure où chaque terminal possède des spécificités dont il faut impérativement tenir compte (affichage, périphériques de saisie…).

Ce Flash Player universel est une première étape qui ne sera validée qu’avec la livraison d’outils d’édition permettant d’anticiper et de tester les particularités de chacun de ces terminaux. Device Central est l’outil idéal pour faire ça mais il faudrait le remettre à niveau.

Meilleure prise en compte des terminaux alternatifs

Outre des poids lourds comme Google et RIM qui ont annoncé leur volonté de rejoindre le consortium Open Screen Project, un certain nombre de partenariats industriels ont été passé avec des acteurs comme Nvidia, Qualcomm et Nokia pour améliorer l’expérience des interfaces riches sur les terminaux alternatifs comme les netbooks et smartphones.

C’est une très bonne chose car force est de constater que jusqu’à présent les interfaces riches n’étaient pas réellement viables sur ces terminaux : impossible par exemple de regarder une vidéo de plus de 30 secondes sur un netbooks sans de gros ralentissements de l’image. Ces industriels ont bien compris que la solution n’est pas d’équiper ces terminaux de processeurs plus puissants mais plutôt de donner accès à la carte graphique via de l’accélération matérielle.

Flash sur l’iPhone (presque)

Belle pirouette d’Adobe qui proposera bientôt la possibilité d’exporter une applications depuis Flash Professional CS5 vers l’iPhone : Adobe Opens iPhone to Flash Developers. Donc en clair il s’agit d’une astuce pour pouvoir palier au refus d’Apple (plus d’infos sur le site dédié Applications for iPhone).

Très honnêtement je ne pense pas que l’on verra du Flash sur l’iPhone avant de nombreuses années. Dans tous les cas de figure Apple est maitre sur son terrain et continuera d’imposer le passage obligatoire par iTunes. De toute façon je doute que l’expérience d’utilisation d’animations et applications Flash conçues pour un ordinateur soit réellement agréable à regarder / consommer sur un iPhone (cf. ce qui est dit plus haut sur Flash et les netbooks).

Une nouvelle version majeure de AIR

Autre nouvelle, la disponibilité au premier trimestre 2010 de la V.2 de AIR : Previewing Adobe AIR 2 at Adobe MAX. Au programme des nouveautés :

  • Amélioration des performances, de la sécurité et de l’accessibilité ;
  • Meilleur prise en charge du hardware, avec notamment la détection de supports de stockage externes (clés USB…) et l’accès à plus de périphériques (micro, accéléromètre…) ;
  • Support du multi-touch pour les terminaux compatibles ;
  • Prise en charge de l’HTML 5 et des CSS 3.

Avec un runetime toujours plus proche de la machine, les équipes d’Adobe vont très certainement frapper un grand coup et attirer toujours plus d’annonceurs. Il reste néanmoins du travail pour convaincre les éditeurs d’applications critiques nécessitant de la puissance. Idéalement je verrais bien une fusion de AIR et de Native Client (ha mince, on me signale que ce produit existe déjà, c’est Google Chrome).

Bon en tout cas moi je crois toujours en la nécessité pour Adobe d’éditer son propre browser (cf. Adobe pourrait-il sortir un browser ?). Ceci a d’ailleurs été confirmé à demi-mot lors qu’une session « presse » avec les équipes de la Flash Platform qui ont déclaré réfléchir sérieusement à la fusion du Flash Player avec Acrobat Reader (l’appellation « Adobe Reader » porterait alors tout son sens).

Plus de productivité dans les outils de développement

Autres annonces :

  • Nouvelles version de Flash Pro avec l’implémentation d’un moteur physique (certainement pour simplifier la tâche des développeurs de jeux en ligne) ;
  • Nouvelle version de Flash Catalyst avec pleins de nouveaux éléments d’interface, une meilleure gestion du texte et de nouveaux effets visuels (cf. Flash Catalyst Beta 2: New Features).

Très clairement l’accent est mit sur la productivité et la collaboration entre les différents membres d’une équipe de conception / développement. Tout ceci devrait encore s’améliorer avec la livraison de la suite complète CS5.

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Voilà, ça fait donc une belle moisson de nouveautés que j’attends de pied ferme pour le début de l’année prochaine.

Votre entreprise a aussi besoin de community managers

Avec l’avènement des médias sociaux, de nouveaux métiers sont apparus pour accompagner ces nouvelles pratiques : social coach, buzz spotters, community managers… Si le rôle de community managers semble maintenant reconnu comme essentiel dans toute démarche d’installation d’une relation durable marque / clients, quand est-il au sein de l’entreprise pour la relation employeur / employés  et employés / employés ?

Partant de ce constat, les échanges sont en ce moment très riches dans la blogosphère et le débat s’étend même aux pratiques de gestion de la relation client : Avec le social CRM l’entreprise 2.0 sort de la boite noire et le marketing change de dimension. L’objectif est donc d’intégrer de façon fine les médias sociaux à la fois dans les relations avec les clients (d’où l’extension ou la modification du programme de CRM) mais également en interne avec les collaborateurs qui ont tout autant besoin d’encadrement, de modération, de support…. On parle ainsi de Social Media Training pour remettre à niveau l’ensemble des collaborateurs sur les pratiques liées aux médias sociaux, sur les bons réflexes à développer et surtout les impairs à ne pas commettre : A Case for Employee Social Media Training.

C’est donc tout naturellement que l’on en vient à se poser la question de savoir quel type de ressource peut assurer cette fonction de community manager en interne : un profil RH ? un profil marketing ou com’ ? La question n’est pas évidente dans la mesure où les fonctions couvertes par ce community manager sont très larges et surtout pas limitées. Illustration avec ce schéma d’ensemble :

community_manager

Je vous recommande à ce sujet le très bon article de Don Hinchcliffe : Community management: The ‘essential’ capability of successful Enterprise 2.0 efforts. Il y est question de la nécessite de mettre en place non pas un mais plusieurs community managers pour accompagner la mise en place de communautés internes ou même externes (comme c’est le cas avec les communautés d’utilisateurs pour les éditeurs de logiciels). Soit une ou plusieurs ressources dédiées secondées par un réseau de « nœuds forts ».

L’idée maitresse de cette réflexion est de se dire qu’une communauté ne peut pas se créer de façon spontanée sans l’intervention de prosélytes et de social champions qui vont à la fois promouvoir les pratiques « sociales » au sein de l’entreprise mais aussi rassurer, accompagner et surtout mesurer. L’enjeu est ici de faire évoluer les méthodes de travail (vers plus de collaboration / partage) et de « neutraliser » les réflexes défensifs (« l’information c’est le pouvoir« , « si je donne tout, je ne sert plus à rien« …).

De ce point de vue là, les services RH ont certainement beaucoup de chose à apprendre des initiatives menées par les services marketing ou com’ dans les médias sociaux car l’expérience est assez proche (même si les utilisateurs des médias sociaux et d’outils d’E2.0 répondent à des motivations / objectifs différents) et parce que les bonnes pratiques sont les mêmes (cf. Twelve best practices for online customer communities). Idem pour les solutions, Atlassian propose ainsi une compatibilité OpenSocial des applications de sa solution de collaboration JIRA : Atlassian JIRA 4.0 Released: OpenSocial Comes To Enterprise.

Je suis persuadé que les fonctions de community managment ne sont qu’une première étape, attendez-vous donc à voir fleurir dans les prochaines années des fonctions plus globales équivalentes aux community architects du monde BtoC mais adaptées à l’entreprise (Chief Network Officer ?).

Un pas de plus vers le web social en temps réel avec Cliqset

Depuis le rachat cet été de FriendFeed par Facebook et la publication du code source de Tornado, le serveur qui va avec, nous pensions que le créneau des services d’agrégation sociale était bouché. Que nenni car Cliqset ambitionne de changer tout cela avec sa nouvelle version qui vient de sortie en beta : It’s Here! Cliqset’s Real-Time Community.

Pour faire simple, Cliquset est un service d’agrégation qui permet de compiler  votre activité sur les différents médias sociaux (70 services en tout), de les retraiter en un format standardiser (Activity Streams) et de le rendre accessible (au travers d’API) dans un flux unique et temps réel : Cliqset Transforms Social Media Feeds Into Standardized, Real-Time Data. En français ça veut dire que vous « brancher » sur Cliqset les tuyaux des services où vous publiez des choses et que le service se charge de les traduire en un format utilisable par d’autres services (dont Facebook, Myspace, Windows Live et même Opera).

cliqset

Pourquoi vouloir retravailler le format de son flux d’activités sociales ? Tout simplement pour ne pas être dépendant du format propriétaire d’un service. C’est donc sur le terrain de la standardisation et de l’interopérabilité que Cliqset a décidé de se démarquer avec notamment une authentification déléguée (via Google Account, Yahoo! Account ou Open ID).

Pour rentrer dans les détails techniques, le fameux format Activity Streams est une émanation du DiSo Project (qui vise à standardiser les médis sociaux) et repose sur XML : Cliqset Relaunches, Joins the Real-Time Streaming Club. OK très bien, mais il existe d’autres formats de dialogue en temps-réel comme l’imprononçable Pubsubhubbub ou encore RSSCloud proposé par WordPress. Certes, mais Cliqset propose en plus le reformatage.

Une nouvelle très intéressante mais qui s’accompagne des suspicions d’usage : Si le service est gratuit, comment vont-ils gagner de l’argent ? Que vont-ils faire de toutes ces données ? Quel est l’intérêt de passer par un intermédiaire si de toute façon mon lifestream finit sur Facebook ?

Bref, même si l’exploit technique est intéressant, ce n’est tout de même pas simple e s’attaquer au mastodonte FriendFeed / Facebook. J’attends de recevoir un code pour tester la beta…