De l’obligation d’être pertinent sur les médias sociaux

La semaine dernière est parue une étude qui a fait grand bruit : Majority Of People Have Abandoned Brands On Facebook And Twitter. Cette étude nous révèle ainsi un certain nombre de statistiques intéressantes :

  • 81% des utilisateurs ont supprimé un message de la part d’une marque de leur wall, 41% se sont désabonnés du flux Twitter d’une marque ;
  • 71% des utilisateurs se disent plus sélectif sur les marques qu’elles vont « liker » et 77% sont plus regardants sur le fait de donner leur email aux marques.

De même, cette étude, réalisée par ExactTarget, nous donne les principales raisons du désabonnement des membres aux pages des marques :

Les raisons du désabonnement aux pages des marques sur Facebook

De ces chiffres, nous pouvons tirer trois constats :

  • Les marques ne peuvent pas « forcer » leur visibilité sur Facebook en publiant plus de messages (car elles sont sanctionnées par un désabonnement) ;
  • De nombreux fans ne sont motivés que par les réductions et offres promotionnelles ;
  • Il faut du contenu et des interactions de qualité pour entretenir les discussions.

OK… ceci étant dit, avez-vous réellement appris quelque chose ? Nous n’avons pas besoin d’une étude pour nous apprendre ce genre de choses. Par contre, les statistiques fournies peuvent être des arguments efficaces pour établir une présence viable ou débloquer le budget permettant de mettre en place une organisation adéquate.

Pourtant il existait déjà des études qui annonçaient l’inévitable désaffection des membres pour les marques pour les marques sur les médias sociaux. L’étude de Performics était ainsi très explicite sur les motivations d’une partie des fans (« par curiosité« , « pour profiter d’un avantage« , « pour obtenir des réductions« ). Traduction : fans mal acquis ne profite jamais.

Les raisons d'abonnement aux pages des marques

Nous savons maintenant que les fans ne sont pas tous égaux et que seule une partie est réellement fidèle et prête à engager une relation durable. Relation durable = conversations à valeur ajoutée. J’imagine qu’il y aura toujours des membres pour discuter de façon informelle, mais les utilisateurs sont avant tout à la recherche d’interactions sociales concrètes. La dernière étude de TNS/sofres nous confirme cela : 44% des utilisateurs souhaitent influer le comportement des entreprises et marques. Nous sommes bien d’accord sur le fait qu’influer le comportement des entreprises ne veut pas dire subir le spam social des marques. Être pertinent ne veut pas dire délivrer des messages publicitaires, mais trouver les sujets de conversations qui sont en rapport avec les attentes des membres.

Vous n’avez pas besoin d’être expert en médias sociaux (ni même de lire ce blog) pour comprendre qu’une relation initiée sur la promesse de prix bas n’ira pas très loin. J’ai la terrible impression de me répéter, mais les médias sociaux sont avant tout des territoires d’échanges et d’interactions sociales, pas des canaux de distribution de messages publicitaires. Là encore, il existe moult statistiques pour vous rappeler que la publicité traditionnelle ne fonctionne pas sur les médias sociaux : Le taux de clic des publicités sur Facebook est 10 fois plus faible que sur Google, Facebook Ad Performance Is Abysmal et Facebook Ads Become Irrelevant After Just A Few Days.

Le seul et unique moyen de tirer un bénéfice réel des médias sociaux pour une marque est d’initier une présence durable reposant sur du contenu à valeur ajoutée et des conversations de qualité. Peut-être que la nouvelle structure des pages ainsi que les nouveautés outils vont permettre aux annonceurs de mieux s’organiser et d’envisager une présence plus viable : Facebook New Pages Redesign: A Comprehensive Step by Step Guide, Un meilleur community management grâce aux fonctionnalités de Facebook et 10 étapes pour intégrer une Iframe App plutôt qu’un onglet FBML sur sa Page Facebook.

En conclusion, je ne sais pas trop ajouter de plus que ce que je répète sur ce blog (et les autres) depuis 2 ans : les médias sociaux répondent à d’autres règles que les médias traditionnels, les membres s’y comportent de façon différente et attendent d’autres choses et interactions sociales que ce qu’ils trouvent ailleurs. Je vous donne donc rendez-vous dans un mois pour répéter à nouveau ce même message (car je doute que la situation change beaucoup d’ici là).

Pourquoi Chuck Norris est-il l’idole des geeks ?

En voilà une question intéressante. J’avais déjà remarqué un nombre impressionnant de billets et autres mini-applications qui mettaient Chuck Norris en scène.

Puis il y a eu le « spécial » Chuck Norris de Will It Blend?

Et maintenant ça (saisissez « find chuck norris » dans le champ de recherche et cliquez sur le bouton « I’m Feeling Lucky« ) :

Google_Norris.jpg

Bon rassurez-vous, cette page est bidon, elle reprend le look des pages de résultat de Google mais ce n’en est pas une.

Même si Invasion USA est sans aucun doute le meilleur film des années 80, je ne comprends pas bien comment Chuck est devenu une des figures emblématiques de la culture geek

(via Battlle Media)

Hypothèses d’évolution pour les univers virtuels

Aujourd’hui je suis d’humeur joueuse. Voilà pourquoi je vous propose une nouvelle série de prédictions qui concerne les univers virtuels. Je tiens au préalable à préciser que ces prédictions ne s’appuient sur aucune démarche scientifique ou ayant un minimum de rigueur, mais plutôt sur mon intuition.

1/ Second Life devient complètement open source et s’enlise dans une guerre civile

Suite à l’ouverture du code source de son logiciel client, l’équipe de Linden Lab libère le reste de son code et se concentre sur les aspects politiques, législatifs et économiques de Second Life. Ce dernier bascule alors dans l’anarchie la plus totale où 3 clans s’affrontent dans une guerre civile : les gothiques, les fans de manga et les propriétaires de Scion.

2/ Yahoo! rachète Taatu

Pour anticiper une montée en puissance des univers virtuels, et pour rattraper son retard, Yahoo! se paye le petit dernier de la bande (Taatu) qu’il s’empresse de renommer Yahoo! World. Ce rachat permet à Yahoo! d’accélérer le développement de pratiques commerciales autour de ses avatars et de trouver de nouveaux espaces publicitaires.

3/Sony rachète Dofus

Everquest étant totalement tombé aux oubliettes face à World of Warcraft, Sony décide une contre-offensive en rachetant le MMORPG français Dofus. Dans la mesure où il n’y a pas besoin d’installer de logiciel pour y jouer (tout est en flash, mais il existe également un client Dofus), les têtes pensantes de Sony voient dans ce jeu une alternative très intéressante… mais décident tout de même d’en faire des adaptations PS3 et PSP.

4/ Meetic rachète Naughty America

Avec l’argent récupéré en bourse, le site de rencontre Meetic se paye le seul univers virtuel réservé aux adultes : Naughty America. Ce rachat leur permet à la fois de s’implanter aux USA, mais en plus de toucher une audience plus jeune.

5/ CyWorld est nationalisé

Suite à une baisse généralisée de la productivité de ces ressortissants, le ministère de la culture Coréen décide de nationaliser et de fusionner CyWorld et OhMyNews. L’objectif étant de mieux contrôler l’addiction des coréens pour les univers virtuels et internet en général. Ceci permet également au ministère de l’intérieur d’infiltrer des réseaux de gamers Nord coréens.

6/ World of Warcraft se politise

A l’instar du Front National ou de Ségolène qui investissent Second Life, Philippe de Villiers décide de se payer un paladin de niveau 80 pour partir en croisade dans World of Warcraft. Il est bientôt rejoint par le chaman de José Bové.

7/ Google fusionne Orkut et Google Earth V5

Pour donner une seconde vie à son réseau social Orkut (qui ne semble fonctionner qu’au Brésil), Google décide de le fusionner avec la cinquième version de Google Earth qui devient par la même une sorte d’univers virtuel hyper-réaliste. Tellement réaliste que les équipes de Google parviennent à développer un algorithme très puissant capable d’afficher sur le mobilier urbain virtuel des publicités personnalisées en fonction du profil des avatars.

Voilà, vous remarquerez que la prise de risque sur ces prédictions est totale. J’ose espérer que vous ne m’en tiendrez pas trop rigueur si certaines ne se réalisent pas (du moins pas tout de suite !).

Et vous, c’est quoi vos prédictions ?